Pierre Lamalattie, 121 curriculum vitae pour un tombeau

Publié le par calypso

 

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Pierre Lamalattie est l'auteur et le héros de ce roman exceptionnel d'acuité, à la fois tragique et hilarant. Peintre surdoué, il épingle ses contemporains en réalisant ce qu'il appelle des curriculum vitæ : des portraits accompagnés de quelques mots pour résumer « des vies tout entières ». Prince du détachement, il manie une langue mesurée, concentrée, circonspecte, et décoche sa pensée avec une précision stupéfiante.

 

121 curriculum vitae pour un tombeau est un roman qui semble autobiographique mais il n’est pas impossible que certains événements racontés appartiennent à la fiction. Je n’en sais trop rien mais c’est bel et bien cet aspect autobiographique qui m’avait attirée au départ. On ne peut pas reprocher à l’auteur l’absence de qualités littéraires et je dois aussi reconnaître que j’ai lu ce roman assez facilement malgré sa longueur. Mais ai-je été séduite ? Ça, c’est une autre histoire…

Le narrateur est ingénieur agronome, il travaille depuis plusieurs années au ministère de l’Agriculture et, parallèlement à cette activité, il est conseiller « emplois-carrières » pour les étudiants de l’ISV. Autant dire que les curriculum vitae, il connaît ! Sa passion pour la peinture lui donne envie de réaliser une série de portraits et il décide d’accompagner chacun d’entre eux d’une courte phrase, une sorte de C.V miniature où l’essentiel de l’être peint est dit. Le premier et le dernier curriculum vitae seront les siens. Entre les deux, il livre ceux d’anonymes, d’hommes et de femmes croisés dans sa vie privée et professionnelle, présents dans ses souvenirs…

Le ton est souvent caustique et Pierre Lamalattie n’épargne ni les autres ni lui-même. De nombreux thèmes sont abordés (le Salon de l’Agriculture, les femmes, la politique…) si bien que le roman devient un peu fouillis, même si la trame narrative demeure intacte grâce à ces C.V. saupoudrés dans le récit. Certains sujets ont su retenir mon attention mais je ne pense pas que je m’en souviendrai longtemps. C’est le cas notamment de ce mariage auquel le narrateur a été convié et qu’il doit véritablement subir, un mariage participatif où les invités doivent mettre la main à la pâte : pour lui, ce sera « atelier équeutage de haricots ». A l’inverse, d’autres passages m’ont déplu et la vulgarité des propos de l’auteur m’a souvent gênée. Ce n’est pas ce que j’avais envie de lire et, même s’il faut reconnaître que la forme est plutôt originale, je pense que ce roman n’est tout simplement pas tombé entre les bonnes mains.

 

 

L'Editeur

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

«  J’ai 54 ans. J’ai connu moins de femmes qu’un animateur du Club Med. J’ai gagné moins d’argent que mon voisin orthodontiste. Je suis moins sportif que ma belle-sœur. J’habite toujours à 500 mètres de chez ma mère. Et bien sûr, je n’ai vécu aucune aventure de l’extrême. Je suis un type inoffensif, une sorte de raté irrémissible. » (p.9)

 

« L’andante du concerto n°22 se poursuivait. Toute l’amertume des bois s’y exprimait avec une infinie noblesse. En temps ordinaire, telle une machine à laver, je m’active, j’ai des choses à faire. Mais, au fond, je ne connais pas plus ma vie que la machine à laver ne connaît son linge. Parfois, pourtant, j’oublie le linge, je ne suis plus un lave-linge, mais un dieu vivant. Au moment où j’écoutais cet andante, c’était exactement le cas. Et c’est dans cet état d’excitation que m’est venue une envie décisive : l’envie de peindre des concentrés de vie, l’envie de peindre des toiles qui permettent, en un seul regard, de comprendre des vies tout entières. » (p.44)

 

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Alex-Mot-à-Mots 03/01/2012 12:58

Du bon et du moins bon, j'hésite toujours à le lire.

Géraldine 23/12/2011 19:16

Ca me tentait pas mal jusqu'à ce que tu dises ce livre long et que tu évoques la vulgarité... c'est quelque chose que je supporte de moins en moins dans mes lectures !

calypso 24/12/2011 15:33



A toi de voir...