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Michel Tournier, Vendredi ou la vie sauvage

Publié le par calypso

 

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Robinson, parti faire fortune en Amérique du Sud échoue, au gré d'un naufrage, sur une île déserte, que nulle carte ne signale. Il s'aperçoit alors très vite qu'il ne doit s'en remettre qu'à lui-même et à son ingéniosité pour survivre, dans une nature pas toujours très accueillante. Comment parviendra-t-il à supporter sa solitude ? Arrivera-t-il à imposer ses règles d'homme civilisé à cette nature sauvage et à la domestiquer ou bien est-ce elle, finalement, qui aura le dernier mot ?

 

Je vous parle aujourd’hui d’un livre que beaucoup d’entre vous ont dû découvrir plus jeune, Vendredi ou la vie sauvage. Michel Tournier a voulu reprendre le mythe de Robinson pour le rendre accessible aux plus jeunes et le pari est réussi ! J’ai vraiment apprécié cette lecture que j’ai trouvée pleine de poésie. L’écriture est agréable ; les chapitres sont courts et rendent la lecture fluide. Si l’histoire est identique au roman de Daniel Defoe, le personnage de Robinson s’efface peu à peu et c’est l’indien Vendredi qui est mis en avant, pour notre plus grand plaisir : ses trouvailles, sa simplicité, sa conception de la vie sont autant d’éléments qui rendent le roman intéressant. On aurait presque envie, comme Robinson, de ne pas quitter l’île et de rester avec cet ami si précieux.

Michel Tournier nous propose une réécriture du mythe parfaitement réussie qu’il ne faut pas hésiter à découvrir !

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« Dès lors, ils vécurent à quatre sur l’île. Il y avait le vrai Robinson et la poupée Robinson, le vrai Vendredi et la statue de Vendredi, et tous ce que les deux amis auraient pu se faire de mal – les injures, les coups, les colères – ils les faisaient à la copie de l’autre. Entre eux il n’y avait que des gentillesses. » (p.82)

 

« Plus tard, Vendredi et lui se promenaient sur la plage. Le ciel était bleu, sans nuages, mais comme il était encore très matin, on voyait le disque blanc de la lune à l’ouest. Vendredi qui ramassait des coquillages montra à Robinson un petit galet qui faisait une tache blanche et ronde sur le sable pur et propre. Alors, il leva la main vers la lune et dit à Robinson :

- Ecoute-moi. Est-ce que la lune est le galet du ciel, ou est-ce ce petit galet qui est la lune du sable ?

Et il éclata de rire, comme s’il savait d’avance que Robinson ne pourrait pas répondre à cette drôle de question. » (p.89)

 

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Stephenie Meyer, Révélation

Publié le par calypso

 

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« N’aie pas peur, murmurai-je. Nous sommes faits l’un pour l’autre. »

L’instant était si parfait, si juste qu’il était impossible d’en douter.

Ses bras se refermèrent autour de moi, me pressant contre lui…

« A jamais », se renchérit-il.

Bella a fait son chois, et plus rien ne semble pouvoir l’empêcher de vivre ses rêves. Mais si ce choix s’avérait bien plus dangereux qu’il n’y paraît ? Et si Bella risquait d’y perdre la vie ?

 

Je ne sais pas si vous vous souvenez de mon billet concernant le troisième tome de la saga de Stephenie Meyer, mais il n’était guère élogieux. La suite des aventures de Bella et d’Edward m’avait profondément ennuyée et j’avais trouvé le roman d’une platitude extrême. J’avais quand même envie d’achever ma lecture de la saga et comme une autre blogueuse avait du mal à se lancer dans le quatrième et dernier volume, nous avons uni nos forces. Je vous invite donc à vous rendre chez Constance pour lire son avis. Constance, j'espère que tu n'as pas top peiné... même si j'en doute un peu !

Si j’ai lu Révélation avec un peu plus d’enthousiasme qu’Hésitation, c’est vraiment parce que Stephenie Meyer ne pouvait guère faire pire. Mais elle aurait pu faire beaucoup mieux. Franchement, lorsque j’ai découvert Fascination, j’étais vraiment emballée. J’avais adoré la fraîcheur de l’amour naissant entre une jeune lycéenne et un vampire, j’avais apprécié la manière dont l’auteure avait su rendre intéressant leur univers… cela promettait une belle saga. Finalement, je crois que l’auteure a gâché le potentiel de cette série.

La première partie m’a plu, je me suis dit qu’il se passait enfin quelque chose, mais pour le coup tout se passe un peu trop rapidement, ce qui contraste fortement avec le reste du récit. La deuxième m’a enthousiasmée : j’adore le personnage de Jacob et lui laisser prendre en charge la narration était, à mon avis, une excellente idée. Et puis, ça traîne, ça traîne, ça traîne. Le roman aurait gagné en intensité s’il avait été plus court : il m’a semblé interminable. Il faut dire qu’à partir du moment où Bella met au monde Renesmée, il ne se passe plus grand-chose… C’est moi où Edward devient complètement transparent ? et Alice ? Ma dernière pensée a été : tout ça pour ça ! Le suspense n’a d’intérêt que pour la scène finale… qui est expédiée en moins de deux. Il fallait bien finir d’une manière ou d’une autre. Oui, mais bon. On était en mesure d’attendre mieux.

Ce dernier roman n’est pas plus une déception que le précédent, je dirais que c’est l’ensemble de la saga qui est une déception. On aurait pu faire mieux, beaucoup mieux, je sais je me répète... On parle de chef d’œuvre, je m’interroge quand même sur la définition de ce mot.

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« J’avais eu plus que mon compte d’expériences mortifères, phénomène auquel on ne s’habitue pas.

Il semblait cependant inévitable que j’affronte de nouveau la mort. A croire que j’étais marquée du sceau de la catastrophe. J’avais beau y avoir échappé à maintes reprises, elle ne cessait de revenir à moi.

Pour autant, cette fois différait beaucoup des précédentes. » (p.13)

 

 

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Isabelle Monnin, Les vies extraordinaires d'Eugène

Publié le par calypso

 

 

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Ce livre a été chroniqué dans le cadre d’un partenariat avec le site Chroniquesdelarentréelittéraire.com et dans le cadre de l’organisation du Grand Prix Littéraire du Web Cultura.

 

 

Isabelle Monnin - Les vies extraordinaires d'Eugène

 

On sait peu de choses d’elle. Pas son prénom. Juste qu’elle a décidé de ne plus parler, « puisqu’il n’y a plus rien à dire », qu’elle coud le même modèle de pantalon en velours rouge dans toutes les tailles, de 6 mois à 102 ans, qu’elle surnomme ses parents Lucha mama et Dalaï papa et qu’autrefois elle imitait Bourvil pour le faire rire. De lui, on sait qu’il prépare le marathon de New York, qu’il est historien et qu’il s’est donné une mission : pour que sa compagne retrouve la parole, il doit faire le récit de l’histoire d’Eugène. Eugène est leur fils. Il est mort à l’âge de six jours. Mais comment raconter une si courte vie ? A-t-il existé, lui qui n’a pas vécu ? Le père d’Eugène n’a pas d’imagination mais de la méthode. Il se lance dans une enquête. La traque pragmatique de ce qu’aurait dû être la vie d’Eugène. Il cherche ses « aurait dû » partout. Jusqu’à la crèche qu’il aurait dû fréquenter où il dérobe la liste des enfants qui auraient dû devenir les copains de son fils. Le voilà qui espionne, sur Internet ou dans les rues d’un quartier populaire de Paris, les familles de ces petits. Pendant une année, il tient le journal de cette enquête. Et il s’entraîne pour le marathon sur un tapis de course installé dans leur appartement. Pendant qu’il court, la mère d’Eugène glisse des morceaux de velours rouge dans sa machine à coudre et se raconte en silence les vies héroïques de son glorieux fils. Livre de deuil, Les Vies extraordinaires d’Eugène est le récit de l’absurdité et de la puissance de la vie.

 

Lorsqu’Ulike a annoncé il y a quelques semaines le grand retour des Chroniques de la rentrée littéraire et nous a fait parvenir une première liste de livres, j’ai survolé les résumés et trois titres ont retenu mon attention. Parmi ceux-là, se trouvait un roman d’environ 230 pages intitulé Les vies extraordinaires d’Eugène. Comme le titre me plaisait beaucoup, j’ai lu plus attentivement la présentation de l’éditeur et la curiosité l’a emporté.

Je l’ai reçu. J’ai observé la froide couverture et j’ai appris qu’il s’agissait là d’un premier roman. J’ai médité quelques instants sur la citation au dos du livre « Les vies imaginaires ne sont pas toujours les moins raisonnables ». Enfin, je l’ai ouvert, j’ai tourné les quelques pages qui me séparaient des premières lignes. Lorsque je l’ai refermé, peu après – j’ai en effet dévoré ce roman-, j’ai pris conscience que j’avais entre les mains un des plus beaux livres qu’il m’ait été donné de lire.

 

Je sais que certains d’entre vous ne sont pas adeptes des témoignages, mais ce livre n’en est pas un. C’est bel et bien une fiction qui aborde le douloureux thème de la perte d’un enfant et ce, avec une extrême délicatesse. L’histoire n’en est pas moins touchante. Isabelle Monnin a imaginé la vie d’un couple après la perte de leur enfant et, pour raconter cette épreuve, elle a donné la parole au papa, choix que j’ai trouvé particulièrement intéressant.

Mais reprenons depuis le début. Né prématurément le 17 novembre 2007, le petit Eugène décède 6 jours plus tard, le 23 novembre 2007, d’une infection. Un staphylocoque doré attrapé au service de réanimation aura raison du petit être déjà affaibli. Ses parents n’auront jamais pu entendre sa voix. Le roman débute à J+26, soit 26 jours après le « tsunami » qui a ravagé la vie des parents d’Eugène, et s’achève à J+365. Face au drame, chacun réagit de manière différente. Parce qu’il n’y a plus rien à dire, la maman se terre dans un mutisme par l’intermédiaire duquel elle peut crier sa souffrance. « Depuis, c’est comme si elle avait laissé le son de sa voix dans le berceau du petit. » Elle passe ses journées à coudre des pantalons rouges censés être portés par Eugène à chaque âge de sa vie. Le papa, lui, voudrait parler d’Eugène. Mais à qui parler d’un petit être qui a à peine vécu, que personne n’a vu, n’a connu, pas même ses grands-parents ? Il faut pourtant. Parler ou écrire sur Eugène, c’est tout comme. « Si plus personne n’en parle, Eugène ne sera plus. Il faut que je le remplisse de mots […]. Si je le raconte, je (re)donnerai vie à mon fils, et parole à sa mère. » Dès lors, le papa d’Eugène, historien de formation, entreprend de raconter son fils. « L’histoire de notre fils.doc » commence par le récit de sa courte existence à l’hôpital de Montreuil et tient en 3527 caractères. « Ce n’est pas avec ça que je comblerai le vide. » Il faut donc aller plus loin, fouiller dans cette courte existence, rencontrer cette infirmière qui a connu Eugène, s’est occupé de lui, lui poser des questions, qu’elle dise qui était Eugène, ce qu’il aimait. Il faut parler de la vie qu’il aurait vécue et, à l’aide de statistiques, dresser un portrait du « petit français moyen » qu’il aurait pu être. Il faut enquêter, se rendre à la crèche pour connaître ses futures connaissances. Imaginer ses « vies extraordinaire ». Mais après, que restera-t-il ? « Qui, après ma disparition, poursuivra ce travail ? ».

J’ai beau chercher, je ne vois pas comment ce roman pourrait déplaire. Je vois encore moins comment il pourrait ne pas émouvoir. Le ton y est extrêmement juste, et même si l’histoire est dure, le narrateur fait parfois preuve d’humour dans sa manière de raconter son « entreprise », ce qui allège un peu l’ensemble. Tout y est beau, touchant, comme cette lettre écrite par la maman à son « petit éphémère » à la fin du récit.

 

Je m’arrête car je pourrais vous parler longtemps de ce roman et vous le citer à l’infini. Je vous laisse le plaisir de le découvrir, si le cœur vous en dit…

      

JC Lattès

    

L’œuvre en quelques mots…

 

«  Que sait-on de cette personne qu’il a été durant si peu de temps et pour si peu de gens ? Quelles traces de lui les archives de l’hôpital garderont-elles ? C’est horrible mais j’ai pensé cela quand nous avons quitté les lieux, le dernier jour de sa vie (ou le premier de sa mort, je ne sais comment dire). Une ligne dans un cahier ? Deux dates ? Un nom de maladie, une phrase d’explication ? Un rapport de l’équipe de nuit pour celle du jour ? Qui dans cinquante ans, saura que ce petit-là était le nôtre ? Qui, dans six mois, pensera encore à lui ? J’ai l’impression de revenir en arrière, quand, étudiant, je pratiquais à plein temps l’exercice-torture de la question sans réponse. La pseudo-philosophie : qu’est-on à l’échelle de l’histoire ? L’individu existe-t-il par lui-même ou par l’ensemble E qui le contient à un instant T ?

Eugène a-t-il existé même s’il n’a pas vécu ? »

   

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William Faulkner, Une rose pour Emily et autres nouvelles

Publié le par calypso

 

William Faulkner - Une rose pour Emily

 

Au centre des plus célèbres nouvelles de William Faulkner, trois portraits de femmes denses et profonds : la tragique Miss Emily, cloîtrée dans sa maison comme dans ses souvenirs ; Minnie Cooper, vieille fille tourmentée par l'indifférence des hommes jusqu'au meurtre, et Nancy, la blanchisseuse noire abandonnée par son mari, dont le jeune Quentin raconte les peurs et les superstitions.

 

Moi qui voulais découvrir l’auteur depuis un moment, j’ai vraiment été déçue par la lecture de ce recueil. J’imagine qu’il vaut mieux se plonger dans un des romans de Faulkner pour mieux s’imprégner de son style et entrer dans son univers, c’est pourquoi Le bruit et la fureur fait toujours partie de ma LAL.

Dans ces quatre nouvelles, le narrateur nous fait partager les histoires de la petite ville de Jefferson, dans une région très fortement marquée par le clivage entre Noirs et Blancs. Chaque nouvelle est racontée sur le ton de la confidence : le narrateur partage avec le lecteur des événements dont il a entendu parler et le commérage a une place capitale dans chacun d’entre eux. Il y est question de vieillesse, de solitude, de superstition, de racisme… La vision qu’a le narrateur des femmes est plutôt négatives (mesdames, vous apprécierez la citation ci-dessous) et cela en fait des personnages intéressants, ce n’est pas pour rien qu’elles sont mises en avant dans ces quatre nouvelles.

Bien sûr, c’est bien écrit et pas du tout désagréable à lire, mais il m’a manqué quelque chose, je n’ai pas réussi à porter de l’intérêt à ces histoires et, une fois chaque nouvelle terminée, je suis vraiment restée  perplexe et sur ma faim. J’ai trouvé que ce n’était pas abouti (j’entends déjà hurler les adeptes de l’auteur)… excepté pour la première nouvelle dont la fin constitue une chute et qui m’a donc semblé plus aboutie que les trois autres, à ceci près que je l’ai vu arriver de très loin, cette chute.

 

Avez-vous lu Faulkner ? Quel roman est, pour vous, un incontournable ?

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« Ce n’était pas qu’elle fût vicieuse. On ne peut pas dire d’une femme qu’elle naît vicieuse, car elles le sont toutes de naissance, c’est chez elle quelque chose d’inné. Le tout est qu’elles se marient avant que l’abcès de leur vise ne crève naturellement. Cependant, nous nous efforçons de les soumettre à des principes qui veulent que la femme ne puisse se marier avant d’avoir atteint un âge déterminé. Mais la nature se fiche des principes et laisse faire les femmes, qui se fichent autant des principes que de tout le reste. » (« Chevelure », p.41)

 

  

  

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Sarah Cohen-Scali, Mauvais sangs

Publié le par calypso

 

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Après avoir souvent croisé son nom, je découvre enfin la plume de Sarah Cohen-Scali à travers ce petit recueil édité par Flammarion.

 

J’ai beau avoir pressenti la fin de deux des 6 nouvelles, je peux tout de même affirmer que l’auteure sait surprendre son lecteur. L’ambiance est sombre et les thèmes développés ne le sont pas moins : il est question de vengeance, de jalousie, de mort…  Avis aux amateurs du beau langage : le vocabulaire est parfois très cru mais jamais gratuitement, il s’adapte en effet parfaitement aux situations racontées. L’ensemble se lit assez vite : vous pouvez le dévorer ou, comme moi, le déguster.

 

Voici un rapide aperçu de chacun des récits :

 

« Mauvais plan »

 

Un homme se réveille dans un hôpital : il peut à peine bouger mais dispose de toutes ses facultés mentales. Qui est-il ? Pourquoi semble-t-il davantage préoccupé par une boucle d’oreille que par son état physique ?

 

Une très bonne nouvelle à chute, excellemment narrée et angoissante à souhait !

 

«  The end »

 

Un jeune homme se fait abattre devant des spectateurs impassibles… Réalité ou fiction ?

 

Une fin à laquelle je m’attendais mais un récit toutefois bien mené.

 

« La maison »

 

Etre guide touristique n’est pas un métier de tout repos. Ainsi quand des touristes insistent pour visiter une maison abandonnée, il faut bien se plier à leurs exigences. Et quand, dans la dite maison, a eu lieu un crime sordide, il n’est pas impossible que le passé refasse surface.

 

J’avais vaguement pressenti la fin de cette nouvelle, sans disposer de tous les éléments, mais cela n’a rien enlevé au plaisir de la lire.

 

« Justice »

 

A quelques jours de la fin d’un procès, un suspect avoue à son avocat qu’il est bel et bien coupable. Que va décider l’avocat : continuer à défendre son client ou sacrifier sa carrière ?

 

Tout le suspens réside dans la décision de l’avocat et donc, une nouvelle fois, dans la chute qui nous offre une vision surprenante de la justice.

 

«  Le prince charmant »

 

A Aube-sur-Loing, une SDF perturbe la vie paisible des riverains. Elle s’installe ainsi que son caddie aux effluves nauséabonds devant les petits commerces du village, passant ses journées à boire et à insulter les passants, jusqu’au jour où le baron Ernest de Chauda, l’ange-gardien d’Aube-sur-Loing, décide d’intervenir.

 

On sent bien, tout au long de cette nouvelle, qu’un événement grave va se produire, mais on est bien loin d’imaginer ce qui l’a motivé ! Une nouvelle vraiment très intéressante.

 

« Un p’tit beur en or »

 

Yassin est revenu à Paris avec une médaille en or. Fier d’avoir représenté son pays et chanté la Marseillaise, il s’étonne, en ce matin d’avril, de voir Paris si calme. Bientôt, des manifestants occupent les rues de la capitale.

 

Une nouvelle assez différente des autres, pétrie d’ironie et inspirée d’un fait réel.

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« J’en ai assez de leurs regards. Marre de leur pitié. C’est pire que la douleur. Plus agaçant que les brûlures, les picotements sur les paupières, les narines. Bon sang, ce que ça m’démange ! Et ils m’ont attaché, les salauds...

Ça y est. Ca recommence. J’ai les joues en feu. Y a quelque chose qui coule dans mon nez... Sur ma bouche. Et ça me gratte encore plus. Merde. Qu’est-ce qu’ils m’ont fait ?

J’peux plus bouger les lèvres. Du plomb. J’suis muet, ma parole. » (p.7)

 

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David Safier, Maudit Karma

Publié le par calypso

 

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Animatrice de talk-show, Kim Lange est au sommet de sa gloire quand elle est écrasée par une météorite. Dans l'au-delà, elle apprend qu'elle a accumulé beaucoup trop de mauvais karma au cours de son existence. Non seulement elle a négligé sa fille et trompé son mari, mais elle a rendu la vie impossible à son entourage. Pour sa punition, Kim se réincarne en fourmi. Et le pire reste à venir: de ses minuscules yeux d'insecte, elle voit une autre femme la remplacer auprès de sa famille. Elle doit au plus vite remonter l'échelle des réincarnations. Mais, de fourmi à bipède, le chemin est long et les obstacles nombreux...

 

Au début du roman, Kim Lange n’est pas un personnage particulièrement sympathique. C’est une femme tellement accaparée par son travail qu’elle en est venue à délaisser sa famille. Son mari n’arrive pas à comprendre son attitude (et encore ignore-t-il que sa femme se verrait bien dans les bras de Daniel Kohn, un charmant présentateur-télé) et la petite Lilly souffre de ne pas pouvoir passer plus de moments avec sa mère. Le jour de son anniversaire, elle promet toutefois à l’enfant de faire des efforts et de passer bientôt une super journée avec elle. Le soir-même, elle meurt, écrasée par un lavabo-météorite.

Croyez-moi, ce roman vaut le coup, ne serait-ce que pour ses premiers chapitres totalement désopilants ! Kim y établit en effet le classement des pires moments de la journée écoulée et le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle n’a vraiment pas eu de chance ! La suite du roman est tout aussi agréable à lire et ne manquera pas de vous faire sourire. Nous assistons en effet aux différentes (et cocasses) réincarnations de Kim : revenue sur Terre une première fois sous forme de fourmi, elle devra accumuler du bon karma pour espérer une réincarnation plus favorable et pouvoir ainsi se rapprocher des siens dans le but d’influer sur le cours de leur vie.

 

Beaucoup d’humour et d’originalité dans ce roman de David Safier ! Un petit bémol toutefois : la dernière réincarnation fait très cliché à mon goût et le happy end ne m’a pas vraiment convaincue…

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« Le jour où je suis morte n’a pas vraiment été une partie de plaisir. Pas seulement à cause de ma mort. En réalité, celle-ci est péniblement arrivée bonne sixième dans la série des pires instants de cette journée. A la cinquième place figurait le moment où Lilly m’a dit en me regardant de ses yeux ensommeillés :

- Maman, pourquoi tu ne restes pas à la maison aujourd’hui ? C’est quand même mon anniversaire !

A cette question, une réponse m’a traversé l’esprit : « Si, il y a cinq ans, j’avais su qu’un jour ton anniversaire tomberait en même temps que la remise du prix de la Télévision allemande, j’aurais tout fait pour que tu viennes au monde plus tôt. Avec une bonne césarienne ! » (p.9)

 

Publié dans Littérature allemande

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Livre voyageur : Les vies extraordinaires d'Eugène

Publié le par calypso

 

Isabelle Monnin - Les vies extraordinaires d'Eugène

 

 

 

Dans le cadre de l'opération lancée par Ulike pour la rentrée littéraire, j'ai eu la chance de recevoir Les vies extraordinaires d'Eugène, le premier roman d'Isabelle Monnin. Vous découvrirez mon avis dans quelques jours... je suis impatiente de le partager avec vous ! 

 

Le roman s'est envolé hier matin chez Restling et il pourrait bien faire escale chez vous par la suite. Si vous êtes tentés par cette lecture, n'hésitez donc pas à me faire signe. C'est un roman incroyablement beau et doux sur un thème des plus terribles, la perte d'un enfant. 

 

 

 

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Publié dans Blabla en tout genre

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Mes romans

Publié le par calypso

  

J'ai découvert ce matin chez Kikine un petit jeu sympathique qui permet de créer les couvertures de ses propres romans.

 

C'est ici que ça se passe !

 

 

 

Voici quelques-uns de mes futurs romans :

 

 

 

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Alors, lequel seriez-vous susceptible d'acheter ?  

 

 

  

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Diana Abu-Jaber, Origine

Publié le par calypso

 

Diana Abu-Jaber - Origine

 

Syracuse, État de New York. L’hiver est terrible, la ville est sous la neige, battue par des vents glacés. Lena, experte en empreintes digitales, travaille à l’unité scientifique de la police. C’est une jeune femme renfermée, à l’équilibre fragile qui, en dépit de compétences exceptionnelles, préfère rester dans l’ombre et se consacrer au cas de violences faites aux enfants, conséquence peut-être d’un passé tourmenté. Orpheline trouvée dans d’étranges circonstances à l’âge de 2 ans. Lena ignore en effet tout de ses origines. Son parcours croise un jour celui d’Erin Cogan, dont le bébé vient de décéder. Les médecins ont diagnostiqué une mort subite du nourrisson, la mère ne les croit pas. On a tué son fils, elle en est sûre. Bien vite, le doute s’insinue aussi dans l’esprit de Lena, qui découvre un nombre anormal de cas similaires dans la région. Y aurait-il vraiment un sérial-killer qui s’attaque aux bébés ? Plus étrange encore, Lena sent confusément que l’énigme de ses origines est liée à Erin et aux meurtres des enfants. Parviendra-t-elle à reconstituer son histoire et à percer le sombre secret de ses origines ?

 

J’ai découvert les éditions Sonatine avec La compagnie des menteurs que j’ai beaucoup apprécié. J’ai poursuivi ma découverte avec Le Livre sans nom : même si je n’ai pas autant accroché que d’autres lecteurs, j’ai su toutefois reconnaître la qualité du roman et je ne trouve pas du tout étonnant qu’il puisse séduire.

En ce qui concerne Origine, j’ai un avis bien moins clément. En effet, si j’ai commencé ce livre avec un grand sourire, ravie de pouvoir lire une nouvelle fois un roman de chez Sonatine, je l’ai terminé avec une moue un peu boudeuse. En clair, j’ai été déçue par ce thriller dont la quatrième de couverture vante l’aspect « totalement novateur ». En outre, c’est un thriller annoncé comme « littéraire et intelligent ». Les autres ne le sont-ils pas ? Quoi qu’il en soit, je n’y ai rien vu de bien original, et en même temps je n’y ai pas trouvé ce qui me plait tant dans le genre du thriller que j’affectionne particulièrement. Je crois que le plus gros point négatif de ce roman reste la lenteur. J’ai mis un temps fou à le lire, du moins jusqu’au dernier quart, et ce n’est pourtant pas faute d’avoir consacré pas mal de temps à la lecture ces derniers jours. J’avais beau tourner les pages, j’avais toujours l’impression de piétiner : pas de réels rebondissements, pas de rythme, pas de sentiment d’angoisse… tout ce que j’aime dans un thriller. L’histoire n’est pourtant pas inintéressante et à aucun moment je n’aurais eu envie d’abandonner ce roman, bien au contraire. J’avais hâte de connaître le fin mot de l’histoire et de comprendre en quoi le passé de la narratrice était lié aux meurtres des nourrissons. Mais je crois sincèrement que j’ai fini par me perdre dans les trop nombreuses réflexions de Lena, l’héroïne, qui se cherche et cherche à répondre à la question de ses origines en même temps que l’enquête suit son cours.

Pour résumer, ce n’est pas un mauvais roman, loin de là, mais ce n’est pas non plus un excellent thriller.

 

BOB

 

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Quelques avis : Cynthia, Latite06, Esmeraldae.  

 

 

L'oeuvre en quelques mots...

 

« La définition officielle de mon poste est « dactylotechnicienne spécialiste de l’identification par les empreintes digitales ». Mais sans que ce soit vraiment établi, on me dirige de préférence sur des enquêtes concernant des enfants perdus, blessés ou maltraités. Dans le monde de l’investigation, une femme sans enfant est censée être moins encombrée par un bagage émotionnel. C’est une vraie idée de flic… cette histoire de détachement leur plait tellement que, s’il avait son mot à dire, le chef ne laisserait personne se marier ou faire des enfants.

C’est ainsi que les cas les plus désolants atterrissent sur mon bureau. Chaque chemise est une boîte de Pandore qu’on ne devrait jamais ouvrir. De temps à autre, il y a un dossier qui contient une photo de classe, des empreintes miniatures ou, dans une affaire avec des bébés, des empreintes de pieds. Et pendant des jours, quand je lis ces dossiers, le monde se résume à des scènes de négligence, de maltraitance et d’abandon. Jusqu’à ce que j’oublie, me débarrasse de ces images et passe à la catastrophe suivante. » (p.25) 

 

 

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Sonya Hartnett, Une enfance australienne

Publié le par calypso

 

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Adrian a 9 ans. Il vit dans une petite ville australienne, il adore dessiner, il aime les glaces, rêve d'avoir un chien. Il a souvent peur aussi. Peur des sables mouvants, des monstres marins et de la combustion spontanée. Ses parents ont disparu. Il est élevé par un oncle presque mutique et une grand-mère autoritaire. À l'école, son meilleur ami s'appelle Clinton, même si celui-ci l'abandonne très vite pour l'« intello » de la classe. Il y a aussi ces trois enfants, Zoe, Christopher et Veronica, qui, par une belle journée d'automne, sont partis se promener, et ne sont jamais revenus... Alors Adrian se demande quel est cet homme qui vient de s'installer en face de chez lui. Et pourquoi les volets restent clos. Dans cette bourgade étouffante où rien ni personne n'est innocent, dans cette famille repliée sur elle-même et un rien bizarre, Une enfance australienne raconte l'histoire d'un jeune garçon solitaire mais très curieux. Peut-être un peu trop...

 

C’est un peu comme un conte. Un conte cruel certes, mais un conte tout de même. Un conte moderne où il n’est plus question de sorcières et de fées mais où l’enfance tient un rôle majeur.

Elle est mise sur un piédestal : c’est l’âge de l’innocence, l’âge où l’on peut laisser libre cours à nos rêves. Elle est aussi malmenée : tous les enfants de ce récit ont été heurtés par la vie. Dans ce conte, des enfants disparaissent tandis qu’un monstre marin apparait, un homme maigre est recherché par la police, un autre n’est plus que l’ombre de lui-même, une petite-fille se prend pour une jument, une autre pleure un oiseau, des enfants jouent sur le trottoir, un Slinky est sacrifié, une femme au visage cireux est étendue sur un lit.

Au milieu de tout cela, il y a Adrian, un petit garçon de 9 ans qui tient une liste des « choses inquiétantes ». C’est un enfant solitaire que l’auteur a su rendre très attachant.

Ecrit dans un style épuré, avec des mots simples qui s’accordent parfaitement avec le propos, Une enfance australienne m’a réellement captivée. Quand j’ai achevé ma lecture, j’ai été un peu frustrée, j’aurais voulu en savoir plus. Mais finalement, je trouve que c’est une belle fin de roman, d’un point de vue narratif, entendons-nous bien. Les derniers mots sont magnifiques.

 

Merci à Stephie qui m’a gentiment envoyé ce roman !

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« Etre perdu ou oublié ou abandonné et se retrouver tout seul fait plus peur à Adrian que les pires monstres de la nuit tapis sous les lits en attendant leur heur.

Pour l’instant, il y a cette peur nouvelle. Cette peut qui s’est installée si confortablement au milieu de la constellations de ses jumelles, elle fait si bien partie du paysage intérieur d’Adrian, elle parait à ce point à sa place dans cette myriade de terreurs que le garçon se demande si elle n’était pas là avant, depuis le début, presque indétectable. » (p.34)

 

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