Bruce Lowery, La cicatrice

Publié le par calypso

 

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Jeff porte sur la lèvre un petit bec-de-lièvre que tout le monde nomme la « cicatrice ». Une infirmité dont il ne connaît pas la cause et qui lui vaut moqueries et méchancetés de toutes sortes. Parce qu'il ne sait s'en défendre, il intériorise toute cette douleur, toutes ces blessures morales répétées. A cet âge si sensible, s'enfermant peu à peu, il souffre et fait souffrir ceux qui l'aiment sans réserve...

 

L’histoire est celle d’un garçon qui voudrait être comme tout le monde. Il a treize ans et s’appelle Jeff. Alors que les enfants de son âge débordent d’insouciance, Jeff souffre en permanence du regard des autres et ce, depuis qu’il a été opéré, petit, d’un bec-de-lièvre dont il ignore tout. Chaque jour, il prie Dieu pour qu’il fasse disparaître la vilaine cicatrice qui lui traverse la lèvre. Mais chaque lendemain, le miroir lui renvoie la même image. Suite à un déménagement, Jeff doit changer d’école. C’est un tollé de rires qui accueille le jeune garçon lorsqu’il est invité par l’enseignante à se présenter devant ses camarades. Heureusement, ses parents sont là, soudés et aimants, ainsi que son jeune frère, Bubby. L’enfant, très attaché à son grand-frère, est prêt à braver toutes les interdictions pour voir son frère à l’école. Grâce à sa famille, son refuge, la vie de Jeff n’est pas tout à fait noire et, grâce à Willy, un camarade de classe, il arrive peu à peu à s’intégrer aux autres. Les deux enfants parlent base-ball et collection de timbres. Jusqu’au jour où…

En 125 pages, Bruce Lowery parvient à mettre en place une histoire extrêmement forte et pourtant, au départ, si banale. La cicatrice que Jeff porte sur la lèvre pourrait être une image et représenter la difficulté qu’ont certains enfants à se lier aux autres. Finalement, cette cicatrice, le lecteur finit lui-même par l’oublier et elle n’importe plus, à la fin, lorsque l’impensable est survenu. La cicatrice, qui est devenu un classique de la littérature de jeunesse, véhicule des thèmes forts comme le rejet de l’autre, l’amour et l’amitié. C’est aussi et surtout une histoire de confiance brisée et d’innocence perdue qui ne peut que marquer durablement.

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« J’étais, sans le savoir, un enfant heureux, relativement heureux, il est vrai. Mais ce n’était qu’une impression d’ensemble. Car ma vie, même alors, ne manquait pas de petits malheurs auxquels je n’arrivais pas à m’habituer. Il faut remonter à novembre 1944. J’avais 13 ans.

J’ai, depuis toujours, une cicatrice sur la lèvre supérieure. Les médecins disaient, sans cruauté, en triturant mon visage et en tirant sur ma lèvre comme un acheteur inspecte la gueule d’un poulain, que c’était « un bon travail de raccommodage ». J’aurais pu, j’aurais dû deviner que c’était en réalité un petit bec-de-lièvre. Mais il était tellement bien réparé qu’on parlait toujours de « cicatrice ». » (p.5)

 

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Commenter cet article

Alex-Mot-à-Mots 27/12/2010 17:56


Un roman auto-biographique très fort.


calypso 27/12/2010 20:37



Très émouvant en effet.



Véro. 23/12/2010 15:46


Je ne connais pas du tout ce roman mais il me paraît excellent pour aborder le thème de la différence et de la tolérance.


calypso 23/12/2010 17:52



C'est un roman qui convient parfaitement en effet !



gridou 21/12/2010 09:39


Je l'ai lu au collège j'avais bien aimé...


Grimmy 21/12/2010 00:10


Je l'ai relu dernièrement : ce qui m'a frappée, c'est la description assumée d'un monde injuste. C'est ce qui m'avait plu ado je crois.