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Jean-Hubert Gailliot, La vie magnétique

Publié le par calypso


A 180 km/h sur l'autoroute Lille-Paris, au volant d'une Volvo volée à son directeur d'école, Tom file vers le Sud. Sa destination : une fête. Au rythme d'une musique endiablée, il traverse la France comme il rêve de faire sa vie, à fond. Un roman électrique sur l'adolescence, ses rages et ses doutes.

J'aime bien, de temps en temps, choisir des livres au hasard sur les rayonnages des bibliothèques. Cela permet de découvrir des livres dont on n'aurait pas soupçonné l'existence et que l'on n'aurait peut-être jamais été amené à lire. Cela réserve parfois de bonnes surprises : c'est ainsi que j'ai découvert Je voudrais rentrer à la maison de Jean-Claude Mourlevat.
Evidemment, les surprises ne sont pas toujours bonnes. J'ai découvert et lu jusqu'au bout (!) La vie magnétique de Jean-Hubert Gailliot. Je précise que c'est une petite manie que j'ai : quand je commence un livre, il faut que je le finisse, aussi nul soit-il... J'ai peiné pour atteindre la fin de ce petit roman dont j'ai à peine compris le sens et l'intérêt...



L'oeuvre en quelques mots...

« Ces petites lettres noires sur le papier ne sont pas la vie... »

 

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Olivier Adam, Je vais bien, ne t'en fais pas

Publié le par calypso


Une autre lettre de Loïc. Elles sont rares. Quelques phrases griffonnées sur un papier. Il va bien. Il n'a pas pardonné. Il ne rentrera pas. Il l'aime. Rien d'autre. Rien sur son départ précipité. Deux ans déjà qu'il est parti. Peu après que Claire a obtenu son bac. A son retour de vacances, il n'était plus là. Son frère avait disparu, sans raison. Sans un mot d'explication. Claire croit du bout des lèvres à une dispute entre Loïc et son père. Demain, elle quittera
son poste de caissière au supermarché et se rendra à Portbail. C'est de là-bas que la lettre a été postée. Claire dispose d'une semaine de congé pour retrouver Loïc. Lui parler. Comprendre.


J'aime bien Olivier Adam, j'ai lu très facilement, et avec plaisir, deux de ses romans et j'espère pouvoir en lire d'autres prochainement... Dans Je vais bien, ne t'en fais pas, je trouve que l'écriture correspond bien au sujet, même si je n'ai pas toujours vu l'intérêt des nombreuses listes qui parcourent le roman et que je n'adhère pas forcément à certains passages un peu crus.
L'histoire : Claire est une jeune femme un peu éteinte depuis que son frère, Loïc, est parti brusquement du domicile familial sans donner aucune raison. Elle vit sa vie de caissière à Shopi et ne semble être animée que par l'espoir de recevoir, encore, des nouvelles de Loïc, quelques mots griffonnés sur une carte postale. Une trame toute simple...
En fermant le roman, je me suis sentie comme devant certains films sans fin. Vous savez, ces films où « ça ne finit pas », où l'on a l'impression qu'il manque quelque chose. Il m'a semblé ici qu'il manquait une explication : celle du « départ » de Loïc. Je me suis dit que c'était un peu facile... une telle accélération dans les dernières pages pour si peu... Mais en y réfléchissant bien, je crois que j'aime la manière dont finit le roman car le plus important, à mon sens, dans cette histoire, c'est la relation entre Claire et son père et, finalement, savoir et tenter de comprendre ce qu'il fait pour elle me suffit aisément... c'est le passage que j'ai préféré dans le roman.
Je vais regarder le film dès que possible car je lis ici et là qu'il est encore meilleur que le livre, chose assez rare pour retenir mon attention.


L'oeuvre en quelques mots...

« En arrivant à Juvisy, Julien a pris le car qui mène à Mainville. Il a marché jusqu'à la maison de Claire. Il avait rendez-vous dans l'après-midi. Mais il voulait voir où elle habitait. C'est une maison discrète, pareille à ses voisines. Modeste. Effacée. Julien a la gorge nouée devant cette maison. Il connaît le visage de celle qui a grandi là. Il sait sa douceur, a entrevu sa peau, a posé ses lèvres sur ses joues pâles. »

 

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Jean-Louis Fournier, Où on va, papa ?

Publié le par calypso



Jusqu'à ce jour, je n'ai jamais parlé de mes deux garçons. Pourquoi ? J'avais honte ? Peur qu'on me plaigne ?
Tout cela un peu mélangé. Je crois, surtout, que c'était pour échapper à la question terrible : « Qu'est-ce qu'ils font ? »
Aujourd hui que le temps presse, que la fin du monde est proche et que je suis de plus en plus biodégradable, j'ai décidé de leur écrire un livre.
Pour qu'on ne les oublie pas, qu'il ne reste pas d'eux seulement une photo sur une carte d'invalidité. Peut-être pour dire mes remords. Je n'ai pas été un très bon père. Souvent, je ne les supportais pas. Avec eux, il fallait une patience d'ange, et je ne suis pas un ange.
Grâce à eux, j'ai eu des avantages sur les parents d'enfants normaux. Je n'ai pas eu de soucis avec leurs études ni leur orientation professionnelle. Nous n'avons pas eu à hésiter entre filière scientifique et filière littéraire. Pas eu à nous inquiéter de savoir ce qu'ils feraient plus tard, on a su rapidement ce que ce serait : rien.

Et surtout, pendant de nombreuses années, j'ai bénéficié d'une vignette automobile gratuite. Grâce à eux, j'ai pu rouler dans des grosses voitures américaines.

J'aurais bien du mal à vous parler de Où on va, papa ?... Je pense que c'est une oeuvre qu'il faut lire, et relire. Je l'ai lu d'une traite, et j'en ai même relu quelques passages tellement j'ai été touchée par le sujet, émue par l'écriture. Sans tomber dans le pathos, Jean-Louis Fournier nous parle de ses deux garçons handicapés, Mathieu, parti chercher son ballon dans un endroit où personne ne pourra plus l'aider à le récupérer, et Thomas, la tête dans les nuages. Il nous raconte ses « deux fins du monde » avec humour et tristesse aussi, et chaque petit paragraphe est un bijou de sensibilité...


L'oeuvre en quelques mots...

« Que ceux qui n'ont jamais eu peur d'avoir un enfant anormal lèvent la main.
Personne n'a levé la main.
Tout le monde y pense, comme on pense à un tremblement de terre, comme on pense à la fin du monde, quelque chose qui n'arrive qu'une fois.
J'ai eu deux fins du monde. »

« Il ne faut pas croire que la mort d'un enfant handicapé est moins triste. C'est aussi triste que la mort d'un enfant normal.
Elle est terrible la mort de celui qui n'a jamais été heureux, celui qui est venu faire un petit tour sur Terre seulement pour souffrir.
De celui-là, on a du mal à garder le souvenir d'un sourire. »

 

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Jean-Claude Mourlevat, Je voudrais rentrer à la maison

Publié le par calypso


« Rentrer à la maison », c'est l'idée fixe d'un garçon de dix ans qu'on a mis à l'internat. Cela se passe en 1962, dans une petite ville d'Auvergne. Une quarantaine d'années plus tard, l'auteur raconte la cour, l'étude du soir, le dortoir, et la promenade du jeudi. Il revit au présent ces événements dérisoires, mais qui refusent obstinément de s'effacer : la gifle injuste, les billes perdues, la grille qui se referme...
Autant de tragédies minuscules dont l'évocation ne manque ni d'ironie amère, ni de drôlerie.


Voici un petit roman qui se lit très vite... Je n'ai jamais lu d'oeuvres de Jean-Claude Mourlevat, même si je le connais de nom. Il a délaissé, l'espace d'une centaine de pages, ses romans destinés à la jeunesse pour nous livrer quelques aventures vécues durant son année de sixième, une année pendant laquelle il avoue s'est « ennuyé », au sens propre du terme : malheureux à l'internat où il suit ses études, il n'aura qu'un seul souhait, rentrer à la maison.
L'oeuvre se divise en courts chapitres et certains m'ont particulièrement plu, je les ai trouvés très drôles : «  Robinson, mon frère »,  « Non solum,... sed etiam »,  ou encore ce petit chapitre au titre allemand où l'auteur évoque le souvenir d'un professeur d'allemand obèse... 
Je vous laisse savourer !



L'oeuvre en quelques mots...

« Qu'y avait-il dans ces heures aujourd'hui disparues ? De quoi étaient-elles faites ? Ma mémoire est une plage. J'erre. Je crois tenir la mer et le sable, et l'immensité, mais je ne trouve que quelques pauvres coquillages. Je les fais tourner dans ma main, les entrechoque (comme des billes), les mélange, les confonds. Je m'égare. »

 

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Stephenie Meyer, Fascination

Publié le par calypso


Bella, dix-sept ans, décide de quitter l'Arizona ensoleillé où elle vivait avec sa mère, pour s'installer chez son père. Elle croit renoncer à tout ce qu'elle aime, certaine qu'elle ne s'habituera jamais ni à la pluie ni à Forks où l'anonymat est interdit. Mais elle rencontre Edward, lycéen de son âge, d'une beauté inquiétante. Quels mystères et quels dangers cache cet être insaisissable, aux humeurs si changeantes ? A la fois attirant et hors d'atteinte, Edward Cullen n'est pas humain. Il est plus que ça. Bella en est certaine.

Il n'y a pas d'âge pour être ado. Je me suis régalée pendant plusieurs années avec les Harry Potter, et je me suis régalée une nouvelle fois avec le premier tome de la série de Stephenie Meyer. Je ne mettrais toutefois pas sur un pied d'égalité Harry Potter et cette série car j'ai trouvé parfois la traduction un peu maladroite, avec des lourdeurs, alors que je trouve les Harry Potter particulièrement bien écrits.
Dans Fascination, c'est surtout le sujet qui m'a plu : l'histoire d'amour entre Bella et Edward est très poétique. J'ai beaucoup apprécié certains passages, notamment lorsque Bella rencontre, chez eux, les membres de la famille Cullen. J'ai apprécié également certains traits d'humour. Et puis surtout, j'aime le principe de la série et je suis ravie à l'idée de pouvoir retrouver très vite Edward et Bella, même si d'après les échos que j'en ai eu, le tome 2 est le moins bon de la série.
Le seul point noir : j'imagine que, désormais, dès que je vais lire le prénom Edward, j'aurai en tête cette horrible prononciation entendue lors du visionnage du film... Ce film d'ailleurs qui m'a fait sortir à plusieurs reprises de moi-même ! J'ai beaucoup aimé le choix de l'acteur pour Edward, mais j'ai eu du mal avec Bella... De même, j'ai eu l'impression que tout y était reproduit au ralenti (difficile il est vrai de mettre beaucoup d'action dans une histoire qui n'en contient pas beaucoup), et paradoxalement, j'ai trouvé que les choses allaient trop vite entre Edward et Bella... Pas grand chose à dire sur la bande d'amis de Bella, on ne les remarque pas beaucoup. Grosse déception pour Carlisle que j'ai trouvé « surfait », en revanche j'ai bien aimé Alice.


L'oeuvre en quelques mots...

« Mes oeuvres préférées étaient Orgueil et préjugés et Raison et sentiments. J'avais lu le premier récemment, si bien que je m'attaquai au second, pour me rappeler au troisième chapitre seulement que le personnage prinicipal se prénommait Edward. Furieuse, je me tournai vers Mansfield Park, mais le héros de celui-ci s'appelait Edmund, ce qui était franchement trop proche. N'y avait-il donc pas d'autres prénoms disponibles à la fin du XVIIIe siècle ? »

 

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Philippe Claudel, La petite fille de Monsieur Linh

Publié le par calypso


Première lecture
du défi Blog-o-Trésors 2009



 


C'est un vieil homme debout à l'arrière d'un bateau. Il serre dans ses bras une valise légère et un nouveau-né, plus léger encore que la valise. Le vieil homme se nomme Monsieur Linh. Il est seul désormais à savoir qu'il s'appelle ainsi. Debout à la poupe du bateau, il voit s'éloigner son pays, celui de ses ancêtres et de ses morts, tandis que dans ses bras l'enfant dort. Le pays s'éloigne, devient infiniment petit, et Monsieur Linh le regarde disparaitre à l'horizon, pendant des heures, malgré le vent qui souffle et le chahute comme une marionnette.

Bien sûr, le sujet touche. Bien sûr, la fin est intéressante et émouvante (même si, tout au long du roman, je me suis fait quelques réflexions qui auraient pu me mettre sur la voie). Et pourtant... quelle déception ! Peut-être que ma déception est à la hauteur de mon envie de lire cette oeuvre : j'avais tant lu de critiques encensant ce roman que je m'attendais à autre chose. Quoi ? Je ne sais pas...
Je ne tire pourtant pas un trait sur Philippe Claudel et je vais essayer de lire Les âmes grises prochainement.


L'oeuvre en quelques mots...

 

« Je suis ton grand-père, lui dit Monsieur Linh, et nous sommes tous les deux, nous sommes deux, les deux seuls, les deux derniers. Mais je suis là, n’aie crainte, il ne peut rien t’arriver, je suis vieux mais j’aurai encore la force, tant qu’il le faudra, tant que tu seras une petite mangue verte qui aura besoin du vieux manguier. »

 

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Thierry Jonquet, La Bête et la Belle

Publié le par calypso


Léon est vieux. Très vieux. Léon, est moche. Très moche. Léon est sale. Vraiment très sale ! Léon se tient très mal à table. C'est dans sa nature... C'est triste ? Non : Léon a enfin trouvé un ami, un vrai de vrai ! Seulement voilà, le copain en question est un peu dérangé. Parfois dangereusement. Mais Léon est indulgent envers ses amis. Pas vous ?

Je découvre avec ce titre Thierry Jonquet et j’ai bien envie de lire d’autres de ces romans, lorsque le temps me le permettra.

Le titre, La Bête et la Belle, fait bien sûr allusion au célèbre conte de Madame Leprince de Beaumont, à ceci près que Thierry Jonquet le transforme en cauchemar et le lecteur est prévenu dès le début du roman : il y a bien une bête, une belle, un palais, mais « tout fout le camp ».

Thierry Jonquet donne à son texte un ton assez singulier et l’ambiance y est assez sordide. Il montre, au travers de descriptions très réalistes, tout ce que l’être humain peut avoir de répugnant et vers quelles extrémités il peut s’aventurer. Ainsi, nous assistons dès le début de l’œuvre à l’exhumation d’un enfant, puis nous prenons connaissance d’autres meurtres qui viennent compléter la liste. Alors, nous cherchons, modestes enquêteurs que nous sommes, la clé de l’énigme, le pourquoi de toute cette histoire. Nous essayons de reconstituer le puzzle mais les pièces ne nous sont livrées que petit à petit, grâce à Léon, un vieux pas très malin, ami du Coupable. Nous ne voyons pas bien où l’auteur veut nous emmener jusqu’à ce que nous arrivions à la fin… et quelle fin !!! Le polar prend alors une dimension toute particulière.

Ce n’est pas un coup de cœur, même si j’ai beaucoup apprécié cette lecture car j’ai trouvé ce roman original. Il est très court, il se lit vite… alors, à votre tour de mener l’enquête !



L'oeuvre en quelques mots...

« Le Coupable, c’est mon copain, mon pote, mon n’importe quoi, mettez le nom que vous voudrez là-dessus, c’est ce qui fait que je vais pas le trahir, quelque chose de plus fort que toutes leurs salades et il n’y a rien à ajouter. Ah, ils ont essayé, pourtant. Et mon Vieux Léon par ci, et mon Vieux Léon par là, la pommade, les compliments, le baratin, total : néant, c’est tout juste si je leur fais un petit signe de la tête quand ils m’apportent à manger. Un mur. Ils auraient mieux fait de s’adresser à un mur, à une vielle godasse perdue dans un tas d’ordures… »

 

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Andrée Chédid, Le sixième jour

Publié le par calypso


Pour Hassan, enfant beau et vigoureux il y a peu, la vie est un combat depuis que le choléra s'est emparé de lui. Dans cette course contre la mort, Saddika est là, grand-mère attentive, qui fait barrage. Contre ceux qui l'épient, qui se méfient, qui veulent lui prendre l'enfant par peur de la contagion. Mais la vieille sait. S'ils l'emportent, elle ne le reverra jamais. Alors il faut tenir. Jusqu'au sixième jour et la guérison espérée.

L'histoire d'amour entre une grand-mère et son petit-fils, l'histoire d'une lutte éperdue contre la maladie, portée par le style très particulier d'Andrée Chédid, poétique et spirituel : voilà comment je résumerais l'oeuvre.
C'est un joli moment de lecture même si j'ai parfois ressenti quelques moments d'ennui.



L'oeuvre en quelques mots...

« L'ombre, c'est la maladie du soleil, et rappelle-toi, le soleil gagne toujours.
»

« Le buste s'arqua tandis qu'elle prenait l'enfant sur ses genoux ; il paraissait composé de baguettes de saule, minces et friables. La femme se fit berceau. Elle se fit champ d'herbes et terre d'argile. Ses bras coulèrent commes des rivières autour de la nuque rigide. Sa robe, entre ses cuisses séparées, devint vallée ronde pour le poids douloureux du dos meurti, des jambes raides. Sa tête s'inclina comme une immense fleur odorante, son buste fut un arbre feuillu:
- Mon roi, mon âme, mon enfant bientôt debout...
»

 

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