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Didier, Marie : Morte-saison sur la ficelle et autres récits


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Murakami, Haruki : Kafka sur le rivage


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Steinbeck, John : La perle


T

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" Mes livres ne sont pas des livres,
mais des feuilles détachées et tombées presque au hasard
sur la route de ma vie. "

François-René de Chateaubriand




Dimanche 7 février 2010 7 07 /02 /2010 09:37

Violaine Gillibert - L'écharpe blanche

« Rescapé de deux années d'hospitalisation, c'est jeune Parisien célibataire que tu décrétais le 20 septembre, jour de l'accident, date de ton anniversaire. Ce sont les plus belles fêtes qui aient été organisées. C'était gai ! Je me souviens d'un énorme gâteau avec un hélicoptère en plastique au sommet. J'avais entre cinq et dix ans, mais j'aimais ce jour plus que Noël encore. C'était celui de notre victoire. J'aimais voir tous ces gens, toutes ces belles robes, toutes ces flûtes de champagne. J'aimais que l'on me dise que ma robe était belle, mes longs cheveux noirs si brillants, que j'avais tellement grandi depuis la dernière fois. J'étais fière, pour toi. »

De son accident d'hélicoptère, une nuit de septembre 1979, Michel Gillibert sortait vivant mais tétraplégique. Dix jours seulement après le drame naissait sa fille Violaine. Qui n'a connu son père qu'immobilisé dans un fauteuil. Malgré le handicap, Michel Gillibert n'a jamais renoncé à vivre, bien au contraire. Dans ce texte intime et pudique, Violaine raconte comment elle a traversé toutes ces années, du père singulier à l'homme politique blessé, tout en rendant un hommage émouvant à cet homme au destin exceptionnel.

  

Tendre et bouleversant, le témoignage de Violaine Gillibert pourrait être celui de n’importe qui. Il m’a beaucoup touchée, mais il faut dire que je suis plutôt bon public quand il s’agit de lire ce genre de témoignage… Et pourtant…

Lorsque j’ai lu l’année dernière Où on va, Papa ?, j’ai été touchée de deux manières : à la fois par le sort de Tomas et Mathieu, les deux fils de Jean-Louis Fournier et  par l’auteur lui-même, qui, du bout de sa plume, a su me faire passer du sourire aux larmes. En lisant ce genre de roman, on ne peut s’empêcher de se mettre « à la place de… ». Avec L’écharpe blanche, mon sentiment d’après-lecture est très différent. Bizarrement, le sort de Michel Gillibert m’a laissée, je dois bien le reconnaître, assez indifférente. Peut-être parce qu’il a été un homme politique et que les diverses allusions qui sont faites dans ce roman ne m’ont pas intéressée. Peut-être aussi parce que j’ai eu l’impression qu’il a continué à mener une vie sociale relativement riche après son accident. Bonheur de façade ? Sans doute a-t-il été plus seul qu’il n’y parait. Le personnage n’attire pas vraiment la sympathie, mais c’est sans doute un sentiment très personnel.

Quoiqu’il en soit, j’ai aimé lire ce témoignage et ce, grâce aux mots de Violaine Gillibert. C’est elle qui a su m’émouvoir. Elle porte son histoire à bout de bras et nous fait partager quelques instants de vie, elle qui n’aura jamais connu son père qu’handicapé : « Cette nuit de septembre 79, les fusils avalaient leurs premières munitions de la saison, je me préparais à naître dans une ville au nom féérique de Tassin-la-Demi-Lune et mon père mourait pour la première fois. C’est toi qui le disais, ta vie d’homme cassé était une seconde naissance. » Elle nous confie les soins quotidiens, les douleurs de tous les jours, la lente acceptation : « J’ai mis du temps à comprendre que tu étais handicapé. » Pour parler de son père, cet autre cloué sur un fauteuil roulant, elle utilise parfois la troisième personne : « Emmené dans la nuit de Paris, l’homme pressé commençait un long coma. » Une prise de distance sans doute nécessaire lorsqu’il s’agit de parler d’un drame personnel. Le faire autre pour mieux l’accepter.

Le témoignage de Violaine Gillibert est surtout le tendre message d’une fille pour son père. Un message écrit dans un style parfois très elliptique, comme un murmure : « Je t’ai montré de la froideur, mais tu étais mon repère, jusqu’au bout. Tu étais ma colonne, le fond, l’idée, la substance. Le rire, nous avons beaucoup ri. Nous avons partagé des moments forts, avec tes fils. Instants immensément pudiques et infiniment tendres. Tu étais mon secret, mon autre, mon refuge, ma douleur. » Un aveu peut-être, car on oublie trop souvent de dire aux personnes qui nous sont chères qu’on les aime.

Michel Gillibert est décédé il y a maintenant quelques années. Je ne sais pas quand l’auteure a commencé l’écriture de son roman mais je n’ai pas eu l’impression qu’il s’agissait d’une écriture de l’urgence. Au contraire, on ressent, à la lecture des dernières pages, une sorte d’apaisement, sans doute dû à l’acceptation de la mort : « Tu es parti, nous partirons aussi. » Une réflexion sur la vie, et les tours qu’elle peut nous jouer, c’est sans doute cela, le propos de L’écharpe blanche.

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« “ Papa est parti’’, à la seconde où j’ai entendu cette phrase de la bouche de mon frère, la vie a basculé dans l’irréel, j’ai senti une masse invisible se détacher du creux de mon ventre et s’envoler, littéralement. Je me souviendrai toute ma vie de cette sensation, un morceau de moi est parti avec toi.

J’espère qu’il te tient chaud. »

 

« Mon père. Merci d’avoir préféré la vie cette nuit de septembre 79. C’est une chance de t’avoir rencontré. Je m’en remets doucement. »

 


 Vous pouvez découvrir Violaine Gillibert en cliquant sur le lien suivant : http://fr.ulike.net/Violaine_Gillibert.

 
Merci à Ulike et en particulier à Abeline pour cet envoi ! 


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Jeudi 4 février 2010 4 04 /02 /2010 20:46

Romain-Sardou---Sauver-Noel.jpg

Londres, hiver 1854. Gloria Pickwick, gouvernante d'un respectable lord, considère d'un œil très suspicieux l'arrivée de leur nouveau voisin. Qui est vraiment cet étrange baron Ahriman ? Mille rumeurs courent à son sujet. Parfais, une diligence conduit des gens chez lui... et on ne les revoit jamais ! Arrive le 24 décembre. Tous les enfants se couchent en rêvant au lendemain. Mais le Père Noël ne vient pas. Aucun cadeau au pied des sapins illuminés. Une maison, et une seule, fait la fête ce jour-là... Celle du sinistre baron. C'en est trop pour Gloria, qui prend l'affaire en main. Harold, un petit garçon futé, s'engage à ses côtés, avec des renforts insolites : des lutins, une fée, des oies douées de parole. L'objectif de cette drôle de troupe : sauver Noël ! Si c'est encore possible...

 

Sauver Noël m’a été offert par Stephie lors du swap de Noël. Nous publions toutes les deux, aujourd’hui, notre avis sur ce conte car nous en avons fait une lecture commune. Stephie a été plus matinale que moi, mais il n’est que 20h30 donc je suis encore dans les temps !

 

Stephie, MERCI ! Je découvre Romain Sardou grâce à toi et je peux t’assurer que j’ai passé un excellent moment ! Je recommande vivement Sauver Noël à tous ceux qui aiment la poésie, qui n’ont pas peur des lutins et qui aiment rire. Et tant pis si Noël est passé !

 

J’ai adoré suivre les aventures de Gloria Pickwick, une gouvernante anglaise de 40 ans, un peu rondouillarde et qui n’a pas la langue dans sa poche ! Elle se moque bien de passer pour « une timbrée de premier choix » et n’hésite pas à défier le terrible baron Ahriman qui a décidé de priver tous les enfants de Noël. Nous sommes en 1854. Anges et démons, ceux-là mêmes qui côtoyaient les humains jadis, avaient passé un pacte et ne devaient plus intervenir sur Terre. Oui, mais voilà : un an plus tôt, le Père Noël (vous devinez de quel côté il se range) a fait son apparition. Le pacte a été brisé et les démons se rebellent, pour le plus grand malheur des enfants. C’est alors que le lecteur est invité à suivre le périple extraordinaire d’une anglaise déterminée, d’un enfant et de deux elfes, à travers l’Irlande. Les scènes cocasses se multiplient, des images savoureuses agrémentent le récit, des allusions très drôles vous donneront le sourire aux lèvres : « - […] Peut-être que toute cette histoire est écrite ? /- Oui… Alors, espérons que le rédacteur sache où il va. » Tout m’a plu dans Sauver Noël : l’histoire, bien sûr, mais aussi (et surtout ?) le talent du conteur qu’est Romain Sardou et j’avoue que je ne m’attendais pas du tout à cela. Il a une manière très particulière de raconter son histoire qui fait que le lecteur se sent réellement partie prenante. De fréquents appels aux lecteurs parcourent en effet l’œuvre : « Cher lecteur, considère-toi comme privilégié, tu vas assister par la grâce du conte à ce que nos personnages eux-mêmes ne pourront pas voir !... » Enfin, faut-il parler des titres des chapitres pour achever de vous convaincre ? Ils sont, eux aussi, extraordinaires. Prenons par exemple le chapitre 2 : « Qui sera assez court, et pourra paraitre de peu d’importance ici, mais qu’il faut lire néanmoins, parce qu’il complète le précédent et sert à l’intelligence d’un chapitre qu’on trouvera en son lieu. » Ou encore le chapitre 8 : « Où il est indubitablement démontré que le jour où Dieu résolut de créer la femme, il eut d’abord une excellente idée et, ensuite, confirma qu’il avait beaucoup de goût (mais, au vrai, on n’en attendait pas moins de Lui). » L'auteur n'a-t-il pas, lui aussi, beaucoup de goût ?

Un conseil : ne vous fiez à la couverture qui est particulièrement horrible ! Elle dissimule un conte comme on en lit peu et qui vaut vraiment le détour !

 

  

L’œuvre en quelques mots…

 

«  Gloria Pickwick ?

Ami lecteur, si j’étais en ce moment face à toi et non devant ma triste feuille blanche (qui ne réagit jamais à mes emportements, quels qu’ils soient !), je m’empresserais de bondir, d’écarter les bras et de donner de la voix pour souligner l’importance du personnage qui vient à toi. Ce serait un brin cabotin, soit, mais comme souvent dans la comédie, un excès de zèle et de transport ne saurait nuire. »

   

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Mercredi 3 février 2010 3 03 /02 /2010 17:55

Henri-Bosco---L-enfant-et-la-riviere.jpg


« Mais au-delà coulait une rivière. » Cette rivière, fascinante, d'une infinie richesse est le centre même de cette oeuvre, comme elle est le centre de l'univers de Pascalet, le héros de ce très beau livre. Le petit garçon va sentir en lui l'appel irrésistible de ce cours d'eau fabuleux qui le fait rêver, nuit et jour, à l'image de Bargabot, l'étrange braconnier qui en connaît chaque méandre et vient parfois lui rendre visite. Bravant un jour l'interdiction de sa famille, il succombe à la tentation et rejoint la rivière. Mais la barque qui le mène part soudain à la dérive, l'entraînant sur une île sauvage. Il y fait alors la rencontre d'inquiétants bohémiens qui retiennent prisonnier un jeune garçon, Gatzo. Après avoir délivré le jeune otage, tous deux s'enfuient. Les deux garçons, se cachant des bohémiens, ne pourront alors plus compter que sur leur seule débrouillardise dans une nature magnifiquement sauvage.

C'est parfois dur d'avouer qu'on n'a pas aimé un livre alors qu'il remporte un grand succès. Mais ici, on est entre nous et on se dit tout. Je n'ai pas aimé L'enfant et la rivière, un livre que je souhaitais lire depuis bien longtemps. Je n'ai pas aimé, et pire encore je me suis ennuyée... Certes, je lis essentiellement le soir et, après une journée de travail, autant dire que je suis parfois épuisée. Mais si certains livres ont le mérite de me tenir en éveil, celui-ci m'a plongée à plusieurs reprises dans les bras de Morphée. Une grosse déception, même si je reconnais que les descriptions, particulièrement soignées, sont parfois splendides. La plume est incontestablement celle d'un auteur qui aime sa terre.


L'oeuvre en quelques mots...

« Or, ceci se passait il y a bien longtemps et maintenant je suis presque un vieil homme. Mais de ma vie, fût-elle longue encore, je n'oublierai ces jours de ma jeunesse où j'ai vécu sur les eaux. Ils sont là, ces beaux jours, dans toute leur fraîcheur. Ce que j'ai vu alors, je le vois encore aujourd'hui, et je redeviens, quand j'y pense, cet enfant que ravit, à son réveil, la beauté du monde des eaux dont il faisait la découverte. »

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Mercredi 3 février 2010 3 03 /02 /2010 15:37


Cette fois-ci, c'est Neph qui nous propose un nouveau challenge ! Il s'agit de lire, avant le 1er février 2011, au moins un roman du maître de l'épouvante et de voir au moins une adaptation filmique d'une de ses oeuvres.

Etant donné que ce challenge ne fera aucun mal à mon porte-monnaie ni à ma PAL (car j'ai déjà tout ce qu'il faut à la maison), je participe !!!

Et vous ?


Challenge-Stephen-King.jpg

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Samedi 30 janvier 2010 6 30 /01 /2010 19:43

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Et voilà ! J'ai vu hier soir LA super-production du moment et j'ai réellement passé un bon moment. Il est vrai, comme j'ai pu le lire si souvent, qu'on ne voit pas le temps passer. Les salles continuent de se remplir alors que le film est sorti il y a déjà quelques semaines. La curiosité, ça a parfois du bon...

Si vous pensez que vous aurez un look has been avec des lunettes 3D en carton... vous vous trompez ! J'ai été vraiment surprise de voir qu'il s'agissait de vraies lunettes, pas du tout désagréables à porter, très larges en plus, ce qui permet de bien voir l'écran.

Si vous pensez que l'histoire, c'est du déjà vu... oui et non. J'ai pour ma part beaucoup apprécié le scénario, même s'il était très prévisible et qu'il fait très " attention, les américains débarquent ".

Si vous pensez qu'il n'y a pas d'acteurs mais seulement des bonhommes bleus avec de drôles d'oreilles... c'est faux ! Nous retrouvons Sigourney Weaver dans le rôle d'une scientifique engagée et nous découvrons Sam Worthington dans le rôle d'un ex-marine paraplégique très convaincant (c'est merveilleux de le voir courir, sauter, vivre, alors qu'il est en réalité cloué dans un fauteuil). Et de toute façon, les avatars et autres Na'vis sont criants de vérité, on finit même par oublier qu'ils ne sont pas comme nous (et qu'ils ont une queue...) !

Si vous avez un petit coeur sensible et que vous n'aimez pas les scènes de combat... ça tombe bien ! Il y en a bien sûr, mais ça ne dure pas tout le film ! Il y a aussi une histoire d'amour et beaucoup de poésie car les Na'vis vivent en communion avec la nature.

Rendez-vous vite dans le cinéma le plus proche car la 3D vaut vraiment le coup et les images de la planète Pandora sont tout simplement sublimes !!!

On me souffle que les pop-corn n'étaient pas mauvais. Mais le film, lui, était encore meilleur.



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Par calypso
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Isabelle Sojfer - Loin de chez moi

Pierre Lemaitre - Cadres noirs

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- 4 février : Sauver Noël de Romain Sardou avec Stephie
- 17 février : un Douglas Kennedy avec Livraddict
- 28 février : La mécanique du coeur avec Dunky
- 15 avril : Millénium 2 avec Pimprenelle, Belledenuit et Caro
- 6 juin : Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur avec Anjelica, Maijo, Pickwik, Abeille, Manu, Choupynette et Nane
Si ça vous tente, n'hésitez pas à vous joindre à nous !

J'y participe...


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