Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Le mardi sur son 31 #22

Publié le par calypso

 

 

 

Aujourd’hui, je lis On reconnaît le bonheur au bruit qu’il fait quand il s’en va de Marie Griessinger et voici la citation que j’ai dénichée à la page 31 :

 

 

De toute façon, mes parents ont traîné leurs racines avec eux toute leur vie.

 

 

Pourquoi ce choix ? Parce qu’il résume bien l’ancrage identitaire des parents de la narratrice, même si j’aurais aimé vous présenter d’autres citations, tant ce roman est rempli de belles phrases.

 

 

Pour plus d’informations sur ce rendez-vous hebdomadaire, cliquez sur l’image.

Partager cet article

Repost 0

Sarah Rayner, Un nouveau jour

Publié le par calypso

 

 

Karen, veuve depuis peu et mère de deux jeunes enfants, doit surmonter la mort de son père. Abby, épuisée par le quotidien auprès de son fils autiste, est en instance de divorce. Michael, fleuriste, a été contraint de déposer le bilan.

Leurs trois destins se croisent quand, à bout de souffle, ils se réfugient derrière les portes d’une clinique psychiatrique de Brighton.

Là-bas, grâce aux groupes de parole et aux liens noués avec d’autres pensionnaires, ils reprennent pied dans l’existence et retrouvent le goût des plaisirs de la vie. Mais comment préserver cet équilibre quand la vie est si imprévisible ?

 

L’auteur, qui est pourtant classée en tête des ventes en Grande-Bretagne depuis L’Instant d’après, m’était totalement inconnue. C’est donc sans aucun a priori que j’ai eu envie de découvrir ce titre, tout d’abord pour l’histoire annoncée, mais aussi pour la jolie couverture aux tons bleus et violets.

Un nouveau jour retrace le parcours de Karen, Abby et Michael, qui ne se connaissaient pas avant que les aléas de la vie ne les conduisent tout droit vers une dépression. Les premiers chapitres nous montrent à quel point il est facile de perdre pied, alors même que l’on se bat et que l’on donne le meilleur de soi chaque jour qui passe. Prenons Karen. Veuve et mère de deux enfants, elle perd son père, atteint de la maladie d’Alzheimer. C’en est trop pour la jeune femme qui n’est pas apte à supporter ce deuxième décès en deux ans. Abby, elle aussi, se bat au quotidien. Elle est en train de se séparer de son mari et doit assumer l’éducation de son fils qu’elle aime plus que tout au monde mais qui demande une attention de tous les instants. Entre un divorce, la vente de la maison et un fils autiste, Abby ne peut plus faire face. Enfin, il y a Michael, un fleuriste, marié et père heureux de deux enfants qui suivent des études à l’université. Mais voilà qu’un changement professionnel vient bouleverser sa petite vie bien rangée. Michael ne peut plus s’occuper financièrement de sa famille et sombre dans un abîme où l’estime de soi n’a plus aucune place. Ces trois personnages vont se rencontrer dans une clinique de Brighton où, entourés par des professionnels attentifs à leur mal-être, ils vont peu à peu reprendre goût à la vie.

Dépression, acceptation et reconstruction sont les maîtres-mots de ce roman. Cela pourrait donner l’impression que le roman est plutôt sombre, mais il n’en est rien, au contraire. D’une part, parce que tout est fait lors du traitement médical pour chacun puisse trouver le positif dans ses propres souffrances, d’autre part parce que l’auteur a choisi la voie de la légèreté et de l’humour. Tout n’est pas rose non plus, bien évidemment : un drame est d’ailleurs annoncé dès les premières pages et nous n’apprenons qu’à la fin quel personnage est concerné. C’est un roman bien écrit et réaliste, mettant en scène des personnages que l’auteur a pris soin de nous présenter de manière assez complète. Les séances de psychothérapie sont intéressantes, c’est surtout vers celles-ci que se portaient mon intérêt. En résumé, beaucoup d’éléments positifs, un bon moment de lecture, mais pas de coup de cœur pour ce roman que je crains d’oublier assez vite. Moi qui aime plus que tout relever des petites phrases qui me touchent lors de mes lectures, j’avoue ne pas avoir été comblée...

 

 

L’œuvre en quelques mots...

 

« Dégonflé ou pas, ça suffit comme ça, décide-t-il en sortant du bain et en se séchant avec une serviette bleue rêche.

Puis il passe son peignoir, rend la clé et se retire dans sa chambre.

Là il sent la déprime le gagner de minute en minute. Cette dégringolade l’effraie. Avec un peu de chance, je pourrai passer l’essentiel de la journée de demain ici, se dit-il. J’en aurai peut-être marre d’être seul avec moi-même, mais plutôt crever d’ennui que de redescendre dans cette arène. »

Publié dans Littérature anglaise

Partager cet article

Repost 0

Maxime Chattam, Que ta volonté soit faite

Publié le par calypso

 

 

Bienvenue à Carson Mills, petite bourgade du Midwest avec ses champs de coquelicots, ses forêts, ses maisons pimpantes, ses habitants qui se connaissent tous. Un véritable petit coin de paradis... S'il n'y avait Jon Petersen. Il est ce que l'humanité a fait de pire, même le Diable en a peur. Pourtant, un jour, vous croiserez son chemin. Et là... sans doute réveillera-t-il l'envie de tuer qui sommeille en vous.

 

Le Mal tient en deux mots. Jon Petersen. Un prénom, un nom. Au départ, ceux d’un enfant élevé par un grand-père autoritaire autour duquel évoluent deux figures féminines, deux tantes prénommées Rackel et Hannah. Un enfant qui grandit dans une bourgade où tout le monde connait tout le monde, partagée entre deux communautés religieuses et bordée de champs de coquelicots. Jon Petersen. Le Mal donc. Un enfant à l’écart, qui n’a pas d’amis et qui se distrait en détruisant des fourmilières. Peu à peu, l’innocence se transforme en violence et la prise de conscience de cette violence et du pouvoir de destruction qui lui est lié conduit un jour à l’irréparable. Les années passent. Jon Petersen devient un homme. Cet homme devient père. Et ce père, la violence ne l’a jamais quitté.

Que ta volonté soit faite est une nouvelle pierre à l’édifice littéraire de Maxime Chattam, un univers que je suis loin de connaître dans sa globalité, mais je peux affirmer en tout cas que ce roman est très différent des deux derniers. C’est un roman d’ambiance - l’impression d’être à Carson Mills est très forte - mettant en scène une histoire absolument captivante. C’est également un roman où le suspense est maintenu jusqu’au bout, jusqu’aux toutes dernières lignes. Un vrai roman coup de poing, sublimé par une écriture extrêmement bien travaillée.

 

 

L'oeuvre en quelques mots...

 

« [...] si John n’éprouvait pas une once de culpabilité pour tout le mal qu’il avait fait aux autres dans son existence, il comprenait néanmoins qu’il n’était pas un homme foncièrement bon. Pire, il savait qu’il portait une forme de noirceur en lui, et qu’à chaque fois qu’il se déchargeait de la pression, il en rependait un peu dans son sillage, il propageait les ténèbres. Il était ainsi fait, c’était sa nature d’homme. Certains naissent foncièrement bons, la plupart ne sont que des funambules dansant au-dessus du vide entre bonté et méchanceté, mais une poignée, comme lui, venaient au monde souillés par déjà une bonne quantité de limon autour de leurs fondations, trop en tout cas pour que les grandes eaux moralisatrices de la civilisation puissent tout laver. Il est des individus que même l’éducation ne peut nettoyer. Et malgré le peu de culture et d’intelligence dont Jon était doté, ça au moins il l’avait compris depuis son plus jeune âge. »

Partager cet article

Repost 0

Yaël Hassan, La bonne couleur

Publié le par calypso

 

Yael-Hassan---La-bonne-couleur.jpg

 

 

Nouvelle nuit d’angoisse et d’insomnie. Mais c’est l’heure. Max a la gorge sèche et les tripes nouées. Plus que quelques secondes... Il compte. Six, cinq, quatre, trois, deux... Il ferme les yeux. Il voudrait mourir, disparaître à jamais. Difficile de se lever lorsqu’on ne porte plus l’uniforme rouge ou violet de l’élite et que l’on est rétrogradé chez les bruns. Surtout quand le régime totalitaire au pouvoir ne tolère ni l’échec, ni la liberté d’expression. Max doit affronter les humiliations du lycée mais il ne regrette rien. Ce qui compte, c’est ce à quoi il aspire en secret...

 

 C’est la rentrée des classes et les résultats de Max ont tellement chuté qu’il va commencer cette nouvelle rentrée scolaire avec un uniforme brun. Fini l’uniforme rouge, la bonne couleur. « Quand on est brun, on rase les murs ! » Mais que s’est-il passé pour que Max, cet élève sensible et doué, ait été rétrogradé et condamné à changer d’uniforme ? Avant tout, il nous faut préciser le contexte : le héros adolescent vit dans une société dans laquelle les libertés ont été réduites à néant et où la pensée unique est le maître-mot. Les hommes, les femmes, les enfants, ne peuvent pas s’exprimer librement. Pire, ils ne connaissent pas le sens du mot « aimer ». On n’aime pas ses parents, on a du respect pour eux ; on n’aime pas un gâteau, on a du goût pour lui ; on n’aime pas un livre, on en tire une certaine satisfaction. Inutile de dire que, dans cette société, le souvenir de ce qu’a pu être la démocratie a complètement disparu. Mais Max ignore tout cela. Jusqu’au jour où il fait la connaissance de Félix, un vieil antiquaire qui habite en bas de chez lui...

Alors, verdict ? Plutôt convaincant malgré la brièveté (une centaine de pages) qui devrait justement attirer certains jeunes lecteurs. Le récit est constitué d’une alternance de chapitres centrés sur le présent et de chapitres tournés vers le passé. Un choix narratif intéressant qui permet de découvrir peu à peu les événements qui se sont déroulés dans les mois précédents le premier chapitre et qui ont changé à jamais la vie du héros adolescent. Dans la lignée du Passeur de Loïs Lowry et de Ceux qui sauront de Pierre Bordage, ce roman invite à une réflexion sur ce qu’est la société et ce que serait un monde sans aucune liberté, un monde où l’on ne s’appuierait pas sur le passé puisque celui-ci serait tout simplement nié. Amour, amitié, relations familiales, politique, liberté, révolte... autant de thèmes qui sont susceptibles de plaire à tous tant ils sont universels.

 

 

L'œuvre en quelques mots...

 

« - [...] Tu as changé, Max, je ne te reconnais plus. Je ne suis pas un imbécile et je me doute bien qu’il se passe quelque chose. Quelque chose de... subversif... Ce que je n’arrive pas à comprendre, c’est ce que tu reproches à notre système qui fait tout, pourtant, pour la réussite et l’épanouissement personnel de chacun !

 

-  C’est faux ! Tu es endoctriné ! Tout cela n’est que mensonge ! Ce système n’a qu’un seul but, nous réduire à l’état de robots obéissants, dénués de tout sentiment, de tout esprit critique, de toute capacité de penser. Laisse-moi t’expliquer... »

 

 

Un mot des titres

 

 

Partager cet article

Repost 0

Challenge Un mot, des titres - Session 30 - Les billets

Publié le par calypso

 

Un mot des titres

 

 

« Il n’y a pas un brin d’herbe,

il n’y a pas une couleur dans ce monde

qui ne soit faite pour nous réjouir. »

John Calvin

 

 

 

 

Voici les billets de cette trentième session :

 

- Joëlle : La bonne couleur de Yaël Hassan

- Itzamna : La Couleur du lait de Nell Leyshon

- XL : Oriane ou la cinquième couleur de Paul-Loup Sulitzer et La Couleur pourpre d'Alice Walker

- Piplo : La bonne couleur de Yaël Hassan

- Sayyadina : La Couleur pourpre d'Alice Walker

- Fred : Le Magicien des couleurs d'Arnold Lobel

- Philippe D : Oriane et la cinquième couleur de Paul-Loup Sulitzer

- Delcyfaro : La Couleur de l'aube de Yanick Lahens

- Pinklychee : La Couleur des sentiments de Kathryn Stockett

- Mariejuliet : Les Annales du disque-monde, T1 : La huitième couleur de Terry Pratchett

- Céline : La Couleur de l'âme des anges de Sophie Audouin-Mamikonian

- Mortuum : Quelles sont les couleurs des ténèbres ? de Lloyd Biggle Jr. et Les Annales du disque-monde, T1 : La huitième couleur de Terry Pratchett

- Odwy : Les sept couleurs du vent de Bernard Tirtiaux et Un sari couleur de boue de  Kashmira Sheth

- Calypso : La bonne couleur de Yaël Hassan

 

Partager cet article

Repost 0