Lauren Oliver, Broken things

Publié le par calypso

 

Avant de devenir les Monstres de Brickhouse Lane — avant que le pays tout entier, du Connecticut à la Californie, nous connaisse sous ce surnom, avant que des blogs publient des photos de nos visages, avant que plusieurs sites internet ne plantent parce qu’un trop grand nombre de visiteurs avaient entré nos noms dans des moteurs de recherche —, nous étions des filles quelconques, et nous n’étions que deux.

 

Mention Très Bien pour ce roman Young Adult qui présente, derrière sa couverture aussi sobre qu’élégante, une histoire que j’ai trouvée assez originale. Summer, Mia et Brynn sont trois amies en apparence inséparables qui, pour échapper à une réalité parfois très éloignée des idéaux adolescents, entreprennent d’écrire la suite d’un roman qu’elles adorent, Le Chemin de Lovelorn de Georgia C. Wells, mais qui a été laissé inachevé par son autrice, au beau milieu d’une phrase. Leur imagination débordante finit par rendre difficilement perceptible la frontière entre fiction et réalité et l’écriture du roman qu’elles ont intitulé Retour à Lovelorn se mue en obsession. Un jour pourtant, Summer est assassinée. Son corps est retrouvé dans les bois où les trois adolescentes avaient l’habitude de se rendre, dans une mise en scène ressemblant à un sacrifice. Tout laisse à penser que ses deux amies, Brynn et Mia, sont impliquées dans ce meurtre sordide. Accusées, interrogées par la police, elles sont finalement innocentées mais restent, dans l’esprit de tous, les « Monstres de Brickhouse Lane », parias de leur ville et source de commentaires intarissables sur le net. Cinq ans plus tard, Brynn s’apprête à quitter un centre de désintoxication qui est pour elle un véritable cocon au regard du drame qui a brisé son adolescence, mais son passé ne tarde pas à la rattraper… C’est là que débute le roman, avec le point de vue de Brynn qui alterne intelligemment avec celui de Mia. Entre les chapitres en focalisation interne, quelques extraits du Chemin de Lovelorn et de Retour à Lovelorn nous sont offerts, ils permettent une réelle immersion dans l’univers des trois jeunes filles. De manière générale d’ailleurs, l’atmosphère angoissante est parfaitement maîtrisée par l’autrice, de même que le suspense, même si l’on pourrait reprocher une conclusion un peu hâtive. J’ai pour ma part beaucoup aimé suivre la résolution des différents indices glissés dans le manuscrit des trois amies… Je n’en dis pas plus…

 

Un grand merci à Babelio et aux Editions Albin Michel pour cette lecture envoûtante.

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« Je savais déjà à l'époque que mon père se trompait : les mots peuvent tuer de mille façons. Les mots sont des pièges sur lesquels on trébuche, des cordes auxquelles on se pend, des orages tourbillonnants qui déboussolent et conduisent sur le mauvais chemin. »

 

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