Pauline Deysson, La Bibliothèque, T1 : Grandir

Publié le par calypso

 

 

Imaginez un monde où ni la pauvreté, ni la guerre, ni les livres n’existeraient plus. Le technomonde.

Imaginez un lieu hors du temps, qui abriterait tous les rêves de l’humanité. La Bibliothèque.

Imaginez que ces deux univers se rencontrent.

A 10 ans, Emilie est choisie pour devenir la nouvelle Bibliothécaire.

Elle a le pouvoir d’entrer dans les rêves, et de les vivre comme s’ils étaient réels.

Son premier livre la conduire sur une voie semée d’embûches, de magie et de doutes. L’accompagnerez-vous ?

 

Pour l’anecdote, depuis mon lâche abandon du Seigneur des Anneaux en plein milieu du tome 1 lorsque j’étais adolescente (oui, je sais, c’est moche), je n’ai plus abandonné aucun livre et me suis promis de ne plus le faire. Jusque là, je tiens parole et je m’en satisfais car je sais qu’un roman peut se révéler exceptionnel jusque dans les toutes dernières pages. Cela dit, pour être honnête, si je n’avais pas cette petite manie de lectrice, j’aurais clairement pu abandonner ce premier tome de La Bibliothèque et je vais, bien entendu, vous expliquer pourquoi.

Lorsque le roman débute, nous faisons la connaissance d’Emilie, une jeune fille qui évolue dans le technomonde. Tout y est axé sur la technologie, les jeux-vidéos constituent le loisir principal de tous les adolescents. Dans un mois, Emilie franchira une grande étape de sa vie et passera le Test d’Aptitude. Elle pourra alors obtenir son Revery, un objet lui permettant de voir ses désirs devenir réalité. Mais à quoi rêve vraiment Emilie ? Déjà, elle semble quelque peu… différente… Un jour, elle franchit les portes de la Bibliothèque et voit son destin changer radicalement…

Ce court résumé concerne les cinquante premières pages du roman, à peu près. Ensuite, les difficultés ont commencé pour moi. Difficultés à comprendre ce qu’il advenait d’Emilie au fur et à mesure, à saisir quel genre de roman l’auteure avait voulu écrire, à percevoir les enjeux réels du roman. Lors de ma lecture, je n’ai pas compris l’intérêt du passage concernant Léonore, le Voleur de cœur et Icare, je l’ai trouvé très long. Une histoire, dans l’histoire. Pourquoi pas. Oui, mais pourquoi justement ? J’ai eu l’impression que le technomonde avait été complètement oublié. Or, il me semblait que c’était l’idée essentielle du roman et j’aurais bien aimé la voir développée davantage. Ensuite, il a été question des clandestins et j’ai repris espoir. La rencontre d’Emilie avec ces personnages a clairement relancé l’action mais l’attaque est survenue, puis le naufrage et, de nouveau, j’ai été complètement déboussolée. C’est là que j’ai compris ce qui me gênait foncièrement : une sorte de mélange des genres auquel je ne m’attendais pas avant de commencer le roman et auquel je n’ai pas réussi à m’habituer. Car à partir de ce naufrage, le technomonde n’existe plus, seule compte la mythologie mise en place par l’auteure. Les Sirènes, le palais sous la mer, le pouvoir d’arrêter le temps, les nymphes, puis les faunes, Avalon, les gobelins, les gnomes, les ondins, le royaume des fées, les harpies démons, et j’en passe. Trop, beaucoup beaucoup beaucoup trop d’éléments ! C’est un roman foisonnant qui est, de fait, très difficile à résumer et qui met en lumière deux choses. La première, et c’est une réalité, l’auteure a une culture littéraire impressionnante et s’en sert. La deuxième, et là il s’agit de mon avis très personnel, elle n’a pas su faire le tri. J’ai eu l’impression tout au long de ma lecture d’avoir affaire à un véritable catalogue de personnages – on n’a pas le temps de s’attacher à eux, ni de découvrir (ou de retenir) chacune de leurs particularités – et à un enchaînement d’aventures qui finissent par ne plus avoir ni queue ni tête. Bien sûr, il y a de nombreuses réflexions intéressantes dans ce roman mais elles disparaissent sous l’amas d’informations et c’est bien dommage… J’ai pour habitude de toujours dire ce que je pense des livres que je lis et ma chronique peut sembler un peu dure, d’autant plus que je suis admirative de l’imagination de l’auteure, mais à mon sens il aurait fallu miser sur plus de simplicité.

Je remercie Pauline Deysson qui m’a confié son livre.

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« Je ne comprends pas pourquoi les hommes sont malheureux. Ils rêvent toutes les nuits de ce qu’ils veulent, et sur Terre ils ont tout ce qu’ils réclament. Que leur manque-t-il ?

- C’est une question délicate. Avant, les hommes étaient malheureux pour beaucoup de choses : la laideur, la maladie, la solitude, la mort… Aujourd’hui, je dirais plutôt qu’ils manquent de liberté.

- Mais si vous les soignez toutes les nuits ?

- Tu oublies qu’ils ne rêvent pas comme nous. Et le meilleur Bibliothécaire de tous les temps reste impuissant si l’âme ne veut pas être soignée.

- Cela peut arriver ?

- Oui. Certaines âmes sont si tristes qu’elles refusent d’ouvrir les livres que je leur donne. Les plus difficiles à soigner sont celles qui ne savent pas qu’elles sont malheureuses. Elles interprètent tous les rêves de la même manière, et sautent les passages qui les dérangent. Si j’essaye de rêver avec elles, elles m’ignorent ou me contredisent. » (p.82)

 

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