Natasha Preston, La Cave

Publié le par calypso

 

 

Imaginez une maison comme n'importe quelle autre. Dedans, une pièce. Dans cette pièce, une armoire. Derrière cette armoire, une porte. Au-delà de cette porte, des escaliers. Et en bas, une cave. Une cave où sont séquestrées trois filles, Rose, Iris et Violette, soumises à la folie maniaque et meurtrière d'un homme : Trèfle. Dans une autre maison, dans une ville où il ne se passe jamais rien, Summer mène une vie parfaitement banale. Elle a des parents, un frère, des copines, un petit ami. Mais un soir, sa route croise celle de Trèfle, et Summer ne rentre pas chez elle. Elle se retrouve enfermée dans une cave en compagnie des autres filles et rebaptisée Lilas. Mais contrairement aux autres filles, elle n'est pas prête à accepter son sort jusqu'à faner et dépérir...

 

Je n’ai quasiment rien lu sur La Cave avant de me lancer et je m’en félicite… De plus en plus, j’évite de lire des avis complets sur des romans qui m’interpellent car il m’arrive d’en attendre trop et d’être déçue. Ainsi, je ne connaissais du roman de Natasha Preston que sa classification en littérature Young adult dont je suis généralement assez friande, ainsi que le point de départ dévoilé sur la quatrième de couverture. Je n’ai donc été déçue en rien, mais je suis tout de même bien embêtée car j’ai beaucoup de mal à dire si j’ai aimé ce roman… Si je considère la rapidité avec laquelle je l’ai lu, oui, je peux dire que c’est un roman assez addictif. Cependant, je lui trouve un certain nombre de défauts.

L’histoire, très simple, est celle de Summer, une ado absolument banale qui vit entourée de ses parents et de son frère avec qui elle se chamaille souvent. Elle a un petit ami, Lewis, avec qui elle semble vivre une histoire d’amour parfaite. On est en plein dans le stéréotype de l’adolescente américaine qui a tout pour être heureuse, il ne manque plus que l’équipe de foot et le bal de promo. Mais tout bascule : un soir, alors qu’elle se rend à un concert où l’attendent ses amis, elle croise la route d’un homme qui l’enlève. Elle se retrouve alors séquestrée dans une cave, en compagnie de trois autres jeunes filles, Rose, Iris et Violette. Summer devient alors Lilas. Trèfle, le psychopathe qui vit une existence tout à fait normale en dehors de chez lui, a réussi ce à quoi il a voué sa vie depuis la mort de sa mère : constituer sa famille parfaite, une famille de fleurs pures que la société ne pourra plus pervertir. Tandis que l’horreur se déroule dans la cave, Lewis met tout en œuvre pour retrouver Summer…

Je me rends compte que la littérature Young adult ratisse de plus en plus large… Ou bien cela a-t-il toujours été le cas ? J’ai pourtant l’habitude de conseiller des romans que je lis aux adolescents que je côtoie, mais là, clairement, je m’interroge sur la cible. Il est vrai que tout n’est pas décrit crûment, mais le sujet est quand même particulièrement difficile et violent, et tout est finalement assez explicite. La narration, en grande partie prise en charge par l’héroïne, m’a gênée alors qu’elle est nécessaire, c’est là toute l’ambiguïté du sentiment qui m’anime après cette lecture… Elle est adolescente, elle a donc des réflexions d’ado et des sentiments d’ado, c’est logique évidemment, mais est-ce que cela colle avec la noirceur du roman ? Pas toujours… C’est un exercice tellement délicat de faire parler des enfants et des adolescents… Autres points négatifs : l’aspect répétitif de la situation et le dénouement que j’ai trouvé vraiment bâclé ! Alors, quid du positif ? L’auteure a su ménager le suspense et nous pousse véritablement à tourner les pages pour connaître le fin mot de toute cette histoire. Elle évite également une certaine lassitude en offrant à son lecteur le point de vue de trois personnages, Summer donc, mais également Lewis et Trèfle, et en proposant assez régulièrement des analepses. Dommage, quand même, cette fin... J'ai eu l'impression qu'il manquait un morceau...

 

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« La solitude est pire qu'une maladie mortelle. Chaque jour qui passe, on s'efface un peu plus. »

 

« - Qu'est-ce qu'il attend de nous ?

- Je ne sais pas exactement, mais je crois qu'il cherche une famille. La famille idéale. Il choisit des filles, qu'il trouve parfaites, comme des fleurs. »

 

 

 

Publié dans Littérature anglaise

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