Karine Giebel, Satan était un ange

Publié le par calypso

 

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Tu sais Paul, Satan était un ange... Et il le redeviendra. Rouler, droit devant. Doubler ceux qui ont le temps. Ne pas les regarder. Mettre la musique à fond pour ne plus entendre. Tic tac... Bientôt, tu seras mort. Hier encore, François était quelqu'un. Un homme qu'on regardait avec admiration, avec envie. Aujourd'hui, il n'est plus qu'un fugitif qui tente d'échapper à son assassin. Qui le rattrapera, où qu'il aille. Quoi qu'il fasse. La mort est certaine. L'issue, forcément fatale. Ce n'est plus qu'une question de temps. Il vient à peine de le comprendre. Paul regarde derrière lui ; il voit la cohorte des victimes qui hurlent vengeance. Il paye le prix de ses fautes. Ne pas pleurer. Ne pas perdre de temps. Accélérer. L'échéance approche. Je vais mourir. Dans la même voiture, sur une même route, deux hommes que tout semble opposer et qui pourtant fuient ensemble leurs destins différents. Rouler droit devant, admirer la mer. Faire ce qu'ils n'ont jamais fait. Vivre des choses insensées. Vivre surtout... Car après tout, pourquoi tenter sans cesse de trouver des explications ?

 

C’est le quatrième roman de Karine Giebel que je lis et c’est celui que j’ai le moins aimé... Il n’est pas dépourvu de qualités mais il ne m’a pas embarquée comme les autres. Plus de longueurs, moins de noirceur, peut-être. Quoique... avec Karine Giebel, de la noirceur il y en a, et toujours cette sensation que rien ne viendra aider les personnages, en proie à un destin inexorablement tendu vers une issue fatale. Dans Satan était un ange, deux hommes fuient sans se retourner, leurs routes se sont croisées par hasard. Le premier se prénomme François, c’est un avocat renommé qui a tout plaqué suite à une annonce bouleversante. Le deuxième se prénomme Paul, c’est un jeune voyou. Le premier n’a pas eu d’enfant, le deuxième n’a pas eu de père. Le premier a arrêté sa voiture sur le bas-côté quand le deuxième en a eu besoin. Une histoire d’auto-stop. L’histoire de deux hommes qui vont se lier d’amitié alors qu’ils n’ont rien en commun, si ce n’est un rapport intime avec la mort, qui cherche à les atteindre autant qu’ils cherchent à la fuir. Sur fond de scandale écologique et de réflexions sur la fin de vie, Karine Giebel offre à ses lecteurs un thriller percutant, mais qui, par ces thèmes justement, n’a pas été un coup de cœur pour moi.

 

 

L'œuvre en quelques mots...

 

« Silence médiatique, complice.

Agonie muette.

Ils souffrent et meurent. Lentement, sans faire de bruit, sans déranger personne.

Ils périssent, sans même voir l’ennemi. Ignorant jusqu’au bout le visage de leurs assassins.

La mort sillonne les routes.

Nos routes.

Vogue le long des côtes.

Nos côtes.

Avant d’atteindre sa cible. »

 

 

 

Un mot des titres

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Lylou 21/02/2015 08:54

J'aime beaucoup l'auteur (notamment pour Meurtres pour rédemption) et ce dernier roman me fait très envie. J'espère que les thématiques ne freineront pas le plaisir :)

calypso 22/02/2015 18:40



Je n'ai pas encore lu le titre que tu cites, future découverte donc !