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  • : Aperto libro
  • : Mes lectures, mes relectures, au fil des jours, au fil du temps, pour le travail (un peu) et le plaisir (passionnément)...
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Bonjour et bienvenue sur mon blog !

Vous trouverez ici les notes de mes lectures,
des réflexions et des citations.
Vos avis sont bien sûr les bienvenus.
Au plaisir de vous lire...

***


" Mes livres ne sont pas des livres,
mais des feuilles détachées et tombées presque au hasard
sur la route de ma vie. "

François-René de Chateaubriand



 

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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 22:03

 

Laure-Saidi---Suzon-et-son-octodon.jpg

 

  

Suzon et son octodon ou les mésaventures d’une collégienne qui voit son animal de compagnie s’échapper et provoquer une jolie pagaille chez les professeurs… Sortie à la librairie ou le récit de la nuit enchantée de Nathan parmi les rayonnages de livres… Les Lunettes de Céleste ou le fabuleux pouvoir d’une remuante élève soudainement clairvoyante… Ali et ses chaussettes ou le clash entre deux sœurs aux tempéraments si différents… Mais d’autres histoires encore dans ce recueil signé Laure Saïdi, conteuse qui réussit à faire du réel un lieu plein de facéties, de fantaisie, et de magie…

Si Laure Saïdi développe des récits qui se laissent emporter par l’extraordinaire, elle sait aussi dissimuler dans ces textes des messages – sur le prodige de la littérature, sur l’indépendance, sur la confiance en soi – qui parleront directement à l’enfant et aux problèmes qui peuvent être les siens… Un lectorat enfantin que l’auteur respecte en outre plus que tout, qu’elle ne prend jamais de haut et auquel elle n’inflige aucun moralisme, mais en lequel elle accorde sa confiance pour dénicher les perles de sagesse qu’elle a glissées sous le vernis merveilleux de son recueil.

 

Suzon et son Octodon et autres histoires pour jeunes collégiens est un petit recueil qui ne dépasse pas les 60 pages et qui est l’œuvre de Laura Saïdi, une enseignante passionnée, entre autres, de théâtre.

Lorsque l’auteure m’a fait parvenir son livre, elle a pris soin de m’en expliquer la genèse : c’est, au départ, pour « réconcilier deux classes de 6èmes avec la lecture » qu’elle a commencé la rédaction de ces courts récits qui composent le recueil, tout en prenant soin de ne pas leur en révéler l’auteur. Tout est bon pour intéresser les élèves à la lecture et j’ai trouvé l’idée absolument géniale ! J’aimerais, du coup, en savoir un peu plus quant à leurs réactions face aux textes.

Je ne sais pas si c’est une déformation professionnelle mais, si je n’avais pas su que l’auteure était professeure de français, je l’aurais parié ! En effet, on sent bien lors de la lecture que ces histoires s’adressent à de jeunes collégiens. L’œuvre est en effet truffée de références : ici, il est question de l’horrible sorcière de la rue Mouffetard qui, visiblement, cherche encore à déguster un enfant dont le prénom commence par la lettre N ; là, il est question du Petit Prince dont Céleste suit les aventures en classe, tout en regardant les nuages. Sganarelle, Martine et Willy Wonka, sous les traits d’un orthophoniste un peu spécial, se sont également donné rendez-vous dans ces petits récits. L’univers des fables et des contes est, en outre, évoqué. Ces histoires sont donc particulièrement intéressantes pour les élèves de 6ème car elles les confrontent à des données qui ne leur sont pas inconnues : cela a un côté réconfortant et c’est, à mon sens, très valorisant pour les enfants de lire un texte et de pouvoir dire : « Ah mais oui, je connais ! »

En revanche, il y a quelques allusions qui vont sans doute paraître bien floues aux jeunes collégiens. J’en ai relevé plusieurs à la lecture mais j’en ai noté seulement un exemple : « c’est si rare les gens qui « parlent vrai », expriment leur ressenti et osent dire non à ce qui ne leur convient pas ou plus dans une relation… Il faut avoir lu Jacques Salomé pour ca ! »

Les personnages sont de très jeunes adolescents, souvent mis en situation d’apprenants : ils suivent un cours de français, découvrent une bibliothèque lors d’une sortie pédagogique… L’auteure a compris que, pour attirer l’attention du lecteur, il est nécessaire parfois de le « mettre en scène » et il n’est pas impossible que les élèves de Laure Saïdi aient réussi à s’identifier à ces personnages qui, au fond, leur ressemblent.

Certaines histoires ont, je dois l’avouer, un petit goût d’inachevé mais il est clair que l’auteure a privilégié un format court qui se doit d’aller à l’essentiel. Enfin, le sous-titre indique que ce recueil s’adresse aux jeunes collégiens. Je pense qu’il peut tout à fait convenir à des élèves de 6ème mais pas au-delà !

 

Les agents littéraires

 

Publibook.jpg   

L’œuvre en quelques mots…

 

« Mouette a treize ans, de longs cheveux au vent et des yeux verts couleur de mer. Elle vit d’ailleurs au bord de l’océan, et passe de longues heures à courir sur la grande place avec son cerf-volant. Son rêve, c’est de voler, comme lui ! Elle aime aussi ramasser de jolis galets et de jolis coquillages qu’elle colle à son oreille une fois rentrée à la maison. Ça lui rappelle ces bons moments au grand soleil et au grand vent ; elle aime y entendre la mer, paisible… car à la maison, c’est parfois difficile pour Mouette de trouver sa place, ou d’avoir une place tout court quand on est la dernière d’une famille nombreuse qui fait davantage penser à une meute… » (« Mouette », p.49)

 

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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 20:53

 

Suzanne-Collins---Hunger-games-3.jpg

 

 

Ne pas lire ce qui suit si vous n’avez pas encore lu les tomes précédents.

 

Contre toute attente, Katniss a survécu une seconde fois aux Hunger Games. Mais le Capitole crie vengeance. Katniss doit payer les humiliations qu'elle lui a fait subir. Et le président Snow a été très clair: Katniss n'est pas la seule à risquer sa vie. Sa famille, ses amis et tous les anciens habitants du district Douze sont visés par la colère sanglante du pouvoir. Pour sauver les siens, Katniss doit redevenir le geai moqueur, le symbole de la rébellion. Quel que soit le prix à payer.

 

C’est grâce à la blogosphère que j’ai découvert il y a maintenant plus de deux ans le premier tome d’Hunger games qui avait été un véritable coup de cœur. L’attente a été longue avant de pouvoir tenir entre mes mains le deuxième tome et le plaisir a été tout aussi fort. Il faut dire que je suis absolument fan de la façon qu’a Suzanne Collins de nous plonger au milieu de l’arène avec ses personnages et, quand certains ont été déçus d’y retrouver une nouvelle fois Katniss, de mon côté, j’en ai été folle de joie. Je savais bien que ce procédé ne pourrait pas se répéter dans le tome 3 mais cela ne m’a pas empêchée d’avoir une nouvelle fois un coup de cœur !

Au début de ce troisième tome, Katniss est dans le district Treize tandis que Peeta est retenu prisonnier quelque part au Capitole, livré aux mains du Président Snow qui entend bien se venger par tous les moyens de la fille de feu. Katniss, qui est retournée au district Douze, n’a pu que constater les dégâts causés par le Capitole et mesurer la détermination de ce dernier dans la lutte contre les rebelles. Durant toute la première partie du roman qui peut sembler un peu longues, nous découvrons le district Treize, ses habitants et ses habitudes et ce, avec plaisir et curiosité. Nous assistons également à la révolte intérieure de notre héroïne. Doit-elle vraiment mener la rébellion ? Ne risque-t-elle pas de condamner sa famille en continuant de s’opposer au régime ? Tandis que Katniss s’interroge sur ses choix, les dirigeants du district Treize et Haymitch tentent de remettre sur le devant de la scène le geai moqueur. La guerre est menée dans un premier temps à travers les médias. Il s’agit de montrer à tous les districts et au Capitole que la révolte ne fait que commencer…

Loin de sombrer dans le happy end, Suzanne Collins a réussi à proposer à ses lecteurs une fin digne de ce nom, sans tomber dans la facilité. J’ai réellement apprécié le fait qu’elle n’hésite pas à faire mourir certains personnages en cours de route. Cela apporte une certaine densité à l’histoire. La révolte est sanglante jusqu’au bout et, jusqu’aux dernières pages, les retournements de situation vont bon train. Le choix de Katniss (eh oui, elle se décide enfin entre Peeta et Gale) est celui que j’attendais. Je suis conquise !

Hunger games est une excellente trilogie : si le début était prometteur, la fin vient confirmer tout le talent de Suzanne Collins.

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« Je baisse les yeux vers mes chaussures. Une fine couche de poussière se dépose sur leur cuir fatigué. C’est ici que se tenait le lit que je partageais avec ma sœur, Prim. La table de la cuisine était de ce côté-là. Les briques de la cheminée, monceau de gravats noircis, me fournissent un point de référence dans la maison. Comment se repérer autrement dans cette mer de grisaille ?

Il ne reste quasiment rien du district Douze. Un mois plus tôt, les bombes incendiaires du Capitole ont réduit en cendres les masures des mineurs de la Veine, les boutiques de la ville et même l’hôtel de justice. Seul le Village des vainqueurs a échappé à l’incinération. J’ignore pourquoi exactement. » (p.9)

 

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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 16:08

 

Un-mot-des-titres.jpg

 

 

Encore un challenge ? Oui, j’avoue…

 

Bon, il faut dire que j’ai envie de lancer ce challenge depuis plusieurs mois mais, comme il m’arrive souvent de le faire avec les billets, j’ai eu tendance à remettre au lendemain…

 

« Un mot, des titres », qu’est-ce que c’est ?

 

C’est un challenge qui doit rester un plaisir et qui laisse aux participants une assez grande liberté, du moins sur le choix du genre.

Je vous explique : il y a des challenges sur des auteurs, sur des genres, sur des coups de cœur, sur des couleurs… et j’ai eu envie de lancer un challenge sur les titres.

Je vous propose que nous lisions, pour un jour fixé à l’avance, un roman, une pièce de théâtre, une BD, un album, peu importe, dont le titre contiendra un mot imposé. Evidemment, le mot choisi ne pourra pas être trop compliqué afin qu’il y ait un choix de titres assez intéressant.

Exemple : nous choisissons le mot « soleil » (c’est de saison), tous les participants lisent une œuvre dont le titre contient le mot « soleil ». On fixera certaines règles au fur et à mesure… Par exemple, si le mot est un verbe, il pourra bien sûr être conjugué, etc.

 

Pourquoi s’inscrire ?

 

- parce que vous m’aimez bien.

- parce que l’idée est séduisante : le titre a son importance, il suffit parfois à nous faire craquer.

- parce que c’est un challenge plutôt amusant.

- parce que c’est un challenge très ouvert aux différents genres, il peut s'adapter à tous les lecteurs.

 - parce que c’est un challenge qui séduira ceux qui veulent vider leur PAL mais aussi ceux qui veulent l’augmenter.

- parce que c’est un challenge qui peut se cumuler avec les autres challenges de la blogosphère.

- parce qu’il n’y aucune raison de résister à un challenge.

 

Comment ça se passe ?

 

Je vais prendre vos inscriptions au cours des jours qui arrivent et proposer un premier mot imposé le mercredi 1er juin. Nous aurons alors 1 mois et demi (cela me semble être un délai raisonnable) pour choisir un titre et le lire. La publication des billets aura donc lieu le 15 juillet. Je me chargerai de regrouper l’ensemble des billets sur mon blog.

Attention, ce n’est aucunement un challenge personnel et je tiens à ce que chacun puisse y jouer un rôle. C’est pourquoi, je choisirai le 1er mot et uniquement celui-là. Le 2nd, annoncé vraisemblablement le 15 juillet, sera l’œuvre de l’un des participants. Vous me ferez vos propositions par mail jusqu’au 15 et je pense procéder par tirage au sort.

 

Tout est dit… Vous êtes partants ?

 

 

 

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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 14:51

 

The-tree-of-life.jpg

 

 

 

On entend souvent, à propos d’une œuvre littéraire ou cinématographique : « on adore ou on déteste », quitte à oublier qu’on peut avoir un avis bien moins tranché. Il est évident que The Tree of life va susciter des réactions contrastées, à l’image de ce qu’il s’est passé lundi dernier, dans la salle de cinéma où j’ai assisté à l’avant-première du nouveau film de Terrence Malick, réalisateur, entre autres, du Nouveau Monde.

The Tree of life  retrace l’histoire de la vie. Le réalisateur s’est d’abord intéressé à l’apparition de la vie sur Terre. Les explications scientifiques se mêlent aux explications théologiques, c’est à la fois convaincant et déroutant. Si le propos religieux, omniprésent dans le film, ne m’a nullement gênée (sauf la dernière scène qui plonge les personnages ainsi que le spectateur dans un mysticisme excessif), je dois reconnaître que les vingt minutes pendant lesquelles nous assistons à la création de notre planète m’ont déplu. C’est, pour moi, le gros point négatif du film. Il faut vous imaginer un début de film absolument envoûtant auquel succède un documentaire scientifique bien longuet et, bien qu’il ne soit pas complètement hors de propos, vraiment de trop. C’est comme si on avait deux films en un. Dans la salle, les rires des spectateurs ont effacé le silence des premières minutes de film, à mon grand agacement et, au milieu de ce déroutant intermède, plusieurs d’entre eux ont d’ailleurs quitté la salle.  C’est bien la première fois que je voyais tant de spectateurs sortir en plein film… Je conçois aisément qu’on puisse ne pas aimer un film et qu’on décide de partir avant la fin, mais je trouve regrettable de ne pas attendre quelques minutes de plus.

Et en effet, la suite du film est tout simplement sublime. La caméra suit le jeune Jack, sa naissance, son enfance, l’arrivée de ses deux frères, l’apprentissage du partage. Les trois enfants sont couverts d’amour par leur mère, la remarquable Jessica Chastain, et leur père tente de leur inculquer les valeurs essentielles, quitte à oublier de leur donner l’affection qu’ils réclament en silence. Brad Pitt est formidable dans ce rôle. Les trois enfants sont également très bons comédiens, notamment l’aîné interprété par Hunter McCracken. Ce gamin crève littéralement l’écran. Ce film dramatique (il commence par l’annonce d’un triste événement) est une merveille du point de vue visuel : on assiste à une succession de plans qui constituent en quelque sorte des clips extrêmement travaillés.  C’est un enfant qui fait ses premiers pas, un arbre qui grandit, un papillon qui vole. La nature joue un rôle essentiel. La musique est très présente, parfois peut-être trop, mais elle s’intègre très bien aux images. Même s’il y a un fil directeur, on a presque l’impression qu’il n’y a pas vraiment d’histoire, le rôle offert à Sean Penn est d’ailleurs assez maigre et aurait sans doute mérité d’être un peu plus travaillé.

S’il n’y avait pas eu ces longues considérations sur l’univers et la Terre et si la fin avait été différente, j’aurais qualifié ce film de chef-d’œuvre. J’ai la triste impression que le film se saborde tout seul et c’est vraiment dommage car je suis restée émerveillée une grande partie du film par la qualité et la force des images. De votre côté, oubliez les côtés négatifs et allez le voir !

 

 

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Published by calypso - dans Films
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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 15:05

 

Pierre--Thiry---Ramses-au-pays-des-points-virgules.jpg

  

Quelques jours avant Noël, Alice discute avec son oncle Sigismond, un bouquiniste érudit. Elle se moque de lui car il ne connait même J.K.Rowling l'auteur d'Harry Potter. Elle évoque un roman qui aurait été écrit par un certain Jérôme Boisseau : «Ramsès au pays des points-virgules». L’oncle Sigismond, n’en a jamais entendu parler. Osera-t-il avouer à sa nièce qu’il existe des écrivains dont il ignore tout ? Ce roman, ce romancier existent-ils ? Que raconte « Ramsès au pays des points-virgules » ? Qui en est le véritable auteur ? Qui est le Ramsès dont il est ici question ? Les réponses à toutes ces interrogations seront elles dans ce livre ? Ce volume s’adresse à tous les lecteurs de dix à cent-dix ans. On y arpentera les méandres mystérieux du château de Baskerville, on y croisera Charles Hockolmess, le chat noir qui cite sans cesse Jean de La Fontaine. On y découvrira que le lecteur autant que l'auteur ont chacun leur rôle à jouer dans la naissance d'un livre. C'est particulièrement le cas de ce livre où le lecteur est invité à mettre son grain de sel.

 

Tout d’abord, je tiens à remercier l’auteur, Pierre Thiry, qui m’a permis de découvrir son livre et offert une sympathique dédicace sur la première page. C’est une attention qui fait plaisir et qui est le reflet d’un échange de mails très cordial avec cet auteur qui a, semble-t-il, réalisé son rêve. Pierre Thiry a en effet choisi la voie de l’auto-édition pour publier son texte. J’imagine bien à quel point la démarche ne doit pas être facile et à quel point le plaisir d’être lu doit être grand.

Mon avis sur ce livre est, hélas, plutôt mitigé… Au début du roman, nous faisons connaissance avec Alice et Sigismond qui, s’ils s’entendent à merveille, aiment également se taquiner. Leur jeu préféré consiste à se poser des questions sur les titres de romans ou les noms d’auteurs. La littérature est leur passion commune et l’oncle en a d’ailleurs fait son métier puisqu’il est bouquiniste. Un jour, Alice lui pose une colle : elle prétend qu’il existe un livre intitulé « Ramsès au pays des points-virgules » dont l’auteur serait un certain Jérôme Boisseau. L’oncle Sigismond décide d’écrire lui-même ce roman et c’est cette histoire inventée qui nous est racontée dans la majeure partie du livre. Il y est question d’une jeune fille dénommée Sissi qui rencontre Ramsès II avant d’atteindre le château de Baskerville où l’attendent de mystérieuses aventures.

Il est écrit sur la quatrième de couverture que ce livre est destiné à tous les lecteurs de dix à cent-dix ans. Je crois personnellement qu’il est plus adapté aux enfants qu’aux adultes mais il me semble en même temps bien compliqué pour les enfants, presque hermétique parfois. Cette impression s’explique par les nombreuses références à des auteurs, des chanteurs qui peuvent être bien loin de l’univers enfantin. L’univers de ce texte est pourtant bien celui du conte, certains éléments fantastiques ne manqueront pas de faire sourire les plus jeunes. Mais l’ensemble souffre d’un problème de cohérence, ça part un peu dans tous les sens. Cela résulte, j’en suis persuadée, d’une volonté de l’auteur mais c’est un défaut qui peut perdre un grand nombre de lecteurs. Tout cela bien sûr n’enlève rien au style agréable de l’auteur qui, on le sent bien à la lecture, est un vrai amoureux des mots. Ce qui m’a plu également, c’est l’aspect interactif. Le lecteur est sans cesse sollicité et ces passages s’intègrent bien à l’ensemble et lui donne un certain souffle. Attention toutefois ! A trop donner la parole au lecteur, Pierre Thiry en est venu à lui offrir la rédaction du dernier chapitre de Ramsès au pays des points-virgules, ce que j’ai trouvé un peu facile et la fin semble bâclée. Enfin, le titre que je trouvais très attrayant avant la lecture, n’a pas été, à mon goût, bien choisi et n’illustre qu’une infime partie de l’histoire. Dommage !

En conclusion, c’est un conte rafraichissant par certains aspects mais qui ne m’a pas totalement emballée.

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« Il ponctuait son discours de grands éclats de rire et de gros coups de poings, virils, frappés sur la table. L’oncle Sigismond faisait sauter les assiettes tellement il cognait. Malgré ses manières brusques, Alice aimait beaucoup son oncle. Elle trouvait qu’il avait une allure de pirate. Elle s’imaginait qu’il avait une vie aussi palpitante et aventureuse que les récits qu’elle aimait lire, le soir, avant de s’endormir. L’oncle Sigismond était un héros. Pourtant il n’était pas pirate. Il était bouquiniste. Il vendait de vieux ouvrages aux pages jaunies. Il connaissait tant de livres que sa nièce se demandait toujours lequel il pouvait ne pas avoir lu. » (p.9)

 

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15 mai 2011 7 15 /05 /mai /2011 20:04

 

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15 mai 2011 7 15 /05 /mai /2011 18:22

 

Georges-Orwell---La-ferme-des-animaux.jpg

 

 

Un certain 21 juin eut lieu en Angleterre la révolte des animaux. Les cochons dirigent le nouveau régime. Boule de Neige et Napoléon, cochons en chef, affichent un règlement :

« Tout deuxpattes est un ennemi. Tout quatrepattes ou tout volatile, un ami. Nul animal ne portera de vêtements. Nul animal ne dormira dans un lit. Nul animal ne boira d’alcool. Nul animal ne tuera un autre animal. Tous les animaux sont égaux. »

Le temps passe. La pluie efface les commandements. L’âne, un cynique, arrive encore à déchiffrer :

« Tous les animaux sont égaux, mais certains le sont plus que d’autres. »

 

Depuis plusieurs années, 1984 fait partie de mes « livres à lire », mais c’est finalement La Ferme des animaux que j’aurais eu le plaisir de découvrir en premier.

« Quatrepattes, oui ! Deuxpattes, non ! » est le slogan qui anime la Ferme des animaux, anciennement dénommée la Ferme du Manoir. Le discours du cochon Sage l’ancien sur la condition des animale a en effet fait réfléchir et réagir : il a entraîné une intense activité clandestine durant plusieurs semaines. Boule de Neige et Napoléon, accompagnés de Brille-Babil, cochons eux aussi, ont élaboré un système philosophique « l’animalisme » et entendent bien conduire l’ensemble des animaux à un soulèvement contre Mr Jones, le propriétaire des lieux. Très vite, tous les animaux sont d’accord pour tenter de vivre en autarcie, convaincus que la présence de l’homme leur est néfaste. Mais la discorde entre chefs ne tarde pas à faire son apparition et, tandis que Boule de neige est évincé, les animaux font face à des règles de plus en plus rigoureuses et de moins en moins égalitaires…

A travers cette fable animalière bien connue, George Orwell dénonce la révolution communiste et le stalinisme, non sans avoir auparavant aiguisé une plume des plus satiriques. Les événements qui agitent la paisible Ferme du Manoir sont criants de vérité. Pas une page n’est tournée sans que le talent et la perspicacité de l’auteur ne se présentent comme des évidences. Un classique qu’il faut avoir lu !

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« Camarades, est-ce que ce n’est pas clair comme de l’eau de roche ? Tous les maux de notre vie sont dus à l’Homme, notre tyran. Débarrassons-nous de l’Homme, et nôtre sera le produit de notre travail. C’est presque du jour au lendemain que nous pourrions devenir libres et riches. A cette fin, que faut-il ? Eh bien, travailler de jour et de nuit, corps et âme, à renverser la race des hommes. C’est là mon message, camarades. Soulevons-nous ! Quand aura lieu le soulèvement, cela je l’ignore : dans une semaine peut-être ou dans un siècle. Mais, aussi vrai que sous moi je sens la paille, tôt ou tard justice sera faite. » (p.14)

 

 

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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 18:49

 

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Pimprenelle sait y faire... Il faut dire que je rêve de découvrir Chattam depuis un sacré bout de temps et qu'en plus j'ai un de ses romans à portée de main. Comment voulez-vous résister dans ces conditions ?

J'ai quelques lectures prioritaires, mais je vais tout faire pour le lire (le dévorer ?) avant le 28 !

 

Qui a succombé ?

 

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8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 15:20

 

Corinne Ergasse - Que votre règne arrive

 

 

Elle a sept ans, le même âge que Ludivine, la fille de ses maîtres. Si on lui demandait quel être au monde lui était le plus cher, elle répondrait à coup sûr Ludivine.

Il faut la voir cette presque sœur, comme elle sait susciter l’attention et l’affection de son entourage. La petite princesse feint de ne pas entendre les hommages, ça fait vulgaire, mais elle aurait rendu un crapaud amoureux rien que pour tester son pouvoir de séduction.

Comment, quand on n’est fille que de la cuisinière, grandir sans drame dans l’ombre de cette presque sœur là ?

Ne faut-il pas, un jour, pour gagner sa propre place, commettre l’irréparable ?

A la frontière entre l’amitié et le rang social, un roman d’initiation à la cruauté.

 

La couverture sobre mais jolie et le titre plutôt énigmatique ne délivrent aucune information sur le contenu de ce petit roman. La quatrième de couverture est déjà plus bavarde et le résumé offert particulièrement alléchant. Il n’en fallait pas plus pour me convaincre de lire Que votre règne arrive de Corinne Ergasse. Et j’ai vraiment bien fait !

Le roman débute alors que la narratrice est âgée de sept ans. Elle grandit dans une vaste demeure aux couloirs interminables mais ce monde luxueux n’est nullement le sien : elle n’est que la fille de la cuisinière, celle qui prend ses repas à l’office, avec les employés de maison, tous plus médisants les uns que les autres. C’est son double, bien né, qui jouit des plaisirs de ce monde inaccessible et reçoit les faveurs de tous : Ludivine, c’est son prénom, petite princesse séductrice au visage poupin et aux boucles blondes. Les deux enfants se côtoient puis, à raison d’une heure par jour, assistent à des leçons en compagnie du fils du jardinier et de sa jeune sœur. Elles deviennent amies. Ludivine prend la narratrice sous son aile tandis que cette dernière voit des portes s’ouvrir à elles. Que votre règne arrive est l’histoire d’une admiration sans limite et d’une amitié cruelle.

Ce roman est une vraie bonne surprise ! Je l’ai littéralement dévoré et adoré. Il faut dire que je ne l’avais jamais croisé sur vos blogs et n’avais donc aucune attente particulière. L’histoire, celle de deux jeunes filles que tout oppose, n’est pas forcément très originale et pourtant ce roman fonctionne. Il est organisé en quatre parties, chacune présentant les jeunes filles à différents âges de leur vie. On les rencontre enfants, on les quitte jeunes adultes. Mais le chemin vers l’âge adulte ne se fera pas sans heurt. Entre amour et haine, vengeance et mensonge, Corinne Ergasse propose dans ce roman une remarquable analyse des sentiments, emmenée par une écriture époustouflante.

 

Babelio 

Calleva.jpg   

L’œuvre en quelques mots…

 

« La construction doit dater du XVIIe siècle. C’est vrai qu’elle est majestueuse. Même si, une fois à l’intérieur, on s’aperçoit que le toit de ce côté-ci laisse passer l’eau et qu’il aurait bien besoin d’une réfection. Que l’escalier menant aux combles, mangé par les termites, devient dangereux à emprunter. Que certaines misères peuvent se cacher sous les oripeaux. Là où on ne les attend pas. Reprenant son sac, elle tourne le dos à son passé. Des sentiments contradictoires se disputent son âme quand elle franchit les limites du domaine. Là où elle a semé la désolation. »  (p.11-12)

 

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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 21:39

 

Sandrine-Conti---Les-marques-de-la-recidive.jpg

 

 

Ce livre est un hurlement silencieux. L’histoire d’une lutte pour la vie. C’est un témoignage, une histoire vraie – ou presque – dans laquelle l’amour et la mort sont liés. Les Marques de la récidive est un témoignage écrit sur le tranchant vif de la maladie. Je devais noter, fixer, donner une structure à ce que j’ai vécu, pour redonner du sens à ma vie.

Nouvelles sulfureuses est une tentative de transposition d’un réel trop lourd à supporter. Une échappée dans l’imaginaire. Une sorte d’échappatoire pour essayer de survivre à des sentiments fluctuants voire contradictoires. Une échappée hors de la maladie et de la douleur. Une échappée hors de la société.

Correspondance met en évidence la difficulté de revenir à un monde réel et normal, d’exprimer des sentiments, quand on a été violée par la maladie.

Ces trois œuvres se succèdent diachroniquement. Le monde s’est dérobé brutalement à moi : j’ai consigné ma chute pour tomber au ralenti, pour ne pas me briser. J’ai écrit pour rendre tangible mon existence éphémère. J’ai organisé mon histoire, je l’ai ciselée et ornée, je l’ai recréée par l’écriture et je vous la livre pour pouvoir oublier : ce ne sera plus mon histoire mais un récit, une fiction, rien de plus.

 

 « Il est très difficile de parler de ce livre… »  Je crois bien que tous mes billets portant sur des récits autobiographiques pourraient commencer ainsi. Et je le dis assez souvent (d’ailleurs je me répète peut-être), je trouve plus délicat de commenter un écrit autobiographique qu’un roman fictionnel. Peut-être pas quand l’écrit en question nous laisse une très bonne impression, mais sans aucun doute quand notre avis est plus mitigé.

Hasard de calendrier, j’ai lu Les Marques de la récidive très peu de temps après Mon fils, sans cancer et moi. Le thème abordé est le même (le cancer) et, bien que celui-ci soit traité de manière complètement différente, il est évident que l’enchaînement de ces deux textes a joué sur ma lecture du second.

« Quand le monde se dérobe à soi, il faut le réinventer » (p.11). C’est par ces quelques mots que Sandrine Conti ouvre son récit, avant même de proposer au lecteur le sommaire très détaillé de son œuvre. Choix intéressant qui prouve que l’agencement de son récit participe à la reconstruction nécessaire après la maladie. De même, les titres sont réfléchis : l’auteure s’interroge dans son préambule sur leur pertinence et avoue qu’elle aurait aimé emprunterceux d’auteurs célèbres dont elle reconnait toutefois ne pas avoir le talent. Une marque d’humilité plutôt appréciable. Sandrine Conti, si elle n’est pas le pendant féminin de Victor Hugo a en tout cas une belle plume. C’est une vraie littéraire, elle enseigne le français et son boulot la passionne. Le lecteur ne peut pas passer à côté de cette information car, c’est là le premier point négatif, elle le répète souvent. Si j’ai trouvé la première partie du livre, à savoir Les Marques de la récidive, intéressante, je n’ai pu m’empêcher de trouver l’ensemble assez décousu. Ce n’est pas systématiquement un point négatif puisqu’après tout, l’écriture autobiographique se matérialise souvent par le besoin de coucher sur le papier ses sentiments, ses doutes, ses espoirs, sans nécessairement que cela s’accompagne d’un agencement précis. Le texte de Sandrine Conti suit le fil de sa pensée (d’où les répétitions) et elle perd parfois le lecteur en route. J’ai été perturbée également par les fréquents changements narratifs : certains passages sont écrits à la 3ème personne, ils évoquent celle que l’auteure a été. Sur le moment, je n’ai pas trouvé ce choix judicieux car il participe à la confusion générale. Puis, j’ai lu cette phrase : « Je ne me suis pas encore retrouvée » (p.104) et il m’a semblé que c’était une belle manière de justifier ce choix narratif. Au-delà de la forme, ce qui est raconté dans Les Marques de la récidive est particulièrement poignant : la douleur physique et morale liée au cancer et en particulier à l’ablation du sein, est décortiquée, analysée, partagée. Cette femme se livre, corps et âme, et il y a tout à parier que ce genre de témoignage doit aider les femmes qui, comme elle, ont vécu la terrible épreuve du cancer. N’allez pas croire toutefois que ce premier texte est tout noir. Il est aussi question des « petits bonheurs » - un chapitre y est d’ailleurs consacré : l’amitié, les sourires, le soutien sans faille des proches…

Je vais avoir beaucoup plus de mal à vous parler de Nouvelles sulfureuses et de Correspondance, les deux textes suivants. Pourquoi ? Eh bien, simplement parce que je n’ai pas réussi à intégrer leur univers et, si j’ai bien vu le lien avec Les Marques de la récidive, je n’ai en tout cas pas vraiment compris la démarche. Pour le coup, on est vraiment dans quelque chose de très personnel, presque hermétique, je ne sais pas si c’est volontaire… Cette tentative de transformer en fiction l’histoire vécue est, à mon sens, un échec. Mais c’est un sentiment très personnel et je ne voudrais pas que mon avis vous détourne de cette lecture, si elle vous tente.

 

Les agents littéraires 

 

Publibook 

L’œuvre en quelques mots…

 

« J’écris mon histoire sans autre but que celui de donner une consistance de papier à ma tristesse. » (p.15)

 

« Ce livre est une petite étincelle de mon âme, une petite étincelle de ma vie intime. Une toute petite étincelle de vie. Une lumière d’espoir.

Je commence à rêver à nouveau, à imaginer et à reconstruire ma vie en inventant, et en écrivant. » (p.108) 

 

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