Sarah McCoy, Le Souffle des feuilles et des promesses

Publié le par calypso

 

 

Hallie Erminie, issue d’une famille de planteurs du Kentucky, est une jeune femme de caractère. À New York, où elle s’est mis en tête de trouver un éditeur qui publierait son premier roman, elle fait la connaissance de Post Wheeler, un journaliste célibataire et fier de l’être. Sous des abords arrogants et rustres, il n’est en fait pas dénué de charme.

Tous deux discutent à bâtons rompus de la vie culturelle new-yorkaise, bouillonnante en cette fin de XIXe siècle, et s’attachent l’un à l’autre sans oser se l’avouer. Malheureusement, quand Post part pour l’Alaska du jour au lendemain, la possibilité d’une histoire d’amour s’évanouit.

Commence alors un chassé-croisé, des États-Unis à l’Italie en passant par l’Angleterre ou la France. À chacune de leurs rencontres, les sentiments des deux jeunes gens ne font que croître. Le destin les réunira-t-il enfin ?

 

Disons-le tout de suite, j’ai adoré.

Nous sommes en 1883. Hallie Herminie Rives a neuf ans et vit entourée des siens dans une plantation de tabac. Elle n’a jamais franchi les limites de son Kentucky natal, mais les prémonitions de sa tante Judy lui laissent entendre qu’elle ira un jour au-delà. Elle n’épousera pas un Yankee, mais peut-être un homme venu du Nord, un homme séduisant aux cheveux noirs, « avec dans les yeux une étincelle animée par la grandeur de ses rêves. » Elle a cette promesse d’avenir gravée dans les lignes de sa main, sous la forme de quatre lettres : P O S T. Pour sa tante, il s’agit là du prénom de son futur mari. Pour Hallie, il ne s’agit que du nom du domaine familial : Post Oak Plantation. La jeune fille grandit et devient femme, elle obtient son diplôme à l’école de secrétariat de sa ville natale, mais cette perspective de carrière ne l’enchante guère, elle qui voue une passion dévorante à la littérature. La bibliothèque familiale est un sanctuaire dans lequel elle a fini par développer une certitude : elle deviendra écrivaine. En 1896, Hallie se rend à New-York avec un premier manuscrit. Elle y croise la route de Post Wheeler, un journaliste célibattant et arrogant. La rencontre est singulière et, très vite, nos deux héros commencent à partager des balades paisibles et des discussions animées jusqu’à ce que la vie les sépare… puis les réunisse…

J’ai complètement adhéré au style de Sarah McCoy que je n’avais jusque là jamais eu l’occasion de lire, j’ai senti dans ce roman un souffle digne des grands romans d’amour dans lesquels les sentiments sont suggérés et les délices de la passion esquissés sans que jamais rien de vulgaire n’affleure. Il faut dire que les personnages ne saisissent pas que, petit à petit, le sentiment amoureux est en train de grandir en eux. Tout est subtilement dit et décrit. Les personnages ont été choyés par Sara McCoy qui a dressé leur portrait avec une belle énergie. Hallie Erminie Rives est une jeune femme étonnante, qui croit en ses rêves sans être prétentieuse. Elle est courageuse et touchante. C’est une passionnée. Post Wheeler est un rêveur aussi, à sa manière. Il a une capacité à faire des choix et à construire sa vie admirable. Son arrogance n’est qu’une façade, c’est une sorte de distance bienveillante qui en fait un personnage très humain. Vraiment, ce sont deux beaux personnages de roman. Leur histoire d’amour, de la rencontre à la concrétisation, est passionnante parce qu’elle traverse les époques et les continents. Les thèmes abordés sont variés et toujours liés les uns aux autres. Il est question de littérature et d’édition, forcément, mais aussi de politique et de journalisme – que de passages savoureux sur la capacité de la presse à détourner la vérité ! Autres passages non moins intéressants : la découverte du Grand Nord et la vie des chercheurs d’or.

Ce roman est une très belle fresque qui m’a donné envie d’en savoir plus sur les personnages car il s’agit en réalité d’une biographie romancée, ce que j’ignorais au début de ma lecture, et qui m’a également donné envie de poursuivre ma découverte de l’œuvre de Sarah McCoy.

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« Ma rencontre avec Hallie Erminie fut pour moi comme si l’un des beaux papillons de nuit de Trouvelot s’était posé sur mon bras. Je découvrais une jolie créature délicate et soudain je me retrouvais attaché à une toile dont je ne pouvais plus me libérer. C’est le problème à trop se rapprocher du sexe opposé. Même des liens dépourvus de romantisme comme les nôtres finissent par prendre une tournure romantique. » (p.66)

 

 

 

 

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Tiphanie 07/06/2017 11:00

Voilà une lecture qui a de quoi me plaire!!

calypso 08/06/2017 16:29

N'hésite pas ! Mon seul reproche : peut-être un peu court !