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" Mes livres ne sont pas des livres,
mais des feuilles détachées et tombées presque au hasard
sur la route de ma vie. "

François-René de Chateaubriand



 

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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 04:34

 

Kyoichi-Katayama---Un-cri-d-amour-au-centre-du-monde.jpg

 

 

Qu'advient-il de l'amour quand l'être aimé disparaît ? Sakutaro et Aki se rencontrent au collège dans une ville provinciale du Japon. Leur relation évolue de l'amitié à l'amour lorsqu'ils se retrouvent ensemble au lycée. En classe de première, Aki tombe malade. Atteinte de leucémie, elle sera emportée en quelques semaines. Sakutaro se souvient de leur premier baiser, de leurs rendez-vous amoureux, du pèlerinage en Australie entrepris en sa mémoire.

Quel sens donner à sa souffrance ? Comment pourrait-il aimer à nouveau ?

 

En ouvrant ce roman, je m’attendais à être très fortement émue, je m’attendais à un livre coup de cœur. Il faut dire que la quatrième de couverture insiste sur le succès de ce roman de Kyoichi Katayama, devenu un véritable phénomène de société au Japon. Et ce titre, magnifique, ne pouvait qu’attirer mon attention ! Le constat est pourtant là : même si je n’ai pas trouvé ce roman désagréable, on est très loin du coup de cœur attendu et, forcément, je suis déçue.

Au début du roman, nous rencontrons trois personnages : M. Hirose, Mme Hirose et Sakutaro. Ce dernier pourrait être leur fils, mais il n’en est rien. Pourtant, ils s’apprêtent à prendre ensemble l’avion pour l’Australie... Quelques années plus tôt, Sakutaro et Aki, la fille de M. et Mme Hirose, se sont retrouvés dans la même classe de 4ème. Ils ont appris à s’apprécier, sont devenus amis, avant de tomber amoureux, à leur entrée au lycée. Malheureusement, Aki apprend qu’elle est atteinte d’une leucémie. Les adolescents ont à peine le temps de se dire leur amour et de le vivre que déjà, la maladie emporte la jeune fille. Sakutaro se raccroche alors à ses souvenirs.

Bon, pour commencer (et c’est un point positif) ce roman est tout sauf mièvre, il n’est pas débordant de sensiblerie et il est clair qu’on ne peut qu’être attendri devant le destin tragique de ces Roméo et Juliette modernes (la comparaison n’est pas fortuite puisque les deux adolescents se verront attribués les rôles de ces personnages mythiques dans une pièce de théâtre jouée au collège). Les personnages sont sympathiques, la construction du roman intéressante. Mais, puisqu’il y a un mais, il m’a vraiment manqué quelque chose et j’ai un peu de mal à dire précisément quoi. En général, c’est le genre de romans où je m’attends à relever de jolies phrases, qui me parlent, m’émeuvent… il y en a quelques-unes, mais je n’ai pas été subjuguée par l’écriture. Et c’est le gros problème, si j’ai apprécié les anecdotes racontées et si j’ai été sensible à la détresse de Sakutaro, je n’ai pas été émue outre mesure. J’ai trouvé que l’écriture-même du roman manquait de sensibilité, et je me suis demandé tout au long de ma lecture, si ce n’était pas dû à la traduction… Bref, je suis déçue ! C’est mon impression générale qui est plutôt négative, alors même que cette lecture n’a pas été trop déplaisante.

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

«  Au cours des quatre mois précédents, une saison avait passé. Une jeune fille avait quitté ce monde, brutalement. Si l’on pensait aux six milliards d’êtres humains, c’était certainement un événement de peu d’importance. Mais moi, je ne demeurais pas au même endroit que ces six milliards d’êtres humains. Moi, j’étais là où la mort lave à grande eau tous les sentiments. C’était là que je demeurais, moi qui ne voyais rien, qui n’entendais rien, qui ne ressentais rien. N’était-ce pas là que j’étais ? Si je ne m’y trouvais pas, où étais-je donc alors ? » (p.11)

 

« Je fus alors saisi d’une certitude terrible. Aussi longtemps que je vivrais, je ne voulais pas être plus heureux que maintenant. Je ne voulais aspirer qu’à une chose : tenter de conserver ce bonheur précieusement aussi longtemps que possible. Car j’étais effrayée par ce que je ressentais. Si la quantité de bonheur attribuée à chacun d’entre nous est limitée, alors j’étais peut-être en train de dépenser la part de toute ma vie. » (p.33)

 

 

Un mot des titres

 

 

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1 mai 2009 5 01 /05 /mai /2009 17:40


Dans un ancien foyer de jeunes filles transformé en laboratoire, M. Deshimaru, taxidermiste du souvenir, prépare et surveille des « spécimens », tandis que la narratrice de ce récit, assistante et réceptionniste, accueille les clients venus confier au mystérieux spécialiste d'insolites bribes de leur histoire : des ossements d'oiseau, quelques champignons microscopiques, une mélodie, une cicatrice...
Amputée d'une infime partie d'elle-même depuis un accident du travail, la jeune assistante tombe peu à peu sous le charme du maître de ce lieu de mémoire malsain et fascinant.

 

J’ai découvert Yôko Ogawa avec Tristes revanches, un recueil de nouvelles que j’avais eu bien du mal à refermer… et que je vous conseille sans hésiter !

Mon avis sur L’annulaire est plutôt mitigé. J’ai bien aimé et en même temps je suis restée sur ma faim.

Les points positifs : des personnages énigmatiques et un huis-clos presque étouffant donnent au roman un côté énigmatique très plaisant. Le mystère règne. C’est une histoire originale. Le roman met au premier plan les objets, mais pas n’importe quels objets, ceux qui parlent, ont une histoire : il y a là quelque chose de très poétique.

Les points négatifs : la quatrième de couverture m’avait laissée imaginer une histoire un peu plus glauque… j’ai été un peu déçue de ce côté-là, je m’attendais à autre chose (à moins que…). Il n’y a pas vraiment d’aboutissement, et toutes les clés ne nous sont pas données. Cependant, c’est aussi un point positif puisque la fin ne vient pas freiner nos hypothèses et nous laisse envisager toutes sortes de choses…

Même si je regrette de ne pas avoir pu pousser la porte du laboratoire, je relirai Yôko Ogawa avec plaisir.

   

 

L’œuvre en quelques mots…

« Cela fera bientôt un an que je travaille dans ce laboratoire de spécimens. Comme ce n'est pas du tout le même genre de travail que celui que je faisais avant, au début j'étais désorientée, mais, maintenant j'y suis complètement habituée. Je maîtrise parfaitement l'endroit où sont rangés les papiers importants, je sais taper à la machine, et, en ce qui concerne les demandes de renseignements par téléphone je suis capable d'expliquer poliment et avec gentillesse le rôle du laboratoire. De fait, la plupart des gens qui téléphonent sont satisfaits de mes explications, et sans doute aussi rassurés, puisque le lendemain ils viennent frapper à la porte du laboratoire, leur précieuse marchandise serrée sur le cœur. »


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3 février 2009 2 03 /02 /février /2009 16:18


Magique, hypnotique, Kafka sur le rivage est un roman d'initiation où se déploient, avec une grâce infinie et une imagination stupéfiante, toute la profondeur et la richesse de Haruki Murakami. Une œuvre majeure, qui s'inscrit parmi les plus grands romans d'apprentissage de la littérature universelle. Kafka Tamura, quinze ans, fuit sa maison de Tokyo pour échapper à la terrible prophétie que son père a prononcée contre lui. Nakata, vieil homme simple d'esprit, décide lui aussi de prendre la route, obéissant à un appel impérieux, attiré par une force qui le dépasse. Lancés dans une vaste odyssée, nos deux héros vont croiser en chemin des hommes et des chats, une mère maquerelle fantomatique et une prostituée férue de Hegel, des soldats perdus et un inquiétant colonel, des poissons tombant du ciel, et bien d'autres choses encore... Avant de voir leur destin converger inexorablement, et de découvrir leur propre vérité.

Après plus d'un mois et demi de lecture, j'ai enfin atteint la dernière page de Kafka sur le rivage, et déjà je me demande comment je peux en faire la critique. 
Difficile de définir l'oeuvre d'Haruki Murakami. Difficile  de résumer cette histoire tant la frontière entre rêve et réalité y est poreuse et tant l'auteur s'attache à brouiller les pistes. Difficile, enfin, d'expliquer un livre dont le sens reste finalement caché.
Nous suivons les destins parallèles de deux personnages : Kafka Tamura et Nakata. L'un tente d'échapper à la  funeste prédiction de son père, mettant tout en oeuvre pour ne pas devenir un fils parricide et incestieux. L'autre, un vieux bonhomme qui a perdu la plupart de ses capacités mentales lors d'un événement mystérieux datant de la seconde guerre mondiale, nous fait partager son périple au coeur du Japon.
J'ai trouvé que les chapitres suivant l'évolution du jeune Kafka étaient parfois un peu longuets. Mais l'oeuvre vaut le détour, ne serait-ce que pour le personnage de Nakata, atypique à souhait et dont les péripéties sont toujours drôles et savoureuses.
Enfin, et c'est sans doute la grande force de cette oeuvre, l'écriture est envoûtante et, comme Kafka qui avance inéluctablement vers son destin, le lecteur ne peut résister à l'envie de tourner les pages pour en savoir plus...
Il y a des romans que l'on ne doit pas chercher à expliquer, mais qui demandent simplement à être lus. Kafka sur le rivage en fait partie.



L'oeuvre en quelques mots...

«
Nous perdons tous sans cesse des choses qui nous sont précieuses [...]. Des occasions précieuses, des possibilités, des sentiments qu'on ne pourra pas retrouver. C'est cela aussi, vivre. Mais à l'intérieur de notre esprit - je crois que c'est à l'intérieur de notre esprit -, il y a une petite pièce dans laquelle nous stockons le souvenir de toutes ces occasions perdues. Une pièce avec des rayonnages, comme dans une bibliothèque, j'imagine. Et il faut que nous fabriquions un index, avec des cartes de références, pour connaître précisément ce qu'il y a dans nos coeurs. Il faut aussi balayer cette pièce, l'aérer, changer l'eau des fleurs. En d'autres termes, tu devras vivre dans ta propre bibliothèque. »

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