Mercredi 29 avril 2009
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Marie se sent perdue. Son mari, ses enfants sont le
dernier fil qui la relie à la vie.
Ce fragile équilibre est bouleversé le jour où elle
rencontre les « Kosovars », ces réfugiés dont nul ne se soucie et qui errent, abandonnés, aux confins de la ville.
Négligeant sa famille, Marie décide de leur porter
secours.
Et de tout leur donner : nourriture, vêtements, temps,
argent, elle ne garde rien pour elle. Entraînée par une force irrésistible, elle s’expose à tous les dangers, y compris celui d’y laisser sa peau.
Troisième roman d’Olivier Adam que je lis, première
déception. Il faut un début à tout !
A la base, ce n’était pas gagné… On est souvent influencé
par les critiques des uns et des autres, surtout quand elles sont très positives. Je me suis donc lancée dans la lecture du roman à la fois avec envie et hésitation car le thème annoncé par la
quatrième de couverture me plaisait moyennement…
L’histoire : Marie est mariée à Stéphane, et ils ont
deux enfants : Lise et Lucas. La petite famille vit dans un lotissement pavillonnaire. Il est chauffeur de bus, elle a perdu son emploi de caissière au supermarché. Très vite, nous
comprenons qu’elle n’a plus goût à rien, son quotidien l’insupporte, c’est une sorte de « desperate housewife » à la française. C’est tout juste si elle prend encore plaisir à passer du
temps avec ses enfants, les emmener à l’école… Et puis un jour, elle se retrouve confrontée à la misère des « Kosovars », ces réfugiés venant d’un peu partout, attendant de pouvoir
passer en Angleterre. Elle devient alors bénévole dans un centre qui leur vient en aide, délaissant peu à peu sa famille, sombrant petit à petit…
Heureusement, Olivier Adam a le mérite d’avoir un style
qui lui est propre : la misère et la folie naissante sont dépeintes de façon brute, comme si les mots, les expressions, les phrases matérialisaient la noirceur qu’il veut montrer au lecteur.
Malheureusement, ce roman ne m’a pas touchée. Je n’ai pas été émue par ce personnage que je ne parviens pas à comprendre, je dois dire que je me suis ennuyée, le sujet ne m’a pas plu, j’ai eu du
mal à atteindre les dernières pages. Je dois reconnaître toutefois que j’ai apprécié la fin : il fallait, me semble-t-il, aller au bout des choses et c’est ce qu’a fait Olivier
Adam.
L’œuvre en
quelques mots…
« Comment ça a commencé ? Comme ça je
suppose : moi, seule dans la cuisine, le nez collé à la fenêtre où il n’y a rien. Rien. Pas besoin de préciser. Nous sommes si nombreux à vivre là. Des millions. De toute façon ça n’a pas
d’importance, tous ces endroits se ressemblent, ils en finissent par se confondre. D’un bout à l’autre du pays, éparpillés ils se rejoignent, tissent une toile, un réseau, une strate, un monde
parallèle et ignoré. »
« […] on est tous bourrés de ces trucs qui nous
bousillent l’existence sans raison valable. Le silence, par exemple. Ce jour-là comme n’importe quel autre il emplissait tout, me coinçait la gorge dans un étau. Je pouvais le sentir me figer les
sangs, me creuser les poumons d’un vide immense. Un cratère sans lave. Un désert. Une putain de mer de glace. »
« Cette sensation de tomber en poussière soudain, de
devenir liquide et de disparaître, d’être comme mangée de l’intérieur, tordue, mâchée, étranglée, essorée, vidée. Cette impression que tout devenait noir et froid tout à coup. La certitude que
j’ai eu d’être vraiment seule au monde cette fois, abandonnée incapable et morte à l’intérieur. »
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