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60 articles avec litterature americaine

Lisa Gardner, Sauver sa peau

Publié le par calypso

 

Sally, Cindy, Lucile... Depuis l’enfance, Annabelle Granger s’est habituée à devoir changer brusquement de prénom, de nom, de maison, de ville, d’histoire... Sans que ses parents lui donnent la moindre explication. Trente ans plus tard, la découverte, dans une chambre souterraine de l’ancien hôpital psychiatrique de Boston, des cadavres de six fillettes fait la une des journaux. L’une d’elles porte un médaillon au nom d’Annabelle Granger. L’heure n’est plus à la fuite et Annabelle décide de sortir enfin de l’ombre. Mais le tueur est toujours aux aguets. Il l’attend. Depuis vingt-cinq ans. Le début surprenant d’un suspense qui ne l’est pas moins...

 

Il faut bien le reconnaître, Lisa Gardner fait ce qu’elle sait faire de mieux, et elle a raison car cela fonctionne à tous les coups. Prenez une héroïne âgée d’une trentaine d’années. Offrez-lui un passé trouble et une vie chaotique. Ajoutez quelques cadavres retrouvés près d’un ancien hôpital psychiatrique pour pimenter le tout. Saupoudrez de quelques informations qui permettent de tout imaginer sauf l’identité véritable de l’homme qui traque notre héroïne... Vous obtenez Sauver sa peau, une histoire saisissante dès les premières pages, qui offre, grâce aux choix narratifs de l’auteur, un suspense de tous les instants.

 

 

L'œuvre en quelques mots...

 

« Quand on est enfant, on a besoin que ses parents soient tout-puissants, qu'ils soient ces figures d'autorité qui nous protégeront toujours. Plus tard, à l'adolescence, on a besoin que ses parents aient des défauts, parce que ça paraît le seul moyen de nous construire, de couper le cordon. »

 

 

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Dean Koontz, Le Visage de la peur

Publié le par calypso

 

 

Une vague de terreur allait déferler sur New York... Qui est le Boucher , et comment parvient-il à convaincre toutes ces femmes si différentes de le faire entrer chez elles en pleine nuit ?

Un tueur qui ne paraît ni fou ni enragé lorsqu’il s’en prend à ses victimes. Qui semble agir... méthodiquement. Mais dans quel but ?

 

Par où commencer ? Peut-être par ce sentiment qui ne me quitte pas depuis que j’ai terminé le roman : l’incompréhension. Rassurez-vous, j’ai parfaitement compris le propos de l’auteur, identifié les personnages et leurs motivations. Ce que je ne comprends pas, c’est comment un auteur peut obtenir un tel succès en écrivant des thrillers aussi mauvais. J’aurais dû me méfier car j’avais déjà testé Dean Koontz en 2011 avec Le Mari  et je n’avais pas renoncé à l’auteur, malgré la qualité plus que contestable du roman sus-cité. Je suis de ceux qui pensent qu’il faut laisser une deuxième chance... mais sans doute pas une troisième. Ainsi, quand il fallu dénicher un roman « peur » pour le challenge Un mot, des titres, je me suis dit : « Pourquoi ne pas retenter l’expérience ? » Pourquoi ? Mais pourquoiiiiiii ?

Fan du genre, je suis certes devenue très exigeante au fil de mes lectures, mais il n’y a pas que cela. Je ne peux pas m’expliquer comment on peut apprécier un tel roman. Je me répète, n’est-ce pas ? Le point de départ est le suivant : un tueur sème la panique à New-York. Surnommé « le Boucher », il tue sauvagement et mutile de jeunes et jolies femmes chez lesquelles il ne semble avoir aucun mal à s’introduire. Les enquêteurs piétinent... Un soir, un homme répondant au nom de Graham Harris livre des informations sur le tueur lors d’une émission de télévision retransmise en direct. Il ne s’agit pas de n’importe quel homme, mais d’un voyant qui a acquis son don à la suite d’une chute en montagne. Dès lors, le tueur - dont le lecteur connaît le nom d’entrée de jeu - va tenter d’assassiner le gênant Graham. La course-poursuite (à pas de tortue) aura lieu dans un building new-yorkais dont les étages semblent aussi nombreux que les faiblesses de ce roman. La plupart des personnages sont alors évacués pour laisser place à un jeu de cache-cache entre le tueur, le voyant et sa compagne. Les interminables descentes et montées d’escaliers qui seraient une aubaine pour tout coach sportif digne de ce nom (je vous laisse imaginer le travail sur les fessiers) sont un véritable calvaire pour le lecteur. Qu’à cela ne tienne ! L’auteur y met fin en faisant prendre à ses personnages l’ascenseur. Mais l’originalité réside dans la descente de l’immeuble en rappel s’il-vous-plaît, rapport à l’ancienne passion de Graham pour l’alpinisme. Le tueur se retrouve un peu couillon, et pour quelqu’un qui trucide des jeunes femmes, c’est un peu ridicule !

Un roman aux personnages caricaturaux et au fil narratif invraisemblable. Amis lecteurs, que ce soit par l’escalier ou l’ascenseur, passez votre chemin !

 

 

L’œuvre en quelques mots...

 

« Il se tenait sur ses gardes. Il ne prévoyait pas de difficultés mais mieux valait se tenir prêt et y faire front si c’était nécessaire. Il se gara de l’autre côté de la rue, en face de l’immeuble de trois étages en pierre meulière. Au moment où il coupait le moteur, il entendit ululer une sirène. Son mugissement venait de la rue dans son dos.

C’est pour moi, songea-t-il. Ils ont fini par découvrir que je suis leur homme. »

 

 

 

 

 

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Lisa Gardner, Arrêtez-moi

Publié le par calypso

 

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Que feriez-vous si vous connaissiez le jour et l'heure exacts de votre mort ? Pour Charlie Grant, ce sera le 21 janvier à 8 heures précises, dans quatre jours. Comme ses deux meilleures amies.

Et elle souhaite que ce soit l'inspectrice D.D. Warren de la police de Boston qui se charge de l'enquête. Prise par la traque d'un tueur de pédophiles, D.D. accepte à contrecoeur. Mais dès qu'elle plonge dans le passé de la jeune femme, son instinct lui souffle que celle-ci ne lui a pas tout dit...

Un coupable peut en cacher un autre : avec Lisa Gardner, il faut toujours se méfier des apparences !

 

Il ne reste à Charlie que quatre jours. Quatre jours avant de mourir, assassinée. Aucune menace concrète ne pèse sur elle mais elle le sait, son tour est proche. Ses deux meilleures amies ont été tuées à un an d'intervalle, le 21 janvier, dans des circonstances similaires, et cela fait presqu'un an qu'elle se prépare à l'idée qu'elle est la suivante : elle a quitté sa ville natale et s'est installée à Boston où elle a tout fait pour se fondre dans la masse et se faire oublier. Elle partage son quotidien entre son emploi d'opératrice au 911 et une préparation physique intense - boxe et tir - en vue du 21... De son côté, l'inspectrice D.D. Warren de la police de Boston, qui rentre de congé maternité, est chargée de poursuivre une enquête portant sur un réseau pédophile. Lorsque les deux femmes se rencontrent, le scepticisme de l'inspectrice n'a d'égal que la motivation de Charlie, prête à tout pour empêcher son propre meurtre.

J'ai passé un excellent moment avec ce roman que j'ai eu bien du mal à lâcher ! La construction est relativement classique mais la présence de deux intrigues complexifie l'ensemble et ne manque pas de brouiller les pistes. C'est un thriller très rythmé et particulièrement efficace en terme de suspense : quand vous croyez y voir enfin clair, dites-vous bien que l'auteure vous manipule et fait tout pour vous conduire vers une autre révélation encore plus incroyable. Je ne manquerai pas de lire un autre roman de Lisa Gardner dès que j'en aurai l'occasion.

 

 

L'œuvre en quelques mots...

 

« - Je tiens ma chambre impeccablement propre. Je prévois de laver les sols, les murs et les draps à la Javel la veille du jour J. Sachez-le, le 22 quand il y aura eu crime, quand ce sera devenu de votre ressort ou que vous pourrez contacter l'enquêteur à qui l'affaire sera confiée. Tout ce qu'on trouvera sur place viendra de l'assassin. Et cherchez sous mes ongles. Je les ai laissés pousser et vous pouvez me croire : sang, cheveux, peau, je lui arracherai tout l'ADN que je pourrai. Je ne renoncerai pas. Souvenez-vous de ça, le 22. Je me suis préparée, j'ai mis au point des plans et des stratégies. S'il m'attrape, je ne me rendrai pas sans résister. »

 

 

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Chelsea Cain, Au coeur du mal

Publié le par calypso

 

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Gretchen Lowell est une beauté fatale. Au sens littéral. L'inspecteur Archie Sheridan a traqué pendant dix ans cette redoutable tueuse qui a fait plus de 200 victimes. Il connaît bien ses méthodes, gravées en lui pour toujours - sa poitrine porte la cicatrice en forme de cœur que Gretchen a dessinée avant de lui administrer une injection mortelle. Personne ne sait pourquoi elle l'a ranimé. Ni pourquoi elle a appelé les secours, et les a attendus calmement, provoquant ainsi sa propre arrestation.

Deux ans plus tard, Gretchen est en prison mais Archie n'est pas libre pour autant. Seules ses pilules lui permettent de tenir, rien ne sera plus jamais comme avant. Et la relation malsaine qu'il entretient avec son ancienne tortionnaire le trouble bien plus qu'il ne veut se l'avouer...

Quand un nouveau serial killer survient, l'inspecteur est rappelé sur le devant de la scène. Mais cette fois pas de tête-à-tête entre Archie et le tueur, car une jeune journaliste passionnée est de la partie. Tout comme Gretchen, qui, tapie dans l'ombre de sa cellule, est plus dangereuse que jamais...

 

 

Au cœur du mal est le premier tome d'une trilogie qui semble remporter un certain succès. Il faut dire que le point de départ est plutôt original puisque l'un des personnages principaux est une tueuse en série qui se trouve derrière les barreaux depuis deux ans lorsque l'intrigue commence. La relation ambiguë qu'elle entretient avec l'inspecteur Archie Sheridan, qu'elle a tenté de tuer avant de le ranimer, est le ciment de ce roman. Elle a une emprise sur lui, tandis qu'il éprouve pour elle une forme d'attirance et de reconnaissance mêlées de dégoût. Mais ça ne fonctionne pas, c'est trop malsain ou mal décrit, au choix. On sent bien que l'auteure a tout misé sur la relation flic-tueuse et a délaissé le reste. De fait, l'enquête sur les disparitions successives de lycéennes que le lecteur est amené à suivre dans ce roman ne semble pas exister en tant que telle et paraît, au bout du compte, assez peu vraisemblable. J'ai trouvé l'ensemble plutôt mauvais.

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« A ce moment-là seulement, Archie a la certitude que c'est elle. Une chaleur sourde lui parcourt le dos, sa vue se brouille : il comprend alors que Gretchen Lowell est le tueur. Il se rend compte qu'il a été drogué, trop tard. Il cherche son arme d'une main incertaine, mais ses gestes sont gauches et il ne peut que la sortir de son étui, la lever maladroitement et la tendre, comme une offrande. Elle la prend et lui sourit en l'embrassant doucement sur le front. » (p.9)

 

 

Un mot des titres

 

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John Green, Nos étoiles contraires

Publié le par calypso

 

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Hazel, 16 ans, est atteinte d’un cancer. Son dernier traitement semble avoir arrêté l’évolution de la maladie, mais elle se sait condamnée. Bien qu'elle s'y ennuie passablement, elle intègre un groupe de soutien, fréquenté par d'autres jeunes malades. C’est là qu’elle rencontre Augustus, un garçon en rémission, qui partage son humour et son goût de la littérature. Entre les deux adolescents, l'attirance est immédiate. Et malgré les réticences d’Hazel, qui a peur de s’impliquer dans une relation dont le temps est compté, leur histoire d’amour commence… les entraînant vite dans un projet un peu fou, ambitieux, drôle et surtout plein de vie.

 

Des fois, on a juste envie d’écrire LISEZ-LE et de valider la publication de son billet. Pas par fainéantise, mais parce que c’est tout ce qu’il y a à dire, parce qu’il est inutile d’écrire des lignes et des lignes, et de trouver des arguments. Ce roman est juste MAGNIFIQUE. Il est dur et tendre, il est triste et drôle. Il parle de la mort en chantant la vie, ses moments de grâce, ses bonheurs furtifs, mais aussi ses douleurs, celles contre lesquelles on lutte et que l’on parvient à combattre et celles contre lesquelles on se sent bien petit, celles que l’on subit et qui finissent par l’emporter. C’est un roman sur la maladie, on ne peut pas le nier, mais c’est aussi et surtout un roman d’amour. Un amour fulgurant qui vous charme, vous prend aux tripes et vous émeut au plus haut point. C’est le cœur serré et le sourire aux lèvres que j’ai tourné la dernière page de ce roman, consciente d’avoir lu un texte d’une grande beauté et d’une incroyable justesse. Bravo, Monsieur John Green !

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« La plupart du temps, je parvenais à oublier cette inéluctable vérité : certes, mes parents étaient heureux de m’avoir auprès d’eux, mais j’étais aussi à moi seule leur souffrance. » (p.123)

 

« Je suis tombée amoureuse pendant qu’il lisait, comme on s’endort : d’abord doucement et puis tout d’un coup. » (p.131)

 

« - Je suis amoureux de toi, a-t-il dit à mi-voix.

- Augustus.

- C’est vrai, a-t-il dit en me regardant, et j’ai vu ses yeux se plisser. Je suis amoureux de toi et je ne suis pas du genre à me refuser le plaisir de dire des choses vraies. Je suis amoureux de toi et je sais que l'amour n'est qu'un cri dans le vide, que l'oubli est inévitable, que nous sommes tous condamnés, qu'un jour viendra où tout ce qu'on fait retournera à la poussière, je sais que le soleil avalera la seule terre que nous aurons jamais et je suis amoureux de toi. » (p.159)

 

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Alyson Noël, Il faut sauver Zoé

Publié le par calypso

 

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Echo a connu des jours meilleurs, et son entrée au lycée n’annonce aucune embellie… Car comment s’épanouir alors que le souvenir de sa sœur, Zoé, disparue un an plus tôt, continue de la hanter ?

Quand on lui remet le journal intime de Zoé, Echo découvre, au fil des pages, les secrets que cette dernière a toujours voulu cacher. Et, entre les lignes, le seul moyen pour Echo de se révéler…

 

Echo entre au lycée mais elle ne partage ni la curiosité ni l’excitation de ceux qu’elle a côtoyés au cours des années qu’elle a passées au collège. Elle subit plus qu’elle ne vit ce qui constitue un des grands événements de sa vie d’adolescente. Il faut dire qu’Echo a perdu sa sœur un an auparavant et que cette dernière fréquentait le lycée où elle fait son entrée. Entre des parents dépressifs qui peinent à réaliser qu’ils ont encore une fille et les regards curieux et compatissants de ses nouveaux camarades, la jeune adolescente étouffe. Elle-même peine à accepter la mort de Zoé, cette sœur qu’elle aimait tant, si belle et si intelligente. Si solaire. Si parfaite. Difficile d’être « celle qui reste », de porter le poids d’une telle disparition et d’avancer, quand on n’a que quinze ans et aucune confiance en soi…

Il faut sauver Zoé n’est pas un coup de cœur mais une lecture tout à fait agréable néanmoins. J’ai trouvé l’histoire intelligemment menée et plutôt intrigante. Nous découvrons la sensibilité et les interrogations d’Echo en même temps qu’elle découvre la face cachée de sa sœur disparue, par le biais d’un journal intime écrit par cette dernière, jusqu’aux quelques minutes qui ont précédé sa mort. Ce système narratif permet au lecteur d’être au plus proche des découvertes de l’héroïne, comme penché sur son épaule, et évite tout ennui. Il ne faut pas croire, étant donné le thème abordé, que ce roman est larmoyant. Certains passages sont plus légers et nous immergent dans l’univers quotidien des lycéens : il y est question d’histoires d’amour, d’amitiés brisées, de soirées en tout genre, etc. C’est un roman sur le deuil et le chagrin, sur la difficulté qu’un adolescent peut avoir à se situer dans le monde qui l’entoure, mais c’est aussi un roman qui questionne la différence et les préjugés. Un roman sur une adolescente en souffrance mais tout à fait ordinaire qui devrait, à n’en pas douter, séduire les jeunes du même âge.

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« Il paraît que le deuil est un processus en cinq étapes :

1. déni,

2. colère,

3. questionnement,

4. dépression,

5. acceptation.

Il y a encore un an, j’ignorais complètement que des spécialistes s’étaient penchés sur la question et avaient ordonné leurs résultats sous forme de liste. Cela dit, même si j’avais su, je ne me serais jamais doutée que, quelques jours avant mon quatorzième anniversaire, je me retrouverais coincée en plein dans l’étape numéro un. » (p.9)

 

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Julie Kenner, Te désirer

Publié le par calypso

 

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Sauvage et d’une beauté rare, Evan Black incarne tout ce que les femmes désirent chez un homme. Sûr de son pouvoir de séduction, il cache derrière cette hardiesse un passé tumultueux…

« Je sais exactement quand ma vie a basculé. A l’instant précis où ses yeux ont croisé les miens et où je n’y ai plus vu le reflet insipide de l’habitude mais le danger et le feu, le désir et la faim. J’aurais sans doute dû m’enfuir. Je ne l’ai pas fait. J’avais envie de lui. Plus encore, j’avais besoin de lui. De l’homme, et du brasier qu’il avait allumé en moi…

On m’avait bien dit de ne pas m’approcher de lui. Peut-être aurais-je dû écouter ? M’échapper ? Mais mon désir était trop fort. Il y a des tentations auxquelles ont ne peut pas résister. »

 

Par où commencer ?... Il est très complexe de juger un genre auquel on n’est pas du tout habitué. Je n’avais jusque là jamais eu l’occasion de lire un roman érotique et peut-être que mon jugement est un peu faussé car je n’ai pas de points de comparaison. Qu’est-ce qu’un bon roman érotique ? Ou plutôt qu’est-ce qui, pour moi, ferait un bon roman érotique ? C’est ce que je me suis demandé tout au long de ma lecture. Je serai de mauvaise foi si je prétendais avoir passé un mauvais moment, il faut dire que j’ai achevé ma lecture en deux jours seulement ! Et pourtant, force est de constater que je n’ai pas trouvé ce roman convaincant. L’histoire en elle-même ne m’a pas intéressée : on sent que l’auteur a essayé de miser sur une intrigue « complexe » pour éviter la simple histoire de fesses (de vrais-faux-méchants, des blessures familiales, un soupçon d’art et de politique) mais ça sonne faux et surtout, ça va beaucoup trop vite. Le ténébreux Evan, que l’héroïne endeuillée (Lina ou « Angie », on ne sait plus trop) cherche à tout prix à mettre dans son lit, cède beaucoup trop rapidement. Les confidences échangées par les deux personnages sont systématiquement interrompues par l’arrivée d’un vocabulaire antiromantique au possible, dont on ne comprend pas trop ce qu’il vient faire là, comme si « érotisme » signifiait forcément « vulgarité ». Certaines expressions utilisées par les personnages pour traduire leurs émotions sont ridicules. En voici un petit florilège : « C’était déjà assez difficile comme ça avant l’autre nuit, mais, mon Dieu, avoir été aussi près qu’on l’a été et puis s’arrêter ? C’est comme essayer de faire virer de bord le Titanic, putain ! J’ai l’impression de m’être pris un iceberg en pleine gueule. » (p.176), « Je te jure Angie, t’es comme de la kryptonite. Putain ! Tu me tues. » (p.97). Les dialogues insipides sont assez fréquemment ponctués par les onomatopées de l’héroïne. Une pluie de « Oh » dont on se serait bien volontiers passé. Alors, c’est sûr, c’est hot ! Mais est-ce que ça suffit ?

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« Sauvage ou non, je voulais m’approcher. Je voulais passer mes doigts dans ses cheveux et en sentir les mèches sur ma peau. Je m’imaginais la douceur de ses cheveux, sa peau tendre et souple – la seule partie de son anatomie qui aurait été molle, soit dit en passant. Tout le reste aurait été tranchant comme de l’acier, les angles durs de son visage et de son corps révélaient la dangerosité de cet homme sous sa beauté.

Je ne savais pas si le danger était réel ou s’il s’agissait d’une illusion. Et à ce moment-là, je m’en moquais.

Je voulais le contact, le frisson. » (p.19)

 

  

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Glenn Cooper, Le Livre des morts

Publié le par calypso

 

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New York, mai 2009. Une série de morts inexplicables fait les gros titres. Rien ne semble relier les victimes, ni leur vie ni les circonstances de leur décès. Rien, sinon une carte postale de Las Vegas, qu'ils ont tous reçue. Une carte postale avec une simple date. Celle de leur mort...

Will Piper, profileur au FBI, n'a jamais rien connu de tel. Commence alors pour lui un véritable casse-tête pour mettre le doigt sur la plus invraisemblable des vérités : tout serait-il écrit à l'avance?

 

Le Livre des morts est un roman dont vous ne ferez qu’une bouchée ! L’histoire, intrigante au plus au point, conduit le lecteur de New-York à l’île de Wight, une île au sud de l’Angleterre, orthographiée Wiht dans notre récit qui n’évoque pas tout à fait l’Angleterre telle que nous la connaissons. En effet, de fréquents va-et-vient sont faits entre l’époque contemporaine et le VIIIe siècle, en passant par l’année 1947. Un cheminement à travers le temps qui, loin de perdre le lecteur, l’invite à découvrir une histoire complexe mais rendue très claire par les explications du narrateur. On y croirait presque tant l’ensemble est bien construit et les différentes atmosphères bien décrites. Les enquêteurs ne sont pas des surhommes, ils tâtonnent et, quand ils pensent avoir touché au but, ils se rendent compte qu’ils ont mis les pieds dans quelque chose qui les dépasse : imaginez, une histoire de manuscrits vieux de plusieurs siècles censés répertorier les dates de naissance et de mort de chacun, et des morts qui s’enchaînent, aussi mystérieuses les unes que les autres… Mais le lecteur, lui, en sait davantage et se plaît reconstituer le puzzle d’événements troublants. Ce roman comporte une double suite que je lirai avec grand plaisir.

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« Chaque crime est différent. C’est comme s’il s’en remettait exprès à la chance. Peut-être les victimes sont-elles aussi choisies au hasard. Il leur envoie des cartes postales pour nous montrer qu’il y a un lien, et que c’est lui qui décide qui va mourir. Il a lu les articles sur le tueur de l’Apocalypse dans les journaux, et passe son temps à regarder les reportages à la télé, ce qui lui donne un sentiment de toute-puissance auquel il est devenu accro. Il est très intelligent et très pervers. Voilà notre homme. »

 

 

Un mot des titres

 

 

 

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Lisa Gardner, Preuves d'amour

Publié le par calypso

 

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Officier de police respecté, Tessa Leoni n’aurait pas supporté la violence de son mari et l’aurait froidement abattu de trois balles dans le corps avec son arme de service. C’est la version qu’elle donne à l’inspectrice D.D. Warren quand celle-ci arrive sur les lieux. Mais si les bleus sur son visage sont irréfutables, il y a une chose que D.D. Warren ne s’explique pas : la mystérieuse disparition de la petite fille de Tessa, que sa mère aime par-dessus tout, et au sujet de laquelle elle reste évasive. 

Tandis que l’enquête se transforme en une traque pour sauver la fillette, Tessa, déclare soudain savoir où elle se trouve…

 

Tessa Leoni porte sur ses épaules le poids d’un passé difficile. Elle aurait pu sombrer mais elle a su prendre le bon chemin. Cela tient parfois à peu de choses. Une décision importante, une rencontre rassurante. L’amour. Cet amour pour sa fille, Tessa l’a senti naître en elle dès qu’elle a su qu’elle était enceinte et, dès lors, il n’a cessé de s’amplifier. Lui donner ce qu’elle n’a pas connu enfant, l’aider à prendre les bonnes directions, la couvrir de bonheur, chaque jour, chaque instant. Dans cette vie tranquille qu’elle a su recréer pour sa fille, Tessa Leoni a ouvert la porte à Brian. Il était l’homme solide qui manquait à sa vie de femme et il a su devenir un véritable père pour la petite Sophie. Qu’est-ce qui explique alors que le corps de ce dernier ait été retrouvé criblé de balles, un dimanche matin, dans la cuisine familiale et Sophie soit introuvable ?

La réponse se trouve au terme des 400 et quelques pages que compte ce roman, mais attention ! Une fois que vous l’aurez ouvert, vous ne pourrez plus le refermer. Je m’étais toujours promis de découvrir un jour l’univers de Lisa Gardner et quand l’occasion m’en a été donnée, je n’ai pas hésité une seule seconde. Bien m’en a pris ! J’ai trouvé que ce roman était d’une grande efficacité. Par son histoire, d’une part, mais surtout dans sa narration. Et j’accorde toujours énormément d’attention à ce dernier point. Preuves d’amour est un roman fondé sur le principe du double narrateur, ce qui nous permet de suivre l’enquête policière auprès des agents sur le terrain – des personnages sympathiques et attachants –, mais aussi de pénétrer dans l’intimité du personnage principal, Tessa Leoni, en comprenant mieux son passé et en reconstituant, à travers ses pensées, le canevas des événements qui ont conduit à cet événement tragique. Le thème du coupable idéal est souvent un bon point de départ à la trame romanesque, et dans ce roman où les apparences sont toujours trompeuses, le doute qui s’installe dès les premières pages s’efface peu à peu pour mieux resurgir… C’est un va-et-vient incessant entre hésitation et certitude, au côté d’un personnage qui est tout sauf lisse.

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« Qui tu aimes ?

C’est une question à laquelle n’importe qui devrait pouvoir répondre. Une question qui engage votre vie, façonne votre avenir, guide presque chaque instant de vos journées. Simple, élégante, synthétique.

Qui tu aimes ?

Il m’a posé cette question, et la réponse m’est venue du poids de mon ceinturon, du carcan de mon gilet pare-balles, du bord rigide de mon chapeau de police, bas sur le front. J’ai lentement descendu la main et mes doigts ont frôlé la crosse de mon Sig Sauer, à ma hanche.

« Qui tu aimes ? » a-t-il crié une nouvelle fois, plus fort, plus insistant. » (p.7)

 

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Claire Scovell Lazebnik, Ma soeur, ce boulet

Publié le par calypso

 

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Comment feriez vous si, du haut de vos 20 ans, vous heritiez d'une immense fortune et… de la garde d'une demi-soeur de 3 ans que vous connaissez à peine ?

Pour Livvy, l'égoiste, la sauvageonne, c'est le début d'une aventure émouvante, mais pleine d’humour, où elle devra apprendre à gérer sa vie en tenant, enfin, compte des autres et, surtout, faire preuve d’une patience d’ange !

 

Livvy n’a que 21 ans. Elle est étudiante, vit en coloc’ et n’a pas vraiment l’esprit de famille. Il faut dire que son père porte beaucoup plus d’intérêt à sa nouvelle femme qu’à sa première fille… Et que dire de cette mère particulièrement intrusive et un poil déjantée ? Livvy suit donc son petit bonhomme de chemin sans trop se soucier de ses géniteurs. Quant à sa demi-sœur, c’est à peine si elle l’a vue deux fois dans sa vie. Alors, quand la jeune femme apprend que son père et sa belle-mère ont eu un accident de voiture et qu’elle a été désignée par ces derniers comme tutrice légale de la petite Célia, c’est la douche froide ! Entre une petite fille capricieuse et pourtant si attachante, une mère casse-pieds et un tout nouvel amoureux, Livvy va devoir pendre ses marques, revoir le sens de ses priorités et apprendre à grandir, tout simplement.

Avec Ma sœur, ce boulet, on est loin de la grande littérature, mais qu’importe le flacon, pourvu que… Oui. Mais. Si le roman déborde d’humour et d’impertinence (la narratrice, qui n’est autre que Livvy elle-même, y est pour beaucoup), s’il est à la fois léger et touchant (vous l’aurez compris, Livvy et sa sœur vont s’apprivoiser tendrement), il ne manque pas cependant de perdre toute sa saveur dans les dernières pages qui sont, à mon sens, complètement ratées. On ne peut pas faire plus cucul la praline, c’est lourd, peut-être mal traduit, en tout cas très mal amené. Bon, je me rends compte que je suis sévère : ce roman faisant presque 500 pages, il y a quand même largement de quoi passer un bon moment ! Idéal sur la plage !

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« Elle se tient devant moi, les joues baignées de larmes, serrant contre elle un animal en peluche. 

- Je m’excuse, Olivia. Sois pas en colère.

Elle éclate en sanglots et court jusqu’à moi en me tendant ses bras.

J’ai pas envie de la prendre. J’ai les boules, je suis crevée et j’ai juste envie de rester seule. Pourtant, je la hisse sur mes genoux, je n’ai pas trop le choix. Elle colle son visage contre ma poitrine et trempe ma chemise de ses larmes.

 Je pose mon menton sur le sommet de son crâne et je me demande comment je vais survivre aux prochaines années de ma vie. Que dis-je ? aux prochaines semaines. » (p.317)

 

 

Un mot des titres

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