Pierre Noirclerc, D'autres prendront nos places

Publié le par calypso

 

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« J'étais un raté moderne. Un type qui a tout fait comme il faut. Pas d'ennuis avec les flics, à part quelques contraventions, un diplôme, pas de handicap, un physique ni gracieux, ni disgracieux. Et pourtant, j'y arrivais pas. On devrait filer une notice à la naissance : Comment se démerder dans un monde pourri et corrompu peuplé à 95% d'abrutis complets. »

Entretiens d'embauche absurdes, saouleries solitaires et étreintes minables, le quotidien d'un antihéros de la génération Y balloté entre l'échec et la résignation, qui finira par dégoter une carrière et un amour forcément imparfaits.

 

C’est l’histoire d’un type un peu paumé dont la vie ne ressemble pas à grand-chose. Il essaie pourtant de trouver un but, il sort, passe des entretiens d’embauche mais les désillusions s’enchaînent et le quotidien morne et alcoolisé finit toujours par triompher. C’est l’histoire d’un type à qui on a franchement envie de mettre un grand coup de pied au derrière, mais il est quand même pas mal attachant et sa détresse pourrait être celle de n’importe qui. C’est l’histoire d’un type dont on pourrait dire « c’est un raté » mais c’est un bilan qu’on se garderait bien de faire car tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir ! Et si cet espoir portait le doux prénom de Chloé ?

D’autres prendront nos places est un roman que j’ai lu très rapidement. Je n’en savais pas grand-chose et le plaisir en a été décuplé. J’ai réellement apprécié de partager la vie du narrateur, un jeune homme d’une vingtaine d’années prénommé Pierre, comme l’auteur. Ce n’est pas précisé mais il n’est pas du tout impossible que certains passages soient autobiographiques… Cynisme et humour se mêlent à chaque page afin de dépeindre au mieux le quotidien d’un jeune homme dont la vie professionnelle et  la vie personnelle sont irrémédiablement synonymes d’échec. C’est un roman qui ne laisse pas indifférent, qui livre des réflexions criantes de vérité. L’écriture est résolument moderne et le style très oral, ce qui peut déplaire, mais qui convient parfaitement ici au propos. Paradoxalement, je crois c’est un roman dont je ne garderai pas longtemps le souvenir : il faut dire qu’il ne s’agit que d’une tranche de vie, un moment volé à cet antihéros moderne et désabusé, et l’histoire s’achève aussi rapidement qu’elle a commencé. Signalons enfin qu’il s’agit là d’un premier roman : l’auteur est en effet le lauréat d’un concours organisé par WeLoveWords. Plutôt prometteur !

 

 

 

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L’œuvre en quelques mots…

 

« Je me suis levé et j’avais quand même mal au crâne. Je me suis demandé si j’allais pas rentrer chez mes parents et me faire entretenir jusqu’à ce que je touche l’héritage. Avec un peu de chance, ça pourrait arriver avant mes quarante ans. En attendant, je pourrais rester à la maison, je rendrais service. J’irais faire les courses, je ferais la cuisine et j’amènerais la bagnole en révision. Et puis je me suis souvenu qu’ils avaient la manie de me regarder comme on regarde sa chaussure après avoir marché dans la merde. Alors je me suis ressaisi, j’ai allumé mon ordinateur et je me suis mis à regarder les offres d’emploi. » (p.87)

 

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Alex-Mot-à-Mots 03/01/2012 12:57

Tu as passé un bon moment, c'est déjà pas mal, surtout pour un livre que l'on a choisi pour toi.

Stephie 30/12/2011 10:03

Bon, il faut que j'écrive mon billet et je suis bien moins enthousiaste que toi

calypso 30/12/2011 13:53



Oh ça ne m'étonne pas vraiment, dans le sens où je pense oublier vite ce petit livre, que j'ai toutefois aimé lire.



Valérie 27/12/2011 20:45

J'avais reçu une offre pour recevoir ce roman mais quand j'ai vu que l'auteur était fan de Houellebecq, ça m'a fait peur et j'ai refusé ;)

calypso 29/12/2011 17:05



Ah, dommage !



Stephie 27/12/2011 11:12

Il est sur ma PAL, je devrais plus tarder à le lire ;)

calypso 29/12/2011 17:05



Bonne lecture !