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Laura Gallego Garcia, Idhun T1 - La Résistance

Publié le par calypso

 

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Le jour où survient la conjonction astrale des trois soleils et des trois lunes, Ashran prend le pouvoir sur Idhun. Un guerrier et un magicien, exilés de cette planète, organisent la Résistance. Leur objectif : renverser Ashran et ses alliés, de redoutables serpents ailés. Or, Ashran a envoyé sur Terre Kirtash, en lui donnant pour mission de tuer deux adolescent, Jack et Victoria. Sauvés par la Résistance, ils découvriront qu'un lien étrange les unit au monde d'Idhun ...

 

Lorsque le récit débute, Jack, un adolescent de 13 ans, est en train de rentrer chez lui à bicyclette. Toute la journée, il a eu un étrange pressentiment au sujet de ses parents et c’est donc avec une certaine impatience et beaucoup d’appréhension qu’il se dirige vers la ferme familiale. L’instinct du jeune garçon ne l’a pas trompé : à son arrivée, il trouve ses parents morts et les assassins sont encore présents dans la maison. Le lecteur apprend bien vite l’identité des deux personnages qui ont rendu Jack orphelin : Elrion, un puissant magicien, et Kirtash, un garçon de 15 ans dont la mission est de rechercher et de tuer les Idhunites, c’est-à-dire ceux qui ce sont exilés sur Terre depuis la victoire du puissant Ashran et des serpents ailés sur Idhun. Ces informations sont données à Jack par Shail et Alsan qui aident l’adolescent et le recueille sur Limbhad, « la maison de la frontière », un refuge secret. Alsan, fils du roi Brun, est le chef de la Résistance. Avec Shail, ils sont chargés de retrouver la dernière licorne et le dernier dragon, cachés quelque part sur Terre, afin de protéger le monde de la magie.

Voilà pour le résumé, je n’ose en dire davantage. J’ai beaucoup apprécié cette lecture mais comme je ne suis pas une grande lectrice du genre, je ne saurai dire si c’est un bon roman de fantasy ou pas. En tout cas, ce fut une lecture très divertissante. L’écriture est limpide, l’histoire intéressante. La trilogie devrait plaire à bon nombre d’adolescents.

C’est une remarque qui revient souvent mais c’est tellement vrai : la couverture est splendide ! J’ai eu la chance de recevoir l’édition collector et je trouve qu’un gros effort a été fait sur la présentation, ce qui est très appréciable pour nous, lecteurs. J’ai apprécié la délicate et poétique dédicace ainsi que la citation de Paulo Coelho placée en tête de l’oeuvre, si belle et si vraie : « Quoi qu’elle fasse, toute personne sur Terre joue toujours le rôle principal de l’Histoire du monde. Et, normalement, elle n’en sait rien. » Après lecture, je me dis qu’on n’aurait pas pu trouver meilleure épigraphe.

Bien sûr, il y a quand même quelques bémols. J’ai trouvé dans ce roman certaines lenteurs mais surtout, les histoires d’amour m’ont un peu lassée. Je sais bien qu’elles sont importantes pour l’histoire mais tout de même… Le récit verse un peu trop souvent dans le sentimentalisme. Ce sont toutefois deux petits bémols et même si le milieu du récit m’a semblé un peu long, la fin a ranimé ma curiosité et m’a donné envie de découvrir la suite.

 

 

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L’œuvre en quelques mots…

 

« Limbhad les avait accueillis en son sein comme une mère, et sa claire nuit « toilée avait en partie calmé leur peur, leur sentiment d’échec et leur douleur. Ils étaient enfin en sûreté. Mais en partie seulement.

Même dans ce microcosme silencieux d’apparence immuable, où leur ennemi ne pouvait les atteindre, où les derniers événements survenus leur faisaient l’effet d’un mauvais rêve, ils n’arrivaient pas à chasser de leur esprit le souvenir des êtres chers qu’ils avaient perdus. »

 

Publié dans Littérature espagnole

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Jeffrey Ford, La fille dans le verre

Publié le par calypso

 

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 Arnaquer des riches crédules en organisant chez eux des séances de spiritisme est une chose, être soi-même la victime d'une sorte d'hallucination inexplicable en est une autre. Schell, illusionniste de talent, bien placé pour être le plus sceptique des hommes, a pourtant bien vu dans le reflet d'une baie vitrée l'image d'une fillette disparue. Fantôme ? Hallucination ? Mauvaise farce ? Dans l'Amérique en crise puritaine et hypocrite de la prohibition et alors qu'en Europe les thèses nazies donnent de la voix, Schell, accompagné d'un immigré mexicain de dix-sept ans et d'un ancien hercule de foire, refuse de trancher et décide de retrouver l'enfant. Pouvait-il imaginer qu'il allait, par sa curiosité, heurter de plein fouet un monde obscur et terrifiant ?...

 

Autant le dire tout suite, si La fille dans le verre n’est pas un coup de cœur cela a toutefois été une bonne lecture. C’est un roman policier dans le sens où les personnages principaux mènent une enquête mais ce n’est pas uniquement cela. C’est un roman d’ambiance : nous sommes véritablement plongés dans l’Amérique de 1932, à l’époque de la Grande Dépression. Le sort des immigrants mexicains est présent tout au long du récit et la montée du nazisme est également largement évoquée. L’introduction de nombreuses données historiques au sein de l’intrigue principale sort un peu de l’ordinaire. De même, le trio composé de Schell, Antony et Diego est on ne peut plus original. Ce sont des arnaqueurs : ils profitent de la crédulité des gens pour gagner de l’argent. Ainsi, ils enchaînent les séances de spiritisme censées faire revenir les morts pour quelques instants. Toutes ces arnaques sont brillamment mises en scène et bon nombre de détails nous sont donnés, ce que j’ai particulièrement apprécié. Un jour pourtant, ils sont pris à leur propre piège : Schell croit apercevoir, en pleine séance de spiritisme, le fantôme d’une fillette dont ils apprennent la disparition quelques jours plus tard. A travers des chapitres courts et, de fait, plutôt agréables à lire, nous suivons les péripéties de notre trio d’arnaqueurs dans leur quête de la vérité. Dans ce roman, on se castagne, on flirte avec l’irrationnel, on découvre des monstres de foire, on sourit pas mal car l’humour est présent, on est ému aussi par la relation entretenue entre Schell et Diego, son protégé.

Je ne vous ai pas parlé de la couverture : je la trouve magnifique. C’est ce jeu d’ombre et de transparence, cette petite fille et ce papillon qui m’ont attirée, avant même de lire la quatrième de couverture.  Elle n’est pas fortuite : Schell, notre roi de l’arnaque, est passionné par les papillons qu’il étudie dans son Bestiolarium. Le thème du papillon parcourt l’œuvre et donne lieu à plusieurs métaphores. Le papillon est ainsi l’image du souvenir qui est un thème important dans notre récit : « M’asseoir près d’Isabel faisait revenir mon enfance, souvenirs nets et pleins de vie, comme si j’avais pour mémoire une pièce remplie de papillons. » Les papillons sont aussi, d’après Schell, des « experts en illusion ». Le lien avec les activités de nos personnages est vite fait. Mais c’est aussi bien souvent l’illustration de l’âme libérée, encore un thème essentiel dans La fille dans le verre.   

   

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Folio

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« Il existe une espèce de guêpe parasite qui se fixe aux ailes postérieures des femelles papillons. Lorsque ces dernières pondent, leurs passagers clandestins se laissent tomber sur la couvée pour s’en nourrir. Avec ses manoirs et ses citoyens à la fabuleuse fortune, les Vanderbilt, Coe ou Guggenheim, on pouvait comparer la côte nord de Long Island à un magnifique papillon voletant juste au-dessus des efforts désespérés des Américains pour vivre après le crash de 1929. Bien entendu, nous étions quant à nous les guêpes parasites, nous nourrissant du précieux chagrin des privilégiés. »

 

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Film : Cyrano de Bergerac

Publié le par calypso

 

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Je vous parlais il y a peu de mon coup de cœur pour la pièce d’Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac, une pièce que je connaissais à travers quelques extraits incontournables mais que je n’avais jamais lue intégralement.

A la suite de ma lecture, je me suis procuré le film de Jean-Paul Rappeneau mettant en scène un Cyrano plus vrai que nature en la personne de Gérard Depardieu. Si l’acteur me laisse d’ordinaire plutôt de marbre, je l’ai trouvé parfait dans le rôle du bretteur talentueux, amoureux des mots et de la douce Roxane. L’acteur est incontestablement celui qu’il fallait et son talent explose à travers l’écran, si bien qu’à côté la belle cousine et Christian, l’amoureux maladroit, paraissent un peu fades. On se laisse pourtant prendre au jeu du jeune noble à qui Vincent Pérez prête ses traits. Sur le coup, l’interprétation d’Anne Brochet m’a paru un peu plus décevante, elle est assez peu expressive, très distante, mais c’est un choix que je comprends finalement car la demoiselle n’es pas prête à s’en laisser conter.

J’imagine à quel point il doit être difficile de mettre en scène une telle pièce. Certains vers ont été habilement ôtés, d’autres modifiés selon les besoins. L’ensemble est très fluide et tout y paraît naturel. La musique n’est jamais envahissante, elle accompagne de façon magistrale certaines scènes, en particulier la fameuse scène du balcon qui est pour moi la plus belle de la pièce et du film.

Une vraie réussite !

 

Publié dans Films

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Cécile Odartchenko, Chardonneret

Publié le par calypso

 

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« Une petite fille blonde, un bouquet à la main, la tête couverte d’un fichu rouge, courant au loin dans un champ de blé, aveuglée par le soleil, et tombant sous les balles des partisans. Maroussia était son nom… »
Cette image échappée des premières lectures poursuit Cécile Odartchenko à travers le récit de son enfance. Dans la solitude déchirée de la guerre, la petite fille se nourrit de la culture et des paysages d’une Russie dont son père la fait héritière. Et qu’importe qu’à la fin de sa vie la déchéance le gagne : il lui aura transmis son énergie, sa démesure et le lyrisme de ses passions car « l’amour que nous attendions, c’était comme un noyau de lumière, un diamant qui aurait été caché au centre de notre nébuleuse ». A travers les péripéties et les aventures, émerge la belle figure d’un père aimant, déraciné, bien mal fait pour la dureté du quotidien.

 

Ce petit livre vert qui ne paye pas de mine est le récit autobiographique que nous offre Cécile Odartchenko de son enfance et de son adolescence. Si la lecture en a été plutôt plaisante et intéressante, je ne crois toutefois  pas qu’elle me marquera durablement.

Commençons par le style. Certaines phrases, notamment au début du roman, sont trop longues à mon goût. Amateurs de Proust, réjouissez-vous ! Telle la madeleine du célèbre auteur, les souvenirs ressurgissent chez la narratrice si vivement qu’ils se déversent en flots sur le papier. Certains passages manquaient vraiment de lisibilité, mais c’est un trait de style qui peut assurément plaire. Vous l’aurez compris, Chardonneret est une œuvre du souvenir : souvenir des lectures faites par Nadia, la femme qui a élevé la narratrice, souvenir de son père, un artiste russe, à la fois peintre et poète – « Il était le conteur, le pitre, le compagnon de jeux inventés par lui, le jardinier, le maître de toutes les cérémonies passées et à venir. » –, souvenir de sa mère, ancienne résistante. Au-delà des personnages, ce sont des couleurs, des senteurs, des mots qui lui reviennent en mémoire. Le récit se transforme alors en poème, en chant, en tableau. C’est une mise en scène artistique du souvenir que ce court récit. Mais le problème de ce genre de récits, c’est l’aspect fourre-tout, un peu désordonné. Si certains passages m’ont beaucoup plu, d’autres n’ont pas su m’emporter et m’ont laissée sur le bas-côté. J’ai eu du mal à distinguer des unités dans ce texte et l’absence de chapitrage ne m’a pas aidée à y voir plus clair.  

Alors, dois-je vous convaincre de lire ce livre ou, à l’inverse, de passer votre route ? Je crois avoir déjà énuméré quelques points négatifs. Pour celles et ceux qui seraient toutefois tentés par cette découverte, sachez que Chardonneret est aussi un beau texte sur l’éducation, le déracinement, la religion, le pouvoir de la lecture, l’amour…

   

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L’œuvre en quelques mots…

 

« Si les cinq sens sont les outils qui ouvrent les portes de l’imaginaire et de l’écriture, comme l’annonce Kazantsakis au début de sa « Lettre au Gréco », cinq sens auxquels il ajoute un sixième, l’esprit, il est certain que tout ce qui devait contribuer à ma formation fut, jusqu’à l’âge de douze ans, irréversiblement russe, même si maman à mon retour fit l’impossible pour me rééduquer. Il est trop tôt pour parler de cette pénible entreprise et de son échec « cuisant ». Les influences, celles de papa, celles de Nadia, celles des lectures, se complétaient pour former un tissu solide comme du chanvre. »

 

 

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Film : The mist

Publié le par calypso

 

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The mist est un film réalisé par Frank Darabont, sorti sur nos écrans en 2008. C’est l’adaptation d’une nouvelle de Stephen King, « Brume ».

Il aurait été judicieux de lire la nouvelle du maître de l’horreur afin de pouvoir établir une comparaison avec le film. Mais je manque de temps et j’ai donc préféré passer directement au film, validant ainsi une première participation au challenge de Neph.

Nous sommes dans le Maine. Un violent orage frappe la ville où vivent David Drayton, sa femme et leur fils Billy. Bientôt, c’est une brume étrange qui fait son apparition et commence à recouvrir la ville. David et son fils se retrouvent coincés au supermarché alors qu’à l’extérieur rôdent de dangereuses créatures… C’est un film d’horreur, un film de monstres, mais c’est surtout un film accès sur la psychologie des personnages. Au fur et à mesure que la tension monte, les personnalités se révèlent. Le danger n’est pas qu’à l’extérieur, il nait des antagonismes inhérents à toute communauté. Les personnages réussiront-ils à survivre les uns aux autres ? Rien n’est moins sûr… Je me demande si la fin du film est identique celle de la nouvelle. Les films d’horreur me laissent souvent sur ma faim car beaucoup d’entre eux, justement, n’ont pas de fin. Ici, le film s’achève sur une véritable chute. Incroyable, bouleversante et douloureuse.

A voir !

 

 

Challenge Stephen King

 

 

Publié dans Films

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Laure Adler et Stefan Bollman, Les femmes qui lisent sont dangereuses

Publié le par calypso

 

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« Les livres ne sont pas des objets comme les autres pour les femmes ; depuis l'aube du christianisme jusqu'à aujourd'hui, entre nous et eux, circule un courant chaud, une affinité secrète, une relation étrange et singulière tissée d'interdits, d'appropriations, de réincorporations. » Laure Adler

 

Voici un livre qui devrait en séduire plus d’une (et plus d’un aussi). Les femmes qui lisent sont dangereuses est un très beau livre avec une couverture sublime qu’il ne faut pas hésiter à offrir aux passionnés qui vous entourent. Ne pas hésiter non plus à se l’offrir, après tout il n’y a pas de mal à se faire plaisir !

Il aura fallu des siècles avant que les femmes puissent lire à leur guise. Tenues éloignées du « danger de la lecture », elles n’avaient pas accès à d’autres activités que la prière, la broderie, les tâches domestiques… La lecture devient pour elles « une possibilité de troquer l’étroitesse du monde domestique contre l’espace illimité de la pensé, de l’imagination ». Du Moyen-Age à notre époque, Laure Adler et Stefan Bollman nous offre, à travers cet essai, une histoire illustrée de la lecture particulièrement intéressante et instructive. L’œuvre est divisée en plusieurs thèmes qui regroupent différents tableaux représentant des femmes en train de lire.

 

Merci au site Alapage pour ce partenariat.

 

 

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Jean-Honoré Fragonard, Jeune fille lisant - 1770 

 

 

« Lire au lit, c’est tisser autour de soi un cocon de délicieuse sécurité. » Stefan Bollmann

  

   

 

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Anton Ebert, Lecture du soir - 1883 

 

 

« Dans la masse anonyme, celui qui lit se retire en lui-même ; dans la foule des consommateurs gouvernés par une instance extérieure, il est le flâneur guidé par son seul désir. Il a les yeux fixés sur son livre ou son journal et donne à celui qui l’observe une impression d’impassible invulnérabilité. » Stefan Bollmann

 

 

 

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Franz Eybl, Jeune fille lisant - 1850 

 

 

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Isabelle Alexis, Brèves de filles

Publié le par calypso

 

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Faire mentir les hommes qui croient que les femmes n'ont pas d'esprit, tel est l'objectif d'Isabelle Alexis avec ce Brèves de filles. Spécialiste de la comédie de mœurs pétillante, l'auteure de Tu vas rire mais je te quitte ! a réalisé une anthologie impertinente des expressions cultes, des mots d'esprit inattendus et des réparties les plus cruelles de la gent féminine. Qu'elles soient écrivaines, féministes, intellectuelles ou actrices, elles ont marqué leur époque par leur indépendance d'esprit, leur intelligence et leur sensibilité. Un festival anti-machos.

 

Brèves de filles, c’est un petit recueil de citations très agréable à lire, frais, drôle, et sans prétention. Les citations sont classées en grands thèmes, tels que la beauté, la jalousie, le mariage… De Louise Labé à Amélie Nothomb, en passant par Colette et Marguerite Duras, ces citations reviennent sur plusieurs siècles de « féminitude ». Tendre ou mordante, chacune d’entre elles est accompagnée d’un commentaire d’Isabelle Alexis, parfois tout aussi savoureux que la citation elle-même.

A offrir aux copines !

 

Voici ma petite sélection personnelle :

 

 « Cacher son âge, c’est supprimer ses souvenirs. »

Arletty

 

« Quand on est aimé, on ne doute de rien.

Quand on aime, on doute de tout. »

Colette

 

« Ecrire c’est aussi ne pas parler. C’est se taire.

C’est hurler sans bruit. »

Marguerite Duras

 

« La vie est courte. C’est la consolation des misérables

et la douleur des gens heureux. »

Marquise de Sévigné

 

    

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David Sedaris, Je suis très à cheval sur les principes

Publié le par calypso

 

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Porter un nœud papillon nuit-il gravement à la vie sexuelle? Peut-on larguer son petit ami quand on ne sait ni cuisiner ni lire un plan ? Faut-il avoir peur des microbes dans les salles de cinéma ? Complexé, capricieux, névrosé ou exubérant, l’écrivain-comédien épingle l’absurdité des situations les plus banales avec un humour décapant : avis aux amateurs !

 

Sur la quatrième de couverture, après la traditionnelle présentation de l’éditeur, on peut lire l’avis du magazine Lire qui voit en ce roman de Davis Sedaris un « concentré d’humour scabreux ». Ah ça, pour être concentré ! L’humour est, à mon sens, tellement concentré dans quelques chapitres, que les autres s’en trouvent un peu dépourvus… Dommage… je m’attendais vraiment à mieux, c’est-à-dire à plus drôle. La présentation du roman me semblait sympathique, le titre prometteur et j’avais envie d’une lecture légère. En règle générale, ça ne me dérange pas d’avoir lu un livre qui finalement ne m’a plu que moyennement ou pas du tout, j’estime qu’au moins je me suis fait ma propre opinion. Ce qui m’ennuie en revanche, c’est quand je me bats pour tourner les pages et que je mets plusieurs semaines à lire un livre de 300 pages… J’ai commencé Je suis très à cheval sur les principes il y a plusieurs semaines et j’ai vraiment peiné pour lire certains passages que j’ai trouvés longs et ennuyeux. Pourtant, il y a quelques pépites, mais il faut fouiller. Sur les 21 chapitres qui composent ce livre, peu ont retenu mon attention. Le premier chapitre donne le ton et constitue une bonne entrée en matière. Il y est, entre autres, question de propreté et déjà l’absurde fait son entrée dans les raisonnements du narrateur : lors d’une discussion avec sa sœur, il apprend que celle-ci ne pose jamais la paume de ses mains sur la poignée des chariots dans les supermarchés. Le narrateur est perplexe avant de se souvenir qu’un jour, à Paris, il a aperçu un type poussant un chariot sur lequel était perchée une perruche. L’argument est certes peu valable, mais il a vraiment eu le mérite de me faire sourire et ce, dès la deuxième page. Les choses se sont compliquées par la suite. Certains chapitres m’ont laissée de marbre. Soit je ne les ai pas compris (ce qui est fort probable), soit j’ai un humour très limité (ou pas le même que l’auteur…). D’autres m’ont vraiment plu : « That’s Amore » centré sur les rapports entretenus entre le narrateur et une voisine, Helen, lorsqu’il vivait à Chicago, ou encore « Les mots croisés du samedi », récit d’une aventure complètement improbable mais tellement drôle survenue dans un avion et qui m’a offert une autre vision des mots croisés !

En clair, même si je n’ai pas été séduite et que ma lecture de cette œuvre a été plutôt laborieuse, je suis certaine qu’elle trouvera son public.

 

Lili a d’ailleurs beaucoup apprécié. Lasardine est également conquise. Stef beaucoup moins.

  

  

BOB

 

 

Points

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« Helen a frappé le 1er janvier, juste au moment où je partais au boulot. « Travaille le 1er de l’an, et tu travailleras chaque jour de l’année, m’a-t-elle dit. C’est la vérité. Tu peux demander à n’importe qui. »

Je me suis demandé un moment si elle avait raison, puis j’ai réfléchi au dernier petit truisme dont elle s’était fendu : tu auras pas la gueule de bois si tu dors avec la télé allumée. Elle prétendait également qu’on pouvait éviter la mort subite du nourrisson en faisant trois fois le signe de croix avec un couteau à viande : « Si on est en camping, est-ce qu’on peut utiliser un couteau de l’armé suisse à la place ? » ai-je demandé.

Elle m’a dévisagé en secouant la tête. « Putain, mais qui emmènerait un bébé en camping ? » »

 

« Dans la salle immaculée de la gare de Tamachi, j’ai remarqué qu’à côté de chaque urinoir se trouvait un crochet pour le parapluie. Ce sont ces petites touches personnelles qui font qu’on y revient. »

 

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David Vann, Sukkwan Island

Publié le par calypso

 

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Une île sauvage du Sud de l’Alaska, accessible uniquement par bateau ou par hydravion, tout en forêts humides et montagnes escarpées. C’est dans ce décor que Jim décide d’emmener son fils de treize ans pour y vivre dans une cabane isolée, une année durant. Après une succession d’échecs personnels, il voit là l’occasion de prendre un nouveau départ et de renouer avec ce garçon qu’il connaît si mal.

La rigueur de cette vie et les défaillances du père ne tardent pas à transformer ce séjour en cauchemar, et la situation devient vite incontrôlable. Jusqu’au drame violent et imprévisible qui scellera leur destin.

 

Sukkwan Island est incontestablement un livre qui vous prend aux tripes. J’ai été véritablement secouée par l’histoire poignante de ce père et son fils partis tenter une expérience en Alaska. L’idée vient du père : vivre pendant un an loin de tout, dans une petite cabane, se nourrir en chassant et pêchant, se retrouver et retrouver avec son fils une complicité perdue. Si l’enthousiasme du père est sans fausse note au tout début du roman, le jeune Roy, lui, affiche une certaine réserve. A 13 ans, il a tout quitté pour faire plaisir à son père et sa mère et sa sœur, à peine arrivé sur l’île, lui manquent. Roy devient taciturne et son malaise, léger au début, saisit toutefois le lecteur à la gorge : « Roy ne savait pas quoi dire, alors il ne disait rien. Il ne savait pas comment les choses tourneraient. » Rapidement, le malaise devient angoisse. Son père ne semble pas aussi solide qu’il l’imaginait. Il faut d’une part faire face à de nombreux imprévus et d’autre part supporter la cohabitation avec ce père qui, jour après jour, devient plus étrange.

Toute la première partie du roman est bien menée et extrêmement saisissante, cela est dû en grande partie au style très particulier de David Vann : on peut noter notamment l’absence des signes de ponctuation marquant les dialogues. En temps normal, cela m’aurait sans doute gênée, mais j’ai trouvé l’ensemble très fluide, tout coule, tout se mêle, les descriptions, les pensées, les mots. Certains ont été déçus par cette première partie : il ne s’y passe pas grand-chose au niveau « action », il y a beaucoup de descriptions, mais l’auteur réussit à merveille, à mon sens, à créer le suspens. C’est une lente descente aux enfers à laquelle nous assistons et qui nous mène à la fin de la première partie, monstrueuse et inattendue. J’ai beaucoup apprécié également la seconde partie et je ne saurais dire si je la préfère à la première, ou l’inverse. Elle est assez différente, très dure et dérangeante. Un seul bémol : la fin m’a un peu déçue... mais vu la qualité du roman, je suis passée outre.

Moi qui adore les huis-clos, j’ai été servie ! Je ne saurais que trop vous recommander cette lecture qui ne vous laissera pas indifférent.

 

Ce roman m’a très gentiment été envoyé par Tulisquoi que je remercie énormément !

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« Cette nuit-là, tard, son père pleura à nouveau. Il parlait tout seul en de petits chuchotis qui ressemblaient à des gémissements, et Roy ne comprenait pas ce qu’il disait, ni ne saisissait l’ampleur de sa douleur ou son origine. Les phrases que prononçait son père le faisaient pleurer de plus belle, comme s’il s’y obligeait lui-même. Il se calmait un instant, se racontait quelque chose et recommençait à gémir et à sangloter. Roy ne voulait pas l’entendre. Il était effrayé et déstabilisé et il n’avait aucun moyen d’en parler, ni la nuit ni le jour. Il fut incapable de trouver le sommeil avant que son père ne se soit tu et endormi. »

 

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Katarina Mazetti, Le mec de la tombe d'à côté

Publié le par calypso

 

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Désirée se rend régulièrement sur la tombe de son mari qui a eu le mauvais goût de mourir trop jeune. Bibliothécaire de métier, et citadine pragmatique, elle vit dans un appartement tout blanc, très tendance. Au cimetière, elle rencontre le mec de la tombe d'à côté, dont l'apparence l'agace autant que la tombe avec sa stèle tape-à-l'œil. Depuis le décès de sa mère, Benny vit seul à la ferme familiale avec ses vingt-quatre vaches laitières. Il s'en sort comme il peut, de façon assez rustique, et grâce à une bonne dose d'humour et d'autodérision. Chaque fois qu'il la rencontre, il s'énerve contre la "Crevette" qui occupe le banc au cimetière avec lui, avec son bonnet de feutre et son petit carnet de poésie. Rien, a priori, ne rapproche ces deux-là, et pourtant, il suffira d'un sourire qui éclate simultanément sur leurs lèvres, pour qu'ils soient tous deux éblouis. C'est le début d'une histoire d'amour assez cocasse. Ils sont tout le contraire l'un de l'autre. Elle ne sait pas cuisiner, il lit tout au plus un livre par an. Elle veut aller à l'opéra, lui doit traire les vaches. Il traîne avec lui une odeur d'étable, elle vit dans un appartement aseptisé. Mais leur passion amoureuse est sans bornes.

 

J’ai profité des longues et fastidieuses surveillances du brevet pour lire ce roman dont j’avais prévu une lecture commune avec d’autres blogueuses. Il me fallait quelque chose de léger et je suis vraiment bien tombée !

Le mec de la tombe d’à côté, c’est une histoire banale, celle d’une rencontre entre deux personnes que tout oppose : Désirée est une bibliothécaire passionnée qui se rend régulièrement sur la tombe de son défunt mari et ne quitte pas son petit carnet de pensées ; Benny est un agriculteur un peu rustre qui prend soin de la tombe de ses parents quand il n’est pas en train de s’occuper de ses animaux et de son exploitation. Leur point commun : ce cimetière où ils viennent tenir compagnie à leurs morts et où ils se côtoient sans oser, au départ, s’aborder. Jusqu’au jour où un sourire et des mots sont échangés. Désirée et Benny vivent alors une histoire d’amour très forte mais aussi très compliquée. Comment faire face aux différences et surtout comment avancer quand aucun des deux partenaires ne semble prêt à faire de concession ? En effet, elle, citadine et libérée, rêverait d’un homme avec qui parler littérature. Lui, ancré dans sa terre et inspiré par le schéma parental, attend une femme qui évolue à ses côtés et sache préparer les boulettes de viande. Le fossé est grand. Est-il pour autant infranchissable ? Katarina Mazetti nous offre cette jolie métaphore que je ne peux m’empêcher de partager avec vous : « J’eus une brève vision de Benny et moi faisant chacun un pas vers l’autre : Benny assemblait consciencieusement les astres avec du mortier et une truelle, alors que de mon côté j’essayais de sauter d’étoile en étoile comme on saute sur les morceaux de glace qui flottent sur un lac. »

Je vous conseille sans hésiter l’histoire de ses deux amants, pleine de fraîcheur et savoureuse à souhait. Les menus événements, drôles et émouvants, sauront vous détendre et la narration saura vous surprendre : nous sommes en effet invités à suivre tour à tour les pensées des deux personnages. C’est extrêmement intéressant et c’est incontestablement un des points forts du roman.

Le petit plus : les pages roses  qui font très fifille, mais avec une telle histoire, c’est très plaisant ! Apparemment, la maison d’édition va passer aux pages vertes ! A voir.

 

Je cours lire les avis de mes camarades de lecture : AnkyaManu, Clara, Cynthia, Anjelica.

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« On est allés dans un restaurant et je n’ai pas la moindre idée de ce qu’on a mangé ou dit. Si, une chose. Quand j’ai voulu payer pour nous deux, elle a dit : « Oui merci, je veux bien. C’est mon anniversaire aujourd’hui, j’ai trente-cinq ans. Ça me fera un cadeau. »

Pour le coup, j’ai compris deux choses.

Elle ne comptait pas avoir d’autres cadeaux.

Et j’étais tombé amoureux d’elle.

Ce n’était pas exactement un déclic. Plutôt comme quand je touche la clôture électrique sans faire gaffe. »

 

Publié dans Littérature suédoise

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