Andrée Ammirati, Va où la peur te mène

Publié le par calypso

 

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Ce roman a été lu dans le cadre de l’opération On vous lit tout, organisée par Libfly et le Furet du Nord.

 

Piacenza, 1906. Un garçon solitaire prénommé Michele grandit entre un père autoritaire et sans cœur et une mère soumise et désespérée. Mais à trop être maltraités par la vie, les cœurs purs finissent par s’endurcir et l’enfant démuni aura bien du mal à contenir la violence qui sommeille en lui. Terni, 1916. Une jeune fille, Alessandra, détestée par un père qui aurait préféré avoir un fils, ne connaît que les tâches ménagères et découvre bientôt le travail à l’usine ; elle a dressé autour d’elle des remparts et son sourire est une arme qui lui permet, jour après jour, d’avancer dans une vie qu’elle est bien décidée à changer. Les années passent et une partie du peuple italien assiste, impuissante, à la montée au pouvoir de Benito Mussolini et à l’apparition des Chemises noires. Les êtres comme Michele et Alessandra s’abîment et les exils se multiplient…

Va où la peur te mène est à n’en pas douter un roman de qualité. Par son sujet tout d’abord : plongé dans l’Italie fasciste de la première moitié du XIXe siècle, le lecteur est invité à découvrir le régime de Mussolini par la petite porte. Ce sont des bruits qui courent, des discussions populaires, des inquiétudes naissantes. Les scènes d’arrestation et de torture ne sont évoquées qu’à travers un exemple fort : ce sont les personnages et leur psychologie qui comptent, plus que les actes. Le deuxième point fort de ce récit, c’est sa construction : des personnages apparaissent tour à tour, sans forcément de lien apparent, un véritable canevas que le lecteur doit reconstituer, jusqu’à la révélation finale qui donne au roman toute sa force. Mais ce point fort est aussi une faiblesse : le nombre important de personnages rend parfois l’histoire difficile à suivre. En définitive, c’est un roman intéressant, plutôt agréable à lire, avec une chute particulièrement plaisante, mais qui souffre toutefois de quelques défauts.

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« Pour ne pas sombrer, il imaginait son père transpercé par une épée de feu ou agonisant dans d’atroces souffrances. Son cœur alors cessait de battre à tout rompre. Il retrouvait le calme sordide de cette chambre froide et sans tendresse. A petit feu, l’enfance s’échappa, le laissant écorché vif. Sous la carapace couvait l’acide venin de la désespérance. » (p.16)

 

« Elle s’était aimée pour ne pas mourir. C’est ainsi qu’elle pouvait donner aux autres ce qu’elle n’avait reçu de personne. Elle était un vrai rayon de soleil, incongru dans cette maison sordide, comme la plus jolie des fleurs qui pousserait sur un tas de fumier. » (p.32)

 

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Commenter cet article

buisson 31/10/2013 22:51

Le plus de ce premier roman d'Andrée AMMIRATI réside dans la puissance qui s'en dégage! Sans aucune concession, l'auteure nous fait vivre l'histoire de ces émigrés, torturés dans leurs corps,
dépouillés de tous leurs pauvres biens, détruits moralement et affectivement au fur et à mesure des persécutions, des trahisons! Mais toute la trame du roman n'a qu'un but, souligner combien la vie
est là, forte , puissante, généreuse et...indestructible!

Alex-Mot-à-Mots 25/08/2013 09:52

Pas un coup de coeur de la rentrée, alors.

cartonsdemma 20/08/2013 14:07

Le thème et la période historique pourraient bien me tenter, en espérant que ce ne soit pas trop dur quand même