Christian Garcin, Aux bords du lac Baïkal

Publié le par calypso

 

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La journée s’annonce sans histoire aux bords du lac Baïkal. Sans histoire, vraiment ?

Dans le ciel d’un bleu intense, l’aigle Lelio Lodoli s’apprête à fondre sur la malheureuse marmotte Stavroula Spassiba. Indifférent au drame, Malmousque Gourbi le glouton paria discute avec une pâquerette très fine et très spirituelle, pendant que Dianda l’Esprit du Lac rôde dans les fourrés. Non loin de là, l’escargot Dwayne Dodo s’élance vers un carré de salades, alors que Nastiouchka Pilipili, la pie borgne et un peu médium, converse avec les animaux morts depuis moins d’un mois et demi.

Qu’ils vivent dans, autour ou au-dessus du Grand Lac, les riverains du lac Baïkal ont souvent quelque chose à dire. Le seul humain à capter ces conversations est un jeune chaman de la région. Mais étant donné que Geirg Dordjé ne parle à personne, il ne risque pas de les répéter…

 

Nous sommes en Sibérie du Sud, près du lac Baïkal appelé aussi la « Grande Mer », le lac le plus ancien du monde mais aussi le plus profond. Dans ce lieu empreint de magie et de chamanisme, différents personnages évoluent, se croisent, s’observent. Le silence règne aux abords du lac, réchauffés par un soleil brûlant. C’est alors que l’aigle Lelio Lodoli vient perturber l’apparente tranquillité de la faune et de la flore environnantes. Il aperçoit un « gros ours miniature » et fond sur lui. La marmotte, puisqu’il s’agit en réalité de cela, est emportée en quelques secondes. Dès lors, chapitre après chapitre, le lecteur va partager un bref moment de la vie de différents personnages. Les faits sont racontés tantôt à la 1ère, tantôt à la 3ème personne, et le point de vue diffère à chaque chapitre, permettant ainsi au lecteur d’appréhender, dans son ensemble, la scène qui se déroule dans, sur et autour du lac. Dans ce conte poétique, véritable hymne à la nature et à la vie sauvage, nous rencontrons des personnages tour à tour adorables ou amusants, mais jamais vraiment détestables, reconnaissables grâce à des noms pour le moins originaux : Anoushka Petzoula, la taupe, Opatija Domoul, la mouette de toutes les mouettes, Kolia Bargouzine, le phoque ressasseur, ou encore Geirg Dordjé, le jeune chaman, « quasi muet et très peu sourd ».

Cet excellent exercice de style auquel Christian Garcin s’est livré n’est jamais répétitif et mérite, selon moi, d’être dégusté petit à petit. Le plaisir de retrouver certains personnages déjà évoqués dans les chapitres précédents n’en est que plus grand.

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« Dwayne Dodo est un gros escargot qui pense être le plus beau de tous les escargots, donc de tous les animaux. car Dwayne Dodo pense très sincèrement que, d'un strict point de vue esthétique, les jambes des animaux humains sont une aberration, les ailes des oiseaux également, tout comme les écailles des uns, la fourrure des autres, les pattes, les plumes, les doigts, les griffes, les sabots, les museaux, les visages, les oreilles, les becs, et aussi l'absence de coquille, qui n'est pas loin d'être un véritable scandale esthétique. Et surtout, surtout, ces yeux collés sur la figure, c'est d'une laideur.

On peut donc résumer les choses ainsi : Dwayne Dodo, le plus beau de tous les escargots, était par voie de conséquence le plus bel animal du monde. » (p.82-83)

 

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L
<br /> J'aime quand les auteurs nous entraîne dans leur monde imaginaire et poétique. Un livre qui me tente.<br /> <br /> <br />
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S
<br /> J'avais absolument adoré !<br /> <br /> <br />
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