Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

René Fallet, Bulle ou la voix de l'océan

Publié le par calypso

 

Rene-Fallet---Bulle-ou-la-voix-de-l-ocean.jpg

 

Bulle ou la voix de l’océan est un roman sur lequel je ne savais strictement rien et je ne regrette pas une seule seconde ma lecture ! Au départ, la narratrice de ce roman est la mer. La mer salée, la mer bleue, la mer Rouge ou la mer Noire. La mer bavarde, la mer qui parle, qui parle, la mer qui connaît tant d’histoires qu’elle n’est plus capable d’en raconter une seule ! C’est donc Bulle, le personnage éponyme, qui va entreprendre le récit de sa propre histoire. Bulle est un coquillage de l’Océan Indien habitée par un mollusque surnommé Gluc. Un jour, la vie de Bulle bascule : au fond de l’océan, elle fait la connaissance d’un marin et, grâce à lui, parvient à quitter le quartier de la lune où elle vit depuis toujours. Sur terre, elle passe de main en main et apprend à connaître l’espèce humaine. Elle est heureuse, parfois, et déçue, souvent. Bulle fait l’expérience de l’amitié à sens unique, elle qui séduit les hommes par les douces mélodies qu’elle produit. Elle connaîtra pourtant, au terme de nombreuses péripéties, l'amitié sincère. René Fallet a écrit un roman fantastique, agréable à lire et touchant, un roman qui n’a pas pris une ride et dans lequel humour et poésie se rencontrent à chaque page.

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« J’étais une bulle comme toutes les bulles de l’Océan Indien, ornée de mille couleurs de perroquets, peinte avec un arc-en-ciel. Les bulles de Méditerranée sont vilaines à côté de nous autres, bulles des tropiques, c’est vrai.

Quand je dis bulles, je parle du coquillage, notez bien. Le mollusque qui est dedans, ce n’est pas lui la bulle. Le mollusque s’appelle mollusque. Le mien, de mollusque, je l’appelais Gluc. Et lui m’appelait Bulle car il n’avait pas beaucoup d’imagination. Je l’appelais Gluc parce qu’il mangeait beaucoup de laitues de mer et qu’en mangeant il faisait « gluc gluc gluc » vingt heures sur vingt-quatre. » (p.16)

 

 

Partager cet article

Repost 0

Un concours chez Miss Bunny !

Publié le par calypso

 

 

concours-1-an-Miss-Bunny.jpg

 

 

 

Miss Bunny nous propose un concours très généreux

pour fêter sa première année de blog !

Si vous êtes intéressés, cliquez sur l'image,

elle vous conduira directement sur son blog.

Le concours est ouvert jusqu'au 28 janvier.

 

Bonne soirée et bonne lecture à tous !

 

Publié dans Blabla en tout genre

Partager cet article

Repost 0

Un nouveau challenge : Une année, des livres

Publié le par calypso

 

une_annee_des_livres_Sophie.jpg

 

Un petit billet pour vous présenter un nouveau challenge organisé par Sophie sur son blog Les bavardages de Sophie.

 

Le principe est simple, il s’agit de lire pour une date précise un livre publié au cours de l’année indiquée par Sophie. Je vous laisse découvrir toutes les explications ici.

 

La première année choisie est l’année 2010 et le livre est à lire pour le 10 décembre.

 

Je ne pense pas pouvoir participer à chaque fois mais je me suis inscrite pour ce premier épisode. Mon titre m’attend d’ailleurs…

 

Alors, tentés ?

 

Publié dans Blabla en tout genre

Partager cet article

Repost 0

Elana Johnson, Possession

Publié le par calypso

 

Elana-Johnson---Possession.jpg

 

 

Dans le monde de Violette, personne n’imagine transgresser les règles des Penseurs.
Eux seuls décident des lois et ont le pouvoir d’influencer les esprits. Mais Violette refuse de se soumettre.

Alors qu’un soir de couvre-feu elle rend secrètement visite à Zenn, celui qu’elle aime depuis toujours, elle est envoyée en prison. Là-bas, elle fait la connaissance de Jag, un membre actif des Rebelles. Elle va vite comprendre que ce jeune homme aussi mystérieux qu’irrésistible peut la conduire vers de nouveaux horizons affranchis de l’emprise des Penseurs.

Mais elle découvre également le prix de la liberté. Violette saura-t-elle affronter la vérité sur les siens ?

 

Possession est un nouveau roman dystopique, genre qui inonde la blogosphère en ce moment et qui a le mérite de faire voyager ses lecteurs. Si le titre ne m’a pas attirée une seule seconde (il pourrait compléter la célèbre saga de Stephenie Meyer…), je dois avouer avoir cédé au charme de la première de couverture ainsi qu’à la petite formule « Contrôler ou être contrôlé ». Après lecture, mon avis sur le titre n’a guère changé. Je ne le trouve pas forcément bien choisi, plus tape à l’œil qu’autre chose.

Venons-en à l’histoire. Violette est une adolescente qui vit dans un monde où s’affrontent les Loyaux, dirigés par les Penseurs, et les Rebelles. Elle fait partie des Loyaux mais elle est une rebelle dans l’âme, si bien que, vivant dans la Cité de l’eau, elle n’hésite pas à braver les interdits pour retrouver Zenn, son petit-ami qui vit dans la Caserne des forces, à deux heures de marche de chez elle. C’est là que le jeune homme suit sa formation pour appartenir un jour à l’élite et devenir Penseur. Franchir les remparts, traverser la forêt, c’est transgresser le règlement, mais Violette y est accoutumée. Un soir cependant, les aérocoptères qui veillent à ce que le couvre-feu soit respecté, la surprennent et l’envoient en prison  en attendant sa comparution devant les Gris (surnom donné aux Penseurs). Elle fait alors la connaissance de Jag Barque, un Rebelle aussi mystérieux que sensé… Accusée d’être un esprit libre, Violette est bannie en Terres Rebelles.

Possession est un roman que j’ai lu assez vite, en trois ou quatre jours pas plus, mais ma lecture a pourtant été assez laborieuse. Au départ, j’ai relu certains passages car j’ai cru naïvement être passée un peu vite sur certains événements. Il me manquait notamment des explications sur le fonctionnement si particulier du monde dans lequel vit l’héroïne. Je n’arrivais pas non plus à visualiser correctement certains éléments appartenant à ce même monde, comme les aérocoptères ou les Méchas (gardiens de la prison). C’est en effet un monde où la technologie est très avancée et les néologismes abondent. Et puis, j’ai arrêté de relire. J’ai compris que je n’aurais pas davantage d’explications, ce que je trouve fort regrettable. C’est un des gros défauts de ce roman. C’est un roman qui transporte son lecteur dans un univers particulier mais qui ne l’accompagne pas dans sa découverte, le perd en chemin. Bien sûr, on peut se demander si les explications viendront dans le second tome, mais à mon sens, elles n’y auront pas leur place. Quand on crée un univers, on se doit d’en donner les codes au lecteur, c’est pour moi une étape obligatoire. Autre défaut majeur : le caractère des personnages. Je n’ai pas vraiment eu de coup de cœur pour les personnages du roman, j’ai trouvé leurs réactions parfois surprenantes et le rapprochement entre Jag et Violette vraiment  trop rapide. Les relations entre les personnages sont également très complexes et, honnêtement, on finit par ne plus savoir qui est « gentil », qui est « méchant ». C’est franchement agaçant. Je ne suis pas contre les retournements de situation, mais point trop n’en faut ! Heureusement, la fin est très convaincante mais cela ne suffit pas à rattraper les 350 pages qui la précèdent.

En somme, c’est un roman qui n’est pas franchement désagréable à lire mais qui souffre de gros défauts et je suis convaincue qu’il y a mieux, en matière de dystopie ! Par curiosité, je lirai sans doute le second tome.

 

 

Michel Lafon

 

 L’œuvre en quelques mots…

 

« L’aérocoptère s’immobilisa devant une porte dans la paroi. Derrière la façade, il n’y avait que l’obscurité. Qu’allais-je trouver de l’autre côté ? En ressortirais-je un jour ? Et si je ne devais plus jamais revoir Zenn ?

- On va vraiment entrer là-dedans ? demandai-je au pilote, la bouche sèche.

- Dès que j’aurais transmis ton dossier.

Il inscrivit quelque chose sur un petit écran sur lequel une longue liste s’afficha.

- Ce n’est pas la première fois pour toi, déclara-t-il avec un sourire narquois. » (p.17)

 

Partager cet article

Repost 0

Susie Morgenstern, La Sixième

Publié le par calypso

 

Susie-Morgenstern---La-sixieme.jpg

 

C'est officiel Margot tient la lettre entre ses mains. Elle est admise en sixième au collège du Parc des Grands Pins. Enfin elle sera lycéenne, elle sera grande.

D'abord les préparatifs. Il faut acheter le carnet de correspondance, se munir de photos d'identité, il faut des photocopies des certificats de vaccination. Enfin elle doit décider comment s'habiller pour ce premier jour. Sa sœur aînée est catégorique : jean et surtout pas de cartable !

Le premier jour arrive. Tout le monde avait un cartable et plein de filles étaient habillées en jupe ! […]

 

Margot a quitté son école à la fin du mois de juin et voilà qu’elle s’apprête à entrer en 6! L’émotion est intense et les questions se bousculent. Lorsque la lettre qui confirme son admission au collège arrive à la maison, c’est l’effervescence ! Il y a tant de choses à faire et il faut composer avec les avis de chacun. Margot parviendra-t-elle à surmonter son stress et se fera-t-elle de nouveaux amis ? Il y a fort à parier que son année risque d’être… inoubliable !

La Sixième est un petit roman de 140 pages qui se lit d’une seule traite. L’ensemble est léger et les personnages sont plutôt sympathiques, à commencer par Margot qui décide, pleine de bonne volonté, de prendre en main son année scolaire ainsi que celle de ses camarades. Certaines scènes sont très réalistes, on peut toutefois regretter que quelques personnages (c’est le cas notamment des professeurs) soient trop stéréotypés. L’humour n’est pas absent de ce roman mais il faut tout de même mentionner qu’il date de 1984 et peut sembler un peu dépassé. La Sixième peut néanmoins plaire aux élèves et futurs élèves de 6e qui ne devraient pas avoir trop de mal à se reconnaître en Margot.

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« Monsieur Gili (le professeur principal) demanda à deux élèves de se désigner pour représenter la classe provisoirement jusqu’à l’élection des délégués. « Qui veut se proposer ? »

Personne ne bougea. Personne ne leva la main. […]

Personne. Il y avait un silence gêné dans la classe. Margot était scandalisée qu’il n’y eût pas une seule âme généreuse pour assumer ces responsabilités vis-à-vis de la société. Mais qui ? » (p.22)

 

« Ce même jour, Arthur l’approcha entre deux cours. Il bégaya : « Qu’est-ce que tu fais après l’école ? »

« Mes devoirs ! » répondit Margot avec conviction.

« Non, mais après ? »

« Je mange. »

« Non, je veux dire le soir après dîner. »

« Je me couche et puis je dors. »

« Ah bon ! » soupira-t-il ne sachant comment orienter une autre question. » (p.113)

 

Partager cet article

Repost 0

David Foenkinos, Les souvenirs

Publié le par calypso

 

David-Foenkinos---Les-souvenirs.jpg

 

 

« Je voulais dire à mon grand-père que je l'aimais, mais je n'y suis pas parvenu. J'ai si souvent été en retard sur les mots que j'aurais voulu dire. Je ne pourrai jamais faire marche arrière vers cette tendresse. Sauf peut-être avec l'écrit, maintenant. Je peux le lui dire, là. »

David Foenkinos nous offre ici une méditation sensible sur la vieillesse et les maisons de retraite, la difficulté de comprendre ses parents, l'amour conjugal, le désir de créer et la beauté du hasard, au fil d'une histoire simple racontée avec délicatesse, humour, et un art maîtrisé des formules singulières ou poétiques. 

 

David Foenkinos est loin d’être un inconnu, je suis capable de citer quelques-uns de ses romans mais je n’avais encore jamais eu l’occasion d’en lire un. Cette erreur est désormais réparée !

Dès les premiers mots, j’ai été séduite par la plume de l’auteur, une plume délicate mêlant habilement sensibilité et humour. C’est d’ailleurs, à mon sens, la grande force de ce roman autobiographique qui, dans sa forme, peut sembler quelque peu « décousu ». Le roman s’ouvre sur un deuil et les premières phrases donnent le ton : « Il pleuvait tellement le jour de la mort de mon grand-père que je ne voyais presque rien. Perdu dans la foule des parapluies, j’ai tenté de trouver un taxi. Je ne savais pas pourquoi je voulais à tout prix me dépêcher, c’était absurde, à quoi cela servait de courir, il était là, il était mort, il allait à coup sûr m’attendre sans bouger. » (p.9) La mort de son grand-père est, pour l’auteur, le point de départ d’une succession de souvenirs. Il reconstitue alors, au fil des pages, l’histoire de ses grands-parents et de ses parents, sa propre histoire en définitive. Par petites touches, le lecteur rencontre, entre autres, un grand-père qui a vu sa vie s’achever à cause d’une savonnette, une grand-mère en mal de liberté enfermée dans une maison de retraite, une mère retraitée et dépressive ; il assiste à une rencontre pour le moins originale, celle des parents de l’auteur ; et lui tient compagnie dans ce petit hôtel parisien où il travaille, en attendant que son talent d’écrivain n’éclate. Il partage les doutes, les moments de faiblesse, les petits bonheurs d’un écrivain qui lui ouvre, avec une grande simplicité, les portes de sa mémoire. Cette mythologie familiale est racontée en alternance avec des « souvenirs » appartenant à l’auteur ou à ceux qui ont croisé sa route, l’ensemble formant 68 chapitres qui sont autant de petites madeleines de Proust.

Lire Les Souvenirs, c’est pénétrer dans un univers fait de petits riens, de moments insignifiants ou essentiels, impérissables dans tous les cas. Autant de souvenirs qui ne sont pas ceux du lecteur et qui, pourtant, le conduisent lui aussi sur la trace de son histoire, l’invitant à farfouiller à son tour dans sa mémoire. C’est un joli texte, qui offre de très beaux passages et promet de belles émotions.

   

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« La vie est une machine à explorer notre insensibilité. On survit si bien aux morts. C’est toujours étrange de se dire que l’on peut continuer à avancer, même amputés de nos amours. » (p.19)

 

« Je ne pourrai jamais oublier la façon dont cette jeune femme s’est approchée de moi, avec une démarche relativement assurée. Elle portait une robe bleu foncé, sans le moindre motif, et ses cheveux étaient remontés en queue-de-cheval. Je pourrais décomposer son avancée vers moi, pendant de nombreuses pages. Ce serait facile. A cet instant, je ne savais rien d’elle. Elle était encore une femme parmi les trois milliards de femmes ; une anonyme dans ma vie. Oui, à cet instant, je ne savais pas encore son prénom : Louise. Je ne savais pas qu’elle était institutrice depuis trois ans ici, et que cette année elle s’occupait des CE2. […] Elle alternait des moments où elle était boudeuse et des moments où elle était rêveuse. Elle aimait la pluie, car cela lui permettait de mettre ses bottes rouges. Le rouge, ce sont les années 1980. Elle chassait les escargots, mais les libérait toujours, prise de culpabilité. […] Quand elle marcha vers moi, je ne savais pas encore qu’elle aimait les poupées russes et le mois d’octobre. » (p.162-163)

 

« Louise a dit oui, et j’ai dit oui aussi, nous nous sommes embrassés, et j’ai pensé que ce baiser était le roman que je n’arrivais pas à écrire. » (p.231)

 

PriceMinister - Rentrée littéraire

 

Partager cet article

Repost 0

David Vann, Désolations

Publié le par calypso

 

 

David-Vann---Desolations.jpg

 

 

Sur les rives d'un lac glaciaire, au cœur de la péninsule de Kenai, en Alaska, Irene et Gary ont construit leur vie, élevé deux enfants, aujourd'hui adultes. Mais après trente années d'une vie sans éclat, Gary est déterminé à bâtir sur un îlot désolé la cabane dont il a toujours rêvé. Irene se résout à l'accompagner, en dépit des inexplicables maux de tête qui l'assaillent et ne lui laissent aucun répit. Entraînée malgré elle dans l'obsession de son mari, elle le voit peu à peu s'enliser dans ce projet démesuré. Leur fille Rhoda, toute à ses propres rêves de vie de famille, devient le témoin du face-à-face de ses parents, tandis que s'annonce un hiver précoce et violent qui rendra l'ilot encore plus inaccessible.

 

Certains livres restent longtemps dans notre mémoire. J’ai le sentiment que Sukkwan Island restera gravé en moi pendant un long moment, tant cette œuvre m’a saisie, il y a un peu plus d’un an. Une tension inégalable, une très grande maîtrise de la description, une plume envoûtante, voilà comment je pourrais résumer le premier roman de David Vann. J’attendais donc impatiemment la sortie de son second titre et, malgré la tentation, je n’ai lu que très peu de billets à son sujet. Je voulais que ce roman « m’appartienne », je ne voulais pas être influencée.

Désolations est à la fois proche et différent de Sukkwan Island. Proche par son titre tout d’abord : Caribou Island. Je m’interroge d’ailleurs : l’auteur compte-t-il nous faire voyager à travers plusieurs îles ou îlots dans chacun de ses romans ? J’ai le sentiment que cela pourrait lasser certains lecteurs… De fait, je trouve que la traduction du titre est plutôt intéressante, elle tente de rompre avec le précédent roman de l’auteur et ce n’est pas plus mal. Mais les comparaisons que l’on pourrait faire entre les deux œuvres dépassent largement le simple titre. Si David Vann ancre son second roman dans les terres qui ont fait le succès du premier, il en reprend également les grands thèmes : solitude, famille, dépassement de soi, désir d’ailleurs, folie. Ici, le roman est plus épais et le huis-clos s’est élargi. Le père et le fils de Sukkwan Island ont été remplacés par une famille : Irene et Gary, les parents, Rhoda et Mark, les enfants. Mariée depuis de nombreuses années à Gary, Irène doit composer avec le vieux rêve de son époux : construire une cabane sur un îlot isolé et y passer l’hiver. Le rêve de l’un est le cauchemar de l’autre. Irene est tiraillée entre le désir de garder son époux et la peur de le perdre, en refusant de vivre avec lui sur l’îlot. Elle est en effet persuadée qu’il la quittera à la première occasion. Prise de violentes migraines, elle trouve en sa fille Rhoda un soutien. Mais comment aider ses parents quand on vit soi-même une relation amoureuse compliquée ? Jim, son compagnon, s’amourache en effet de Monique, une touriste. Mark, quant à lui, fuit tous les problèmes qui pourraient toucher, de près ou de loin, à sa famille. L’hiver approche et la tension se resserre.

C’est assez terrible mais je n’ai pas pu m’empêcher de lire Désolations en ayant Sukkwan Island en tête. Alors, j’ai attendu… j’ai attendu ce je ne sais quoi qui saurait me prendre aux tripes, cet événement incroyable qui m’avait tant secouée dans le premier roman de l’auteur. Il finit par arriver, mais il est assez prévisible. Pour le coup, je suis intimement persuadée que le but de l’auteur n’est en aucun cas de surprendre le lecteur mais de montrer comment le passé laisse des traces indélébiles chez tout individu et comment l’âme humaine peut réagir face à des situations extrêmes. En cela, bien sûr, Désolations est une réussite. Mais, quoiqu’il soit particulièrement bien écrit et intéressant, ce roman n’a pas la force du précédent. Il n’en reste pas moins passionnant et je dois bien avouer que David Vann décrit si bien sa terre natale qu’il m’a fortement donné envie d’en découvrir les paysages désolés. Roman des solitudes, Désolations séduira les amateurs de « nature writing » mais aussi ceux qui aiment, à travers les œuvres, explorer l’âme humaine.

 

     

matchs-rentree-litteraire-priceminister-L-I25G4B.jpg

  

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« Ce que Gary voulait vraiment, c’était ce village imaginaire, ce retour à une ère idyllique où il pourrait avoir un rôle, une tâche définie, forgeron, boulanger ou barde. C’était ce qu’il voulait être, le « créateur », celui qui chantait l’histoire d’un peuple, l’histoire d’un lieu, ce qui ne faisait qu’un au final. Ce qu’Irene voulait, c’était ne plus jamais être seule, trimbalée d’une famille à une autre, abandonnée. » (p.97)

 

« Et pendant ce temps, murmura Irene pour elle-même, voilà ma vie. On peut choisir ceux avec qui l’on va passer sa vie, mais on ne peut pas choisir ce qu’ils deviendront. » (p.109)

 

 

Partager cet article

Repost 0

Challenge Un mot, des titres - Session 3 - Les billets

Publié le par calypso

 

Un mot des titres

 

« La nuit, toute chose prend sa forme et son vrai aspect.

De même qu’on ne distingue que la nuit les étoiles du ciel,

on aperçoit alors sur la terre bien des choses

qu’on ne voit pas le jour. »

(Selma Lagerlof)

 

 

Voici les billets de cette troisième session :

   

 

- Gr3nouille2010 : Quand la nuit sera couverte de jour, je sortirai de l'hôpital de Gaëlle de Malglaive  

- Tchae : Georgina Kincaid, T2 : Succubus Nights de Richelle Mead 

- Vepug : La Maison de la nuit, T1 : Marquée de P.C. et Kristin Cast 

- Reveline : Rapt de nuit de Patricia MacDonald et La Maison de la nuit, T4 : Rebelle de P.C. et Kristin Cast

- MyaRosa : A la rencontre de la nuit de Debi Gliori 

- Sayyadina : La Nuit des temps de Barjavel 

- Mypianocanta : La Princesse de la nuit de Marion Zimmer Bradley 

- BeL : Le Songe d'une nuit d'été de William Shakespeare 

- Miss Bunny : A midsummer night's dream de William Skakespeare 

- Fée Bourbonnaise : Une putain de belle nuit de Michel Le Bourhis 

- Lasardine : La Nuit du papillon de Jean-Luc Cornette 

- Emma : Rien ne s'oppose à la nuit de Delphine de Vigan 

- Sara : La Fin de la nuit de François Mauriac 

- Nadael : Tendre est la nuit de F. Scott Fitzgerald  

- Riz-deux-ZzZ : Les Enfants de la nuit de Thomas Chastain 

- Fantasia : La nuit seule de Hanno 

- Hélène : Rien ne s'oppose à la nuit de Delphine de Vigan et Ronde de nuit de Sarah Waters 

- Anne : Rien ne s'oppose à la nuit de Delphine de Vigan 

- Paikanne : Louis le papillon de nuit d'Antoon Krings 

- Bouma : La Nuit de Stanislas Gros et Azilis, T2 : La Nuit de l'enchanteur de Valérie Guinot  

- Jeneen : Les Nuits de Favonio de Carmelo Sardo 

- XL : Nuit noire de Chauvel et Lereculey, Douce nuit de Mary Higins Clark et quelques autres lectures

- Juliah : La Nuit des temps de Barjavel et Céleste, une étoile dans la nuit de Gaëlle Callac 

- Love-of-book : La Nuit de Valognes d'Eric-Emmanuel Schmitt 

- Fleurdusoleil : Cette nuit-là de Linwood Barclay 

- Yumiko : Les Ombres de la nuit, T5 : Amour démoniaque de Kresley Cole 

- Felina : Voyage au bout de la nuit de Céline 

- Claudialucia : Avant la nuit de Pete Fromm 

- Aproposdelivres : Rien ne s'oppose à la nuit de Delphine de Vigan 

- Mimi54 : Avant la nuit de Reinaldo Arenas et Rien ne s'oppose à la nuit de Delphine de Vigan 

- Adalana : Je suis ta nuit de Loïc Le Borgne 

- Sharon : Rien ne s'oppose à la nuit de Delphine de Vigan et A comme Association, T6 : Ce qui dort dans la nuit d'Erik L'Homme  

- Calieb : La Nuit des enfants rois de Bernard Lentéric 

- Azilis : Azilis, T2 : La Nuit de l'enchanteur de Valérie Guinot 

- Rose : Rien ne s'oppose à la nuit de Delphine de Vigan 

- Karine : Last night's scandale (Lady Carsington) de Loretta Chase 

- Liyah : Les Contes de la nuit de Michel Ocelot 

- Plume : Quand la nuit de Cristina Comencini 

- Astrid : La Nuit des enfants rois de Bernard Lentéric 

- Chookette : Night World, T1 : Le Secret du vampire de L. J. Smith 

- Philippe D : Rapt de nuit de Patricia MacDonald 

- Nanajoa : Une nuit pour tout changer de Josée Pelletier 

- Tiphanie : Dernière nuit à Twisted River de John Irving 

- Malo : Rien ne s'oppose à la nuit de Delphine de Vigan  

- Mylène : Au bout de la nuit de Tess Gerritsen 

- Stephie : Nuits blanches, T1 : L'Homme de minuit de Lisa Marie Rice 

- Lili : Rien ne s'oppose à la nuit de Delphine de Vigan 

- Mylène : Rien ne s'oppose à la nuit de Delphine de Vigan et Un cri dans la nuit de Mary Higgins Clark 

- Minou : La Nuit et le Moment de Crébillon 

- Asuna : Georgina Kincaid, T2 : Succubus nights de Richelle Mead 

- Sophie : Rien ne s'oppose à la nuit de Delphine de Vigan 

- Hanaelle : Douce nuit de Mary Higgins Clark 

- Sev : Nuit et jour de Virginia Woolf 

- Laure : Froid comme une tombe, T3 : Chasseuse de la nuit de Jeaniene Frost   

- Calypso : "Je ne suis pas sortie de ma nuit" d'Annie Ernaux

 

 

Partager cet article

Repost 0

Annie Ernaux - "Je ne suis pas sortie de ma nuit"

Publié le par calypso

 

Annie-Ernaux---Je-ne-suis-pas-sortie-de-ma-nuit.jpg

 

 

Ma mère a été atteinte de la maladie d'Alzheimer au début des années 80 et placée dans une maison de retraite. Quand je revenais de mes visites, il fallait que j'écrive sur elle, son corps, ses paroles, le lieu où elle se trouvait. Je ne savais pas que ce journal me conduirait vers sa mort, en 86.

 

Au départ, un simple accident de la circulation. Une femme, fauchée par une voiture qui a grillé un feu rouge. Un accident à priori sans conséquence. Au cours de l’été 1983, au plus fort de la canicule, la mère d’Annie Ernaux fait pourtant un malaise et est immédiatement hospitalisée. Les médecins et la famille de la patiente découvrent alors qu’elle ne s’est plus alimentée depuis plusieurs jours. Un unique paquet de sucres occupe son frigidaire. Sa fille la prend alors en charge chez elle, à Cergy. Mais la mémoire de sa mère se détériore de plus en plus et son médecin décide de la faire transporter à l’hôpital de Pontoise où elle décèdera d’une embolie en avril 1986, à l’âge de 79 ans. Sa maladie a un nom : Alzheimer.

« Je ne suis pas sortie de ma nuit » sont les derniers mots écrits par la mère d’Annie Ernaux. Ils disent tout le mal être d’une femme à l’aube de sa maladie et symbolisent le long et douloureux parcours qui s’annonce pour la malade et ses proches. « Je ne suis pas sortie de ma nuit » n’est pas un roman qui a été pensé, ce sont des notes écrites sur le vif, « dans la stupeur et le bouleversement ». On découvre, au fil des pages, l’évolution de la maladie et ses conséquences. Les premiers changements commencent à apparaître durant le séjour à Cergy : « Elle est devenue une femme égarée, parcourant la maison en tous sens ou demeurant assise des heures sur les marches de l’escalier du couloir. » (p.10), « les choses lui échappent » (p.15) Le constat est douloureux pour Annie qui assiste à la lente dégradation de l’état de santé de sa mère : elle n’est plus que l’ombre d’elle-même, elle passe de longs moments assise sur sa chaise, comme prostrée. Elle est incapable de dire son âge, enfile deux soutiens-gorge l’un par-dessus l’autre, ne reconnaît pas Philippe, son beau fils, et confond les pièces. Elle commence aussi à parler seule et ne veut rien avaler d’autre que des petits-suisses et des sucreries. Les rôles s’inversent peu à peu mais pour Annie Ernaux, malgré la douleur, l’envie de voir sa mère en vie est la plus forte : « J’ai peur qu’elle meurt, je la préfère folle. » (p.20) A l’hôpital ou dans la maison de retraite où sa mère sera placée, ce que l’auteure voit, les détresses qu’elle croise, sont « au-delà de la tristesse ». « Je ne suis pas sortie de ma nuit » est le récit douloureux d’une fille obligée d’attacher sa mère à son fauteuil, une fille qui a vu partir peu à peu ses petites voisines de chambre et tremblé à chaque instant pour elle. Je retiendrai de ce récit l’émotion ressentie par Annie à chaque fois qu’elle apercevait le visage de sa mère dans l’entrebâillement des portes de l’ascenseur, au moment de la quitter. J’ai découvert une nouvelle Annie Ernaux, bien différente de l’auteure de La Place dont j’avais regretté la froideur. Ici, l’émotion affleure à chaque page.

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« Elle est dans l’entrée et d’abord, je ne la reconnais pas. On lui a tiré les cheveux en queue de cheval, son visage est figé. Je lui montre le petit ramoneur au-dessus de son lit, celui qu’une amie lui a offert à Annecy. Elle le regarde et murmure : « J’en ai eu un comme ça autrefois. » Constamment, je me demande comment elle perçoit le monde maintenant. Lorsque je pense à ce qu’elle a été, à ses robes rouges, sa flamboyance, je pleure. Le plus souvent, je ne pense à rien, je suis auprès d’elle, c’est tout. Il y a pour moi, toujours, sa voix. Tout est dans la voix, La mort, c’est l’absence de voix par-dessus tout. » (p.84)

 

« J’ai travaillé au jardin. C’est le moment où j’ai le plus oublié. Je grattais la terre, j’enlevais les mauvaises racines dans l’allée. Je suis dans le même temps que celui qu’il faisait lorsqu’elle était encore vivante, froid avec du brouillard.

Sans doute pourrais-je attendre avant d’écrire sur ma mère. Attendre de m’être évadée de ces jours. Mais ce sont eux la vérité, bien que je ne sache pas laquelle.

Quand j’écrivais sur elle après les visites, est-ce que ce n’était pas pour retenir la vie ? » (p.110)

 

Partager cet article

Repost 0

Challenge Un mot, des titres - Session 4

Publié le par calypso

 

Un mot des titres

 

 

 

Les mois (et demi) passent… et se ressemblent !

 

Nouvelles palpitations. Suspens insoutenable.

 

Pas de blabla cette fois-ci, juste un grand MERCI car je vous vois toujours aussi motivés et ça fait chaud au cœur !

 

33 d’entre vous m’ont proposé un mot pour la session 4 du challenge, pour un total de 27 mots ! Trois mots ont été proposés à deux reprises et un mot obtient la palme puisqu’il a été proposé pas moins de quatre fois !

 

Roulement de tambour.

 

J’ai l’honneur et le plaisir de vous annoncer que j’ai tiré au sort le mot :

 

 

SECRET

 

 

Bravo à MyaRosa, Lanyla, Juliah et Chookette ! Pour une fois, c'est le mot le plus plébiscité qui a été tiré au sort.

 

Merci à tous pour vos propositions ! Elles nous promettent encore de belles lectures !

 

 

 

Vous commencez à connaitre le principe : vous avez un mois et demi pour lire un livre dont le titre comprend le mot « secret ». Nous publierons tous nos billets le 1er décembre. Quant au cinquième mot, il sera annoncé la veille, c’est-à-dire le 30 novembre.

 

Si ce mot vous tente, n’hésitez pas à vous inscrire dès à présent !

 

 

 

Liste des participants pour la quatrième session :

 

- MyaRosa

- Mimi

- Hélène

- Nadael

- Mycoton32

- Yumiko

- Adalana

- Chookette

- Lanyla

- Sharon

- Bouma

- Felina

- Gr3nouille2010

- Emma

- mandy88

- Vepug

- Juliah

- Sayyadina

- Achille49

- Malo

- Reveline

- Hanaelle

- Soundandfury

- Agnah

- Miss Bunny

- Paikanne

- Joanna

- Plumisa

- Calieb

- Fleurdusoleil

- BeL

- Pomm

- Jeneen

- Laure

- Aproposdelivres

- Anne

- Minou

- Philippe D

- Claudialucia

- Stephie

- Azilis

- Tchae

- Tiphanie

- Astrid

- DeL

- Fantasia

- Karine

- XL

- Luna

- Platinegirl

- Mamoun

- Strawberry

- Sophie

- Nelfe

- Mypianocanta

- Skyangel

- Morgouille

- Choco

- Elsinka

- Anjelica

- Isallysun

- Liyah

- Opaline 

- Calypso

 

  

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0

1 2 > >>