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Challenge Un mot, des titres - Session 26

Publié le par calypso

 

Un mot des titres

 

Chers challengers,

 

Les sessions se suivent et vous êtes encore nombreux à porter de l'intérêt à ce challenge. Je vous en remercie et j'espère que vous prenez autant de plaisir que moi !

 

12 propositions m'ont été faites pour cette nouvelle session, pour un total de 12 mots différents ! Bravo !

 

L'heureux élu est...

 

 

 

COEUR

 

 

 

Félicitations Astrid !

 

Ce mot vous tente ? Alors, c'est très simple ! Vous avez un mois et demi pour lire un livre dont le titre contiendra le mot « cœur ». Nous publierons nos billets le 1er septembre. Le prochain mot sera annoncé le 31 août.

 

Je prends d’ores et déjà les propositions pour la prochaine session !

 

 

 

 

 

 

Liste des participants pour la vingt-sixième session :

 

- Paikanne

- Miss Bunny

- Titepomme

- Mariejuliet

- Helran

- Piplo

- Reveline

- Mypianocanta

- Petitepom

- Céline

- Lasardine

- XL

- Sharon

- Anne

- Adalana

- Philippe D

- Achille49

- Astrid

- Mandorla

- Delcyfaro

- Tiphanie

- Mimi54

- Joëlle

- Plaisir des mots

- Delcyfaro

- Tiphanie

- Karinetth

- EimeoN

- Yuya46

- Yogi

- Felina

- Calypso

 

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John Green, Nos étoiles contraires

Publié le par calypso

 

John-Green---Nos-etoiles-contraires.jpg

 

Hazel, 16 ans, est atteinte d’un cancer. Son dernier traitement semble avoir arrêté l’évolution de la maladie, mais elle se sait condamnée. Bien qu'elle s'y ennuie passablement, elle intègre un groupe de soutien, fréquenté par d'autres jeunes malades. C’est là qu’elle rencontre Augustus, un garçon en rémission, qui partage son humour et son goût de la littérature. Entre les deux adolescents, l'attirance est immédiate. Et malgré les réticences d’Hazel, qui a peur de s’impliquer dans une relation dont le temps est compté, leur histoire d’amour commence… les entraînant vite dans un projet un peu fou, ambitieux, drôle et surtout plein de vie.

 

Des fois, on a juste envie d’écrire LISEZ-LE et de valider la publication de son billet. Pas par fainéantise, mais parce que c’est tout ce qu’il y a à dire, parce qu’il est inutile d’écrire des lignes et des lignes, et de trouver des arguments. Ce roman est juste MAGNIFIQUE. Il est dur et tendre, il est triste et drôle. Il parle de la mort en chantant la vie, ses moments de grâce, ses bonheurs furtifs, mais aussi ses douleurs, celles contre lesquelles on lutte et que l’on parvient à combattre et celles contre lesquelles on se sent bien petit, celles que l’on subit et qui finissent par l’emporter. C’est un roman sur la maladie, on ne peut pas le nier, mais c’est aussi et surtout un roman d’amour. Un amour fulgurant qui vous charme, vous prend aux tripes et vous émeut au plus haut point. C’est le cœur serré et le sourire aux lèvres que j’ai tourné la dernière page de ce roman, consciente d’avoir lu un texte d’une grande beauté et d’une incroyable justesse. Bravo, Monsieur John Green !

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« La plupart du temps, je parvenais à oublier cette inéluctable vérité : certes, mes parents étaient heureux de m’avoir auprès d’eux, mais j’étais aussi à moi seule leur souffrance. » (p.123)

 

« Je suis tombée amoureuse pendant qu’il lisait, comme on s’endort : d’abord doucement et puis tout d’un coup. » (p.131)

 

« - Je suis amoureux de toi, a-t-il dit à mi-voix.

- Augustus.

- C’est vrai, a-t-il dit en me regardant, et j’ai vu ses yeux se plisser. Je suis amoureux de toi et je ne suis pas du genre à me refuser le plaisir de dire des choses vraies. Je suis amoureux de toi et je sais que l'amour n'est qu'un cri dans le vide, que l'oubli est inévitable, que nous sommes tous condamnés, qu'un jour viendra où tout ce qu'on fait retournera à la poussière, je sais que le soleil avalera la seule terre que nous aurons jamais et je suis amoureux de toi. » (p.159)

 

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Anne-Laure Bondoux, Les Larmes de l'assassin

Publié le par calypso

 

Anne-Laure-Bondoux---Les-Larmes-de-l-assassin.jpg

 

L'homme et la femme Poloverdo avaient un enfant qui poussait comme le reste sur cette terre, c'est-à-dire pas très bien. Il passait ses journées à courir après les serpents. Il avait de la terre sous les ongles, les oreilles décollées à force d'être rabattues par les rafales de vent, et s'appelait Paolo. Paolo Poloverdo.
C'est lui qui vit venir l'homme, là-bas, sur le chemin, par un jour chaud de janvier. Cette fois-là, ce n'était ni un géologue, ni un marchand de voyages, et encore moins un poète. C'était Angel Allegria. Un truand, un escroc, un assassin.

 

Il existe des livres dont on n’a jamais entendu parler et sur lesquels, un jour, notre regard se pose. On ne les choisit jamais vraiment par hasard : c’est l’illustration qui nous attire, le nom de l’auteur qui retient notre attention, le résumé qui nous inspire… Je crois que dans le cas présent c’est l’annotation présente sur la quatrième de couverture qui m’a poussée à choisir ce roman : « Un roman magnifique sur l’innocence et le mal, à travers le destin de trois personnages en quête de vérité. » Et quel choix judicieux j’ai fait ce jour-là, car magnifique, ce roman l’est incontestablement.

Sur les terres arides du Chili, au sud, tout au sud, se trouve la ferme des Poloverdo. Trois êtres habitent cette bâtisse posée entre le désert et la mer : la femme Poloverdo (qui s’empresse de servir à boire aux voyageurs parvenus jusqu’à leur ferme), l’homme Poloverdo (rustre et taciturne) – tous deux sont à l’image de la lande désolée sur laquelle ils ont construit leur foyer – et leur garçon, Paolo, « né de la routine de leur lit ». Un jour de janvier, un homme connu sous le nom d’Angel Allegria parvient jusqu’à ce bout de terre caillouteux. D’autres sont passés par là avant lui et, comme eux, il n’est pas arrivé là par hasard. Mais la méchanceté brute perceptible dans son regard n’annonce rien de bon…

Primé une vingtaine de fois, Les Larmes de l’assassin est un roman sur la mort et la vie, la culpabilité et la rédemption, la solitude et l’espoir... Un roman d’amour dans lequel un enfant innocent fait l’expérience de la vie, dans ce qu’elle a de plus brutal, et apprend à grandir au gré des rencontres qu’il fait. Une véritable succession d’émotions, en à peine plus de deux-cents pages. Une écriture sensible et poétique d’une simplicité et d’une justesse incroyables. Un coup de cœur !

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« – Les poètes aussi, ajouta Ricardo Murga, savent transformer les choses. Ils posent leurs yeux sur le monde, puis ils l’absorbent comme un breuvage. Quand ils se mettent à parler, alors, plus rien n’est pareil. C’est une forme d’enchantement. Je m’applique chaque jour à regarder le monde avec ces yeux-là. C’est ce qui me sauve. » (p.157)

 

« S’il y a une chose que la vie m’a apprise, c’est accepter le bonheur, même le plus fou, le plus impensable qui soit. Acceptez le bonheur et faites silence. Toutes les questions que vous vous posez sont vaines… » (p.161)

 

« Alors, Paolo alla s’enfermer dans sa chambre. Il ne comprenait pas quel sens cela avait, tout ça. Il se prit la tête entre les mains et attendit, attendit, attendit. A force d’attendre, peut-être que son cœur allait s’arrêter de battre, de lui-même, comme une mécanique usée ? Comment faire, sinon pour cesser d’aimer quelqu’un ? » (p.209)

 

« Paolo possédait quelque chose d’inestimable : un endroit sur cette terre où il était vraiment chez lui et qui, par sa rudesse, remettait d’emblée l’homme à sa juste  place dans l’univers. » (p.224)

 

 

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Alyson Noël, Il faut sauver Zoé

Publié le par calypso

 

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Echo a connu des jours meilleurs, et son entrée au lycée n’annonce aucune embellie… Car comment s’épanouir alors que le souvenir de sa sœur, Zoé, disparue un an plus tôt, continue de la hanter ?

Quand on lui remet le journal intime de Zoé, Echo découvre, au fil des pages, les secrets que cette dernière a toujours voulu cacher. Et, entre les lignes, le seul moyen pour Echo de se révéler…

 

Echo entre au lycée mais elle ne partage ni la curiosité ni l’excitation de ceux qu’elle a côtoyés au cours des années qu’elle a passées au collège. Elle subit plus qu’elle ne vit ce qui constitue un des grands événements de sa vie d’adolescente. Il faut dire qu’Echo a perdu sa sœur un an auparavant et que cette dernière fréquentait le lycée où elle fait son entrée. Entre des parents dépressifs qui peinent à réaliser qu’ils ont encore une fille et les regards curieux et compatissants de ses nouveaux camarades, la jeune adolescente étouffe. Elle-même peine à accepter la mort de Zoé, cette sœur qu’elle aimait tant, si belle et si intelligente. Si solaire. Si parfaite. Difficile d’être « celle qui reste », de porter le poids d’une telle disparition et d’avancer, quand on n’a que quinze ans et aucune confiance en soi…

Il faut sauver Zoé n’est pas un coup de cœur mais une lecture tout à fait agréable néanmoins. J’ai trouvé l’histoire intelligemment menée et plutôt intrigante. Nous découvrons la sensibilité et les interrogations d’Echo en même temps qu’elle découvre la face cachée de sa sœur disparue, par le biais d’un journal intime écrit par cette dernière, jusqu’aux quelques minutes qui ont précédé sa mort. Ce système narratif permet au lecteur d’être au plus proche des découvertes de l’héroïne, comme penché sur son épaule, et évite tout ennui. Il ne faut pas croire, étant donné le thème abordé, que ce roman est larmoyant. Certains passages sont plus légers et nous immergent dans l’univers quotidien des lycéens : il y est question d’histoires d’amour, d’amitiés brisées, de soirées en tout genre, etc. C’est un roman sur le deuil et le chagrin, sur la difficulté qu’un adolescent peut avoir à se situer dans le monde qui l’entoure, mais c’est aussi un roman qui questionne la différence et les préjugés. Un roman sur une adolescente en souffrance mais tout à fait ordinaire qui devrait, à n’en pas douter, séduire les jeunes du même âge.

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« Il paraît que le deuil est un processus en cinq étapes :

1. déni,

2. colère,

3. questionnement,

4. dépression,

5. acceptation.

Il y a encore un an, j’ignorais complètement que des spécialistes s’étaient penchés sur la question et avaient ordonné leurs résultats sous forme de liste. Cela dit, même si j’avais su, je ne me serais jamais doutée que, quelques jours avant mon quatorzième anniversaire, je me retrouverais coincée en plein dans l’étape numéro un. » (p.9)

 

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Maxime Chattam, La Patience du diable

Publié le par calypso

 

Maxime Chattam - La Patience du diable

 

Le Mal peut-il contaminer ceux qui le traquent ?

Un go-fast pris en flag qui transporte bien pire que de la drogue…

Deux ados qui tirent sur les passagers d’un TGV lancé à pleine vitesse…

Des gens ordinaires découverts morts… de terreur.

Le Diable mène le bal, le monde est devenu fou.

Lieutenant à la Section de Recherche de Paris, Ludivine Vancker comprend bientôt qu’un fil sanglant relie ces faits divers. Rien ne pourra l’empêcher de remonter la piste à sa source. Aux racines de la peur.

 

Après La Conjuration primitive en 2013, Maxime Chattam nous offre cette année de nouvelles raisons de frissonner avec La Patience du diable. Pas d’inquiétude si vous n’avez pas lu le précédent opus : l’auteur l’affirme lui-même, ce nouveau roman peut se lire indépendamment. Certains personnages sont les mêmes mais les quelques références à l’histoire développée dans La Conjurationprimitive ne gêneront nullement votre lecture. Alors si vous ne savez pas quelle nouveauté emporter pour la plage, je vous recommande celle-ci chaudement !

Et l’histoire ? Une épidémie de crimes s’abat sur le territoire français et met les enquêteurs dans l’embarras, dont Ludivine Vancker, encore marquée par son immersion dans le monde des ténèbres, dix-huit mois plus tôt. Qu’est-ce qui peut relier des affaires si différentes ? Une tuerie perpétrée par deux adolescents dans un TGV, l’enlèvement d’une adolescente, un homme retrouvé mort de terreur à son domicile… Le fil est si mince qu’il en devient invisible et le diable, tapi dans l’ombre, veille à ce que le trouble règne sans que l’on ne puisse remonter jusqu’à lui.

Une intrigue prenante, des descriptions soignées comme toujours chez Chattam, des personnages torturés, du sang, du sang, du sang. Le puzzle se construit et le lecteur-joueur savoure toute l’horreur et le suspense qui se dégagent de ce thriller. Entre les deux, mon cœur ne balance pas tout à fait : ma préférence va à La Conjuration primitive que j’ai trouvé encore plus palpitant et plus original. La Patience du diable me fait en effet penser à un autre thriller dont je tairai le nom pour ne pas vous donner trop d’indices, ce qui n’enlève rien cependant à ses qualités.

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« La loi du plus fort. La violence de l’individu, comme un premier pas vers une violence collective. Armer la masse et attendre que les petits mouvements individuels prennent de l’ampleur, fassent échos, et que, peu à peu, des courants internes se forment, qu’ils finissent par entraîner le groupe et qu’une vague se dresse. Puissante.  » (p.46)

 

« Conduire une enquête criminelle s’apparentait à reconstituer un puzzle.

Il fallait d’abord en localiser les coins, puis les bords pour dresser le cadre général avant d’identifier les motifs principaux et les répartir en petits tas, séparant chaque figure principale. Ensuite, pièce par pièce, la détailler longuement afin d’évaluer sa position dans l’ensemble. Zone par zone, le puzzle se construisait, d’abord assez imprécis, avant que des images finissent par apparaître et qu’à force de tâtonner, d’essayer, on parvienne à en relier certaines. » (p.252)

 

« Parvenir à lutter contre sa nature est ce qui sépare l’homme normal du pervers. » (p.428)

 

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Moka, Cela

Publié le par calypso

 

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Cela ne pensait pas encore. Celane pouvait que ressentir et expérimenter. Mais Cela savait qu'il fallait procéder avec précaution. Son attention se porta sur la chose à quatre pattes qui produisait des sons plus que désagréables. Cela ignorait encore que c'était un chien. Pas à sa mesure pour l'instant. L'autre chose à deux pattes l'était encore moins. Restait la dernière, petite, tremblante et faible chose. Mais elle intéressait aussi la chose à deux pattes. Cela n'eut pas le temps d'effectuer le transfert. Cela ne le regretta pas car Cela ne savait pas ce qu'était le regret. Celasentit que la chose tremblante était mourante, donc inutile. 

 

 Au départ, ce fut une limace, puis un hibou, puis un chat. Les animaux sont pleins d’enseignement mais Cela sentit qu’il devait aller plus loin et il transféra dans le corps d’un clochard alcoolisé qui n’avait rien demandé à personne. Cela n’est pas humain, il se nourrit des êtres vivants, prend possession de leur enveloppe charnelle tout en se laissant guider par leur esprit, le temps d’apprendre. Apprendre, c’est aussi le désir de Centurion, un logiciel capable de penser, une intelligence artificielle appartenant à Sam, le copain d’Ulysse. Marie-Beth, la petite sœur d’Ulysse, toujours accompagnée du fidèle Sido, entend bien répondre aux interrogations du logiciel, n’en déplaise à son frère, et elle sait y faire pour que le secret soit bien gardé ! Mais chaque sortie devient dangereuse : dans le quartier, un fou pose depuis plusieurs semaines des pièges à chats, et voilà que le cadavre d’un S.D.F. est retrouvé !

Difficile de classer ce récit dans un genre. Roman de science-fiction, enquête policière, réflexion philosophique, Cela est un peu tout cela à la fois. Il se lit très rapidement et peut inviter les adolescents à se poser des questions. Certaines scènes sont peut-être un peu violentes pour les plus sensibles.

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« Voler… Cela ne connaissait pas encore la peur. Quand Cela heurta l’arbre, Cela expérimenta la douleur. Il était parfois difficile de transférer dans un corps si différent de sa nature. Difficile de comprendre. MaisCela apprenait. Comment voler, la vision de nuit et l’orientation. Cela était hibou et l’instinct de l’animal le guidait. Manger. Repérer les proies et fondre dessus. Cela ne pouvait pas aimer ou apprécier. Mais Cela sentait le vent porteur sous ses ailes, les odeurs humides de la terre, le goût du sang d’un mulot imprudent.

Et quand viendra le matin, Cela connaîtra le sommeil.  » (p.14)

 

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Julie Kenner, Te désirer

Publié le par calypso

 

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Sauvage et d’une beauté rare, Evan Black incarne tout ce que les femmes désirent chez un homme. Sûr de son pouvoir de séduction, il cache derrière cette hardiesse un passé tumultueux…

« Je sais exactement quand ma vie a basculé. A l’instant précis où ses yeux ont croisé les miens et où je n’y ai plus vu le reflet insipide de l’habitude mais le danger et le feu, le désir et la faim. J’aurais sans doute dû m’enfuir. Je ne l’ai pas fait. J’avais envie de lui. Plus encore, j’avais besoin de lui. De l’homme, et du brasier qu’il avait allumé en moi…

On m’avait bien dit de ne pas m’approcher de lui. Peut-être aurais-je dû écouter ? M’échapper ? Mais mon désir était trop fort. Il y a des tentations auxquelles ont ne peut pas résister. »

 

Par où commencer ?... Il est très complexe de juger un genre auquel on n’est pas du tout habitué. Je n’avais jusque là jamais eu l’occasion de lire un roman érotique et peut-être que mon jugement est un peu faussé car je n’ai pas de points de comparaison. Qu’est-ce qu’un bon roman érotique ? Ou plutôt qu’est-ce qui, pour moi, ferait un bon roman érotique ? C’est ce que je me suis demandé tout au long de ma lecture. Je serai de mauvaise foi si je prétendais avoir passé un mauvais moment, il faut dire que j’ai achevé ma lecture en deux jours seulement ! Et pourtant, force est de constater que je n’ai pas trouvé ce roman convaincant. L’histoire en elle-même ne m’a pas intéressée : on sent que l’auteur a essayé de miser sur une intrigue « complexe » pour éviter la simple histoire de fesses (de vrais-faux-méchants, des blessures familiales, un soupçon d’art et de politique) mais ça sonne faux et surtout, ça va beaucoup trop vite. Le ténébreux Evan, que l’héroïne endeuillée (Lina ou « Angie », on ne sait plus trop) cherche à tout prix à mettre dans son lit, cède beaucoup trop rapidement. Les confidences échangées par les deux personnages sont systématiquement interrompues par l’arrivée d’un vocabulaire antiromantique au possible, dont on ne comprend pas trop ce qu’il vient faire là, comme si « érotisme » signifiait forcément « vulgarité ». Certaines expressions utilisées par les personnages pour traduire leurs émotions sont ridicules. En voici un petit florilège : « C’était déjà assez difficile comme ça avant l’autre nuit, mais, mon Dieu, avoir été aussi près qu’on l’a été et puis s’arrêter ? C’est comme essayer de faire virer de bord le Titanic, putain ! J’ai l’impression de m’être pris un iceberg en pleine gueule. » (p.176), « Je te jure Angie, t’es comme de la kryptonite. Putain ! Tu me tues. » (p.97). Les dialogues insipides sont assez fréquemment ponctués par les onomatopées de l’héroïne. Une pluie de « Oh » dont on se serait bien volontiers passé. Alors, c’est sûr, c’est hot ! Mais est-ce que ça suffit ?

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« Sauvage ou non, je voulais m’approcher. Je voulais passer mes doigts dans ses cheveux et en sentir les mèches sur ma peau. Je m’imaginais la douceur de ses cheveux, sa peau tendre et souple – la seule partie de son anatomie qui aurait été molle, soit dit en passant. Tout le reste aurait été tranchant comme de l’acier, les angles durs de son visage et de son corps révélaient la dangerosité de cet homme sous sa beauté.

Je ne savais pas si le danger était réel ou s’il s’agissait d’une illusion. Et à ce moment-là, je m’en moquais.

Je voulais le contact, le frisson. » (p.19)

 

  

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Jean-Michel Guenassia, Le Club des incorrigibles optimistes

Publié le par calypso

 

JM-Guenassia---Le-club-des-incorrigibles-optimistes.jpg

 

Michel Marini avait douze ans en 1959, à l'époque du rock'n'roll et de la guerre d'Algérie. Il était photographe amateur, lecteur compulsif et joueur de baby-foot au Balto de Denfert-Rochereau. Dans l'arrière-salle du bistrot, il a rencontré Igor, Léonid, Sacha, Imré et les autres, qui avaient traversé le Rideau de Fer pour sauver leur peau, abandonnant leurs amours, leur famille, trahissant leurs idéaux et tout ce qu'ils étaient. Ils s'étaient retrouvés à Paris dans ce club d'échecs d'arrière-salle que fréquentaient aussi Kessel et Sartre. Et ils étaient liés par un terrible secret que Michel finirait par découvrir. Cette rencontre bouleversa définitivement la vie du jeune garçon. Parce qu'ils étaient tous d'incorrigibles optimistes.

 

Lorsque le mot « club » a été tiré au sort dans le cadre du challenge Un mot, des titres, il m’a semblé évident que je devais lire Le Club des incorrigibles optimistes. Aucun « club » dans ma PAL, donc autant se procurer un roman dont j’avais lu beaucoup de bien. Evidemment, j’ai eu les yeux plus gros que le ventre et n’ai pas du tout réussi à lire dans les temps ce roman dense et foisonnant. Lentement mais sûrement, je suis toutefois parvenue à la dernière page il y a une dizaine de jours mais voilà, deux mois après l’avoir commencé, je ne sais plus trop quoi en dire… si ce n’est que je l’ai finalement bien aimé, mais certainement pas adoré. Dans ce roman, nous suivons l’adolescence de Michel Marini, un jeune Parisien amateur de baby-foot et passionné de photographie, complètement réfractaire aux mathématiques. Nous nous immisçons au sein de sa famille dont nous observons les bonheurs simples et les failles. Nous pénétrons dans l’arrière-salle du Balto, un bar où l’on discute littérature et politique, où l’on joue aux échecs autant que l’on crée des liens… L’Histoire s’en mêle. Les personnages abondent, en même temps que les fils narratifs se croisent. Le roman n’en est pas pour autant difficile à comprendre mais, malgré tout, j’ai eu l’impression que ce foisonnement m’empêchait d’être totalement happée par l’histoire. J’ai surtout aimé le regard à la fois naïf et réfléchi du narrateur sur les événements racontés, ainsi que la plume de l’auteur et l’intelligence de ses réflexions.

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« Longtemps j’ai vécu dans l’ignorance la plus totale de l’histoire de ma famille. Tout était parfait ou presque dans le meilleur des mondes. On ne raconte pas aux enfants ce qui s’est passé avant eux. D’abord ils sont trop petits pour comprendre, ensuite ils sont trop grands pour écouter, puis ils n’ont plus le temps, après c’est trop tard. C’est le propre de la vie de famille. On vit côte à côte comme si on se connaissait mais on ignore tout les uns des autres. » (p.34)

 

« J'avais horreur de perdre mon temps. La seule chose qui me paraissait utile, c'était de lire. Chez nous, personne ne lisait vraiment. Ma mère mettait une année à lire le Livre de l'année, ce qui lui permettait d'en parler et de passer pour une grande lectrice. Mon père ne lisait pas et s'en vantait.

Franck avait des livres politiques dans sa chambre. Grand-père Philippe n'avait d'estime que pour Paul Bourget dont il avait adoré les romans dans sa jeunesse.

- On dira ce qu'on voudra, la littérature, avant-guerre, c'était autre chose.

Il achetait des livres de collection dans les boutiques de la rue de l'Odéon. Il ne les lisait pas et se faisait une bibliothèque. Moi, j'étais un lecteur compulsif. Ça compensait le reste de la famille. Le matin, quand j'allumais la lumière, j'attrapais mon livre et il ne me quittait plus. Ça énervait ma mère de me voir le nez fourré dans un bouquin. » (p.48-49)

 

«  On redoute toujours de perdre la mémoire. C’est elle la source de nos maux. On ne vit bien que dans l’oubli. » (p.434)

 

 

Un mot des titres

 

 

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Paola Calvetti, La Ronde des désirs impossibles

Publié le par calypso

 

Paola-Calvetti---La-ronde-des-desirs-impossibles.jpg

 

Quand, à 9h06 précises, Olivia apprend qu’elle est licenciée, elle hésite entre tuer sa boss (la « Witch ») ou penser très fort à sa grand-mère adorée qui lui a appris à conjurer le sort. Dans le petit bar-tabac où elle se réfugie, elle observe les clients en se remémorant sa vie, ses moments de bonheur. Le même jour, Diego, un jeune avocat, décide de prendre un nouveau départ. Comme Olivia, il a perdu un être cher ; comme elle, il prend la résolution de se libérer du passé. Diego et Olivia ignorent tout l’un de l’autre. Pourtant, ils se connaissent… mais ils ne le savent pas encore.

 

La Ronde des désirs impossibles… Voici un roman qui porte bien son titre, tant l’histoire… tourne en rond ! Bon, j’admets, elle était facile, mais c’est bel et bien ce que j’ai ressenti à la lecture du nouveau roman de Paola Calvetti, auteure dont j’avais lu tant de bien jusqu’alors.

Imaginez une jeune femme de trente-trois ans, onze mois et douze jours, prénommée Olivia qui, à peine arrivée dans l’agence de communication dans laquelle elle travaille, apprend qu’elle est virée. Comme début de journée, on a fait mieux. Elle prend donc ses cliques et ses claques, décidée à rentrer chez elle, quelque peu humiliée mais pas désespérée. Un petit côté optimiste qu’elle tient de sa mamie. Finalement, sur le chemin du retour, elle s’arrête dans un bar-tabac un peu vieillot : papier peint à fleurs violette sur fond marron clair, nappe en polyester rose recouverte de quelques miettes et d’une tache. Page 29 : Olivia monte à l’étage. Page 233 : Olivia sort du bar. Entre temps : c’est long. Enfin, Olivia fait des listes, ce qui lui permet de passer le temps et d’envisager la suite de son existence, et puis il y a le wifi, ce qui lui permet de recevoir les mails de son amie Sarah qui a un besoin urgent de lui parler. Je ne serais pas vraiment honnête si j’omettais de vous parler de Diego, le second personnage du roman. On apprend que la jeune licenciée et l’avocat torturé se sont déjà vus, plus jeunes, mais cette fraction de seconde ne sert finalement pas à grand-chose dans le roman. Une facilité, peut-être, qui permet à l’auteure de commencer son histoire en nous présentant cet échange de regards. C’est mignon mais cela n’a pas de réel intérêt. Diego, lui, on le connaît finalement assez peu par rapport à Olivia. Il a vécu un drame familial et paraît être devenu quelqu’un de bien, mais le personnage est relativement peu fouillé, du moins pas assez pour que l’on puisse s’attacher à lui un minimum. De toute façon, on ne s’attache pas à cette histoire. On la lit vite, mais sans réel plaisir. Le seul intérêt est ce questionnement qui nous prend au début du roman et ne nous lâche plus : les personnages vont-ils se rencontrer ou non ? La réponse se trouve à la fin du roman qui est à l’image de l’ensemble, c’est-à-dire bien fade.

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« Le « Je ne t’aime plus » est une sentence sans appel à n’importe quel âge et devant n’importe quel juge terrestre. Face à autant de sincérité, les arguments manquent, on s’incline devant le mystère et on essaie de survivre. » (p.75)

 

« Avec les ans, les malheurs s’estompent. Si on se met à en parler, quelqu’un d’autre a toujours les siens à raconter, et puisqu’on ne pourra jamais établir un barème de la douleur, avec le temps on préfère céder sa place. Chacun finit par cultiver ses ennuis tout seul. » (p.240)

 

« Il est des moments dans la vie où tout change. Des moments où un événement modifie radicalement tout ce qui a existé jusqu’à l’instant qui l’a précédé. » (p.253)

 

« Le voilà ce moment unique, lorsque tout est possible et que l’autre est un tableau noir vide, où tout peut encore être écrit, et que derrière ces yeux n’importe quelle trame pourrait être écrite. Intacte comme un champ de neige fraîche. » (p.265)

 

Publié dans Littérature italienne

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Challenge Un mot, des titres - Session 24 - Les billets

Publié le par calypso

 

Un mot des titres

 

« Jamais je ne voudrais faire partie d’un club

qui accepterait de m’avoir pour membre. »

Groucho Marx

 

 

 

 

Voici les billets de cette vingt-quatrième session :

 

- Mimi54 : Le Club de Leonard Michaels

- Etoilla : Cocktail Club de Madeleine Wickham (Sophie Kinsella)

- Soie : Miss Marple au club du mardi d'Agatha Christie

- Adalana : Le Club du suicide de Robert Louis Stevenson

- Joëlle : Miss Marple au club du mardi d'Agatha Christie

- Emma : Le Club des Cinq et le trésor de l'île d'Enid Blyton

- FondantOchocolat : Cocktail Club de Madeleine Wickham (Sophie Kinsella)

- Céline : Fight Club de Chuck Palahniuk

- Miss Bunny : The Sunday Philosophy club, T1 d'Alexander McCall Smith 

- Helran : Club Dumas d'Arturo Pérez-Reverte 

- Sharon : Aurora Teagarden, T1 : Le Club des amateurs de meurtres de Charlaine Harris et Le Club de la pluie au pensionnat des mystères de Malika Ferdjoukh 

- Pinklychee : Cocktail Club de Madeleine Wickham (Sophie Kinsella)

- Delcyfaro : Le Club des incorrigibles optimistes de Jean-Michel Guenassia

- Mypianocanta : Miss Marple au club du mardi d'Agatha Christie

- Odwy : Le Club des incorrigibles optimistes de Jean-Michel Guenassia

- Titepomme : Le Club des crottes de Susie Morgenstern

- Reveline : Club Dumas d'Arturo Pérez-Reverte

- Achille49 : Le Club des incorrigibles optimistes de Jean-Michel Guenassia

- EimeoN : Cupcake club, T1 : Baiser sucré de Donna Kauffman

- Astrid : Le Club des cinq en péril d'Enid Blyton

- Shakes : Le Club des incorrigibles optimistes de Jean-Michel Guenassia

- Piplo : Club Dumas d'Arturo Pérez-Reverte

- XL : Club Dumas d'Arturo Pérez-Reverte

- Calypso : Le Club des incorrigibles optimistes de Jean-Michel Guenassia  

 

 

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