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Le Roman de Renart

Publié le par calypso

 

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Renart, rusé, habile et surtout beau parleur, a plus d'un tour dans son sac lorsqu'il s'amuse à piéger Ysengrin, le loup sot et glouton, Tiécelin le corbeau, Chantecler le coq, Daine Pinte la poule... Mais, las d'être dupés par ce goupil malicieux, les animaux lui complotent à leur façon une drôle de surprise ! Rira bien qui rira le dernier !

 

Une relecture sérieuse en cette veille de rentrée...

Renart, le goupil, n’a de cesse de jouer des tours : s’il apparaît rusé et malin, il n’en reste pas moins cruel avec ceux qui l’entourent, à l’exception d’Hermeline, sa douce épouse, et de ses enfants. La querelle qui l’oppose à Ysengrin est bien connue, et elle est l’occasion de plusieurs affrontements savoureux. Renart fait rire les plus jeunes et fait réfléchir les plus grands : ce n’est pas pour rien que Disney a choisi cet animal pour incarner Robin des Bois, le défenseur des opprimés… La plupart des épisodes qui nous sont parvenus relèvent en effet de la critique sociale : critique des chevaliers et des mœurs de la cour, critique des grands qui laissent mourir de faim le peuple, critique de la religion…

 

Le saviez-vous ? Au Moyen Age, l’animal s’appelle un « goupil ». L’œuvre a obtenu un succès tel que « Renart » (devenu par la suite « renard »), le nom du personnage, a fini par remplacer le nom commun « goupil ».

 

 

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L’œuvre en quelques mots…

 

« Il n'est pas d'homme si sage qu'il ne commette parfois une sottise, ni de sot qui ne fasse aucun acte sensé. »

   

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Rudyard Kipling, Histoires comme ça

Publié le par calypso

 

Rudyard Kipling - Histoires comme ça

 

Comment la baleine eut un gosier, comment le chameau eut une bosse, comment on écrivit la première lettre et comment il s’en suivit la naissance de l’alphabet… A travers le regard tendre et érudit de Rudyard Kipling, découvrons comment le monde est devenu monde, et pourquoi le chat, lui, va tout seul !

 

Si l’on connait bien Rudyard Kipling pour son Livre de la jungle, on le connait un peu moins pour ses Histoires comme ça, et c’est bien dommage. Ecrits pour sa fille Joséphine, morte de pleurésie à l’âge de huit ans, les 12 petits contes explicatifs qui composent ce recueil retracent l’origine de divers phénomènes. C’est écrit avec beaucoup de finesse, d’humour et d’amour : l’envie de faire rêver et voyager les plus petits transpire à chaque page.

J’ai beaucoup apprécié cette lecture, et tout particulièrement les contes suivants : « Comment le chameau eu une bosse », « L’enfant d’éléphant », « Comment on écrivit la première lettre » et « La naissance de l’alphabet ».

 

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L’œuvre en quelques mots…

 

« Ecoute-bien et tends l’oreille ; car ceci advint, arriva, se fit et fut, ô ma Mieux Aimée, alors que les animaux Domestiques étaient sauvages. Le Chien était sauvage, le Cheval était sauvage, la Vache était sauvage, le Mouton était sauvage et le Cochon était sauvage – aussi sauvages qu’il est possible de l’être – et ils rodaient dans les Territoires Détrempés avec leur sauvagerie pour compagnie. Mais le plus sauvage de tous les animaux sauvages, c’était le Chat. Il allait seul, et pour lui, tous les endroits se valaient.

Bien sûr, l’Homme aussi était sauvage. Terriblement sauvage. Il fallut qu’il rencontre la Femme pour commencer à être domestiqué parce qu’elle déclara qu’elle n’appréciait pas ses mœurs sauvages. Pour s’allonger, elle préféra une jolie Grotte sèche à un tas de feuilles humides ; elle répandit du sable propre sur le sol ; elle alluma un bon feu de bois au fond de la Grotte ; et, en travers de l’entrée, elle tendit une peau séchée de cheval sauvage, la queue vers le bas ; et elle dit :

- Essuie-toi les pieds quand tu rentres, mon chéri, car désormais la maison sera bien tenue. »

 

 

Publié dans Littérature anglaise

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Film : L'immortel

Publié le par calypso

 

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Charly Matteï a tiré un trait sur son passé de truand : marié et père de deux enfants, il mène une vie calme à Marseille. Mais est-ce si facile d'échapper à son passé ? Rien n'est moins sûr... Un matin, dans un parking souterrain du vieux port de Marseille, il reçoit 22 balles dans le corps. Il survit à ses blessures et n'a plus qu'une idée en tête : la vengeance.

 

Je ne sais pas si ce film est susceptible de plaire aux amateurs du genre car il est truffé de clichés : le personnage incarné par Jean Reno semble lui-même être un cliché du mafieux en voie de rédemption. Il passerait presque pour un ange alors qu'il semble avoir un passé bien chargé. Quoi qu'il en soit, l'acteur tient bien son rôle et est assez convaincant. La présence de Kad Merad est assez surprenante : il joue le rôle d'un mafieux migraineux et bègue, et l'exercice est assez réussi.

L'ensemble est plutôt distrayant, bien que très violent ! Je ne suis pas vraiment fan des films qui exploitent le thème de la mafia mais j'ai toutefois passé un bon moment car la trame est intéressante.

 

Ce film est l'adaptation d'un roman de Franz-Olivier Giesbert.

 

Merci à l'équipe de Ulike pour l'envoi des places !

  

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Publié dans Films

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Pierre Lemaître, Robe de marié

Publié le par calypso

 

Pierre Lemaitre - Robe de marié

 

 Nul n’est à l’abri de la folie. Sophie, une jeune femme qui mène une existence paisible, commence à sombrer lentement dans la démence : mille petits signes inquiétants s’accumulent puis tout s’accélère. Est-elle responsable de la mort de sa belle-mère, de celle de son mari infirme ? Peu à peu, elle se retrouve impliquée dans plusieurs meurtres dont, curieusement, elle n’a aucun souvenir. Alors, désespérée mais lucide, elle organise sa fuite, elle va changer de nom, de vie, se marier, mais son douloureux passé la rattrape…
L’ombre de Hitchcock et de Brian de Palma plane sur ce thriller diabolique.

 

Encore une lecture commune ! Que voulez-vous, quand un livre a tellement de succès, il est dur d’y résister !

Etant donné que j’avais 3 lectures communes prévues pour la mi-avril, j’ai préféré m’y mettre le plus tôt possible, ce qui fait que j’ai terminé Robe de marié il y a un petit moment… J’aurais dû rédiger mon billet tout de suite car, même si je n’ai pas oublié l’histoire, je ne vais sans doute pas être aussi précise que mes co-lectrices du jour ! Enfin, ce n’est pas bien grave, car je ne voudrais pas non plus trop en dire.

Robe de marié est le deuxième roman de Pierre Lemaître que le lis. J’ai en effet eu la chance de recevoir en février dans le cadre d’un partenariat Cadres noirs du même auteur. Alors qu’une grande partie de la blogosphère encensait ce nouveau livre, je restai un peu sur ma faim… Il est difficile de comparer deux romans mais, malgré des histoires complètement différentes, je peux dire que j’ai largement préféré Robe de marié. C’est un thriller comme je les aime, avec une histoire complexe, mais surtout une narration magistrale. Je l’ai déjà dit, j’accorde beaucoup d’importance, dans un roman, au découpage des chapitres, à leur titre, ainsi qu’aux jeux narratifs. Ici, j’ai retrouvé avec grand plaisir la technique du changement de points de vue de plus en plus usitée et qui donne notamment beaucoup de relief au genre du thriller.

Le roman s’ouvre sur un événement mystérieux : une femme, assise par terre, porte un enfant qui ne bouge pas. N’oublions pas à quel genre nous avons à faire : nous comprenons très vite que cet enfant est mort. Les quelques pages qui suivent retracent le parcours de la jeune femme avant cet instant et évoquent, par petites touches, sa folie. Nous faisons donc peu à peu connaissance avec Sophie, l’héroïne du roman. Elle a été, depuis quelques temps, le « témoin » d’événements dramatiques et le malheur semble s’acharner sur elle : mais qui est-elle exactement et qu’a-t-elle fait ? Le personnage est intéressant : on la sent au bord du gouffre mais une pointe de lucidité semble apparaître de temps en temps. La première partie du roman est peut-être un peu longue, on se demande surtout où l’auteur veut nous mener… Et puis, le journal intime de Frantz qui vient relancer l’histoire : le lecteur ne sait pas qui il est. Sophie non plus. Mais elle finira bien par l’apprendre...

Robe de marié est roman qui traite de la folie et de la vengeance. Certains avis mettaient en avant le côté peu réaliste de toute cette histoire. Certes, le roman de Pierre Lemaitre n’est peut-être pas réaliste, mais il n’en est pas moins efficace.

 

Voici les blogueuses qui ont participé à cette lecture commune : Alexielle,Ana76,BelledenuitCacahuète,Chaplum,ClaraCynthia, Deliregirl,JenniferKactusss, LagrandestefLasardine, Leyla, LiliMélo,MrsPepys, MystixValunivers, Véro.  

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« Ce matin-là, comme beaucoup d’autres, elle s’est réveillé en larmes et la gorge nouée alors qu’elle n’a pas de raison particulière de s’inquiéter. Dans sa vie, les larmes n’ont rien d’exceptionnel : elle pleure toutes les nuits depuis qu’elle est folle. Le matin, si elle ne sentait pas ses joues noyées, elle pourrait même penser que ses nuits sont paisibles et son sommeil profond. Le matin, le visage baigné de larmes, la gorge serrée sont de simples informations. Depuis quand ? Depuis l’accident de Vincent ? Depuis sa mort ? Depuis la première mort, bien avant ?

Elle s’est redressée sur un coude. Elle s’essuie les yeux avec le drap en cherchant ses cigarettes à tâtons et ne les trouvant pas, elle réalise brusquement où elle est. Tout lui revient, les événements de la veille, la soirée… Elle se souvient instantanément qu’il faut partir, quitter cette maison. Se lever et partir, mais elle reste là, clouée au lit, incapable du moindre geste. Epuisée. »

 

 

 

Avec Robe de marié je valide ma seconde participation au challenge Coups de coeur Polar 2009 !

 

Polar 2009

 

 

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Stieg Larsson, Millénium - Tome 2, La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette

Publié le par calypso

 

Stieg Larsson - Millenium 2

 

Tandis que Lisbeth Salander coule des journées supposées tranquilles aux Caraïbes, Mikael Blomkvist, réhabilité, victorieux, est prêt à lancer un numéro spécial de Millénium sur un thème brûlant pour des gens haut placés : une sombre histoire de prostituées exportées des pays de l'Est. Mikael aimerait surtout revoir Lisbeth. Il la retrouve sur son chemin, mais pas vraiment comme prévu : un soir, dans une rue de Stockholm, il la voit échapper de peu à une agression manifestement très planifiée.

Enquêter sur des sujets qui fâchent mafieux et politiciens n'est pas ce qu'on souhaite à de jeunes journalistes amoureux de la vie. Deux meurtres se succèdent, les victimes enquêtaient pour Millénium. Pire que tout, la police et les médias vont bientôt traquer Lisbeth, coupable toute désignée et qu'on a vite fait de qualifier de tueuse en série au passé psychologique lourdement chargé.

Mais qui était cette gamine attachée sur un lit, exposée aux caprices d'un maniaque et qui survivait en rêvant d'un bidon d'essence et d'une allumette ?

S'agissait-il d'une des filles des pays de l'Est, y a-t-il une hypothèse plus compliquée encore ? C'est dans cet univers à cent à l'heure que nous embarque Stieg Larsson qui signe avec ce deuxième volume de la trilogie Millénium un thriller au rythme affolant.

 

Aujourd’hui encore, je vous présente un roman qui a fait l’objet d’une lecture commune. C’est Pimprenelle qui, au départ, m’a proposé cette lecture. J’ai sauté sur l’occasion car, si j’avais lu quelques mois plus tôt le premier tome de Millénium, les deux autres tomes attendaient patiemment sur mes étagères que je daigne leur jeter un coup d’œil… oui mais voilà, les coquins étaient dissimulés derrière d’autres romans (je suis obligée d’avoir deux rangées de livres, c’est horrible !) et je n’y pensais plus vraiment. Maintenant que j’ai lu La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette, je vais faire une courte pause avant d’achever la trilogie de Stieg Larsson.

Je sais que je ne suis pas la seule à avoir eu du mal à entrer dans l’univers du précédent tome. L’affaire qui touchait alors Mikael Blomkvist nécessitait des explications qui m’avaient semblé assez fastidieuses. Toutefois, une fois l’action mise en place, j’avais beaucoup apprécié ma lecture. L’action, dans ce deuxième tome, est moins longue à se mettre en place et le lecteur se sent, de fait, plus rapidement impliqué. Nous retrouvons au début du roman les deux personnages qui font le succès de la trilogie : Mikael Blomkvist, dit « Super Blomkvist », qui travaille sur un numéro spécial de Millénium concernant le trafic des femmes en Suède, et Lisbeth Salander qui coule des jours paisibles et profite de l’argent récolté quelques mois plus tôt. Mais bientôt, des meurtres attirent le regard de la police sur nos deux héros : tandis que Lisbeth fuit et mène son propre combat, Blomkvist enquête afin de faire la lumière sur ces troublants homicides dans lesquels son ancienne partenaire semble impliquée. C’est un roman très intéressant du point de vue de la psychologie des personnages. On y découvre notamment une Lisbeth des plus torturées, c’est un personnage vraiment captivant et peu commun. Le roman a beau faire environ 650 pages, il se lit relativement vite, les pages se tournent toutes seules, et ce, de plus en plus vite, jusqu’aux dernières… J’imagine que le troisième tome reprend exactement là où le deuxième s’arrête, ce qui me donne envie de m’y plonger et de comprendre, enfin, ce qui se cache derrière ce mystérieux titre : La reine dans le palais des courants d’air.

  

Nous avons été nombreuses à lire ce roman en même temps : Pimprenelle, Cacahuète, Belledenuit, Lisalor, Lounapil, Véro, Deliregirl, Leyla. Je vais de ce pas lire vos avis et je vous invite à faire de même, si le cœur vous en dit !

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« Quand elle fermait les yeux, elle matérialisait l’odeur d’essence. Elle se précipitait sur la voiture, balançait l’essence par la vitre ouverte et craquait une allumette. C’était l’affaire d’une seconde. Les flammes fusaient instantanément. Il se tordait de douleur et elle entendait ses cris de terreur et de souffrance. Elle pouvait sentir l’odeur de chair brûlée et l’odeur plus âcre du plastique et de la garniture du siège qui se carbonisait. »

 

 

 

Hop, je l'avais oublié, cette lecture me permet de valider ma première participation au challenge de Fersenette !

 

 

Polar 2009

 

 

Publié dans Littérature suédoise

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Emmanuel Carrère, L'adversaire

Publié le par calypso

 

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Le 9 janvier 1993, Jean-Claude Romand a tué sa femme, ses enfants, ses parents, puis tenté, mais en vain, de se tuer lui-même. L'enquête a révélé qu'il n'était pas médecin comme il le prétendait et, chose plus difficile encore à croire, qu'il n'était rien d'autre. Il mentait depuis dix-huit ans, et ce mensonge ne recouvrait rien. Près d'être découvert, il a préféré supprimer ceux dont il ne pouvait supporter le regard. Il a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. Je suis entré en relation avec lui, j'ai assisté à son procès. J'ai essayé de raconter précisément, jour après jour, cette vie de solitude, d'imposture et d'absence. D'imaginer ce qui tournait dans sa tête au long des heures vides, sans projet ni témoin, qu'il était supposé passer à son travail et passait en réalité sur des parkings d'autoroute ou dans les forêts du jura. De comprendre, enfin, ce qui dans une expérience humaine aussi extrême m'a touché de si près et touche, je crois, chacun d'entre nous.

 

Je viens tout juste de terminer ce roman et comme il s’agit d’une lecture commune, je m’empresse de rédiger mon billet. Pimprenelle nous a proposé de découvrir ou redécouvrir il y a peu Douglas Kennedy, qui n’avait obtenu qu’un succès mitigé. Elle lançait ainsi son challenge « Découvrons un auteur ». Aujourd’hui, vous avez dû voir fleurir sur la blogosphère tout un tas de billets sur les romans d’Emmanuel Carrère. Il ne s’agit pas réellement pour moi d’une « découverte » puisque j’ai lu La classe de neige il y a environ un an. Ce roman m’avait laissé une très forte impression.

Malheureusement, je serai moins élogieuse au sujet de L’adversaire. Pourquoi ce choix ? En réalité j’ai surtout envie de découvrir D’autres vies que la mienne, mais j’attends pour le moment que ce livre sorte en poche. La moustache et Hors d’atteinte qui ne me tentaient pas vraiment, L’adversaire m’attirait davantage… Pas plus tard qu’hier, j’ai formulé un premier avis sur ce roman : « surprenant ». En effet, je ne m’attendais pas vraiment à cela. D’une part, je n’avais pas du tout compris que le « je » présent sur la quatrième de couverture était l’auteur en personne. Je pensais que Carrère s’était inspiré d’une histoire réelle pour bâtir une œuvre de fiction. Cette histoire réelle, celle du meurtre de ses parents, de sa femme et de ses enfants par Jean-Claude Romand, je pense que j’étais trop jeune à l’époque pour m’en souvenir. Dans ce roman donc, et l’expression prend tout son sens, la réalité dépasse la fiction : Emmanuel Carrère raconte comment il a pris connaissance de cette affaire et comment il a pris contact avec Jean-Claude Romand, dans le but de comprendre et de raconter le drame. La narration est donc très surprenante, le récit avance pas petits bouts, les faits sont reconstitués d’une manière qui n’est toutefois pas tout à fait journalistique. L’auteur explique d’ailleurs à travers une lettre adressée au criminel quelle difficulté cela a représenté d’adopter le point de vue le plus juste car, comme il le souligne également, l’objectivité n’est qu’un leurre dans ce genre d’événement. J’ai aimé la manière dont Emmanuel Carrère relate cette histoire, cette façon qu’il a de se mettre en scène dans son récit, tout en restant en retrait. La posture de l’écrivain est problématique et l’invite à se poser des questions. Il est également intéressant de comprendre comment un homme peut en arriver là. Mais il me semble que, justement, les ressentis de Jean-Claude Romand ne sont pas assez fouillés. Finalement, tout cela est assez positif… oui, mais. Même si ce livre se lit relativement vite et pose des questions intéressantes, j’ai eu du mal à entrer dedans. Je n’ai pas adoré, je n’ai pas détesté non plus. J’ai trouvé tout cela… dérangeant…

 

Pour lire tous les billets publiés aujourd’hui sur un roman d’Emmanuel Carrère, rendez-vous ici !

  

L’œuvre en quelques mots…

 

« Ç’aurait dû être doux et chaud, cette vie de famille. Ils croyaient que c’était doux et chaud. Mais lui savait que c’était pourri de l’intérieur, que pas un instant, pas un geste, pas même leur sommeil n’échappaient à cette pourriture. Elle avait grandi en lui, petit à petit elle avait tout dévoré de l’intérieur sans que de l’extérieur on voie rien, et maintenant il ne restait plus rien d’autre, il n’y avait plus qu’elle qui allait faire éclater la coquille et paraître au grand jour. Ils allaient se retrouver nus, sans défense, dans le froid et l’horreur, et ce serait la seule réalité. C’était déjà, même s’ils ne le savaient pas, la seule réalité. Il entrouvrait la porte, sur la pointe des pieds s’approchait des enfants. Ils dormaient. Il les regardait dormir. Il ne pouvait pas leur faire ça. Ils ne pouvaient pas savoir que c’était lui, leur papa, qui leur faisait ça. »

 

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Chez Gio...

Publié le par calypso

 

... on apprend toutes les semaines de nouveaux mots et de nouvelles expressions ! Depuis le 17 mars en effet, Gio nous propose "Le mot de passe du mercredi" : un voyage au pays des mots qui a pour but, comme elle l'écrit elle-même sur son blog, de découvrir ou redécouvrir ce qui fait "la richesse de notre langue". Pour ceux d'entre vous qui seraient passé à côté, allez faire un tour sur le blog de Gio et cliquez sur la catégorie adéquate (colonne de droite).

J'ai pour ma part eu la chance de recevoir un petit colis de Gio, en trouvant la définition du mot "tabouler" (que je ne risque pas d'oublier pour le coup) ! Un cahier des curiosités de la langue française, un cahier vierge superbement illustré, deux marque-pages magnétiques et une jolie carte composaient ce colis, en parfaite adéquation avec la nouvelle rubrique de Gio.

Encore un très grand merci Gio pour ces beaux cadeaux !

 

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Publié dans Blabla en tout genre

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Karen Maitland, La compagnie des menteurs

Publié le par calypso

 

Karen Maitland - La compagnie des menteurs

 

1348. La peste s'abat sur l'Angleterre. Rites païens, sacrifices rituels et religieux : tous les moyens sont bons pour tenter de conjurer le sort. Dans le pays, en proie à la panique et à l'anarchie, un petit groupe de neuf parias réunis par le plus grand des hasards essaie de gagner le Nord, afin d'échapper à la contagion. Parmi eux, un vendeur de saintes reliques, un magicien, une jeune voyante, un conteur, une domestique, deux musiciens italiens, un peintre et sa femme enceinte. Neuf laissés-pour-compte qui fuient la peste mais aussi un passé trouble. Bientôt, l'un d'eux est retrouvé pendu, puis un autre démembré, un troisième poignardé... Seraient-ils la proie d'un tueur plus impitoyable encore que l'épidémie ? Et si celui-ci se trouvait parmi eux ? Toutes les apparences ne vont pas tarder à s'avérer trompeuses et, avec la mort qui rôde de toutes parts, les survivants devront faire preuve d'une incroyable sagacité, au milieu des secrets et des mensonges, pour trouver le mobile des meurtres et résoudre l'énigme avant qu'il ne soit trop tard.

 

Blog-o-book a proposé il y a quelques semaines un partenariat avec les Editions Sonatine dont je n’avais jamais lu aucun ouvrage. Dois-je préciser qu’en voyant la première de couverture et en lisant le résumé j’ai eu très envie de lire ce roman ? Une recherche rapide m’a confortée dans mon idée car j’ai pu constater que les lecteurs et critiques littéraires ne tarissaient pas d’éloges au sujet de La compagnie des menteurs. J’ai donc demandé à pouvoir recevoir ce titre, et bien m’en a pris ! Je remercie très fortement BOB ainsi que les Editions Sonatine pour cette très bonne lecture !

La compagnie des menteurs, c’est avant tout une atmosphère. Certains pourraient ne pas y trouver leur compte : d’une part, parce que l’histoire se déroule à partir de 1348, à la fin du Moyen-âge donc, d’autre part, parce qu’il y a finalement peu d’action (si l’on considère la longueur du livre… ou peut-être est-elle longue à se mettre en place). Tout cela ne m’a pas gênée, bien au contraire ! Ce qui fait vraiment la force de ce roman, c’est l’ambiance qu’a su créer Karen Maitland : une ambiance froide, noire, une ambiance de suspicion et de méfiance à une époque où chacun tente de lutter pour sa vie et de fuir les villages touchés par la peste. Les descriptions sont très réalistes et l’auteur semble particulièrement bien documentée sur cette période.  L’immersion dans le Moyen-Age est totale et le lecteur ne peut que se laisser prendre au jeu. Ce jeu, quel est-il ? A l’image des Dix petits nègres d’Agatha Christie, neuf personnages vont voir leur destin se croiser sur les routes d’Angleterre et rencontrer la mort. Le premier d’entre eux, Camelot, est un marchand d’espoir, il vend « de la foi en bouteille » comme il se plait à le dire, c'est le narrateur. A Melcombe, ville située sur la côte anglaise, il croise pour la première fois le regard de Narigorm, une fillette étrange qui rejoindra la compagnie un peu plus tard. Viennent ensuite Jofre et Rodrigo, des ménestrels venus de Venise, Zophiel, un magicien, Osmond, un jeune peintre, et sa femme Adela, Plaisance, une servante, Cygnus, le « garçon-cygne », un conteur qui possède une aile à la place d’un des bras (sans aucun doute le personnage le plus intéressant et le plus passionnant avec Camelot). Les neuf personnages unissent leurs forces pour atteindre le sanctuaire de St John Shorne à North Marston qui ne constituera pas la fin de leur voyage… Fidèle à la tradition orale propre au Moyen-Age, La compagnie des menteurs est rythmé par toute une série de récits faits par les personnages eux-mêmes et qui permettent d’en apprendre plus sur eux. Car ce sont vraiment ces personnages qui font la réussite de ce roman : des personnages peu communs, très fouillés, assurément mystérieux. Leur point commun : le mensonge. Des mensonges qu’ils auront bien du mal à dissimuler…

Un roman que je conseille à tous !

 

D'autres avis chez : Pimprenelle, Canel, Biblio, Mazel !

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« L’espoir est peut-être une illusion, mais c’est ce qui vous retient de sauter dans une rivière ou de boire la ciguë. L’espoir est un mensonge magnifique et il faut du talent pour le donner aux autres. Et à l’époque, en ce jour où soi-disant tout commença, je croyais sincèrement que la création de l’espoir était le plus grand de tous les arts, le plus noble de tous les mensonges. Je me trompais. »

 

« Et c’est ainsi que les premiers membres de notre petite compagnie furent réunis, les premiers, mais assurément pas les derniers. Par cette matinée humide, je pensais leur rendre service en leur évitant d’apprendre à la dure la survie sur la route. Je pensais leur épargner des jours de famine et des nuits froides et solitaires ; j’avais moi-même connu ses épreuves à mes débuts, et je savais combien une telle vie est misérable. Mais je sais aujourd’hui que je leur aurais plus rendu service en les ignorant plutôt qu’en les entrainant dans ce qui allait arriver. »

 

Publié dans Littérature anglaise

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Film : Le petit Nicolas

Publié le par calypso

  

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Chapeau à Laurent Tirard qui a réalisé, à mon humble avis, une très bonne adaptation de l'oeuvre de Goscinny et Sempé.

Qui n'a pas lu, dans sa jeunesse, les péripéties du petit Nicolas et de sa bande de copains ? Alceste, le copain-glouton, Clotaire le dernier de la classe, Agnan le chouchou de la maîtresse... J'étais un peu sceptique au départ en ce qui concerne le choix de Maxime Godart pour interpéter le rôle de Nicolas (allez savoir pourquoi, c'est, de tous les enfants, celui que j'ai toujours eu  le plus de mal à me représenter), mais au final il s'en sort très bien. De même, tous les autres personnages sont excellents dans leur rôle : du côté des adultes, c'est un très bon casting (Kad Merad et Valérie Lemercier sont super) ; du côté des enfants, j'ai trouvé Agnan parfait dans le rôle du petit intello-bouc émissaire, un petit blond à lunettes vraiment chou ! J'ai réellement retrouvé l'ambiance des livres (époque, camaraderie...) et j'ai beaucoup ri devant les bêtises de cette bande de copains.

A voir au plus vite !

 

Publié dans Films

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De la suffisance autoriale...

Publié le par calypso

 

... ou comment un auteur (Celui dont on ne doit plus prononcer le nom) parvient à se ridiculiser et à se mettre toute la blogosphère à dos. Pour ceux qui n'auraient pas suivi l'affaire, ça se passe chez Cynthia : ici et , et c'est franchement consternant et scandaleux !

 

 

Publié dans Blabla en tout genre

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