Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Aperto libro
  • : Mes lectures, mes relectures, au fil des jours, au fil du temps, pour le travail (un peu) et le plaisir (passionnément)...
  • Contact

Bienvenue

Bonjour et bienvenue sur mon blog !

Vous trouverez ici les notes de mes lectures,
des réflexions et des citations.
Vos avis sont bien sûr les bienvenus.
Au plaisir de vous lire...

***


" Mes livres ne sont pas des livres,
mais des feuilles détachées et tombées presque au hasard
sur la route de ma vie. "

François-René de Chateaubriand



 

Recherche

4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 15:01

 

Oscar-Wilde---L-anniversaire-de-l-infante.jpg

 

 

« La petite princesse allait et venait sur la terrasse avec ses compagnons et jouait à cache-cache autour des vases de pierre et des vieilles statues couvertes de mousse. Pour les jours ordinaires, il ne lui était permis de jouer qu'avec des enfants de son rang, de sorte qu'il lui fallait toujours jouer seule, mais son anniversaire était une exception, et le roi avait donné des ordres pour qu'elle invitât tous les jeunes amis avec lesquels il lui plaisait de s'amuser. »

 

« L’Anniversaire de l’infante » : L’infante a douze ans ! Vive l’infante ! Pour son anniversaire, on lui a organisé une grande fête d’anniversaire. Pour une fois, elle peut jouer avec des enfants de son âge, ce qui, en temps normal, lui est interdit. Comprenez bien, elle n’est autorisée qu’à jouer avec des enfants de son rang… Mais de son rang, il n’y en a guère. Sa mère est morte quelques mois après lui avoir donné naissance, alors, forcément, le lecteur s’apitoie devant cette fillette solitaire qui se régale des plaisirs simples de l’enfance en compagnie de ses camarades de jeu éphémères. On mime un combat de taureau, on apprécie un menuet, on joue à cache-cache, on admire les équilibristes et les jongleurs, on s’émerveille devant le jeu sans pareil des marionnettistes. Puis, vient le tour d’un jeune nain, il danse, s’agite, voit les spectateurs rire, cela le remplit de bonheur. Seulement, il est laid et difforme. Il ne connaît pas la cruauté dont sont capables les hommes – et les fillettes. Il aurait dû rester dans la forêt !

« L’Enfant de l’étoile » : Alors qu’ils marchent dans la forêt, deux bûcherons assistent à un drôle d’événement. Une étoile se décroche du ciel assombri et vient se poser derrière un buisson. Dans le manteau brodé d’or qu’ils découvrent à la place de l’étoile, se trouve un petit enfant. Que faire ? Ils sont si pauvres et ont déjà des enfants à nourrir. L’un des bûcherons a toutefois pitié du petit être et l’emmène chez lui. L’enfant grandit au sein de la famille modeste et aimante du bûcheron. Mais sa beauté l’a rendu particulièrement vaniteux, égoïste et cruel : il méprise les autres enfants, n’a aucune pitié pour les pauvres et prend plaisir à maltraiter les animaux. Un jour, une vieille mendiante arrive dans le village et elle est immédiatement prise pour cible par l’enfant. Les informations données par le bûcheron qui lui est venu en aide lui font comprendre que cet enfant est son fils ! Le jeune éphèbe n’a que faire d’une pareille mère et la rejette. Grave erreur…

Ces histoires d’Oscar Wilde sont deux magnifiques contes écrits dans la plus pure tradition. Le merveilleux n’en est pas absent : les animaux et les fleurs parlent et la magie n’est jamais très loin. Mais il n’étouffe pas le récit et la part belle est faite aux sentiments humains. Le premier conte est particulièrement cruel, à l’image de ces roses qui n’hésitent pas à blesser de leurs épines le pauvre enfant difforme. Le deuxième est assez différent ; il prend la forme d’une quête pour l’enfant de l’étoile, qui va tenter d’obtenir le pardon de sa mère et devoir subir une série d’épreuves. On pourrait croire que ce deuxième conte finit bien, mais ce serait sans compter la subtilité et l’ironie de l’auteur irlandais.

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« Ce que le nain avait peut-être de plus amusant était la totale inconscience de son aspect grotesque. En vérité, il semblait parfaitement heureux et plein d’entrain. Quand les enfants riraient, il riait aussi franchement, aussi gaiement qu’eux et, à la fin de chaque danse, il leur faisait la plus comique des révérences, souriant et leur adressant des signes de tête, tout comme s’il était vraiment l’un d’entre eux et non ce petit être contrefait que la nature, par quelques facétieux caprice, avait façonné pour servir à autrui d’objet de raillerie. » (« L’Anniversaire de l’infante », p.28)

 

« En vérité, il était très épris de la beauté et les faibles et les disgraciés servaient de cible à ses railleries. Il vénérait sa petite personne et, en été, quand les vents étaient calmes, il se couchait au bord de la source, dans le verger du prêtre, et contemplait son merveilleux visage et riait de plaisir à la vue de sa propre beauté. » (p.64)

 

Repost 0
10 mars 2010 3 10 /03 /mars /2010 19:38

Roddy Doyle - Paddy Clarke ha ha ha

Dublin à la fin des années 60. Paddy Clarke est un garnement de dix ans à l'imagination débordante qui n'adore rien tant que de jouer des tours pendables à ceux qui l'entourent. Il rêve de devenir missionnaire, adore les Indiens, résiste aux coups durs mais a le cœur fendu quand ses parents se disputent. Ses ruses de Sioux n'empêcheront pas son père de quitter le foyer conjugal. Cruauté enfantine oblige, ses copains d'école se mettent à le boycotter : « Ha Ha Ha ».

 

Je suis un peu honteuse car je ne connaissais pas du tout Roddy Doyle qui a l’air d’être un grand écrivain irlandais. Quand Blog-o-Book a proposé un partenariat avec les Editions Robert Laffont pour découvrir Paddy Clarke ha ha ha (qu’ils en soient d’ailleurs remerciés), j’ai été très tentée d’une part par la découverte de cet auteur, d’autre part par l’histoire annoncée en quatrième de couverture. Mais ce serait mentir que de dire que j’ai apprécié ce roman pourtant bien écrit et qui m’a valu quelques sourires. Je me suis en effet vite lassée des aventures du jeune Paddy Clarke et de la narration à la première personne. Le roman est en outre assez long (400 pages) et très répétitif : les bêtises se suivent et alternent avec des moments plus intimes, au sein de la famille en crise du jeune irlandais. Cette intrusion dans le foyer des Clarke apporte une épaisseur au roman mais n’a toutefois pas suffi à me convaincre.

 


bobpart.jpg

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« Pourquoi papa n’aime-t-il pas maman ? Elle, elle l’aimait bien : c’était lui qui ne l’aimait pas. Qu’est-ce qui ne collait pas chez maman ?

Rien. Elle était mignonne, même si, dans ce domaine, on n’est jamais sûr de rien. Elle préparait de délicieux diners. La maison était propre, le gazon coupé et bien entretenu, en laissant les marguerites pour faire plaisir à Catherine. Maman ne hurlait pas comme d’autres mamans. Elle ne mettait pas de pantalons mous. Elle n’était pas grosse. Elle ne se mettait jamais longtemps en colère. J’avais réfléchi : c’était la meilleure maman du pays. Vraiment. Je n’arrivais pas simplement à cette conclusion parce que c’était la mienne, mais parce que c’était bien elle la meilleure. »

 

Repost 0
24 décembre 2009 4 24 /12 /décembre /2009 11:00

John Connolly - Le livre des choses perdues

David a 12 ans et plus de maman. Son père s'est remarié et il a maintenant un demi-frère. C'est pour oublier tout cela qu'il se réfugie dans la lecture.

Une nuit, David entend sa mère l'appeler et découvre un passage caché derrière les buissons, au fond du jardin. Il se retrouve alors propulsé dans un univers parallèle, un monde étrange peuplé de trolls, de Sires-Loups et de créatures effrayantes... Grâce à l'aide du Garde Forestier et d'un chevalier, David, après bien des épreuves - énigmes à résoudre, pièges à déjouer, combats à livrer -, rencontrera un vieux roi qui conserve ses secrets dans un livre mystérieux, Le Livre des choses perdues, clé qui lui permettrait de regagner le monde réel.

Mais l'Homme Biscornu, être maléfique qui épie David depuis son arrivée, ne l'entend pas de cette oreille. Il a pour le jeune garçon bien d'autres projets...

 

Avant toute chose, vous n'oublierez pas, après avoir lu ma critique, d'aller lire celle de Pimprenelle. Le hasard a voulu que nous lisions en même temps ce roman. Nous avons donc décidé de publier notre article au même moment. Pimprenelle, j'espère que tu as apprécié ce roman autant que moi, je vais m'en rendre compte très rapidement en allant lire de ce pas ton avis !

Que dire, si ce n’est que j’ai adoré ce roman ! Sous cette couverture enchanteresse se cache une histoire époustouflante, magique, absolument captivante… que je ne peux que vous conseiller de découvrir. Durant les semaines passées, j’ai pu constater l’engouement des bloggeurs et bloggeuses pour ce roman de John Connoly et je comprends maintenant pourquoi l’enthousiasme était si général et communicatif !

Rentrons un peu dans les détails… Je parle souvent dans mes critiques des couvertures. Heureusement, la couverture ne rend pas toujours bien compte du contenu, ce qui nous permet, bien souvent, d’avoir de bonnes surprises. D’autres fois, nous avons le sentiment, en voyant la couverture d’un livre, que ce dernier ne nous plaira pas, et la lecture nous prouve que nous avions raison. Même si je ne peux pas savoir, au vu d’une couverture, si le contenu me plaira, je suis en revanche très sensible à la qualité esthétique de celle-ci. La couverture du Livre des choses perdues est ravissante : j’aime les couleurs, l’écriture, les dessins en relief. Et quand je vois ce genre de couverture, je n’ai qu’une envie : plonger au plus vite dans l’histoire.

Une petite remarque en passant : je ne sais pas si d’autres ont fait le rapprochement, mais j’ai trouvé une ressemblance entre la dédicace qui ouvre le roman et celle de Saint-Exupéry à Léon Werth dans Le Petit Prince. Le hasard, sans doute, mais dans les deux cas, il s’agit d’un livre pour enfant et adulte à visée initiatique.

C’est étrange, mais il y a des livres que l’on est sûr d’aimer dès le début. Bon, parfois, la déception est grande… Dès que j’ai lu le titre du premier chapitre, j’ai su que j’aillais entrer dans un beau livre que j’allais avoir du mal à refermer. Ma curiosité m’a poussée à regarder si tous les autres chapitres portaient le même genre de titre (« Où il est question de… »). Soulagée (rires), j’ai pu entamer ma lecture. Je précise juste que j’accorde une attention particulière au titre de chaque chapitre. J’aime quand il y a une certaine régularité et quand certains titres se font écho. Autant dire que j’ai été servie, et ce, jusqu’au bout, car le dernier chapitre reprend le titre du premier, à un détail près.

L’histoire… Je ne veux pas gâcher le plaisir que j’ai eu à la lecture de ce roman, je ne rentrerai donc pas dans les détails. David a fait tout ce qu’il a pu pour éviter la mort de sa mère. Malheureusement, les divers petits rituels inventés n’ont servi à rien et le jeune garçon doit maintenant apprendre à vivre sans elle. Son père finit par retrouver une compagne, Rose, avec qui il a un second fils, Georgie. Ils emménagent tous ensemble dans l’immense maison de Rose située en lisière de la forêt. David occupe la chambre de Jonathan Tulvey, un oncle que Rose n’a jamais connu puisque ce dernier a disparu mystérieusement en compagnie de sa petite sœur lorsqu’ils étaient enfants. Non loin, la guerre commence à faire rage. Dedans, c’est un étrange personnage qui fait son apparition, l’Homme Biscornu. Une nuit, David, dont le mal-être se fait de plus en plus profond, s’aventure au fond du jardin et accède à un autre monde. L’auteur a inventé tout un univers où se mêlent des personnages attachants (le Garde Forestier, Roland) et des personnages particulièrement redoutables (Sires-Loups, Harpies et autres créatures de la forêt). Mais ce n’est pas tout : les trolls et les nains font également partie de cet univers magique où se côtoient des personnages de contes, contes qui sont d’ailleurs revisités grâce aux différents récits qui parcourent l’œuvre. Le sourire me vient aux lèvres quand je repense à la délicieuse rencontre entre David et les Sept Nains… Si l’univers ressemble à celui des contes, il faut reconnaître qu’il est quand même bien plus sombre, et ce roman n’est pas à mettre entre n’importe quelles mains… Souffrance et violence font en effet partie de la « quête » de David. Mais cet univers, parce qu’il est aussi celui où il est question de fleurs qui poussent à la mort des enfants perdus dans la forêt, vaut réellement le détour.

Ce roman est une merveille, je ne saurais pas le dire autrement, et le dernier chapitre est absolument fabuleux, j’avoue même avoir versé une larmichette en lisant la dernière page…

 

Un grand, très grand merci à Ulike et aux Editions l’Archipel grâce à qui j’ai pu lire ce livre !

 

Quelques avis, mais il y en a tant d'autres : Ankya, Stephie, Kalistina et Esmeraldae !


Ulike_logo.jpg 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« Le garçon, qui se prénommait David, faisait tout ce qu’il pouvait pour que sa mère reste en vie. Il priait. Il s’efforçait d’être gentil afin qu’elle ne soit pas punie pour les erreurs qu’il aurait pu commettre. Il se déplaçait dans la maison en faisant le moins de bruit possible et baissait toujours la voix quand il jouait à la guerre avec ses petits soldats. Il mit au point des rituels et tenta de s’y tenir scrupuleusement car il pensait que le destin de sa mère était, en partie, lié aux actions qu’il accomplissait. »

 

« On raconte que le roi possède un livre, Le Livre des choses perdues. C’est son bien le plus précieux. Il l’a caché dans la salle du trône de son palais et nul sinon lui n’a le droit de le parcourir. On raconte que ces pages renferment la totalité des connaissances engrangées par le roi et que, en période de troubles, il le consulte pour y trouver des conseils. »

 

« La porte de la chaumière s’ouvrit. Une femme se profila dans l’embrasure. Elle avait des cheveux noirs et des yeux verts. Elle tenait dans ses bras un petit garçon, un nouveau-né qui s’accrochait à son chemisier pendant qu’elle marchait vers David, car dans ce pays, une vie entière n’est qu’un moment et chaque homme invente en rêve son propre paradis. »

Repost 0