Henri Husetowski, L'été chagrin

Publié le par calypso

 

Eté 42. David ne s'en laisse pas raconter. Sa mère, veuve Yourguevitch, a eu l'intelligence de se remarier avec M. Duval. Pour plus de sécurité, elle a fait baptiser David. Elle est formelle. Maintenant, tous les deux sont de vrais français. Ils n'ont rien à craindre ! Il faut juste que David fasse plaisir à sa maman, qu'il ne soit pas un fainéant comme son père, et qu'il devienne ingénieur. Mais une nuit, cet été-là, des voitures noires et des camions viennent chercher tous les juifs du quartier. Par miracle, David leur échappe. Seul, soudain, son monde s'effondre. Seul, il comprend que sa mère et les adultes lui ont menti. Sur qui pourra-t-il compter désormais, alors qu'il lui faut tout quitter ?...

 

 

Avec L’été chagrin, nous suivons quelques jours de la vie du jeune David à Paris, durant cette période tristement connue de tous, celle de la seconde guerre mondiale. Une petite recherche rapide m’a permis de situer plus précisément le moment de l’action. Les quelques jours de juillet évoqués, et plus particulièrement les 16 et 17 juillet, ont été le théâtre d’événements dramatiques : la plus importante rafle de Juifs en France (celle du vélodrome d’hiver de Paris) et la déportation vers Auschwitz. C’est incontestablement la période qui m’a poussée à sélectionner ce roman lors de l’opération Masse critique lancée il y a quelques semaines sur Babelio. Et j’ajouterai également que la couverture ne m’a pas laissée insensible…

Bon, passons aux choses sérieuses : mon avis. Si j’ai apprécié au début du roman le récit à la première personne, je dois dire que je m’en suis très vite lassée. J’ai parcouru très rapidement quelques articles d’autres bloggeuses, et je pense que nous avons été gênées par la même chose : le langage de cet enfant de 10 ans, parfois vulgaire (certains passages m’ont particulièrement déplu : « En plus elle pue, elle me débecte vraiment c’est une ogresse bouffeuse d’enfants sans défense. Je voudrais la tuer, lui couper les nichons en tranches et lui balancer le fauteuil dans la poire »), et particulièrement porté sur la chose… Comme tout est vu à travers son regard, nous ne savons que peu de choses des événements. La première partie du roman sert surtout à mettre en place les personnages : David bien sûr, ce petit juif dont le père est mort et dont la mère s’est remariée avec un Français du nom d’Albert Duval, Chopinette, la « clocharde officielle du quartier », Yacov, meilleur copain de David… La seconde partie débute lors du départ de la mère de David et des parents de Yacov : les enfants sont alors confiés à un voisin du quartier, un sénégalais, Fêtnat, jusqu’à ce que les choses deviennent trop dangereuses et que les enfants soient confiés à Mme Lafayette, une autre habitante du quartier, une « aimeuse » comme ne cesse de nous le rappeler notre héros. Et puis, les choses se compliquent car la fiction ne cesse de se mêler à la réalité et David se prend à s’imaginer résistant engagé, si bien que nous savons plus vraiment démêler le vrai du faux, ce qui m’a particulièrement gênée.

J’ai donc eu un peu de mal à atteindre le bout de ce roman qui n’est pourtant pas bien épais (250 pages environ). A vrai dire, je l’ai lu sans vraiment d’intérêt, ou plutôt avec de moins en moins d’intérêt. Je me suis ennuyée. Un petit plus tout de même : les dernières pages qui, sous forme épistolaire, tentent d’apporter quelques réponses à nos questions au sujet du dénouement plutôt étrange (et quand même touchant) du roman.

 

Je remercie Babelio de mettre en place régulièrement cette grande opération de masse critique et les éditions Buchet/Chastel pour l’envoi de cet exemplaire !

 

Quelques avis chez esmeraldae, Sandrine et Nanne !

 
 


 

L’œuvre en quelques mots…

 

« C’est le père Noisiel qui a dit la messe quand mon père Albert Duval est tombé de la grue à son travail.

A l’enterrement, le père Noisiel a levé légèrement les bras, les paumes vers le haut, en disant que Dieu dans sa miséricorde accueillait un de ses fils en son sein, pour la vie éternelle.

J’étais pas mal étonné je dois dire, j’arrivais pas à comprendre comment Albert pouvait être fils de Dieu alors que c’était moi, le fils de Dieu, le père Noisiel l’avait dit le jour de mon baptême. Que mon deuxième père Albert devienne mon frère, quelque chose m’échappait, je dois l’avouer. »

 

 

 

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Commenter cet article

kattylou 08/12/2009 23:05


dommage je pense que le langage ma gênerat aussi


vicim 07/12/2009 12:33


j'aime lire des romans sur cette époque mais je ne suis pas sûre d'apprécier le langage... A voir


calypso 08/12/2009 21:07


Tu peux le feuilleter en librairie pour te faire une idée !


Leiloona 07/12/2009 10:02


Ah, je n'avais pas relevé que c'était un enfant de 10 ans qui parlait. Bon, je passe définitivement mon tour.


calypso 08/12/2009 21:10


Oui, c'est lui le narrateur !


Ys 06/12/2009 11:25


Bon, je passe, les livres sur la Deuxième Guerre mondiale me lassent un peu et tes réticences ne me disent rien de bon...


calypso 06/12/2009 11:28



C'est essentiel je crois de changer de registre assez souvent pour ne pas se lasser, comme tu dis.



Anneso 06/12/2009 11:01


je ne l'ai pas lu... mais c'est pas grave ! je ne compte pas y remédier ;)


calypso 06/12/2009 11:30


Tu n'as pas tort ;)


SD49 06/12/2009 09:53


eh bien voila un avis qui ressemble beaucoup au mien !!!


calypso 06/12/2009 09:59


En effet, nous partageons le même avis sur ce roman. Il semble avoir davantage séduit les autres bloggeuses.


Marie 06/12/2009 08:43


je vais m'abstenir pour ce titre ! Ma pal déborde de toutes façons...