Lundi 13 février 2012
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Deux constats préoccupent fortement aujourd’hui parents, enseignants et
membres de l’Éducation nationale, éducateurs sociaux et judiciaires, responsables de MJC, centres sociaux, maisons de quartiers… : d’une part, les filles sont victimes d’incivilités,
pressions diverses, harcèlements ; d’autre part, les garçons obtiennent de moins bons résultats qu’elles dans bien des domaines.
Or une société, qui ne développe pas - ou ne parvient pas à développer
- une mixité filles-garçons de qualité dans tous les lieux d’éducation, voit inévitablement naître mépris, ségrégation, rejet. Cependant cette mixité ne va pas de soi. Elle suppose des
aménagements et des modes de fonctionnement sans cesse repensés et adaptés ; elle ne s’impose pas à tous les âges et à tous les moments de la même façon.
Dans ce livre engagé dans une réflexion citoyenne, l’auteur refuse les
amalgames, les solutions factices, les renoncements. Il témoigne des réalités et des réussites, propose des pistes et ouvre des perspectives pour réussir la mixité filles-garçons en éducation,
cette impérieuse nécessité.
L’auteur de cette étude, Jean-Pierre François, est parti du constat que la mixité est souvent remise en question. Il existe
d’ailleurs des « expériences de séparation » menées dans les autres pays développés. Il revient notamment sur la question historique avant de développer l’aspect religieux et politique
du problème. Le dernier tiers de l’ouvrage est consacré à la mixité dans le domaine scolaire. Les analyses de Jean-Pierre François sont étoffées de nombreuses réflexions d’élèves et de
professionnels de l’éducation et s’appuient sur un grand nombre d’ouvrages de référence en la matière.
Si j’ai lu ce titre assez rapidement, j’avoue avoir été quand même assez déçue. J’ai cru, à tort, que cet ouvrage se
concentrerait sur le problème de la mixité scolaire, ce qui n’est pas tout à fait faux, mais c’est long à venir. C’est une étude assez poussée et, je pense, bien menée, mais elle en devient assez
difficile d’accès. Les copies d’élèves se multiplient et se répètent souvent, les questions abondent et on a parfois du mal à voir où l’auteur veut en venir. En clair, j’ai trouvé cet ouvrage un
peu complexe et les termes, souvent pompeux, m’ont rappelé mon passage à l’IUFM. Un exemple : « De l’ethnicisation des rapports sociaux à la dépolitisation… par la racialisation de la
question sociale ? » Je ne doute pas que cet ouvrage saura séduire les spécialistes de la question.
L’œuvre en quelques mots…
« Le débat est clos, semble-t-il. Le verdict est tombé : le bien-fondé de la nécessaire mixité garçons-filles en
éducation doit être radicalement remis en cause. Il s’agit, nous dit-on en l’occurrence d’une illusion trompeuse, et même dangereuse, qu’il faut absolument dissiper. On constate, nous dit-on, un
échec patent : non seulement la mixité sexuée ne permet pas une meilleure reconnaissance réciproque d’un sexe par l’autre et ne réalise pas de façon évidente l’égalité hommes-femmes, mais,
plus grave encore, elle engendre des effets pervers, exacerbe les antagonismes garçons-filles nés de leur coéducation et de leur confrontation quotidienne à leurs différences, accentue ainsi le
repli craintif ou hostile de chacun vers son sexe d’appartenance, et laisse place à des manifestations sexistes ou homophobes. » (p.9)
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