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Olivier Adam, A l'abri de rien

Publié le par calypso

 

Marie se sent perdue. Son mari, ses enfants sont le dernier fil qui la relie à la vie.

 

Ce fragile équilibre est bouleversé le jour où elle rencontre les « Kosovars », ces réfugiés dont nul ne se soucie et qui errent, abandonnés, aux confins de la ville.

Négligeant sa famille, Marie décide de leur porter secours.

Et de tout leur donner : nourriture, vêtements, temps, argent, elle ne garde rien pour elle. Entraînée par une force irrésistible, elle s’expose à tous les dangers, y compris celui d’y laisser sa peau.

 

Troisième roman d’Olivier Adam que je lis, première déception. Il faut un début à tout !

A la base, ce n’était pas gagné… On est souvent influencé par les critiques des uns et des autres, surtout quand elles sont très positives. Je me suis donc lancée dans la lecture du roman à la fois avec envie et hésitation car le thème annoncé par la quatrième de couverture me plaisait moyennement…

L’histoire : Marie est mariée à Stéphane, et ils ont deux enfants : Lise et Lucas. La petite famille vit dans un lotissement pavillonnaire. Il est chauffeur de bus, elle a perdu son emploi de caissière au supermarché. Très vite, nous comprenons qu’elle n’a plus goût à rien, son quotidien l’insupporte, c’est une sorte de « desperate housewife » à la française. C’est tout juste si elle prend encore plaisir à passer du temps avec ses enfants, les emmener à l’école… Et puis un jour, elle se retrouve confrontée à la misère des « Kosovars », ces réfugiés venant d’un peu partout, attendant de pouvoir passer en Angleterre. Elle devient alors bénévole dans un centre qui leur vient en aide, délaissant peu à peu sa famille, sombrant petit à petit…

Heureusement, Olivier Adam a le mérite d’avoir un style qui lui est propre : la misère et la folie naissante sont dépeintes de façon brute, comme si les mots, les expressions, les phrases matérialisaient la noirceur qu’il veut montrer au lecteur. Malheureusement, ce roman ne m’a pas touchée. Je n’ai pas été émue par ce personnage que je ne parviens pas à comprendre, je dois dire que je me suis ennuyée, le sujet ne m’a pas plu, j’ai eu du mal à atteindre les dernières pages. Je dois reconnaître toutefois que j’ai apprécié la fin : il fallait, me semble-t-il, aller au bout des choses et c’est ce qu’a fait Olivier Adam.

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« Comment ça a commencé ? Comme ça je suppose : moi, seule dans la cuisine, le nez collé à la fenêtre où il n’y a rien. Rien. Pas besoin de préciser. Nous sommes si nombreux à vivre là. Des millions. De toute façon ça n’a pas d’importance, tous ces endroits se ressemblent, ils en finissent par se confondre. D’un bout à l’autre du pays, éparpillés ils se rejoignent, tissent une toile, un réseau, une strate, un monde parallèle et ignoré. »

 

« […] on est tous bourrés de ces trucs qui nous bousillent l’existence sans raison valable. Le silence, par exemple. Ce jour-là comme n’importe quel autre il emplissait tout, me coinçait la gorge dans un étau. Je pouvais le sentir me figer les sangs, me creuser les poumons d’un vide immense. Un cratère sans lave. Un désert. Une putain de mer de glace. »

 

« Cette sensation de tomber en poussière soudain, de devenir liquide et de disparaître, d’être comme mangée de l’intérieur, tordue, mâchée, étranglée, essorée, vidée. Cette impression que tout devenait noir et froid tout à coup. La certitude que j’ai eu d’être vraiment seule au monde cette fois, abandonnée incapable et morte à l’intérieur. »
 

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Philippe Grimbert, Un secret

Publié le par calypso


 

 

 

Souvent les enfants s'inventent une famille, une autre origine, d'autres parents. Le narrateur de ce livre, lui, s'est inventé un frère. Un frère aîné, plus beau, plus fort, qu'il évoque devant les copains de vacances, les étrangers, ceux qui ne vérifieront pas... Et puis un jour, il découvre la vérité, impressionnante, terrifiante presque. Et c'est alors toute une histoire familiale, lourde, complexe, qu'il lui incombe de reconstituer. Une histoire tragique qui le ramène aux temps de l'Holocauste, et des millions de disparus sur qui s'est abattue une chape de silence.

 

 

J’ai lu Un secret avec beaucoup de plaisir, mais je ne vais vous en parler que très brièvement, car je ne voudrais pas révéler l’histoire à ceux qui n’ont pas encore eu l’occasion de lire le livre et/ou de voir le film.

J’avais bien sûr entendu parler de l’œuvre et les quelques critiques que j’ai pu lire ont attisé ma curiosité, mais je crois que même sans cela j’aurais lu Un secret car le titre m’attirait. C’est un joli titre qui tient ses promesses… L’écriture est simple mais captivante, l’histoire ne nous est pas donnée dans sa globalité dès le début mais est dévoilée petit à petit. Une belle lecture.

J’ai immédiatement regardé le film que j’ai trouvé plutôt réussi !


   

L’œuvre en quelques mots…

 

« De ce jour, j’ai marché dans son ombre, flotté dans son empreinte comme dans un costume trop large. Il m’accompagnait au square, à l’école, je parlais de lui à tous ceux que je rencontrais. A la maison, j’avais même inventé un jeu qui me permettait de lui faire partagé notre existence : je demandais qu’on l’attende avant de passer à table, qu’on le serve avant moi, que l’on prépare ses affaires avant les miennes au moment du départ en vacances. Je m’étais créé un frère derrière lequel j’allais m’effacer, un frère qui allait peser sur moi, de tout son poids. » 

 

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Frank Andriat, Depuis ta mort

Publié le par calypso

 

« Tu aurais pu m'accorder un délai supplémentaire; tu ne l'as pas fait et c'est pour ça que je t'en veux. » Ghislain n'arrive pas à sortir du brouillard dans lequel il se débat depuis la mort de son père. Comment accepter cette absence et continuer à vivre ? Heureusement, la vie est là, qui veille, et la douce Amélie aussi... 
 


Depuis ta mort est un roman qui traite d'un sujet douloureux, celui de la perte d'un parent, et qui s'adresse tout particulièrement aux adolescents.
Ghislain, le personnage principal, est également le narrateur de ce court texte qui nous raconte la difficile acceptation de la mort brutale de son père. Parce qu'il est parti sans lui dire au revoir, parce qu'il est parti sans lui laisser le temps, l'adolescent en veut à son père et voudrait pouvoir le « tuer
», c'est-à-dire effacer sa présence obsédante de ses pensées. Je ne vous révèle pas grand chose en vous disant que, peu à peu, Ghislain va parvenir à faire son deuil et à accepter de vivre à la fois sans son père et à ses côtés. Ce qui fait, à mon sens, l'intérêt de ce court roman ce sont ces mots, ces phrases si bien choisis et qui disent, avec tellement de justesse, toute la peine que l'on peut ressentir face à la perte d'un proche.


L'oeuvre en quelques mots...

« J'étais fier de toi, très fier. Je ne te l'ai pas assez dit. Un adolescent, ça s'éloigne avant de pouvoir revenir. Mais, puisque tu es définitivement parti, je n'aurai jamais l'occasion de te rejoindre. Tu as tout gâché, papa : l'évolution naturelle des choses, la relation, les petites brisures, la tendresse. Je ne te le pardonne pas. A qui pourrais-je raconter que tu es un type bien, que tu vis de projets, que tu as du courage et de la persévérance ? Je ne supporte pas de parler d'une personne à l'imparfait et, en mourant, tu ne m'as pas laissé d'autres choix. 
»

« Les mots sont pauvres pour exprimer ce quon ressent face à la mort. On dirait qu'avec elle, s'achève le vocabulaire. Bien entendu, il y a des termes illustratifs, mais ce dont je parle, c'est de mon coeur qui appelle au secours. Un cri qui ne se traduit pas en langue française. Un cri tout court. »

 

 

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