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Benoît Broyart, Si tu savais

Publié le par calypso

 

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Mais une fois que je serais parvenu à lui faire lire « Le » plus beau poème jamais écrit, il se passerait quoi ? Elle allait venir vers moi ?

 

Elle se prénomme Anaïs et, forcément, elle est la plus jolie de toutes. Son arrivée n’a pas laissé notre narrateur indifférent et il se sent subitement pousser des ailes. Son goût pour les sensations fortes, mêlé à l’envie de séduire la jeune fille, lui fait prendre une décision irréfléchie : il dérobe, dans une librairie, un exemplaire de Corps et biens, le recueil de Robert Desnos. L’adolescent est alors animé par une obsession : écrire le plus beau poème du monde à la sublime Anaïs.

Un court récit drôle et délicat dont on savoure chacune des pages tant l’hommage rendu à Desnos y est vibrant. Une vraie réussite !

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« Je devais me mettre à écrire vraiment. Des choses que personne d’autre avant moi n’avait trouvées. A cause d’Anaïs. Elle était arrivée dans la classe depuis un mois et déjà, elle m’avait arraché le cœur avec les dents. » (p.6)

 

«  En lisant, j’ai compris que l’écriture avait le pouvoir de transformer les gens et que je ne redeviendrais jamais le petit tas de sable que j’avais été avant ma rencontre avec la poésie. » (p.39)

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Simone de Beauvoir, Une mort très douce

Publié le par calypso

 

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La journée du mardi se passa bien. La nuit, maman fit des cauchemars. « On me met dans une boîte », disait-elle à ma sœur. « Je suis là, mais je suis dans la boîte. Je suis moi, et ce n'est plus moi. Des hommes emportent la boîte ! » Elle se débattait : « Ne les laisse pas m'emporter ! » Longtemps Poupette a gardé la main posée sur son front : « Je te promets. Ils ne te mettront pas dans la boîte. » Elle a réclamé un supplément d'Équanil. Sauvée enfin de ses visions, maman l'a interrogée : « Mais qu'est-ce que ça veut dire, cette boîte, ces hommes ? - Ce sont des souvenirs de ton opération ; des infirmiers t'emportent sur un brancard. » Maman s'est endormie.

 

Le jeudi 24 octobre 1963, alors qu’elle se trouve à Rome, Simone de Beauvoir reçoit un appel : sa mère âgée de 77 ans est tombée dans sa salle de bains et s’est cassé le col du fémur. Cet accident malheureusement très fréquent et l’hospitalisation qui en découle permettent bientôt de déceler un mal plus profond, un cancer de l’intestin grêle, qui ne mettra que trois petits mois à emporter la mère de l’auteure.

Une mort très douce est un récit dans lequel Simone de Beauvoir a pris soin de raconter, avec une grande simplicité, les derniers instants passés avec une mère qu’elle a tantôt haïe, tantôt aimée dans sa vie. Elle y a recueilli quelques-unes de ses dernières paroles, collecté quelques-uns de ces derniers plaisirs et quelques-unes de ses dernières colères en veillant toujours à ne pas tomber dans le pathos. On perçoit bien sûr sans aucune difficulté la souffrance d’une fille qui sent sa mère s’éteindre peu à peu mais la relation conflictuelle qui a souvent été la leur fait que l’émotion est comme voilée : j’ai lu d’autres écrits sur le même sujet et j’avoue que j’ai parfois trouvé dans celui-ci une légère froideur, un peu plus de détachement peut-être, un peu moins de poésie, assurément. C’est une impression qui n’enlève rien à la valeur de ce texte dans lequel la féministe engagée laisse tomber le masque tout en s’interrogeant sur des causes qui lui tiennent à cœur. Une réflexion intéressante est notamment engagée sur le droit de mourir dans la dignité.

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« Pour moi, ma mère avait toujours existé et je n’avais jamais sérieusement pensé que je la verrais disparaître un jour, bientôt. Sa fin se situait, comme sa naissance, dans un temps mythique. Quand je me disais : elle a l’âge de mourir, c’étaient des mots vides, comme tant de mots. Pour la première fois, j’apercevais en elle un cadavre en sursis. » (p.27)

 

« Je m’étais attachée à cette moribonde. Tandis que nous parlions dans la pénombre, j’apaisais un vieux regret : je reprenais le dialogue brisé pendant mon adolescence et que nos divergences et notre ressemblance ne nous avaient jamais permis de renouer. Et l’ancienne tendresse que j’avais crue tout à fait éteinte ressuscitait, depuis qu’il lui était possible de se glisser dans des mots et des gestes simples. » (p.109)

 

« Il n’y a pas de mort naturelle : rien de ce qui arrive à l’homme n’est jamais naturel puisque sa présence met le monde en question. Tous les hommes sont mortels : mais pour chaque homme sa mort est un accident et, même s’il la connaît et y consent, une violence indue. » (p.152)

 

Un mot des titres

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Challenge Un mot, des titres - Session 16 - Les billets

Publié le par calypso

 

Un mot des titres

 

« La mort est un roman. »

Jean-Christophe Grangé

 

 

 

Voici les billets de cette seizième session :

 

- Mandorla : Debout les morts de Fred Vargas

- Helran : Le Triangle de la mort de Jimmy Guieu, La deux fois morte de Jules Lermina et La Mort vivante de Stefan Wul

- Brigt : A deux pas de la mort de Peter James

- Piplo : Lune captive dans un oeil mort de Pascal Garnier

- Achille49 : La Mort du Roi Tsongor de Laurent Gaudé

- Yogi : The Walking Dead, T1 : L'ascension du gouverneur de Robert Kirkman et Jay Bonansinga  

- Julianany : Jusqu'à ce que la mort nous sépare de Lisa Gardner

- Kynicky : Jusqu'à ce que la mort nous unisse de Karine Giebel

- Titepomme : Qui hante la tour morte ? de Gudule

- Vepug : Le Livre des morts de Glenn Cooper

- Lisalor : Jusqu'à ce que la mort nous unisse de Karine Giebel

- Reveline : Jusqu'à ce que la mort nous unisse de Karine Giebel et Le Livre sans nom, T4 : Le Livre de la mort

- Odwy : Jusqu'à ce que la mort nous unisse de Karine Giebel et Le Jeu de la mort de David Almond 

- XL : Elle qui chante quand la mort vient d'Andrea H. Japp

- Azalée : La Chambre des morts de Franck Thilliez

- Binou : A la une, à la deux, à la mort de Janet Evanovich 

- Pomm : Mort d'un silence de Clémence Boulouque 

- Petitepom : La Communauté du Sud, T11 : Mort de peur de Charlaine Harris

- Natou : La Mort est mon métier de Robert Merle

- Mariejo : La Cité des morts d'Anton Gill 

- Falline : La Mort est mon métier de Robert Merle

- Sharon : La Mort d'un lac d'Arthur Upfield

- Chookette : La Communauté du Sud, T12 : Mort sans retour de Charlaine Harris 

- Paikanne : Je préfère qu'ils me croient mort d'Ahmed Kalouaz

- Lasardine : Je suis morte de Nemiri et Morvan

- Riz-Deux-ZzZ : La Mort dans les bois de Tana French

- Augustin : Ce mort que nul n'aimait de Charles Exbrayat 

- Fred : La Comédie de la mort de Théophile Gautier

- DeL : Le Chagrin du roi mort de Jean-Claude Mourlevat

- Emma : Le Jeu de la mort d'Oscar Wilde

- Accrobiblio : La Mort, entre autres de Philip Kerr

- Luna : La Mort au bord de l'étang de Jean Failler et Bouboule est mort de Mary Lester  

- Etoilla : Je vais beaucoup mieux que mes copains morts de Viviane Chocas 

- Acherontia : Ceux des eaux mortes, T1 : L'Or et la Toise de Brice Tarvel 

- Philippe D : Morts en coulisses de Mary Jane Clark

- Itzamna : Debout les morts de Fred Vargas

- Ramettes : La Mort du roi Tsongor de Laurent Gaudé et Le Chevalier et la Mort de Leonardo Sciascia 

- Aproposdelivres : Les Morts de la Saint-Jean d'Henning Mankell

- Pinklychee : Le Porteur de mort de Paul Doherty

- Denis : La Mort dans les nuages d'Agatha Christie

- Liyah : Lucie et Raymond Aubrac : A la vie à la mort de Patrick Bousquet-Schneeweis 

- Mimi54 : La Mort n'oublie personne de Didier Deaninckx, La Mort et la Belle Vie de Richard Hugo, Angle mort d'Ingrid Astier et La Trilogie du Minnesota, T2 : Seuls les morts ne rêvent pas de Vidar Sundstol

- Karine : Rendez-vous avec la mort d'Agatha Christie

- Miss Bunny : La Reine morte de Henri de Montherlant et The Melancholy Death of Oyster Boy de Tim Burton

- Heide : Le Masque de la mort rouge d'Edgar Allan Poe

- Nanajoa : Ikigami Préavis de mort, T1 de Motorô Mase 

- Tiphanie : La Mort en embuscade de Ngaio Marsh

- Adalana : La Mort s'invite à Pemberley de P.D. James

- Titoulematou : La Mort s'invite à Pemberley de P.D. James

- Nanet : La double mort de Linda de Patricia MacDonald 

- Calypso : Une mort très douce de Simone de Beauvoir

- Felina : L'Echo des morts de Johan Theorin 

 

 

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