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Film : Rien à déclarer

Publié le par calypso

 

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Un grand merci à Camille pour les deux places, c’était une bonne surprise !

 

Pour la première fois de ma vie, j’ai assisté à une projection « privée » puisque nous n’étions que deux dans la salle. Franchement, c’est très bizarre ! Heureusement, Rien à déclarer n’est pas un film d’horreur, je crois que je me serais sentie mal à l’aise sinon. Nous avons donc pu, avec mon compagnon, commenter allégrement le film, sans craindre de gêner nos voisins !

Rien à déclarer est une petite comédie sans prétention, plutôt sympathique à regarder. Ce n’est pas un coup de cœur, mais je n’en avais pas eu non plus pour Bienvenue chez les Ch’tis (j’avais même eu bien du mal à comprendre l’engouement exceptionnel pour ce film…). La comparaison s’impose d’elle-même : comme Bienvenue chez les Ch’tis, Rien à déclarer est un film fondé sur les préjugés, à ceci près qu’il n’est plus question d’opposer le nord et le sud de la France, mais la France et la Belgique ! L’histoire est celle de deux douaniers relativement opposés qui vont devoir faire face à la disparition prochaine du poste frontalier où ils travaillent. L’un est français, l’autre belge. Ruben Vandevoorde, le belge  (siiii !) éprouve une véritable animosité envers ses voisins français, entretenue d’ailleurs de père en fils. Mathias Ducatel, lui, est un homme plus posé et fou amoureux de la sœur du douanier belge… Aie !

Je le disais, ce n’est pas du grand cinéma et la fin est très clichée. Malgré cela, on sourit et on rit pas mal avec cette comédie et les deux acteurs principaux tiennent vraiment la route !

 

Publié dans Films

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Livre voyageur

Publié le par calypso

 

Livre voyageur

 

Je fais voyager un roman qui, je l'espère, saura vous faire voyager à son tour. Il s'agit de Lavinia d'Ursula K. Le Guin que j'ai chroniqué hier sur ce blog.

 

Si la lecture de Lavinia vous tente, n'hésitez pas à m'envoyer un mail par le formulaire de contact en me laissant vos coordonnées.

 

Ursula K. Le Guin - Lavinia

 

 

 

Publié dans Blabla en tout genre

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Ursula K. Le Guin, Lavinia

Publié le par calypso

 

Ursula K. Le Guin - Lavinia

 

« Comme Hélène de Sparte j’ai causé une guerre. La sienne, ce fut en se laissant prendre par les hommes qui la voulaient ; la mienne, en refusant d’être donnée, d’être prise, en choisissant mon homme et mon destin. L’homme était illustre, le destin obscur : un bon équilibre. »

Dans l’Énéide, Virgile ne la cite qu’une fois. Jamais il ne lui donne la parole. C'est la voix de Lavinia, fille du roi du Latium, que nous fait entendre Ursula Le Guin. Les présages disent qu'elle épousera un étranger venu d'au-delà des mers et qu'ils poseront les fondations d'un grand empire à venir. Enfui de Troie mise à sac, à l'issue d'un long périple, Énée remonte enfin le Tibre...

 

Lavinia, notre personnage éponyme, est la fille du roi Latinus et de la reine Amata. Elle coule, auprès de ses parents et de ses amies, Maruna et Sylvia, des jours heureux : le roi a su instaurer et faire régner durablement la paix sur le Latium. Le roi aime sa fille et cherche à la rendre heureuse, son plus grand souci étant de respecter la parole des divinités. La reine, plus distante, reste marquée par le terrible drame qui eut lieu lorsque Lavinia était âgé de 6 ans : la mort de ses deux fils. A partir de ses 16 ans, la jeune fille voit défiler au palais divers prétendants qui espèrent, en demandant sa main, prendre la relève de Latinus. Turnus, le neveu d’Amata, se démarque vite des autres car il a les faveurs de la reine. Mais Lavinia ne l’entend pas ainsi. A Albunea, elle apprend de la bouche d’un spectre rencontré près de l’autel dont elle s’occupe que son père va bientôt prendre connaissance d’une prophétie : il ne devra pas marier sa fille à un époux du Latium. Lavinia apprend alors l’arrivée d’un homme prénommé Enée, venu de Troie avec son fils Ascanius… La destinée glorieuse de Lavinia ne pourra se passer de la guerre.

Lavinia est un roman vraiment très intéressant qui séduira peut-être davantage les passionnés d’histoire antique que les passionnés de fantasy. Je n’ai pas l’habitude de lire des romans qui appartiennent à ce genre et pourtant je n’ai pas été décontenancée à la lecture de Lavinia. Au contraire, je trouve que le mariage entre les deux facettes du récit est intelligemment amené : les rites, les croyances, l’importance des dieux sont autant d’éléments qui permettent de faire le lien entre l’aspect historique et le côté fantasy.

Mais c’est surtout dans la mise en place de l’histoire que l’imaginaire tient un rôle important. Ursula K. Le Guin ne se contente pas de faire revivre un personnage, mais lui donne une voix et la possibilité de reconstituer elle-même son histoire, offrant ainsi au lecteur une belle réflexion sur le personnage littéraire : « Je sais qui j’étais, je peux vous dire qui j’aurais pu être, mais je ne suis à présent que dans la ligne de ces mots que j’écris. J’ignore quelle est au juste la nature de mon existence, et je m’étonne d’écrire. » (p. 13). Délaissée par celui qu’elle nomme « le poète » - Virgile - et grande oubliée de L’Enéide, Lavinia entreprend alors de raconter son histoire depuis son enfance, et la poursuivra bien après la mort d'Enée. Cela nous permet d’avoir une présentation très complète du personnage puisqu’aucun détail n’est laissé de côté : c’est avec une grande précision que les réflexions de Lavinia sont décrites et ses émotions sondées.

La magie de ce roman consiste aussi à nous faire pénétrer dans un univers dont nous ne sortons qu’à la toute dernière page, et l’on sent que l’auteure est extrêmement à l’aise avec le sujet. C’est surtout parce que j’ai toujours aimé ce qui a trait à l’antiquité que j’ai voulu lire ce roman et je ne regrette pas une seconde mon choix !

 

 

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L’œuvre en quelques mots…

 

« Je crois savoir pourquoi je suis venu à toi, Lavinia. Je me suis demandé… De tous deux qui peuplent mon poème, pourquoi est-ce toi qui as appelé mon esprit ? Pourquoi pas mon splendide, mon cher Enée ? Pourquoi ne puis-je le voir de mes yeux vivants comme je l’ai si souvent vu par les yeux de mon art ? »

Sa voix était vraiment très basse, comme étouffée. Je devais tendre l’oreille pour l’entendre. Et je ne comprenais pas grand-chose de ce qu’il disait.

« Parce que je l’ai vu, lui. Et pas toi. Tu n’es presque rien dans mon poème, presque personne. Une promesse non tenue. Impossible de réparer, à présent, d’emplir ton nom de vie comme je l’ai fait pour Didon. Mais elle est là, cette vie refusée, ici, en toi. Et à présent, à la fin, alors qu’il est trop tard, tu me donnes la vie qui est en toi. Ma vie. Ma terre d’Italie, mon espoir de Rome, mon espoir. » (p.79)

 

 

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Franck Thilliez, Deuils de miel

Publié le par calypso

 

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Après le décès accidentel de sa femme et de sa fille, le commissaire Sharko est un homme brisé. Insomnies, remords, chagrin... Difficile dans ces conditions de reprendre du service. Mais une macabre découverte va brutalement le ramener à la réalité : une femme est retrouvée morte, agenouillée, nue, entièrement rasée dans une église. Sans blessures apparentes, ses organes ont comme implosé. Amateur d'énigmes, le tueur est aussi un orfèvre de la souffrance. Et certainement pas prêt à s'arrêter là. Pour Sharko, déjà détruit par sa vie personnelle, cette enquête ne ressemblera à aucune autre, car elle va l'entraîner au plus profond de l'âme humaine : celle du tueur... et la sienne.

 

Nous retrouvons avec Deuils de miel le commissaire Sharko qui avait démontré ses talents de flic dans Train d’enfer pour Ange rouge, à travers une enquête des plus sordides et particulièrement éprouvante, tant sur le plan professionnel que privé. Sharko est un personnage qui fonctionne vraiment. Loin d’être un super-héros, il est habité de doutes et son histoire personnelle lui donne une épaisseur particulière. Exploration de la folie et mises en scène morbides sont les maîtres-mots de ce nouvel opus. Tout commence lorsque le corps d’une femme est retrouvé dans une église, entièrement rasé. Le médecin légiste est perplexe quant aux causes de la mort et l’équipe s’interroge sur la présence de papillons sur son crâne. L’inscription découverte sur les murs de l’église n’est pas moins mystérieuse et semble indiquer le début d’un jeu de piste alliant mysticisme et désir de vengeance.

Deuils de miel est un bon thriller, je crois l’avoir légèrement préféré au précédent. Et cette fois-ci, le titre est bien trouvé !

 

Ce roman a fait l’objet d’une lecture commune, vous pourrez trouver chez Pimprenelle le récapitulatif des billets.

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« L’index d’un cadavre pointe un avertissement, gravé à une dizaine de mètres au-dessus du sol. La victime est nue, intégralement rasée, agenouillée, explosée sous ses chairs. Sur son crâne, sept papillons vivants, des sphinx têtes de mort. Le message indique :

Derrière le tympan de la Courtisane, tu trouveras l’abîme et ses eaux noires. Ensuite, des deux moitiés, le Méritant tuera l’autre Moitié de ses mains sans foi et l’onde deviendra rouge. Alors, au son de la trompette, le fléau se répandra et, sous le déluge, tu reviendras ici, car tout est dans la lumière. Surveille les maux et, surtout, prends garde au mauvais air. » (p.39)

 

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Film : Hell driver

Publié le par calypso

 

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John Milton, interprété par Nicolas Cage, veut venger la mort de sa fille. Cette dernière a été assassinée par un groupe de fanatiques désirant ouvrir les portes de l’Enfer. Pour cela, ils doivent effectuer un sacrifice et c’est le bébé de la jeune femme assassinée qu’ils s’apprêtent à sacrifier à la prochaine pleine lune, menés par l’impitoyable Jonah King. Sur la route qui le conduit vers l’assassin de sa fille, Milton n’est pas seul : il a rencontré Piper, une serveuse bagarreuse, et il est suivi par un homme mystérieux, le « Comptable »…

Je n’ai vraiment, mais alors vraiment pas aimé ce film ! Ce road-movie sur fond de sacrifice n’avait pas l’air si mal, sur le papier, mais il n’est que violence. Le film n’est en effet qu’une succession de scènes de fusillades et de mutilations. Bon, d’accord, il ne fallait pas s’attendre à quelque chose de très subtil, mais quand même ! J’ai d’ailleurs du mal à comprendre l’intérêt, pour un acteur, de jouer dans un tel film… Si j’ai attendu impatiemment la fin de la projection, d’autres spectateurs ont, de leur côté, préféré quitter la salle avant.

 

Publié dans Films

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Film : La ligne droite

Publié le par calypso

 

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Vu en avant-première la semaine dernière, La ligne droite est un film qui devrait ravir les amoureux du sport, mais peut-être pas ceux du 7ème art...

L’histoire : Après cinq ans passés derrière les barreaux, Leïla, ancienne athlète de haut niveau, retrouve sa liberté et l’envie de faire du sport. Yannick, lui, est un jeune homme passionné d’athlétisme qui vient de perdre la vue dans un accident. Ensemble, ces deux êtres qui auraient pu ne jamais se rencontrer, vont prendre un nouveau départ. Yannick en effet, pour pouvoir pratiquer la course, a besoin d’un guide, relié à lui par une mince corde. C’est Leïla qui tiendra ce rôle.

La ligne droite est une belle histoire qui malheureusement souffre de défauts : un scénario assez simpliste et convenu, des acteurs pas toujours convaincants, la présence d’une histoire d’amour qui, à mon sens, arrive comme un cheveu sur la soupe… dommage ! On passe toutefois un bon moment et le film vaut le coup d’œil, ne serait-ce que pour le message qu’il délivre, mais aussi parce que les scènes de course sont particulièrement émouvantes et très bien filmées.

 

Publié dans Films

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Pierre-Marie Fenech, Une mémoire en papier

Publié le par calypso

 

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« Un miracle se produisit. Parce que je ne me forçais plus à écrire, la petite musique de mon histoire revint tout doucement, comme une eau redevient claire quand on a cessé de patauger dans la vase. Il s’agissait de finir ce que mes parents avaient commencé, et cela pouvait encore s’accomplir dans un livre. Entre la réalité et le néant, les morts y revivaient, partageaient leurs émotions avec les vivants ; il y avait dans cet espace illusoire comme une résistance contre l’anéantissement. Les lettres de mon père, décrivant avec soin et précision ce qu’il n’avait d’ailleurs jamais eu le courage de me raconter, en fournissaient le matériau solide. Quant à celles de ma mère qui luttait contre la mort, son talent y explosait, dépassant et transcendant l’angoisse qui l’étreignait. Sa force d’expression m’avait submergé dès la première lecture, tant l’émotion qui en jaillissait tenait dans un incroyable mélange de dignité, d’élégance et de légèreté. Cette fragile mémoire en papier ma donné le courage décrire ce livre, et de vivre une histoire au-delà de ce qui se brisa un jour de septembre 1960. »

 

Il est parfois difficile de donner son avis sur une œuvre autobiographique. J’arrive parfaitement à comprendre d’ailleurs que l’on puisse ne pas adhérer à ce genre, ne pas arriver à s’intéresser à l’histoire racontée, une histoire qui ne nous concerne pas et qui pourtant semble avoir assez d’importance aux yeux de l’auteur pour qu’il décide de la coucher sur le papier. Si vous êtes un lecteur régulier de ce blog, vous devez savoir que j’affectionne particulièrement ce genre, quand il traite de la relation mère/enfant.

Ainsi, lorsque BOB a proposé il y a quelques semaines Une mémoire en papier, j’ai souhaité lire et chroniquer ce livre. Les quelques phrases de résumé ont su me convaincre et, sans elles, je crois que je me serais laissé tenter par la couverture que je trouve tout simplement parfaite. L’image de cette mère tenant amoureusement son petit garçon est celle que je vais garder de ce très beau texte.

 2004. Lydie, l’épouse de l’auteur, lui remet une boîte qu’elle a trouvée chez le père de ce dernier. Le vieil homme vient de décéder. Cette boîte contenant photos et lettres restera plus de trois ans au fond d’un placard. L’ouvrir est pourtant une nécessité : « Si Pandore a fait une erreur en ouvrant sa boîte, je ne sais pas ce que j’ai fait en ouvrant la mienne. » (p.12) Cette boîte renferme tout ce que l’auteur ne sait pas, ce qu’il a oublié.

1960. La grande majorité des lettres date de cette année-là, une année qui a été purement et simplement effacée de la mémoire de l’auteur. On y parle du quotidien, des plantes, de cuisine, on y demande des nouvelles. Les auteurs de ces lettres ne sont autres que Jean et Germaine, les parents de Pierre-Marie. Atteinte d’un cancer, Germaine est hospitalisée, les séances de rayons se succèdent. Elle semble guérir, lentement, animée par la joie de pouvoir revoir bientôt son Pierre, son amour de petit garçon. Jean, de son côté, assure les tâches ménagères et s’occupe de son fils du mieux qu’il peut, s’inquiétant pour la santé de sa femme mais confiant en l’avenir. Les lettres, en effet, sont souvent enthousiastes, Germaine n’y fait presque jamais allusion à sa maladie. Elle n’a qu’une hâte : retrouver ses deux hommes. La permission est enfin accordée. Fin août, la petite famille est à nouveau réunie et passe ses vacances chez des cousins qui ont accueilli quelques semaines plus tôt le petit Pierre. Jean retourne travailler. Le 5 septembre, Germaine écrit à son époux au sujet de malaises qui l’ont reprise depuis quelques jours, elle évoque Pierre qui s’amuse comme jamais. Ce sera sa dernière lettre. Elle décède le 27 septembre 1960.

« Je suis orphelin de mère depuis que j’ai quatre ans. Je n’ai aucun souvenir d’elle, cet oubli est quasiment un des piliers les plus solides de mon existence. » (p.13) Dès les premiers mots, j’ai compris que je n’allais pas lire une autobiographie traditionnelle. Tout repose sur la question suivante : comment raconter ce que l’on a oublié ? Les seuls souvenirs évoqués dans le texte sont ceux-ci : le petit Pierre âgé de 5 ans et demi monte dans un bateau blanc les emmenant, son père et lui, en Tunisie, en juillet 61. A ce souvenir se greffe celui d’un tour à bord du Super-Constellation, puis à bord d’une Caravelle, autant de choses, écrit-il, qui « ont dû me faire oublier ma maman » (p.131). Tout le travail de reconstitution se fait donc grâce aux lettres échangées, reproduites dans le récit. J’aurais été très déçue de ne pas pouvoir les parcourir. Ces lettres alternent avec les réflexions de l’auteur : il commente ses découvertes, s’interroge, s’émerveille de cette mère qui lui est à la fois inconnue et si proche. Cela constitue la première partie du récit, intitulée « La boîte ». Dans la seconde partie, « In Memoriam », l’auteur mène l’enquête sur le décès de sa mère qu’il ne comprend pas car les lettres ne laissaient pas présager d’une telle fin. Il découvre alors une triste vérité et, avec elle, prend conscience du courage de sa mère et de l’énergie qu’elle a déployée pour protéger sa famille.

Une mémoire en papier n’est pas seulement une autobiographie, c’est un livre qui interroge le genre et ses limites. C’est un livre sur l’oubli qui raconte pourtant une histoire, un livre où les souvenirs de seconde main viennent supplanter la mémoire défaillante d’un auteur. En écrivant ce roman, Pierre-Marie Fenech n’a pas seulement rendu hommage à sa mère mais il a reconstitué un morceau de son existence et s’est réapproprié une des choses les plus précieuses qui soient : le souvenir.

Un texte émouvant et intelligent que je vous conseille sans hésiter.

 

BOB

 

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L’œuvre en quelques mots…

 

« L’amour fou d’une maman pour son petit garçon est doublement détruit par la mort puis par l’effacement même de son existence. Pourquoi cette double peine injuste et intolérable : la mort et l’oubli ? Je n’ai pas tué ma mère mais j’ai supprimé son existence, en (sur) vivant comme si elle n’avait jamais existé. » (p.19-20)

 

« Il y a des lettres et des photos dans une boîte chez moi. Je les ai toutes lues et regardées, à présent. L’histoire de la mémoire en papier se finit ici, et ce sera, et à jamais pour moi, le roman de ma mère, dont chaque ligne comblera maintenant à sa manière, le fossé épouvantable de mon oubli. Je n’aurais pu, ni su l’écrire autrement. Ses lettres m’ont apporté la force et la façon de l’écrire, comme si, au-delà de la mort, elle avait réussi à m’enseigner au moins une seule de toutes ces choses qu’elle avait en projet pour moi. Dorénavant, et à chaque fois que je voudrais la retrouver, je relirai cette histoire, et cela me suffira. Ce sera mon portrait de Germaine Fenech, ma maman, encadré tant bien que mal des petits bouts de ma vie… » (p.126-127)

 

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Film : Black Swan

Publié le par calypso

 

 

Un rapide billet pour vous parler de Black Swan que j’ai vu il y a maintenant deux semaines. Si je n’ai pas eu de coup de cœur pour ce film, je l’ai en tout cas beaucoup apprécié. D’un esthétisme parfait, Black Swan nous montre combien est fragile la frontière entre rêve et folie. Le suspens est là même si on s’attend assez vite à une telle fin, qui n’en reste pas moins sublime et émouvante. La prestation de Natalie Portman est exceptionnelle, elle porte le film avec une grâce infinie.

A voir, si ce n’est pas déjà fait.

 

Publié dans Films

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Thierry Jonquet, Le manoir des immortelles

Publié le par calypso

 

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Un chantier... De la boue… Et le cadavre décapité d’un homme très vite identifié comme étant le collègue médecin légiste du commissaire arrivé sur les lieux. Cela pourrait être pire comme début d’enquête. Au moins l’on connaît l’identité de la victime, ses habitudes et ses proches. Pas si simple… Pourquoi son portefeuille se trouvait-il dans sa poche alors qu’il l’avait perdu ? Quel est cet outil ayant donné la mort et qui laissa sur la plaie très nette du cou ces très légères taches de rouille ? Y-a-t-il d’autres décapités, un lien avec une affaire beaucoup plus vaste, pourquoi cette mort étrange, et qui est cet homme qui semble en surveiller d’autres en leur attribuant des numéros avant de rentrer chez lui dans l’anonymat des banlieues ? Le manoir des immortelles cache bien des secrets et porte bien son nom…

 

Encore un Jonquet ? Tssss ! Ce n’est que le cinquième !

Le début de ce roman est tout simplement exceptionnel et l’on reconnaît instantanément la plume de Thierry Jonquet. Tous les ingrédients que j’aime y sont présents : un style simple et efficace à travers lequel l’auteur insère son énigme. Les premières pages suscitent en effet de nombreuses questions. Un homme qui s’est donné le pseudonyme d’Hadès observe, à travers une fenêtre, les allées et venues d’un mystérieux Numéro 52. On comprend bien vite qu’avant ce numéro 52, il y en a eu d’autres… Les 51 précédents ne semblent pas tous avoir subi le même sort. Qu’est-ce qui les rapproche et qu’est-ce qui, en même temps, fait leur différence ? Pourquoi Hadès expose-t-il une photo de chacun sur les murs du studio qui lui sert de poste d’observation ?  Tandis qu’Hadès suit ce qui paraît être un rituel, la police s’affaire : Harville, le médecin légiste, vient d’être retrouvé assassiné dans des circonstances très particulières… Le commissaire Salarnier, dont la femme est gravement malade, est sur l’enquête.

J’ai énormément apprécié cette lecture et pourtant, ce n’est pas encore ce roman qui dépassera, dans mon cœur de lectrice, l’excellent Mygale ou encore La Bête et la Belle. En fait, c’est la fin qui, je crois, m’a un chouïa déçue… L’ai-je trouvée un peu moins saisissante que dans les romans cités précédemment ou ne l’ai-je tout simplement pas comprise ? J’ai un doute…

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« Numéro 52 était un petit bonhomme rondouillard, au crâne chauve protégé de la froidure par une toque d’astrakan noire. Numéro 52 ignorait qu’il était ainsi affublé d’un numéro.

IL rajusta sa mise en examinant sa silhouette boudinée dans la vitrine d’un pressing. Un vent glacial soufflait dans la rue. Un manteau en poil de chameau, ainsi que des sous-vêtements de tissu thermolactyl tenaient bien chaud à Numéro 52. Il était donc là, Numéro 52, à contempler son image dans le miroir qu’offrait la devanture d’une boutique de nettoyage automatique, un jeudi de novembre. »  (p.9)

 

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Delphine de Vigan, Un soir de décembre

Publié le par calypso

 

Delphine de Vigan - Un soir de décembre

 

« Les histoires se jouent dans les premières heures, dans les premiers mots. Les jeux sont faits. Celui qui donne et celui qui reçoit. Celui qui gagne et celui qui perd. Et tout est là, cartes retournées, faces cachées, sur la table. »

 

Matthieu Brin est marié et père de deux enfants. Il vient tout juste de publier son premier roman qui connait un grand succès. Mais très vite, il se retrouve face à un problème que tous les auteurs connaissent certainement : qu’écrire après cela ? Ce premier roman, qui semble être né d’un besoin viscéral, a également tari l’imagination de l’auteur. Pendant ce temps, les lettres d’admirateurs s’immiscent dans l’univers tranquille de la petite famille. Une longue lettre attire un jour l’attention de Matthieu. D’autres suivront, levant peu à peu le voile sur l’identité de l’épistolière. Ce n’est pas en effet une simple admiratrice qui écrit à Matthieu au sujet de son roman : au fil des pages, l’inconnue prend les traits d’une jeune femme, Sara, rencontrée dans un avion et avec qui Matthieu a vécu une aventure passionnelle… Les souvenirs et les doutes envahissent alors l’esprit de Matthieu qui s’éloigne de sa famille et ne pense plus qu’à celle qu’il avait quittée, un soir de décembre.

Ce n’est pas tant l’histoire que la plume de Delphine de Vigan qui m’a séduite. Cette histoire que j’ai trouvée assez banale, bien qu’intéressante (on ne peut s’empêcher de s’interroger sur le choix final de Matthieu), est en effet portée par une écriture sublime. Les mots sont justes, touchants, ils cristallisent la douleur et le désir. Les passions humaines y sont finement analysées.

Je découvre avec ce titre l’univers de Delphine de Vigan. Je ne sais pas si ses autres romans sont aussi bien écrits, mais je demande à voir, c’est sûr. Jours sans faim est justement dans ma PAL.

 

Merci à Stephie qui m’avait offert ce roman lors d’un swap !

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« J’écris à même la source, là où le temps est aboli, où il s’est arrêté. A brûle-pourpoint. Mais pas tant que ça. Nous avons tous une histoire à raconter. Quelque chose dont il faudrait réussir à se débarrasser pour avancer.

C’est l’histoire d’une femme qui traîne dans les bars à la recherche d’un homme qu’elle a perdu trop tôt. Ce n’est pas tout à fait lui qu’elle cherche, plutôt le souvenir de lui, le souvenir d’avant lui.

C’est l’histoire d’une femme qui écrit à un homme qui écrit, une femme sans contours, venue de nulle part, qu’il a peut-être oubliée, qui peu à peu se dessine, refait surface, cherche de l’air. Un air plus doux, apaisé. » (p.96)

 

«  - Un livre n’est jamais fini. Même imprimé, il continue à vivre, comme un organisme autonome, appelle les ratures, les précisions, il souffre de ses amputations, il attend réparation. Un livre est comme un amour blessé, lacunaire, il contient en lui ce qu’il aurait pu être et qu’il n’a pas été, cet impossible retour en arrière, ce qu’on aurait dû dire, ce qu’on aurait dû taire, il porte en lui la douleur d’avoir été abandonné.

- Il faut bien que les livres s’achèvent. Mais vous avez raison. Quand il m’arrive d’ouvrir mon premier roman, dès la première ligne, je recommence à l’écrire.

- Et votre premier amour ?

- Je ne m’en souviens pas.

- C’est que vous n’avez pas souffert. » (p.169)

  

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