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David Bergen, Loin du monde

Publié le par calypso

 

David Bergen - Loin du monde

 

Au début des années 70, dans un endroit sauvage de l'Ontario, deux adolescents se rencontrent le temps d'un été, alors que tout ou presque les sépare. Les conventions de la société, leurs familles respectives, le poids du passé, tout va à l'encontre des sentiments qui peuvent unir Lizzy Bird, une jeune Blanche, et Raymond Seymour, un Indien Ojibwé. Dans un monde où les adultes ont perdu leurs repères, ce sont leurs enfants qui paient le prix de leur petitesse et de leurs préjugés. Avec Loin du monde, magnifique roman sur les illusions de l'adolescence et son idéalisme, l'éveil des sentiments et la complexité des relations, David Bergen nous bouleverse. Mais ce qui caractérise avant tout ce livre, c'est la beauté et la puissance de son écriture.

 

Autant le dire tout de suite, c’est un joli roman, bien écrit et, de fait, agréable à lire. Pourtant, ce n’est pas un coup de cœur et il m’a vraiment manqué un petit quelque chose pour apprécier davantage ce roman de David Bergen.

« Tu es un Indien, reste dans ton monde ». Cette phrase assassine que l’on trouve dans les premières pages du roman est adressée à Raymond Semour. A 19 ans, Raymond n’est plus tout à fait un adolescent mais pas encore un homme. Pour autant, il a l’intelligence et la maturité nécessaire pour comprendre que le fossé séparant Indiens et Blancs n’est pas encore près d'être franchi par tous. Entiché de la jolie Alice Hart, fils d’un riche entrepreneur, il reçoit la menace de l’oncle de la jeune fille en plein cœur mais finit par s’éloigner d’elle.

Un an plus tard, au début de l’été 1974, Lizzy Byrd (et non Bird comme nous l’indique la 4ème de couverture) vient passer les vacances à Kenora, dans un lieu nommé « Le Refuge ». Sa mère veut y retrouver la spiritualité qui manque cruellement à son quotidien, auprès d’Amos, appelé le Docteur, qui n’a de « docteur » que le nom. C’est un gourou en toc qui rassemble auprès de lui des hommes et des femmes qui recherchent une aide spirituelle : à vrai dire, au Refuge, l’ambiance est davantage digne d’une colonie de vacances plutôt que d’une thérapie familiale. Les blessures, en tout cas, ne sauraient être soignées en quelques jours et elles vont au contraire être révélées au grand jour. C’est l’histoire d’un couple qui va mal et d’une famille qui ne fonctionne pas correctement, c’est l’histoire d’une jeune fille qui porte sur ses frêles épaules un rôle qui n’est pas le sien. Lizzy est en quelques sorte une seconde maman pour ses trois frères, ce qui nous permet d’ailleurs d’assister à de beaux moments de complicité.

Mais Loin du monde est aussi et surtout, l’histoire d’une rencontre, celle de Lizzy et de Raymond. Ils ne partagent pas grand-chose, si ce n’est peut-être la naïveté de croire en un monde plus sain. Désir ? Amour ? La relation entre les deux personnages n’est en tout cas pas simple car nombreux sont ceux qui voient d’un mauvais œil le rapprochement entre les deux jeunes gens, à commencer par la police. Alors, vous vous demandez sans doute si Lizzy et Raymond vont pouvoir vivre tranquillement leur histoire d’amour… La fin de l’été approche et, avec elle, la fin du roman que je trouve parfaitement réussie.

Il m’arrive souvent de ne pas être capable d’expliquer le bémol que je mets sur un avis. Aujourd’hui, je suis parfaitement capable de vous dire quel est ce « petit quelque chose » qui m’a manqué et dont je vous parlais au début de mon billet. S’il y a bien une histoire entre Lizzy et Raymond et que l’on sent bien que le désir est présent chez la jeune fille, j’ai été réellement déçue que les sentiments des deux personnages ne soient pas davantage analysés. Ils ne sont qu’effleurés, le désir de Lizzy est suggéré mais on n’en sait pas plus. Quant aux sentiments de Raymond concernant la jeune fille, ils ne sont quasiment pas évoqués. Dommage !

 

Ah ! J’oubliais… la couverture est sublime !

 

 

BOB

 

Albin-Michel.jpg

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« Elle ignorait à quoi Raymond croyait, elle ignorait comment il voyait le monde et comment il la voyait. De même qu’elle ignorait qu’à l’automne, la cruauté du monde et son incapacité à sa propre tristesse la désespéreraient. Avec le passage du temps, ce qui avait été vécu avec intensité, ce qui avait été insupportable, finirait par s’estomper et par être remplacé par d’autres souvenirs. Et bien plus tard, quand Lizzy tenterait de se rappeler en détail les événements de cet été là, elle n’y parviendrait pas et le regretterait. » (p.270)

 

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C'est lundi ! Que lisez-vous ?

Publié le par calypso

 

C'est lundi que lisez-vous

 

 

Qu'est ce que j'ai lu la semaine passée ?

 

J'ai vraiment tourné au ralenti niveau lecture la semaine passée... seulement quelques pages de Loin du monde lues. Je vais essayer de me rattraper rapidement ! 

 

Qu'est ce que je lis en ce moment ? 

 

Je lis donc toujours Loin du monde de David Bergen, que je pense terminer ce soir. 

   

Qu'est ce que je lirai la semaine prochaine ?

 

Pour une fois, aucune idée ! Cela dépendra de mon rythme de lecture cette semaine !

 

 

Et vous, que lisez-vous ?

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Isabelle Guso, Présumé coupable

Publié le par calypso

 

Isabelle-Guso---Presume-coupable.jpg

 

Autour de mes démons, une armure de papier.

Mon Peter Pan dans sa tombe, ma forteresse.

Mentir puisqu’il le faut.

Lutter seul

Et tenir bon.

 

J’ai fini ce roman il y a quelques jours et j’ai un peu repoussé le moment de vous en parler. Il est en effet très difficile pour moi de parler d’un livre quand je sais qu’il ne faut pas trop en dire. Finalement, je ne suis pas plus avancée ce soir que lorsque j’ai fini ma lecture… mais je vais tout de même essayer de vous donner envie de lire ce court roman d’Isabelle Guso.

Ce qui m’a tout de suite plu lorsque BOB a proposé ce livre en partenariat, ce sont les quelques mots inscrits sur la quatrième de couverture. J’y ai trouvé beaucoup de poésie et sans doute autant de mystère. Inutile de chercher à déchiffrer le sens de ces quelques phrases, elles ne deviennent limpides qu’une fois l’œuvre lue. Ce qui est sûr, c’est que je ne m’attendais pas à ça.

L’histoire est celle d’un homme qui tente de fuir ses démons... et je n'en dirai pas plus. J’ai relevé au cours de ma lecture la phrase suivante qui résume parfaitement l’ensemble de l’œuvre : « Où peut-on fuir pour se semer ? ».

Je comprends parfaitement maintenant que l’hermétisme de la quatrième de couverture relève d’un choix éditorial raisonné et, honnêtement, si j’avais su quel était le sujet de ce roman, je ne l’aurais certainement jamais ouvert. Le sujet abordé est en effet des plus délicats. Je pèse mes mots en disant qu’Isabelle Guso a dû s’armer d’un grand courage pour écrire chaque mot de ce roman et, avant cela, pour imaginer chaque pensée qui anime le narrateur de cette histoire. Ce sujet difficile, Isabelle Guso l’a pris à bras-le-corps et s’en justifie dans un épilogue extrêmement intéressant qui a pour objectif de lever toute ambiguïté, s’il en était besoin. C’est un roman à travers lequel éclate une grande sensibilité, un roman intelligent, bien que dérangeant. A lire !

 

 

BOB

 

Griffe d'encre

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« J’avance dans la rue, les poings serrés au fond des poches.

Vampire, je pourrais l’être, ce ne serait pas trop grave. On tue des gens pour se nourrir, mais ça reste cosmétique. C’est romantique, presque chic. Mais ce que je suis, ce mot-là, quelques syllabes qui traduisent le pire des maux…

Je ne suis pas un vampire. Ni un assassin. Ni un violeur. Ni un escroc. Je suis bien pire que tout cela. »

 

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C'est lundi ! Que lisez-vous ?

Publié le par calypso

 

C'est lundi que lisez-vous

 

 

Qu'est ce que j'ai lu la semaine passée ?

 

Peu de temps pour lire, malheureusement... J'ai lu quasiment d'une traite Présumé coupable d'Isabelle Guso, un roman particulièrement déroutant dont je dois écrire la critique dans les jours à venir. J'ai également lu la pièce de Jean-Claude Carrière, La controverse de Valladolid.

 

Qu'est ce que je lis en ce moment ? 

 

Loin du monde de David Bergen, mais je n'en suis qu'aux premières pages.

 

 

Qu'est ce que je lirai la semaine prochaine ?

 

Sans doute un roman de Maud Tabachnik et Je guéris mes complexes et mes déprimes.

 

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Joseph Boyden, Là-haut vers le nord

Publié le par calypso

 

Joseph-Boyden---La-haut-vers-le-nord.jpg

 

Là-haut, vers le nord de l'Ontario, vivent des femmes et des hommes, indiens pour la plupart. Joseph Boyden évoque avec sensibilité leurs histoires singulières au parfum de légende : une jeune fille tombe amoureuse d'un loup ; un jeune homme prétend envers et contre tout être un ours... Ces nouvelles étonnantes de l'auteur du Chemin des âmes, mélange fascinant d'émotion, de violence et de poésie, dessinent les pleins et les déliés d'une communauté humaine.

 

Dans ce recueil, il est question d’identité, d’appartenance à un territoire, de différence, de croyance, de rêves et de déceptions. Certes, ces nouvelles sont dépaysantes et nombreux sont les lecteurs qui devraient y trouver leur compte, mais alors, pour moi, quel ennui ! J’ai mis beaucoup de temps à lire ce recueil de 13 nouvelles alors que je l’avais pourtant abordé avec un grand enthousiasme. En effet, si ce titre m’était complètement inconnu, ce n’était pas le cas de l’auteur, Joseph Boyden : sans l’avoir lu, j’avais parcouru un grand nombre de billets positifs concernant une de ses œuvres, Le chemin des âmes.

Mon enthousiasme est retombé comme un soufflé dès la première nouvelle. Ce qu’il y a de bien avec les nouvelles, c’est qu’on a toujours espoir que la suivante sera meilleure. Mais quand l’espoir s’envole à son tour… Bon, je suis sans doute un peu dure mais, à ma décharge, je crois que je suis complètement passé à côté de l’œuvre ! On se perd très facilement au milieu de ces 13 textes. Peut-être que les quatre dernières nouvelles auraient trouvé grâce à mes yeux si je les avais lues en premier : elles proposent en effet la même histoire, mais envisagée selon des points de vue différents, procédé que je trouve intéressant. Mais franchement, au moment où je les ai lues, je n’avais qu’une hâte : en finir !

Je ne m’étendrai pas davantage et j’en suis navrée, mais je préfère que vous lisiez des avis plus positifs sur un recueil qui semble globalement remporter l’adhésion des lecteurs.

 

BOB

 

 

Le Livre de poche-copie-1

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« J’ai rêvé toute ma vie. Vous me direz : comme tout le monde. Seulement moi, mes rêves, je m’efforce d’en faire ma vie : de recommencer, au réveil, ce que j’ai accompli en songe. De croire ce qu’ils me disent. Bon, pour ce qui est de les réaliser, ça ne marche pas à tous les coups : ce n’est pas demain la veille que je me tomberai une géante superbe, incroyablement douée pour la chasse, avec une tenue qui s’enlève en un tournemain. Mais je m’efforce d’en tirer un sens : de leur faire confiance. » (p.246)

 

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En novembre, découvrons Maud Tabachnik

Publié le par calypso

 

Nouveau rendez-vous chez Pimprenelle qui nous propose cette fois-ci de découvrir Maud Tabachnik.

 

Je participe car j'ai dans ma PAL un des titres de l'auteure.

 

Avis aux amateurs de thrillers et rendez-vous le mercredi 17 novembre pour la publication des billets.

 

 

 

1-tabachnik.jpg

 

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C'est lundi ! Que lisez-vous ?

Publié le par calypso

 

C'est lundi que lisez-vous

 

D'après une idée de Malou, voici un petit point sur mes lectures. 

 

 

 

Qu'est ce que j'ai lu la semaine passée ?

  

J'ai poursuivi ma lecture de Là-haut vers le Nord, péniblement... Ce recueil de nouvelles n'était définitivement pas pour moi !

 

 

Qu'est ce que je lis en ce moment ? 

 

Il me reste encore une nouvelle du recueil de Joseph Boyden et je pourrai passer à autre chose. Ce soir, je commence donc vraisemblablement Présumé coupable d'Isabelle Guso, un partenariat avec BOB. Je ne sais pas trop à quoi m'attendre, la 4ème de couverture est plus que mystérieuse...

 

 

Qu'est ce que je lirai la semaine prochaine ?

 

Si j'ai un rythme de lecture aussi lent que la semaine passée, je lirai Loin du monde de David Bergen, si ce n'est pas le cas, il sera commencé avant la semaine prochaine.



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Arnaud Rykner, Le wagon

Publié le par calypso

 

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Tout ce qui est raconté ici est vrai. Tout ce qui est inventé ici est vrai aussi. Bien au-dessous de la réalité. Ce n’est pas une fiction.

J’ai dit qu’un historien avant enquêté, reconstitué, interrogé, avec rigueur et précision, des gens du train et hors du train. J’ai lu tout cela, pour ne pas mentir. J’ai lu tout ce que je pouvais, pour ne pas tricher. Ne pas faire le malin. Le moins possible.

Mais même en sachant ce que je savais, en lisant ce que j’avais lu, je ne pouvais que mentir. L’inimaginable doit être imaginé. Là où aucune image ne peut se former, il faut former une image.
Une image injuste.

Alors tout ce qui est raconté est faux. Ce n’est pas un livre d’Histoire. L’Histoire est bien pire.
Irréelle.

Ceci est un roman.

 

Nous sommes le 2 juillet 1944. Plus de 2000 hommes sont confinés dans un train qui les mènera tout droit vers Dachau. Entassés dans une vingtaine de wagons, ils vont vivre l’horreur. Parmi ces déportés, une voix se fait entendre, celle d’un jeune homme d’à peine 22 ans. Trois jours seulement le séparent de son anniversaire. Pendant ces trois jours, il va connaître la faim et la soif, mais surtout faire face à la violence et à la mort. Le réalisme de ce récit est particulièrement troublant : grâce à la narration à la 1ère personne, le lecteur est véritablement plongé dans le wagon, au milieu de tous ces hommes. Les sensations sont extrêmement bien décrites : odeurs, bruits, les détails abondent. Les phrases sont courtes, elles vont à l’essentiel. Ce n’est pas une lecture facile, mais c’est un livre de qualité, à lire, incontestablement.

 

 

Babelio

 

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L’œuvre en quelques mots…

 

« […] le sort a voulu que je sois près d’une des lucarnes du wagon, pas assez bien bouchée qu’on n’ait pu écarter suffisamment les lattes qui l’obstruaient. Le sort ou l’instinct de survie, un égoïsme vital qui m’a projeté là sans que je l’aie décidé, prévu, pensé – au point que je ne peux même pas en avoir honte. Même la honte on dirait qu’ils nous l’ont enlevée. Parce que cette maigre ouverture grillagée de barbelés me sauvera peut-être la vie. » (p.20) 

  

 

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Film : Elle s'appelait Sarah

Publié le par calypso

 

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Chose promise, chose due ! Puisque j’ai eu la chance de voir Elle s’appelait Sarah en avant-première, je ne résiste pas à l’envie de vous livrer mes impressions sur cette adaptation très réussie du réalisateur Gilles Paquet-Brenner, présent à l’issue de la projection.

Si vous avez aimé le roman, je ne doute pas que vous aimerez le film. Comme dans le roman, les passages se déroulant à l’époque contemporaine m’ont moins impressionnée que ceux se déroulant en 1942, mais cela tient quand même la route car le choix des acteurs a été très judicieux. Mise à part Kristin Scott Thomas, il n’y a pas de grosses têtes d’affiche. Le réalisateur a délibérément porté son choix sur des comédiens évoluant d’ordinaire sur les planches plutôt que derrière les caméras. Quant au choix de l’actrice pour incarner Julia, Gilles Paquet-Brunner a avoué que Kristin Scott Thomas était pour lui une évidence, son formidable jeu d’actrice n’y est pas pour rien, de même que sa maîtrise parfaite de la langue française. Petit scoop : si l’actrice avait refusé la proposition, le réalisateur se serait sans doute tourné vers Jodie Foster. Le talent des différents acteurs éclate à l’écran : Michel Duchaussoy est très convaincant dans le rôle du beau-père détenteur d’un lourd secret, Niels Arestrup et Dominique Frot, les Dufaure, excellent dans leur rôle. Kristin Scott Thomas est parfaite dans le rôle de Julia (elle m’a un peu moins énervée que dans le roman). Gilles Paquet-Brenner a dit à son sujet qu’elle a la capacité de transmettre « beaucoup d’émotion avec une économie de moyens », et c’est vrai. Il nous a par ailleurs confié qu’elle avait abordé son rôle « avec beaucoup d’humilité ». Mais la palme du talent revient à une, ou plutôt deux actrices. Mélusine Mayance, qui incarne Sarah enfant, est absolument incroyable. J’ai beaucoup aimé les mots du réalisateur à son sujet : « une actrice dans le corps d’une petite fille ». Difficile de croire que la petite fille espiègle et souriante des premières secondes du film est la même que celle qui parvient à s’échapper du camp, affaiblie, terrorisée, mais non moins déterminée à retrouver son frère. La transformation est incroyable. Charlotte Poutrel, elle, incarne Sarah adulte. Gilles Paquet-Brenner a offert un magnifique rôle à cette belle inconnue qu’il a trouvée, tenez-vous bien, sur Facebook… C’est un rôle muet mais la charge émotionnelle véhiculée par l’actrice est extrêmement forte. J’attends d’ailleurs avec impatience vos avis sur ces deux actrices en herbe tant elles m’ont bluffée.

L’ensemble du film est sublimé par une très belle bande son et par des images à couper le souffle. Trois passages m’ont particulièrement marquée et sont, à mon sens, visuellement très forts. La scène d’évasion de Sarah est magistrale : deux petites filles courant dans les champs, des couleurs chatoyantes qui rompent avec celles, plus sombres, des scènes précédentes, le tout accompagné d’une sublime musique. La scène du retour de Sarah dans l’appartement parisien est également très forte tant elle est terrible. C’est un moment affreux pour le personnage et pour le spectateur qui a lu le livre car tout ce qui précède tend irrésistiblement vers cette scène. On l’attend, on sait qu’elle va arriver et pourtant c’est un grand choc lorsqu’elle se présente devant nos yeux. Enfin, j’ai dans la tête depuis la projection cette image de Sarah, plus âgée, marchant sur le sable, portant sur ses épaules le poids terrible du passé, le regard perdu et désespéré. Toute la solitude du personnage éclate dans cette scène et ne cessera d’envahir l’écran à chacune des apparitions de Sarah.

Tatiana de Rosnay a, paraît-il, beaucoup apprécié le film, alors n’hésitez pas à aller le voir dès le 13 octobre !

 

 

 

 

 

Publié dans Films

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Tatiana de Rosnay, Elle s'appelait Sarah

Publié le par calypso

 

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Paris, juillet 1942 : Sarah, une fillette de dix ans qui porte l’étoile jaune, est arrêtée avec ses parents par la police française, au milieu de la nuit. Paniquée, elle met son petit frère à l’abri en lui promettant de revenir le libérer dès que possible. Paris, mai 2002 : Julia Jarmond, une journaliste américaine mariée à un Français, doit couvrir la commémoration de la rafle du Vél d’Hiv. Soixante ans après, son chemin va croiser celui de Sarah, et sa vie changer à jamais.
Elle s’appelait Sarah, c’est l’histoire de deux familles que lie un terrible secret, c’est aussi l’évocation d’une des pages les plus sombres de l’Occupation.

 

Je ne crois pas avoir lu un seul avis négatif sur ce roman de Tatiana de Rosnay. Inscrit dans ma LAL depuis un moment, j’avais fini par l’oublier jusqu’à ce que je me rende compte, il y a une quinzaine de jours, que l’adaptation allait paraître sur nos écrans en octobre. Une fois acheté, je n’ai eu que peu de temps pour le lire car j’ai eu la chance d’obtenir des places pour l’avant-première. Je ne manquerai pas de vous parler de l’adaptation dans les jours à venir.

Je me suis demandé à plusieurs reprises au cours de ma lecture si j’aimais ce roman. La réponse est oui. Pourtant, mon avis est plutôt partagé parce que j’ai adoré une partie de l’histoire mais j’ai été un peu agacée par l’autre. Comme vous le savez si vous avez lu l’œuvre ou au moins la quatrième de couverture, l’histoire écrite par Tatiana de Rosnay se passe en deux temps, à deux époques différentes : en juillet 1942, en pleine seconde guerre mondiale, au cours de la rafle du Vél d’Hiv et soixante ans plus tard, lors du terrible anniversaire de cet événement. Les passages en italique, ceux qui se déroulent en 1942, m’ont réellement captivée et émue. L’histoire est terrible, les détails réalistes abondent, accentuant toute l’horreur du sort subi par la famille de Sarah et par tous les Juifs. La petite Sarah est un personnage incroyablement attachant. On tremble pour elle au fur et à mesure de l’avancée de l’histoire. On tremble avec elle au sujet de ce petit frère laissé seul à Paris, caché dans un placard. L’histoire de Sarah aurait pu constituer à elle seule un roman, mais je sais que la volonté de l’auteure n’était pas simplement de raconter comment les choses se sont passées, mais de faire le lien avec le présent afin d’évoquer, entre autres, le devoir de mémoire, mais aussi d’interroger la responsabilité de chacun. Ainsi, Julia Jarmond, une journaliste américaine couvrant la commémoration de la rafle du Vél d’Hiv, va apprendre à ses dépends que le passé est lourd de secrets et essayer de redonner vie à Sarah en retraçant son histoire depuis son arrestation en juillet 1942. Je l’avoue, cette partie du roman m’a bien moins intéressée. Durant la première moitié du livre, les deux histoires s’entremêlent mais ensuite, les recherches de Julia dominent et, avec elles, les nombreuses interrogations du personnage sur sa vie privée… Allez, j’ose : j’ai parfois trouvé ces passages très mauvais et Julia assez agaçante.

Malgré cette dernière note négative, ce roman vaut vraiment le coup, pour Sarah. Mais attention, une fois le livre refermé, vous ne pourrez plus jamais oublier son histoire bouleversante.

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« Pourquoi toute cette haine ? Elle n’avait jamais haï personne dans sa vie, à l’exception d’une institutrice. Cette maîtresse l’avait sévèrement punie parce qu’elle ne savait pas sa leçon. Elle essaya de se rappeler si elle avait été jusqu’à souhaiter sa mort. Oui, elle avait été jusque là. Alors, c’était peut-être ainsi que tout était arrivé. A force de détester des gens au point de vouloir leur mort. De les détester parce qu’ils portraient une étoile jaune. Cela lui donna des frissons. Elle avait la sensation que toute la haine du monde, tout le mal du monde se concentraient ici, les encerclaient et se lisaient dans les visages fermés des policiers, dans leur indifférence, dans leur mépris. Et en dehors du camp, était-ce la même chose, le reste du monde détestait-il aussi les Juifs ? Etait-ce ce à quoi toute sa vie allait ressembler ? » (p.135)

  

 

Publié dans Littérature anglaise

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