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Marie Griessinger, On reconnaît le bonheur au bruit qu'il fait en s'en allant

Publié le par calypso

 

 

Jean-Michel sombre dans la nuit, absent à tout. Sa femme lutte avec une force douce et rageuse à ses côtés, s’épuisant à croire que son amour inébranlable pourra faire revivre l’homme qu’il fut.

Leur fille assiste impuissante au lent déclin de ce père tant aimé. Comme pour défier le destin, elle convoque les souvenirs des jours heureux, d’un bonheur que rien ne pourra effacer.

 

C’est l’histoire d’une jeune femme qui prend la plume pour raconter l’amour qu’elle porte à son père. C’est l’histoire de cet homme, océanographe passionné, de sa rencontre avec la maladie et de son lent naufrage. Une histoire somme toute ordinaire et pourtant si unique car chaque parcours l’est, chaque homme et chaque femme qui y sont un jour confrontés le sont. Dans une prose poétique où tristesse et tendresse ne cessent de s’entremêler, la narratrice retrace la vie de son père, de son métier qui l’a conduit à vivre en Guyane et en Polynésie, à la perte dévastatrice de ses facultés, en passant par sa rencontre avec celle qui passera le reste da sa vie à ses côtés. C’est un livre sur la maladie mais celle-ci n’est jamais nommée, quelques précisions nous seront données à la fin, car une certaine forme de pudeur - qui, à mon sens, n’est jamais contradictoire avec l’écriture autobiographique - est présente. Il y a dans cet écrit un éloge sous-jacent du souvenir. Il se présente, non pas en un canevas organisé, mais au fil des réflexions, par bonds successifs entre les lieux et les époques, entre les gens et les objets, entre les pleurs et les manques. Ce va-et-vient a quelque chose de perturbant mais on se fait sans aucune difficulté à cette absence de linéarité car le souvenir ne se commande pas, il est une nécessité pour celui qui écrit, seul maître de la toile tissée. Il est d’ailleurs toujours difficile de porter un jugement sur une œuvre autobiographique : chronologie, intérêt des faits racontés, force du sentiment... Lorsque je lis ce genre que j’affectionne particulièrement, je ne me pose pas de questions, je me laisse porter, j’attends d’être émue. Rien d’autre. J’essaie de ne pas me focaliser sur les défauts éventuels de l’œuvre, je suis juste attentive à ce qu’elle peut m’apporter et je pense à ce qu’elle a pu apporter à son auteur. Et quand je referme le livre avec les larmes aux yeux, c’est signe que je garderai un peu de l’histoire partagée en moi. On reconnaît le bonheur au bruit qu’il fait en s’en allant... j’ai été conquise dès les premiers mots, de toute façon.

 

 

L’œuvre en quelques mots...

 

« Je me dis que peut-être l’insouciance, c’est quelque chose qu’on a jusqu’à un certain âge, et que lorsqu’on la perd, on ne la retrouve plus jamais. »

 

« Nous ne parlons jamais de nous. Jamais. Les timides ne savent pas parler d’eux-mêmes. Ils ne peuvent pas. Ils parlent de la pluie et du beau temps. Il laissent l’autre s’exposer, être dans la lumière. Un timide ne brille jamais plus que dans l’ombre. »

 

« Il y a quelque chose que j’aimerais dire à tous les bienheureux, tous ceux qui ont la chance d’avoir un père vaillant, un père qui peut prononcer leur nom, se lever, marcher avec eux, j’aimerais leur dire : « Fermez ce livre, ce plaisir solitaire du livre, vous avez toute la vie pour être seuls face à un livre, et sortez, descendez dans la rue, videz les artères des immeubles, répandez-vous sur les chemins en une hémorragie de fils et de filles, suivez le bruit de votre cœur qui bat et courez le retrouver. » Mon père n’était pas parfait. Il l’est devenu le jour où il a arrêté de parler, d’être froid, de toujours donner raison à ma mère, de me contredire. Ce jour où mon père est devenu invalide, je l’ai mis sur un piédestal. Mais ce sont toutes ses imperfections qui me manquent. »

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Dean Koontz, Le Visage de la peur

Publié le par calypso

 

 

Une vague de terreur allait déferler sur New York... Qui est le Boucher , et comment parvient-il à convaincre toutes ces femmes si différentes de le faire entrer chez elles en pleine nuit ?

Un tueur qui ne paraît ni fou ni enragé lorsqu’il s’en prend à ses victimes. Qui semble agir... méthodiquement. Mais dans quel but ?

 

Par où commencer ? Peut-être par ce sentiment qui ne me quitte pas depuis que j’ai terminé le roman : l’incompréhension. Rassurez-vous, j’ai parfaitement compris le propos de l’auteur, identifié les personnages et leurs motivations. Ce que je ne comprends pas, c’est comment un auteur peut obtenir un tel succès en écrivant des thrillers aussi mauvais. J’aurais dû me méfier car j’avais déjà testé Dean Koontz en 2011 avec Le Mari  et je n’avais pas renoncé à l’auteur, malgré la qualité plus que contestable du roman sus-cité. Je suis de ceux qui pensent qu’il faut laisser une deuxième chance... mais sans doute pas une troisième. Ainsi, quand il fallu dénicher un roman « peur » pour le challenge Un mot, des titres, je me suis dit : « Pourquoi ne pas retenter l’expérience ? » Pourquoi ? Mais pourquoiiiiiii ?

Fan du genre, je suis certes devenue très exigeante au fil de mes lectures, mais il n’y a pas que cela. Je ne peux pas m’expliquer comment on peut apprécier un tel roman. Je me répète, n’est-ce pas ? Le point de départ est le suivant : un tueur sème la panique à New-York. Surnommé « le Boucher », il tue sauvagement et mutile de jeunes et jolies femmes chez lesquelles il ne semble avoir aucun mal à s’introduire. Les enquêteurs piétinent... Un soir, un homme répondant au nom de Graham Harris livre des informations sur le tueur lors d’une émission de télévision retransmise en direct. Il ne s’agit pas de n’importe quel homme, mais d’un voyant qui a acquis son don à la suite d’une chute en montagne. Dès lors, le tueur - dont le lecteur connaît le nom d’entrée de jeu - va tenter d’assassiner le gênant Graham. La course-poursuite (à pas de tortue) aura lieu dans un building new-yorkais dont les étages semblent aussi nombreux que les faiblesses de ce roman. La plupart des personnages sont alors évacués pour laisser place à un jeu de cache-cache entre le tueur, le voyant et sa compagne. Les interminables descentes et montées d’escaliers qui seraient une aubaine pour tout coach sportif digne de ce nom (je vous laisse imaginer le travail sur les fessiers) sont un véritable calvaire pour le lecteur. Qu’à cela ne tienne ! L’auteur y met fin en faisant prendre à ses personnages l’ascenseur. Mais l’originalité réside dans la descente de l’immeuble en rappel s’il-vous-plaît, rapport à l’ancienne passion de Graham pour l’alpinisme. Le tueur se retrouve un peu couillon, et pour quelqu’un qui trucide des jeunes femmes, c’est un peu ridicule !

Un roman aux personnages caricaturaux et au fil narratif invraisemblable. Amis lecteurs, que ce soit par l’escalier ou l’ascenseur, passez votre chemin !

 

 

L’œuvre en quelques mots...

 

« Il se tenait sur ses gardes. Il ne prévoyait pas de difficultés mais mieux valait se tenir prêt et y faire front si c’était nécessaire. Il se gara de l’autre côté de la rue, en face de l’immeuble de trois étages en pierre meulière. Au moment où il coupait le moteur, il entendit ululer une sirène. Son mugissement venait de la rue dans son dos.

C’est pour moi, songea-t-il. Ils ont fini par découvrir que je suis leur homme. »

 

 

 

 

 

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Challenge Un mot, des titres - Session 31 - Les billets

Publié le par calypso

 

 

« C’est de ta peur que j’ai peur. »

William Shakespeare

 

 

 

 

Voici les billets de cette trente-et-unième session :

 

- Acherontia : Le Visage de la peur de Dean Koontz

- Pinklychee : Le Silence de la peur de Karen Rose

- Riz-Deux-ZzZ : Les Enfants de la peur de Frank Delaney 

- Parlonslittérature : Le Souffle de la peur, T1 : Love undercover de Lori Foster

- Joëlle : La Peur de Guy de Maupassant et J'aime votre peur de Karine Giebel

- Delcyfaro : Là où vivent les peurs de James Siegel

- Natacha : Peur de l'ombre de Jean-François Delage

- Mypianocanta : La Peur et autres contes fantastiques de Guy de Maupassant

- Piplo : Un sentiment plus fort que la peur de Marc Levy

- Mortuum : Contes et légendes de la peur de Gudule et Emmanuelle Houdart

- Fred : Jean-sans-peur de Michel Zévaco

- Sharon : La Sorcière a peur de l'eau de Jill Murphy

- XL : Anthologie de la peur  - Entre chien et loup d'Eric Jourdan

- Mariejuliet : Chronique du tueur de roi, 2ème journée, Partie 1 : La Peur du sage de Patrick Rothfuss

- Calypso : Le Visage de la peur de Dean Koontz

 

 

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Challenge Un mot, des titres - Session 32

Publié le par calypso

 

 

Bonjour à tous !

 

Tout d’abord, merci à tous ceux qui continuent à se creuser les méninges pour trouver un mot adapté au challenge ainsi qu’à tous ceux qui participent aux différentes lectures.

 

Sur les sept mots qui m’ont été proposés depuis la dernière session, voici l’heureux élu...

 

 

 

PEAU

 

 

 

Bravo Mimi54 !  Si ce mot vous tente, rejoignez-nous ! La consigne est simple : vous avez un mois et demi pour lire un livre dont le titre comprendra le mot « peau ». Nous publierons nos billets le 1er juin. Le prochain mot sera annoncé le 31 mai.

 

Je prends d’ores et déjà les propositions pour la prochaine session !

 

 

 

 

 

 

 

Liste des participants pour la trente-deuxième session :

 

- XL

- Joëlle

- Fred

- Mortuum

- Acherontia

- Verdorie

- Delcyfaro

- Parlonslittérature

- Piplo

- Sharon

- Ananas

- Mypianocanta

- Mimipinson

- Philippe D

- Angelebb

- Verdorie

- Calypso

 

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Le mardi sur son 31 #23

Publié le par calypso

 

 

 

Aujourd’hui, je lis Une preuve d’amour de Valentine Goby et voici la citation que j’ai dénichée à la page 31 :

 

 

A Montpellier c’est chaque jour pareil, on se croirait dans un tableau figé pour toujours : du soleil dans du bleu, tellement souvent qu’on l’oublie. Jamais il te manque, le soleil, et ce qui te manque pas, c’est comme si ça n’existait pas.

 

 

Pourquoi ce choix ? Passons sur la syntaxe très relâchée due à l’âge de la narratrice... Beaucoup de vérité dans ces deux phrases qui proviennent d’un roman jeunesse mettant en scène des personnages pour lesquels la vie est loin d’être toujours ensoleillée.  

 

 

Pour plus d’informations sur ce rendez-vous hebdomadaire, cliquez sur l’image.

 

Publié dans Blabla en tout genre

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